Éric Moreault

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    Maniaque de cinéma, Éric Moreault n'a pas peur d'une bonne discussion sur vos films et acteurs préférés ou que vous aimez détester.
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    Mardi 3 avril 2012 | Mise en ligne à 14h30 | Commenter Commentaires (5)

    Le câlisse de Jessica Paré (soupir)

    Jessica Paré a fait tout un tabac à l'ouverture de la cinquième saison de Mad Men.

    Jessica Paré a fait tout un tabac à l'ouverture de la cinquième saison de Mad Men.

    Est-ce qu’on va en revenir? L’enflure médiatique qui entoure le «câlisse» de Jessica Paré, lancé dans le premier épisode de la cinquième saison de la télésérie Mad Men, est complètement disproportionnée. Je veux bien croire qu’il s’agit d’une série-culte, mais qui regarde l’émission en anglais sur la chaîne câblée AMC?

    Aux  États-Unis, la diffusion réunit quatre millions de spectateurs. Sur une population de 309 millions. Ici, 105 000 personnes ont suivi la série sur les ondes de Télé-Québec cet automne. C’est beaucoup, mais on est loin de Star Académie ou de Tout le monde en parle, mettons. Évidemment, les cotes d’écoute télé ne disent pas tout. Beaucoup de gens écoutent maintenant leurs séries sur Internet ou louent les DVD. Mais quand même?

    Est-ce que ça vaut deux fois la première page du cahier des Arts de La Presse, une chronique de Guy Fournier dans les journaux Quebecor, le bruit sur les réseaux sociaux et une chronique, suffisamment décalée et ironique, il est vrai, de Patrick Lagacé? Ce dernier met le doit sur notre bobo avec l’homo tabarnacus. C’est encore et toujours ce besoin de reconnaissance des Québécois à l’étranger, cette jubilation (coupable) que procure la preuve de notre existence. Misère.

    Oui, je sais Mad Men a remporté jusqu’ici 13 Emmys et quatre Golden Globe. En fait, je connais tout des frasques pitoyables de Don Draper. Vous?

    Mais comme je n’en suis qu’à la quatrième saison, chers collègues et lecteurs, ne venez pas svp gâcher mon plaisir avec ce qui se passe dans la cinquième… Je vous laisse quand même le vidéo de la performance sensuelle de Zou bisou bisou de Jessica Paré. Ne me remerciez pas, ça me fait plaisir.

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    • Je parlais l’autre jour avec une Américaine et je suis tombé sur le Q: elle n’avait jamais jamais jamais entendu parler de MadMen!

      Vous nous fournissez l’explication: c’est sur une chaîne cablée que peu d’Américains ont.
      En fait, c’est un succès mondial: 40 pays l’écoutent. Sauf les Ricains
      A peine 900,000 la première année! A l’échelle américaine, c’est presqu’aussi pire que Bazzo TV

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Mad_Men

      le carroussel
      « La nostalgie.
      C’est subtil, mais très puissant…
      Teddy m’a appris qu’en grec, nostalgie signifiait littéralement une blessure ancienne qui fait toujours mal.
      C’est un pincement au cœur, teinté de regrets, et bien plus puissant qu’un simple souvenir.
      Grâce à cette machine, on ne vole pas dans l’espace. On remonte le temps.
      D’une pression on recule, on avance.
      Elle nous ouvre les portes d’une époque perdue que l’on rêve de retrouver.
      Cette chose n’est pas une roue.
      C’est un carrousel.
      Grâce à lui on voyage comme un enfant sur un manège.
      On tourne, et on tourne, et on retourne au point de départ, ce lieu magique où on se savait aimé. »

      (Don Draper, Carrousel.)

    • … @É.M.«….cette jubilation (coupable) que procure la preuve de notre existence. Misère….»
      ++++++
      Eh! Oui. Et le pire dans tout ça, c’est que cela n’aura pris qu’une imprécation tirée de notre répertoire religieux pour déclencher la frénésie. Cela m’a rappelé l’épisode du «Casse-toi, pauv’con» lancée par Sarkozy à un emmerdeur. Du vrai «nous autres».

      Et dire qu’il y a à L.A. des québécois qui, sans tambour ni trompettes, travaillent en théâtre, sont nominés, gagnent des prix , sont des réguliers des cahiers arts et lettres des grands journaux sans que cela n’attire l’attention de quiconque par ici. Faudrait peut-être leur passer le mot, ou, plus précisément, le sésame qui ouvre tout: Un beau «câlice» bien gras.

      Comme aurait pu le composer Reggiani, mais avec plus de talent que moi:

      Il suffirait de presque rien,
      Peut-être un petit «câlice» de moins
      Pour que tu restes dans ton coin
      Que l’on te prenne pour moins que rien
      Une fille de «soap» américain
      Qui chante et danse plutôt bien.

    • Et un autre article pour parler de cette surenchère médiatique, ça ne mérite pas un soupir?

      Je pense que vous êtes dans le champ. Depuis le début du siècle dernier, les Québécois ont vu une quantité incroyable de films, puis d’émissions américaines, nous avons collectivement appris des tonnes d’expressions et de mots bien américains. Le petit sacre de Paré n’est pas grand chose, mais c’est l’une de rares fois où l’un de nos mots s’est retrouvé dans quelque chose d’influent chez nos voisins du Sud.

      Ce n’est pas une réaction de colonisé tout content d’être reconnu, mais plutôt une célébration de notre rayonnement culturel, modeste oui, mais intéressante.

      Bien sûr que cet article fait partie de la surenchère médiatique. J’y ai pensé… et hésité avant de l’écrire. Pour ce qui est de la «célébration de rayonnement culturel», permettez-moi d’être en désaccord. Je crois que c’est anecdotique, voire folklorique, et c’est pour ça que ça m’agace de voir qu’on en fait tout un plat.
      ÉM

    • Nous avons tous besoin du regard de l’autre pour nous connaître et nous reconnaître. Tous, individuellement et-ou collectivement.

      Le tout-petit enfant ne progresserait pas sans le regard des autres qui lui sert de miroir.

      Voyager au bout du monde nous fait, oui, connaître d’autres civilisations mais plus encore, le regard de ces “étrangers” sur nous, nous permet de mieux nous connaître. C’est ce que j’ai appris durant mes longs séjours en Afrique par exemple. Je pensais aller découvrir les Africains et c’est plutôt moi que j’ai découvert dans leurs regards et leurs commentaires.

      Un Russe (un Américain, un Argentin, un Iranien) décide de mettre un personnage québécois dans son film? À travers le prisme du cinéaste, c’est le Québécois que nous découvrons, vu d’un angle différent du nôtre. Il n’y a rien de colonisé dans tout ça. Il y a de la curiosité, le goût de comparer des points de vue, la manière d’en discuter après coup.

      Il FAUT en faire tout un plat. C’est sain :)

    • @ pierrea
      “Ce n’est pas une réaction de colonisé tout content d’être reconnu, mais plutôt une célébration de notre rayonnement culturel, modeste oui, mais intéressante.”
      ——————————

      Je suis d’accord. Il n’y a rien de colonisé dans cette réaction de se réjouir à se voir reconnu par d’autres que la “famille”. C’est de l’ordre du… non seulement j’existe mais j’existe aussi au yeux des autres. Et c’est réjouissant.

      Dans La petite vie, les parents de Rénald « Pinson » Paré n’ont qu’une photo de lui, à moitié caché derrière un arbre. Rénald Paré n’existe pas dans le regard des autres.

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