Éric Moreault

Mercredi 17 septembre 2014 | Mise en ligne à 9h45 | Commenter Aucun commentaire

Une belle entrée pour le Festival de Québec

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Officiellement, le Festival de cinéma de la Ville de Québec (FCVQ) commence demain. Mais les cinéphiles ont le droit à une belle entrée en la matière avec El Djazaïr mon amour, d’un collectif de cinq cinéastes de Québec.

Samuel Matteau, Elias Djemil, Yannick Nolin, Michaël Pinault et Guillaume Fournier sont allés en Algérie d’où ils ont rapporté cinq courts métrages (je vous en avais parlé sur ce blogue, l’an passé, avant leur départ). Le résultat est fascinant, nécessairement un peu maladroit, mais tout de même réussi.

Le spectre est large dans ces trois documentaires et ces deux fictions. Reste que les cinéastes se sont plus évertués à montrer ce qui ressemble (et nous rassemble), que l’inverse. Leur regard sur la société algérienne n’est pas complètement étranger: Elias Djemil retourne d’ailleurs dans son pays natal après un exil de 21 ans, le sujet du court de La douceur de ses mains (Michaël Pinault). Une bonne introduction.

Parlant de Djemil, Au rythme du temps prend prétexte de son exploration de la musique algérienne émergente pour proposer une réflexion sur la culture algérienne, la place des jeunes artistes dans celle-ci, leur statut précaire, la censure… Plusieurs Québécois vont sûrement s’y reconnaître.

La fiction de Samuel Matteau, Karim + Hadjer explore aussi un thème universel, mais dans un autre contexte: l’amour sous le voile. Le réalisateur, dont j’apprécie beaucoup le talent cinématographique, a toujours le don de nous surprendre. Pas de dialogues, ici, seulement le pouvoir de suggestions des images et le montage pour nous raconter son récit d’amours contraintes et de désir de liberté. Pas mal du tout.

Les courts de Guillaume Fournier et de Yannick Nolin sont plus convenus, néanmoins intéressants. 1-2-3 viva Algéria (Nolin) filme des hommes — et seulement des hommes — qui viennent assister dans un café à un match de qualification de l’Algérie à la récente Coupe du monde de soccer. On peut lire sur leur visage l’espoir, la frustration, la joie, la déception… Le reflet de leur quotidien, au fond, révélé par le sport alors qu’ils laissent tomber leurs façades de protection.

La soirée commence avec le vernissage de l’exposition de photos, à 17 h, au Diamant, à place D’Youville, et se poursuit avec la projection d’El Djazaïr mon amour, à 19 h, au cabaret du Capitole. L’entrée est gratuite.

* * *

La soirée se poursuivra, à 21 h, avec une sélection de courts métrages de réalisateurs originaires de Québec. Parmi ceux-ci, The Gate, de John Blouin, dont Filmstripe, a été choisi en compétition au festival international Vision du réel, à Nyon, en Suisse, l’an dernier, et De conscience et d’ardeur de David Findlay.

Ce court recrée l’histoire vraie de Charles Philibert-Thiboutot, coureur de fond de niveau mondial et trois fois athlète de l’année Rouge et Or. Le jeune homme a dû choisir entre les essais olympiques à Calgary et les funérailles de son ami, décédé tragiquement, qui se déroulaient le même jour.

Les «acteurs» amateurs, dans leur propre rôle, sont mal à l’aise à la caméra, mais il y a plusieurs beaux plans et de bonnes idées de cinéma. Le réalisateur, qui étudie à Vancouver, tournera bientôt un court avec Louise Portal et Zoe Graham, qui a un petit rôle dans Boyhood, Richard Linklater. Un jeune homme à suivre.

Avant le buffet du FCVQ, avouez qu’il y a quand même de quoi se contenter.

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Lundi 15 septembre 2014 | Mise en ligne à 9h40 | Commenter Commentaires (2)

Une surprise pour un TIFF sans éclat

La chose est assez ironique. L’édition 2014 du Festival de cinéma de Toronto (TIFF) ne passera pas à l’histoire pour ses coups d’éclat. Sauf à sa dernière journée, où il aura couronné Félix et Meira du prix du meilleur long métrage canadien alors que tout le monde attendait Mommy!

Précision: le TIFF n’a pas de compétition. Mais il décerne un prix national, remporté par Maxime Giroux, et un prix du public, qui est allé à The Imitation Game (Morten Tyldum), avec Benedict Cumberbatch et Keira Knightley. Attendez-vous d’ailleurs à ce que dernier soit bien positionné à la prochaine soirée des Oscars.

Pour ce qui est de Félix et Meira, je ne peux pas commenter: je n’ai pas vu le film à Toronto (il sera en salles début 2015). Mais je ne suis pas surpris que le jury ait fait l’impasse sur celui de Xavier Dolan. Mommy est tout sauf consensuel.

Son producteur a bien résumé la situation au collègue Marc-André Lussier, de La Presse : «Bien honnêtement, il était difficile de penser que Mommy ne l’emporterait pas. Cela dit, on ne peut jamais prévoir le choix d’un jury. Avec les années, on apprend à ne pas se créer d’attentes.» Sylvain Corbeil est bien placé pour le savoir puisque sa boîte, Metafilms, a aussi produit Félix et Meira.

Bon. Cela étant, le TIFF de cette année n’avait pas le lustre de l’an passé avec son florilège de films-choc. Plusieurs l’ont souligné, la guéguerre avec le Festival de Telluride a desservi le TIFF (les films qui étaient à Telluride n’avaient pas le droit à une présentation pendant les quatre premiers jours à Toronto).

Plusieurs longs métrages de calibre comme Wild (de Jean-Marc Vallée), Foxcatcher, Mommy ou The Imitation Game, ont été relégués dans la portion du TIFF où les journalistes courent les entrevues ou ont déjà plié bagage. Ce qui laisse une drôle d’impression.

Reste que le TIFF demeure un festival excitant (et fatigant) qui propose son lot de très bons films. Whiplash, par exemple, qui vient de gagner le Grand prix et le Prix du public au Festival de Deauville après avoir remporté les mêmes honneurs à Sundance. Le long métrage de Damien Chazelle sera d’ailleurs à l’affiche du Festival de Québec, le 23 septembre. On s’en reparle.

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Vendredi 12 septembre 2014 | Mise en ligne à 10h40 | Commenter Aucun commentaire

The Good Lie de Falardeau à Québec

Bonne nouvelle: Warner a finalement changé son fusil d’épaule et mettra à l’affiche The Good Lie de Philippe Falardeau à Québec en même temps qu’à Montréal, soit le 24 octobre. Avant le Festival de cinéma de Toronto (TIFF), le studio ne comptait sortir le film que dans la Métropole. Une situation qui avait déçu et irrité de réalisateur.

Il semble que les bonnes critiques récoltées au TIFF (voici la mienne), de même que les articles sur le sujet dans Le Soleil et La Presse, ont fait réfléchir Warner. Le premier long métrage américain de Falardeau (Monsieur Lazhar) sera présenté en version originale et en version sous-titrée.

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