Éric Moreault

Archive, mars 2012

Vendredi 30 mars 2012 | Mise en ligne à 10h57 | Commenter Commentaires (24)

Harper décapite le milieu des arts

Pas de doute, le gouvernement conservateur est fier de son budget!      La Presse canadienne

Pas de doute, le gouvernement conservateur est fier de son budget! La Presse canadienne

Le milieu des arts s’y attendait, mais le choc est violent: le gouvernement conservateur de Stephen Harper a sabré les budgets des principaux organismes culturels fédéraux de 10 %. Pas seulement Radio-Canada. L’ONF, Téléfilm Canada et Bibliothèque et Archives Canada ont aussi goûté au remède de cheval. Total: 191 M$ de moins d’ici 2014-2015, et pour les années subséquentes.

Heureusement, le Conseil des arts a eu la vie sauve. N’empêche. C’est de l’acharnement idéologique. Il n’y a aucune raison qui justifie de telles décisions si ce n’est plaire à la base partisane rednecks. C’est traiter un problème de pellicules par la décapitation, comme disait Frank Zappa.

Pourquoi? Parce que c’est une goutte d’eau dans l’océan du budget fédéral. Vous en doutez? C’est pas moi que le dit, mais L’institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS). «Des coupures de 11% à Radio-Canada, 10% à l’ACDI, 10% à l’ONF,  10% à Téléfilm Canada, 9% à Archives Canada ne vont rapporter que 461 M$ à terme, soit à peine 0,61% des dépenses compressibles du gouvernement. Ces coupures demanderont d’importantes réductions de personnel et de service dans ces organisations sans permettre des économies importantes. Difficile de ne pas voir un choix idéologique de couper à ces organisations environ 10% de leur budget total, alors que les coupures représentent 1,9% du total des dépenses de programme », a souligné Guillaume Hébert, chercheur à l’IRIS.

Mais ce gouvernement d’Attila d’opérette ne rigole pas avec ses ennemis. C’est la mentalité de la loi et l’ordre appliquée sans merci. Et une douce revanche envers ceux qui osent critiquer son approche. Ce n’est pas la première, ni la dernière fois, je le crains. La liste d’actions est longue depuis leur arrivée au pouvoir.

C’est évidemment Radio-Canada, ce repaire de gauchistes et de progressistes, qui y a goûté le plus. La SRC verra son budget amputé de 115 millions d’ici à 2014-2015, dont 27,8 millions dès cette année et 41,8 millions de plus l’an prochain. Il faut aussi retrancher l’enveloppe de 60 millions consacrée à la production d’émissions canadiennes de qualité. Vous trouvez que c’est bien, parce que le budget annuel de Rad-Can / CBC est de plus de 1 milliard $? Le budget alloué à la Défense défonce les 20 milliards $ — la mission en Afghanistan coûte à elle seule plus de 2 milliards $ par année…

Mettons les choses en perspective: le gouvernement canadien consacrait déjà très peu d’argent au financement de la télévision et à la radio publique. Selon une étude du groupe Nordicity (novembre 2011), en 2009, le Canada arrivait au 16e rang dans l’échantillon des 18 pays occidentaux étudiés (devant la Nouvelle-Zélande et les États-Unis) en allouant 34 $ par habitant à Radio-Canada. Oui, la Norvège, la Suisse et le Danemark allongent en moyenne 150 $ par habitant. Mais  ce ne sont pas tous des pays nordiques socialistes! L’Allemagne consacre 147 $ par habitant; le Royaume-Uni 111 $, l’Autriche 99 $, la Belgique, l’Espagne et la France, environ 80 $. Même le Japon met 62 $ par habitant.

J’avoue, je suis en conflit d’intérêts: ça m’arrive d’écouter Radio-Canada et de visionner des films produit par l’ONF ou avec l’aide de Téléfilm. Peu importe. Ce genre de coupures non essentielles sont des atteintes directes aux fondements même de la vie en société, de son évolution depuis des milliers d’années. Ce sera bientôt la Grande noirceur made in Canada. Consolez-vous, on n’aura pas trop le temps d’en souffrir à l’âge où on va prendre notre retraite.

Faut-il s’indigner? Bien sûr. Mais on peut aussi en rire, comme Infoman, l’a fait!

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Vendredi 30 mars 2012 | Mise en ligne à 9h50 | Commenter Aucun commentaire

Façade de l’hippodrome: le maire voit la lumière

Il semble bien que Québec renoncera à financer la reconstruction de la façade de l'hippodrome avec le programme du 1 % pour les arts du gouvernement du Québec.

Il semble bien que Québec renoncera à financer la reconstruction de la façade de l'hippodrome avec le programme du 1 % pour les arts du gouvernement du Québec.

Régis Labeaume a vu la lumière à Bordeaux à propos de la façade de l’hippodrome, que son administration veut reconstruire pour servir de façade au futur amphithéâtre de Québec. Dans un article de ma collègue Stéphanie Martin, le maire a déclaré que la Ville ne veut se prévaloir de la politique du 1 % pour la reconstruction pure et simple de la façade. «Il n’a jamais été question de ça», a-t-il insisté.

Il a toutefois ouvert la porte à une reconstruction avec l’intégration d’une œuvre d’art. Bonne idée. C’est d’ailleurs ce que je suggérais dans mon blogue précédent…

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Mercredi 28 mars 2012 | Mise en ligne à 10h18 | Commenter Commentaires (10)

Façade de l’hippodrome: RI-DI-CU-LE!

Le sculpteur Jean-Pierre Morin voit dans l'attitude de l'administration Labeaume «du mépris pour les arts».

Le sculpteur Jean-Pierre Morin voit dans l'attitude de l'administration Labeaume «du mépris pour les arts».

Au début, j’ai pensé une grosse farce — un poisson d’avril à l’avance: que les coûts de restauration de la façade de l’hippodrome de Québec pour le futur amphithéâtre soient admissibles à la politique gouvernementale du 1 % sur l’intégration des arts à l’architecture. Eh non! J’ai beau chercher, je ne vois pas ce qu’il y a d’artistique là-dedans.

Il y a des limites à distordre le cadre des normes d’un programme à son profit — à essayer de faire entrer un gros polygone dans un petit carré, si vous préférez.

Le sculpteur Jean-Pierre Morin voit dans l’attitude de l’administration Labeaume «du mépris pour les arts». Quand on examine les faits… Les élus peuvent difficilement plaider l’ignorance avec tous les dossiers qui sont pilotés par la Ville de près ou de loin. En fait, ils sont très au courant. Rappelez-vous qu’ils avaient refusé, en 2010, d’exposer la sculpture de Jean-Robert Drouillard représentant un ado à tête de renard pour orner un parc de Vanier, œuvre commandée à l’artiste en vertu de la règle du 1 %. Ou bien on a une vision utilitaire de l’art ou bien l’audace de petits mon’oncles qui vont au musée une fois aux 10 ans pour voir l’expo sur Rodin. Je ne sais pas laquelle est la pire.

Avant de se couvrir de ridicule, Québec devrait renoncer à son idée. Au pire, comme cette lubie sera soumise à un jury relevant du ministère de la Culture, elle sera sûrement jugée irrecevable. En fait, la Ville devrait plutôt envoyer un signal fort en consacrant 1 % des investissement à une œuvre d’art audacieuse qui frappe l’imagination, si elle a vraiment l’intention que ce soit un «amphithéâtre multifonctionnel».

J’y verrais bien une œuvre multimédias, qui exprimerait la nouvelle modernité de la capitale et ferait le lien avec les projets de scène holographique 3D à place D’Youville et la projection d’œuvres virtuelles sur les façades d’immeubles du jardin Saint-Roch.

Qu’est-ce que vous en pensez?

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