Éric Moreault

Archive, avril 2012

Lundi 30 avril 2012 | Mise en ligne à 10h30 | Commenter Commentaires (5)

Loco Locass appuient les étudiants en grève

Vous connaissez le lidpdub? Ça consiste, en gros, à faire chanter plusieurs personnes par-dessus une chanson connue et de filmer en un plan-séquence. Les étudiants en grève ont réussi un beau coup d’éclat en réalisant une vidéo, qui mixe plusieurs chansons, dont le fameux Libérez-nous des libéraux — à laquelle participent les trois gars de Loco Locass! Qu’en pensez-vous?

La vidéo commence avec le fameux refrain d’Un musicien parmi tant d’autres d’Harmonium (Où est allé tout ce monde / Qui avait quelque chose à raconter / On a mis quelqu’un au monde / On devrait peut-être l’écouter) et se termine sur celui du Coup d’état de Karkwa (Je me sens proche du coup d’état). C’est de circonstance, mettons.

Il faut reconnaître l’inventivité de la vidéo, enregistrée jeudi dernier (26 avril), ainsi que son sens de l’à-propos. Pour faire entendre leur point de vue, les étudiants se servent d’une pratique populaire sur les médias sociaux, de chansons populaires et soulignent qu’ils rêvent d’un monde meilleur. «Nous, étudiants, ne sommes pas des casseurs violents comme Jean Charest et son équipe s’efforcent de nous représenter. Nous sommes une génération remplie d’espoir envers un futur meilleur, en quête d’une société plus juste», écrivent-ils.

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Samedi 28 avril 2012 | Mise en ligne à 10h04 | Commenter Aucun commentaire

Les premiers prix Robert-Lepage

Christian Michaud, meilleur acteur de la saison, dans L'odyssée.

Christian Michaud, meilleur acteur de la saison, dans L'odyssée.

Voici, chers lecteurs, les gagnants des premiers prix Robert-Lepage. Il n’y a pas eu de mises en nomination, pas de gala, pas de chichis… et un seul juge. Je sais, c’est un peu surprenant. L’idée? Célébrer la vibrante vitalité du théâtre à Québec et l’éclatante créativité de ses artisans d’un coup de chapeau à la fin de la saison 2011-2012.

Quand j’ai eu cette idée, j’ai d’abord voulu appeler ça les Paul-Hébert. Ça me semblait évident. Sauf que je me suis rappelé qu’il y a déjà un prix Paul-Hébert, pour le meilleur premier rôle, remis depuis 1977 en plus. Quoi faire? Trouver quelqu’un qui incarne l’esprit d’audace du théâtre d’ici, qui devient son meilleur ambassadeur sur toutes les scènes du monde, qui peut exceller tout autant comme auteur, interprète que metteur en scène… Bon, vous avez compris: Robert Lepage s’est imposé.

Je ne lui ai pas demandé la permission, remarquez. Mais puisqu’il parle parfois du Soleil dans ses pièces et qu’il ne nous consulte pas non plus…

J’avais l’embarras du choix – plus d’une trentaine de pièces, sans compter celles du Carrefour international de théâtre de Québec, que j’ai choisi d’exclure du palmarès. J’ai plutôt créé une catégorie unique pour mon coup de coeur de cet événement que j’attends avec la même impatience que d’autres manifestent pour le Festival d’été (que je fréquente beaucoup aussi).

Woopsi, c’est là que je me suis rendu compte que Robert Lepage y a présenté Lipsynch à la dernière présentation. Avec tous ses prix internationaux, je me suis dit qu’il pouvait sauter son tour pour cette première. Et s’il gagne à l’avenir, ça me fera plaisir de lui remettre sa claque dans le dos. Comme ça, il aura peut-être le temps de m’accorder cinq minutes d’entrevue…

Me restait plus qu’à me réunir avec moi-même pour délibérer. Ne riez pas. Ce n’est pas aussi évident que ça en a l’air. Et j’ai choisi aussi de vous épargner les explications sur mes choix pour mettre l’accent sur ceux qui le méritent vraiment.

En toute modestie et sans prétention, mais en toute subjectivité, voici ceux et celles qui m’ont fait vibrer. En espérant que ce soit le début d’une longue tradition. Je vous invite à participer en laissant vos coups de cœur et vos suggestions.

***

MEILLEURE PIÈCE

L’absence de guerre

(mise en scène d’Édith Patenaude, à Premier Acte)

MISE EN SCÈNE

Jean-Philippe Joubert

(Projet EAU, au Périscope et aux Gros Becs)

TEXTE ORIGINAL

Sébastien David (En attendant Gaudreault, à Premier Acte) et Jennifer Tremblay (La liste, au Périscope)

ACTEUR PREMIER RÔLE

Christian Michaud (L’odyssée, au Trident)

ACTEUR SECOND RÔLE

Frédérick Bouffard (Tom à la ferme, à la Bordée)

ACTRICE PREMIER RÔLE

Sylvie Drapeau (La liste, au Périscope)

ACTRICE SECOND RÔLE

Monique Mercure (Jocaste reine, à la Bordée)

SCÉNOGRAPHIE

Marie-Renée Bourget Harvey

(Tom à la ferme, à la Bordée, et L’odyssée, au Trident)

COSTUMES

Claudie Gendreau et Catherine Higgins

(Madame de Sade, au Trident)

ÉCLAIRAGES

Denis Guérette (Jocaste reine, à la Bordée)

MUSIQUE

L’Orchestre d’Hommes-Orchestres

(Cabaret brise-jour…, au Périscope)

THÉÂTRE JEUNE PUBLIC

Les mains dans la gravelle (mise en scène

de Serge Marois et Simon Boulerice, aux Gros Becs)

CARREFOUR DE THÉÂTRE

La nuit juste avant les forêts

(mise en scène de Brigitte Haentjens)

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Jeudi 26 avril 2012 | Mise en ligne à 16h44 | Commenter Commentaires (2)

Les réseaux sociaux pour financer les artistes

Richard Desjardins a utilisé le financement participatif... bien avant les réseaux sociaux, en 1989!  PHOTO LE SOLEIL JEAN-MARIE VILLENEUVE

Richard Desjardins a utilisé le financement participatif... bien avant les réseaux sociaux, en 1989! PHOTO LE SOLEIL JEAN-MARIE VILLENEUVE

Puisque vous aimez tellement discuter des subventions que touchent les artistes, j’y reviens. Ceux-ci peuvent maintenant solliciter directement leurs fidèles pour leur demander un coup de pouce financier par l’entremise des réseaux sociaux. Les Français appellent ça le «crowdfunding», bravo les champions, je préfère finance participative. C’est hip en ce moment, mais ce n’est pas nouveau. Richard Desjardins a demandé 10 $ à chacun de ses fans en 1989 pour financer l’enregistrement de Derniers humains (400 ont répondu à l’appel — ce qui a permis à sa carrière de démarrer et de se poursuivre avec Tu m’aimes-tu?).

Ce qui est nouveau, c’est l’utilisation d’Internet, qui facilite les contacts directs et démultiplie les chances de rejoindre ceux qui vous aiment. Nouveau projet a utilisé la méthode récemment pour démarrer son magazine. Le festival Mutek, de Montréal, le fait en ce moment pour tenter de financer des plate-formes de diffusion virtuelle de sa 13e édition. Les gens doivent donner 20 000 $ d’ici le 16 mai, par l’entremise de Kickstarter.

En gros, si la somme est amassée, l’argent est versé aux créateurs, sinon, les gens reprennent leurs billes. Les cinéastes, musiciens, artistes, designers et autres ont le contrôle complet (y compris artistique) sur leurs projets.  Le site se finance en retenant 5 % des sommes sur les projets retenus. Depuis trois ans, 20 000 projets se sont partagés 200 M$ provenant de près de 2 millions de personnes.

Sinon, les artistes peuvent aussi solliciter des mécènes. Bien qu’au Québec, on soit de loin les gens qui donnent le moins en Amérique du Nord. Vous me direz qu’on paye aussi le plus d’impôts, si bien que les gens ont l’impression que le gouvernement va se charger de tout. Et n’ont pas le goût de jouer aux mécènes. C’est l’œuf ou la poule.

C’est pour y remédier que Québec a mis en place Placements Culture, un programme qui vise à inciter les particuliers, les sociétés et les fondations privées à donner plus généreusement. Québec peut donner jusqu’à 3 $ pour chaque dollar reçu par une campagne de souscription (mais le montant ne peut excéder 250 000 $).

Ça ne me dérange pas de verser plus du tiers des mes revenus en impôt et que ça serve au bien commun, en général, et aux arts, en particulier. Ce qui me dérange vraiment, c’est quand mon argent, et celui de l’ensemble des Québecois par le fait même, est mal administré et gaspillé. Il y a du gaspillage en culture, mais Québec y consacre moins de 1 % de son budget. Arrêtez, SVP, de faire des boutons avec les subventions au milieu des arts. Placez votre indignation ailleurs, ça va être plus productif.

Je vous laisse avec l’exemple de Gilbert Dion (j’ai piqué ça dans le journal municipal). Le gars de Saint-Sauveur a une entreprise dans laquelle il fabrique et vend des foyers. Mais, depuis deux ans, il est le commanditaire principal de l’Internationale des musiques sacrées. De façon tout à fait désintéressée. Pour «contribuer à rendre le monde meilleur par la musique»…

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