Éric Moreault

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    Maniaque de cinéma, Éric Moreault n'a pas peur d'une bonne discussion sur vos films et acteurs préférés ou que vous aimez détester.
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    Jeudi 5 avril 2012 | Mise en ligne à 11h08 | Commenter Commentaires (3)

    L’encombrante machine de Robert Lepage

    La saisissante apparition de huit Walkyries au sommet de la machine qui fait grincer bien des dents dans les médias, mais aussi chez les habitués du MET.

    La saisissante apparition de huit Walkyries au sommet de la machine qui fait grincer bien des dents dans les médias, mais aussi chez les habitués du MET. Photo: Yves Renaud, Metropolitan Opera

    Non, il ne s’agit pas du Diamant, l’éventuelle salle au cœur de Québec, mais bien de la machine construite pour le Ring de Wagner, présenté au Metropolitan Opera de New York. Depuis le début des représentations, en 2010, l’imposant dispositif scénique de 45 tonnes (!) est au cœur de toutes les discussions, particulièrement chez une certaine critique, réfractaire à son cliquetis audible. Au point où Peter Gelb, le directeur du MET, a défendu le choix de Robert Lepage — un peu tièdement quand même, dans une entrevue publiée dans le NY Times.

    Pourquoi je vous parle de ça? Parce que c’est Robert Lepage, bien sûr, et que le Ring en est à ses dernières représentations sur une des plus prestigieuses scènes mondiales. Mais surtout parce que l’artiste tente sans cesse de repousser les limites de la mise en scène, tant au théâtre qu’à l’opéra, et qu’il questionne l’intégration des nouvelles technologies.

    En général, on aime ou on déteste ce genre de prouesses — dans quel camp vous rangez-vous? Ses supporteurs, j’en suis (mais pas toujours), font valoir qu’il dépoussière des modes de représentation qui en ont bien besoin. Et renouvelle ainsi le bassin de spectateurs en attirant des jeunes dont la ferveur est proche de celle d’un show rock. Ses détracteurs déplorent une certaine froideur clinique, ses libertés avec les œuvres et sa propension à privilégier tellement la forme qu’il néglige le fond. Il y a une grande part de résistance au changement dans tout ça.

    D’autant que, cette fois, on dit qu’avec cette machine, il est celui qui a le mieux su traduire la vision de Wagner — ce qui était impossible à l’époque, faute de moyens techniques. N’empêche. La controverse a accompagné toute la production. Au point où le chanteur Bryn Terfel a crû bon, lui aussi, de se porter à la défense du brillant créateur l’an passé, lors d’une entrevue. Pour le chanteur, le créateur de Québec a tellement innové qu’on en parlera encore dans 20 ans. On verra.

    J’ai manqué le Ring, mais j’ai vu Le Rossignol (et à peu près toutes les pièces de Lepage). Et j’irai voir sa production de La tempête, cet été, qui sera créée en première mondiale à Québec avant de prendre l’affiche au MET. Irez-vous? Ou l’opéra vous rebute? Et que pensez-vous du travail de Robert Lepage et de sa contribution à la vie culturelle québécoise et mondiale?

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    • Lepage…Lepage…Lepage ! Le mot “génie” lui est accollé comme la glu qui porte son nom.
      Le roi du gadget culturel flotte sur le nuage de star…
      Faut rien lui refuser. Et il a su “enfirouaper” notre petit Régis…Il est encore plus fort que
      Clotaire !

    • @oeillade

      En attendant, on joue ses pièces à travers le monde et il est invité par les meilleures maisons de théâtre et d’opéra. Manifestement, Lepage est parvenu à enfirouaper pas mal de monde… En passant, le premier livre d’entretiens avec Lepage est paru l’an dernier, en Allemagne… Encore un pays qu’il a su enfirouaper… C’est vrai que l’Allemagne ne connaît rien en matière de culture, n’est-ce-pas?
      Sérieusement, on peut critiquer Lepage mais il faut rendre à César ce qui appartient à César, vous en connaissez beaucoup de Québécois qui ont eu un tel succès?
      Que diriez-vous de mettre le mange-canayen de côté et de reconnaître à “notre” Lepage quelque mérite? Et dieu merci, il y a quelqu’un à Québec qui l’a écouté plutôt que de l’avoir laissé s’exiler…
      Dieu qu’il y a du monde qui semble né pour un p’tit pain…

    • L’oeuvre de Robert Lepage me rebute. C’est en partie à cause de ses choix que je ne suis plus abonnée (depuis des lustres) au Théâtre français du Centre national des arts. Il y a trop de “sparages” dans ses mises en scène à mon goût. J’aurais sans doute la même opinion à l’opéra. C’est une question de goûts : les miens sont plus simples. Je crois qu’un bon texte se suffit.

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