Éric Moreault

Mardi 25 novembre 2014 | Mise en ligne à 16h18 | Commenter Un commentaire

B.-a.: le parc jurassique est ouvert

OK, pour certains, une nouvelle adaptation de l’œuvre de Michael Crichton s’avère aussi souhaitable qu’une rage de dents, mais n’oublions pas la façon dont Christopher Nolan a relancé la franchise des Batman.

À sept mois de la sortie, Colin Trevorrow doit être dans ses petites souliers. Le gars passe du film d’auteur à la superproduction (sous l’œil bienveillant de Steven Spielberg), un peu comme Gareth Edwards pour Godzilla, un passage assez réussi quand même pour ce dernier.

Au cas où vous ne l’aviez par remarqué, Jurassic World reprend la prémisse de base: concevoir un dinosaure génétiquement modifié n’est pas une bonne idée, comme l’indique Chris Pratt dans la bande-annonce.

On verra bien, mais mes attentes sont plutôt limitées. En fait, une certaine curiosité, sans plus — et vous? Remarquez, ça n’empêchera pas les foules d’envahir les salles.

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Lundi 24 novembre 2014 | Mise en ligne à 13h54 | Commenter Aucun commentaire

Pourquoi Vinterberg retourne à Hollywood?

Thomas Vinterberg est l’un des réalisateurs indépendants les plus doués et ses films sont se distinguent par leur originalité et leur créativité. Pourquoi retourne-t-il à Hollywood — surtout après ses deux flops d’il y a 10 ans? J’imagine qu’il faudrait lui demander, mais j’avoue que je suis surpris de le voir à la barre de Far From the Madding Crowd, un film d’époque, après Submarino (2010) et La chasse (2012), deux longs métrages très contemporains.

D’autant que ce n’est pas la première fois que le roman de Thomas Hardy est adapté au grand écran. John Schlesinger a signé une version oscarisée en 1967 avec Julie Christie dans la peau de Bathsheba Everdine. Cette fois, c’est Carey Mulligan qui lui prête ses traits (et sa voix, qu’on entend dans la bande-annonce) à cette héroïne dont le cœur balance entre trois hommes: un fermier (Matthias Schoenaerts), un soldat (Tom Sturridge) et un homme d’affaires prospère (Michael Sheen).

Vraiment pas la tasse de thé habituelle de Vinterberg. Le réalisateur danois vient d’ailleurs d’entreprendre le tournage de The Commune. Le scénario, basé sur une pièce qu’il a coécrite en 2011, revient sur sa propre éducation, dans les années 70, dans une collectivité située au nord de Copenhague. Pas mal plus dans l’esprit du Dogme95 qu’il a consigné avec Lars von Trier.

La sortie de Loin de la foule déchaînée est prévue pour le 1er mai. Je suis curieux, mais mes attentes ne seront pas très élevées. Et vous?

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Vendredi 21 novembre 2014 | Mise en ligne à 6h00 | Commenter Aucun commentaire

Le film de la semaine: Party Girl

Party Girl est l’un de mes gros coups de cœur du dernier Festival de Cannes. Ce film iconoclaste avait l’honneur d’inaugurer la section Un certain regard, l’antichambre de la sélection officielle, ce qu’il a fait avec beaucoup de panache, gagnant deux prix. Un premier long métrage imparfait, certes, mais qui s’attarde avec beaucoup de cœur et d’authenticité à un personnage plus grand que nature, Angélique, une danseuse de cabaret et une noceuse… de 60 ans!

Party Girl a remporté à Cannes le Prix d’ensemble de la section ainsi que la Caméra d’Or, qui est remise au meilleur premier film du festival, toutes sections confondues! Ce film d’auteur jouissif est particulier à bien des égards. À commencer par le fait qu’il a trois réalisateurs : Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis — le fils d’Angélique.

Celle-ci est personnage atypique, troublant et parfois pathétique. Angélique (Angélique Litzenburger) est une danseuse qui s’accroche à ses illusions et à sa vie de débauche comme une naufragée à une bouée de sauvetage. Lorsqu’un client régulier, follement amoureux, la demande en mariage, le papillon de nuit aux couleurs trop criardes a une chance de refaire sa vie, de renouer avec ses quatre enfants délaissés (de pères différents) et d’abandonner sa fuite en avant. Mais l’appel de la nuit est fort…

Ce premier long métrage est plus qu’autobiographique — chaque membre de la famille y joue son propre rôle, en plus de compter sur des acteurs non professionnels. Il se loge entre cinéma-vérité, fiction et documentaire. Comme les acteurs rejouaient des scènes de leur vie, ils étaient libres d’improviser, mais sans altérer la ligne dramatique du scénario dont le mariage était le fil conducteur. Angélique, qui a l’habitude de la scène, s’avère d’ailleurs d’un naturel épatant.

La réalisation est loin d’être parfaite, malgré l’utilisation de belles ellipses, mais ses maladresses sont compensées par le refus du sensationnalisme et du racolage. En fait, il s’agit d’une véritable plongée dans un cinéma naturaliste — authentique et touchant — qui s’attarde à des gens qu’on voit rarement sur grand écran : les laissés pour compte. Les trois cinéastes s’inscrivent dans une marge peu fréquentée, mais qui compte de formidables réalisateurs comme Ken Loach, Maurice Pialat et John Cassevetes (surtout ce dernier).

Par le fait même, il devient aussi une interrogation sur l’amour, la famille, la liberté, la marge… L’éternelle adolescente confronte le spectateur dans ses valeurs fondamentales — qui passe du rire à de grandes émotions, parfois dans la même séquence.

Autrement dit, un cinéma très vivant et libre.

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