Éric Moreault

Vendredi 21 novembre 2014 | Mise en ligne à 6h00 | Commenter Aucun commentaire

Le film de la semaine: Party Girl

Party Girl est l’un de mes gros coups de cœur du dernier Festival de Cannes. Ce film iconoclaste avait l’honneur d’inaugurer la section Un certain regard, l’antichambre de la sélection officielle, ce qu’il a fait avec beaucoup de panache, gagnant deux prix. Un premier long métrage imparfait, certes, mais qui s’attarde avec beaucoup de cœur et d’authenticité à un personnage plus grand que nature, Angélique, une danseuse de cabaret et une noceuse… de 60 ans!

Party Girl a remporté à Cannes le Prix d’ensemble de la section ainsi que la Caméra d’Or, qui est remise au meilleur premier film du festival, toutes sections confondues! Ce film d’auteur jouissif est particulier à bien des égards. À commencer par le fait qu’il a trois réalisateurs : Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis — le fils d’Angélique.

Celle-ci est personnage atypique, troublant et parfois pathétique. Angélique (Angélique Litzenburger) est une danseuse qui s’accroche à ses illusions et à sa vie de débauche comme une naufragée à une bouée de sauvetage. Lorsqu’un client régulier, follement amoureux, la demande en mariage, le papillon de nuit aux couleurs trop criardes a une chance de refaire sa vie, de renouer avec ses quatre enfants délaissés (de pères différents) et d’abandonner sa fuite en avant. Mais l’appel de la nuit est fort…

Ce premier long métrage est plus qu’autobiographique — chaque membre de la famille y joue son propre rôle, en plus de compter sur des acteurs non professionnels. Il se loge entre cinéma-vérité, fiction et documentaire. Comme les acteurs rejouaient des scènes de leur vie, ils étaient libres d’improviser, mais sans altérer la ligne dramatique du scénario dont le mariage était le fil conducteur. Angélique, qui a l’habitude de la scène, s’avère d’ailleurs d’un naturel épatant.

La réalisation est loin d’être parfaite, malgré l’utilisation de belles ellipses, mais ses maladresses sont compensées par le refus du sensationnalisme et du racolage. En fait, il s’agit d’une véritable plongée dans un cinéma naturaliste — authentique et touchant — qui s’attarde à des gens qu’on voit rarement sur grand écran : les laissés pour compte. Les trois cinéastes s’inscrivent dans une marge peu fréquentée, mais qui compte de formidables réalisateurs comme Ken Loach, Maurice Pialat et John Cassevetes (surtout ce dernier).

Par le fait même, il devient aussi une interrogation sur l’amour, la famille, la liberté, la marge… L’éternelle adolescente confronte le spectateur dans ses valeurs fondamentales — qui passe du rire à de grandes émotions, parfois dans la même séquence.

Autrement dit, un cinéma très vivant et libre.

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Jeudi 20 novembre 2014 | Mise en ligne à 14h09 | Commenter Aucun commentaire

Pacino et Lennon, un duo de choc

All right, all right, all right, comme dirait l’autre, Danny Collins sent la petite comédie prévisible, fortement axée sur la nostalgie des baby-boomers pour l’époque bénie des Beatles et compagnie. Mais, il y a un gros mais, et il s’appelle Al Pacino et John Lennon.

Le rôle semble taillé sur mesure pour Pacino, qui incarne un rockeur vieillissant des années 1970 qui continue le party solide et n’a rien écrit de bon depuis trente ans. Jusqu’à ce que son gérant (Christopher Plummer) lui révèle que John Lennon lui a écrit une lettre, il y a 40 ans. Missive qui le mettra sur le chemin de la rédemption familiale et amoureuse…

Bon, décrit comme ça, j’avoue moi aussi que je ne suis pas sûr. Mais c’est Dan Fogelman (Crazy, Stupid Love) qui écrit et réalise. Et son film a obtenu les droits de plusieurs chansons de Lennon (normalement, un bon signe). Et c’est Ryan Adams, un de mes rockeurs favoris, qui signe la trame sonore.

Sortie: 20 mars. Je suis assez curieux de voir ça. OK, je l’avoue, j’ai aussi un gros faible pour Lennon. Et Jennifer Garner.

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Mercredi 19 novembre 2014 | Mise en ligne à 9h16 | Commenter Commentaires (3)

Peanuts en 3D: goodbye Charlie Brown?

La petite bande des Peanuts du regretté Charles Schulz fait tellement partie de l’imaginaire collectif, qu’une réplique d’un petit bout de femme («Goodbye Charlie Brown») avait fait reculer le premier ministre canadien Brian Mulroney (et fait le délice des humoristes et des caricaturistes). Pas étonnant que l’annonce de l’adaptation de la bande dessinée culte en 3D ait choqué les puristes.

Une bande-annonce ne suffit pas, mais j’avoue que ça me laisse dubitatif. Si le film est destiné aux enfants, on va perdre l’essence de ce qui donnait son charme aux tribulations de Snoopy, Charlie Brown et Lucy: les fines observations, parfois assassines, sur notre quotidien.

Honnêtement, je ne vous pas l’intérêt de transposer ça au cinéma (Noël 2015). Et vous?

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