Éric Moreault

Mardi 1 septembre 2015 | Mise en ligne à 10h46 | Commenter Commentaires (6)

Été 15: Mad Max et les autres

Mad Max : la route du chaos, de George Miller, le film de cet été.

Mad Max : la route du chaos, de George Miller, le film de cet été.

Que retenir de l’été 15 sur le plan cinématographique? Assurément que le meilleur film fut d’abord présenté au Festival de Cannes: Mad Max: la route du chaos de George Miller. Qu’il y a bien eu quelques surprises comme Le cadeau, Espionne avec Melissa McCarthy, Ant-Man et, surtout, Le mirage. Mais, sinon, rien pour écrire à sa mère.

Pas besoin de revenir en long et en large sur Mad Max (sinon, on peut relire mon papier), mais il s’agit d’un film avec une riche thématique, une esthétique forte et des scènes d’actions hallucinantes. Sans être aussi fort, le cinquième chapitre de Mission Impossible a aussi livré la marchandise. Un autre film présenté à Cannes a fait mon été: Amy, le percutant documentaire d’Asif Kapadia. Phoenix de Christian Petzold est un autre moment fort.

Le suspense que je n’attendais pas: Le cadeau de Joel Edgerton. Intelligent, prenant et très bien joué. La comédie dont je n’attendais rien: Espionne de Paul Feig. L’aspect parodique des films d’espion, pas trop appuyé, m’a ravi. Le Marvel qui détonne: Ant-Man. Peyton Reed a compris que «less is more».

Au rayon de l’étonnement, Le mirage de Ricardo Trogi et Louis Morissette m’a soufflé. Je ne m’attendais pas à ça du tout (ma critique). Et les discussions qui perdurent depuis sont un signe que le long métrage a rempli sa mission, ne laissant personne indifférent. Autre film québécois qui se distingue, mais surtout par son audace formelle et son refus du compromis: Le bruit des arbres de François Péloquin.

Côté film d’animation, Shaun le mouton s’est avéré mon plus gros plaisir simple de l’été, devant Sens dessus dessous, bien réussi avec beaucoup de fantaisie, mais qui manquait un peu de «oumph».

Au chapitre des films complètement ratés: Les 4 fantastiques, Pixels, Teminator: Genysis, Entourage, Magic Mike, Aloha et Ego Trip… Ceux qui n’ont pas comblé les attentes qu’on plaçait en eux: Le gaucher, Avengers: L’âge d’Ultron, Le monde de demain, Le monde jurassique, Mr Holmes

Et vous?

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Lundi 10 août 2015 | Mise en ligne à 6h00 | Commenter Commentaires (2)

Pause: les vacances de M. Moro

OK, depuis le temps qu’on se fréquente, vous devez savoir qu’avec le mois d’août viens le temps de vacances pour moi. À mon retour, on se parlera des films de l’été 15, de la rentrée d’automne, des festivals de Toronto et de Québec.

En attendant, je vous laisse avec les bandes-annonces des deux longs métrages que j’aimerais beaucoup voir ce mois-ci, mais je ne suis pas certain qu’ils vont prendre l’affiche à Québec. Montréalais, profitez-en, Straight Outta Compton (F. Gary Gray) sort le 14 août, Mistress America (Noah Baumbach), le 28.

Amusez-vous, on se voit bientôt.

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Vendredi 7 août 2015 | Mise en ligne à 6h00 | Commenter Commentaires (6)

Le film de la semaine: Le mirage

Le mirage est un moment fort de notre cinématographie récente. Le film de Louis Morissette (scénario) et de Ricardo Trogi (réalisation) ne sera pas présenté au Festival de Cannes. Pas grave. Il n’en est pas moins remarquable, dépeignant avec acuité la chute d’un homme ordinaire qui saborde sa vie après avoir poursuivi sans relâche l’illusion d’une existence modèle que les vendeurs de rêve font miroiter.

Morissette se glisse dans la peau de Patrick, un quadragénaire en crise de couple, financière et sexuelle. De l’extérieur, il maintient l’impression qu’il a tout pour être heureux. Mais sa femme Isabelle (Julie Perreault) est en dépression, ils ne font plus l’amour et il croule sous les dettes. Patrick masque son mal de vivre en surconsommant, pour meubler une maison que le bonheur a quittée il y a longtemps. D’autant que l’herbe a l’air plus verte chez leurs meilleurs amis (Christine Beaulieu et Patrice Robitaille).

Le mirage fait le pari que le spectateur va se reconnaître. En tout ou en partie. Si ce n’est pas lui, ce sera dans son entourage. Ce couple qui reste ensemble pour les enfants. Cette amie malheureuse dans son travail, mais qui continue parce que c’est payant. Ce collègue qui cherche un exutoire dans la bouteille… Dans Le mirage, Patrick se console avec la porno, mais c’est quand il va essayer de transposer ses fantasmes dans la réalité qu’il va tout gâcher.

Pour des raisons scénaristiques évidentes, Morissette a poussé la détresse de Patrick à l’extrême. Sauf qu’il a réussi à éviter le piège de la caricature. Il réussit également, de façon très habile, à amener le spectateur à un endroit où il ne veut pas nécessairement aller. Le mirage commence comme une franche comédie (un peu vulgaire, d’ailleurs), mais le long métrage glisse peu à peu dans le drame.

Ce qui fait toute sa force. Avec l’inévitable question en corolaire : pourquoi on fait tout ça? Pourquoi chercher le bonheur dans l’avoir plutôt que dans l’être? Morissette n’est pas Bergman ou Woody Allen quand il réfléchit sur le sens de la vie, mais il pose les bonnes questions, tout en évitant le ton moralisateur.

Plusieurs jours après la projection, le film m’habite encore. Je soupçonne que mes collègues, ma blonde et ma famille ont hâte que j’arrête d’en parler. Mais tous ont maintenant hâte d’aller le voir.

Car la force du scénario décapant de Morissette repose sur son ultra-réalisme et le sentiment d’identification (sans que ce soit trop forcé). Mais la réalisation de Trogi nous offre quelques moments d’onirisme — la séquence «tournante» sur Fake Plastic Trees de Radiohead qui fait basculer le film dans le drame — qui font entrer l’œuvre dans un réel univers cinématographique.

Le cinéaste originaire de Québec n’a pas l’originalité d’un Dolan ou d’un Vallée. Sauf qu’il compte sur une redoutable maîtrise technique de son médium. Quelques plans-séquences particulièrement réussis sont là pour le prouver, de même que l’utilisation du ralenti avec la musique, un élément-clé de sa signature, qu’il a réussi imprimer sur le canevas proposé par Morissette. Ce dernier n’a pas manqué son coup avec ce premier essai, qui m’a agréablement surpris par sa description parfois féroce de l’idéal petit-bourgeois.

Le cinéma québécois peine la plupart du temps à offrir une finale satisfaisante. Pas Le mirage, qui nous offre une fin conséquente et suffisamment allusive pour que le spectateur puisse s’interroger et tirer ses conclusions.

Une belle réussite.

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