Éric Moreault

Vendredi 12 février 2016 | Mise en ligne à 6h00 | Commenter Un commentaire

Le film de la semaine: Dheepan

Neuf mois après sa Palme d’or à Cannes, voici enfin Dheepan qui débarque sur nos écrans. Même avec le recul, on peut encore s’étonner qu’Audiard ait remporté la suprême récompense sur la Croisette — ce n’est pas son meilleur film. Il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’une œuvre forte, courageuse et profondément humaine qui marque les esprits. Un grand long métrage d’un grand réalisateur, ce qui est, somme toute, assez rare.

Jacques Audiard aime bien donner une voix à ceux qui, habituellement, n’en ont pas dans nos sociétés occidentales. Même si ça veut dire tourner un long métrage à petit budget avec d’illustres inconnus dans les rôles principaux — le sujet le commandait : des étrangers qui tentent, tant bien que mal, d’intégrer leur société d’accueil. Dheepan s’inscrit d’ailleurs dans la même lignée que le très bon Fatima de Philippe Faucon, prix Louis-Delluc 2015.

À la différence près que le réalisateur de De rouille et d’os a choisi de braquer sa caméra sur un trio de réfugiés et non pas sur des immigrants en quête d’un avenir meilleur. Les protagonistes fuient la guerre civile au Sri Lanka : un ex-soldat, une jeune femme et une petite fille. Ils vont se faire passer pour une famille et changer d’identité. En France, on les reloge dans une cité où les trafiquants de drogue font la loi et l’ordre.

Dheepan (Antonythasan Jesuthasan) devient le concierge de cet environnement hostile, même s’il ne parle pas français (la majorité des dialogues sont en tamoul). Alors que l’ex-soldat veut à tout prix s’intégrer, Yalini (Kalieaswari Srinivasan), elle, rêve plutôt d’aller rejoindre sa cousine à Londres alors que la petite Illayaal (Claudine Vinasithamby) cherche sa place à l’école. La caméra d’Audiard les suit de proche sans être intrusive.

Le film va délicatement révéler la dynamique complexe qui s’installe entre trois êtres forcés de projeter une image de famille unie à l’extérieur et de composer avec la méconnaissance de leur rôle respectif derrière les portes closes.

Le réalisateur va doucement tendre son arc dramatique jusqu’à le relâcher avec grand fracas : Dheepan, qui a fui une guerre pour en retrouver une autre, va devoir défendre sa famille imaginaire à défaut d’avoir su le faire avec sa vraie.

Si Dheepan emprunte aux codes du western jusque dans le déroulement lent du récit et son minimalisme, il n’en est pas moins résolument contemporain dans sa thématique : violence urbaine, multiculturalisme, racisme sont autant de sujets abordés, sans didactisme.

Comme dans les films précédents du Français, le protagoniste principal doit affronter un milieu qui lui est étranger où il tente d’en apprendre les codes pour se réinventer. Dheepan n’a toutefois pas la rigueur d’Un prophète, laissant quelques fils non attachés au court du récit. Mais il a une véracité forte en raison de son approche documentaire, même avec des segments oniriques. Ce qui prouve l’étendue du talent d’Audiard.

Toutefois, la finale, trop convenue, s’avère une véritable déception, même si ce faux pas ne gâche en rien la qualité de l’ensemble. Le long métrage nous confronte à des choses dont on préfère habituellement détourner les yeux. Avec intelligence et sensibilité.

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Jeudi 11 février 2016 | Mise en ligne à 16h14 | Commenter Aucun commentaire

Un extrait prometteur de L’avenir, en compétition à Berlin

Mia Hansen-Løve m’a beaucoup déçu avec Eden (2014), film qui n’avait pas été retenu à Cannes contrairement à Tout pardonné (07) et Le père de mes enfants (09). Mais L’avenir, son cinquième long métrage, fait partie de la compétition officielle à Berlin, où il sera présenté samedi et dimanche. Et il compte sur la présence d’Isabelle Huppert dans le rôle d’une femme qui doit encaisser le choc d’une séparation qu’elle n’a pas vu venir.

Le synopsis: Nathalie (Huppert) est professeure de philosophie dans un lycée parisien. Passionnée par son travail, elle aime par-dessus tout transmettre son goût de la pensée. Mariée, deux enfants, elle partage sa vie entre sa famille, ses anciens élèves et sa mère, très possessive. Un jour, son mari lui annonce qu’il part vivre avec une autre femme. Confrontée à une liberté nouvelle, elle va réinventer sa vie.

Ce premier extrait en révèle beaucoup sur la nature de Nathalie et me semble assez prometteur. Curieusement, il évolue dans les mêmes eaux que le Boris sans Béatrice de Denis Côté qui sera présenté demain soir à la 66e Berlinale. À suivre.

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Lundi 8 février 2016 | Mise en ligne à 10h03 | Commenter Un commentaire

Mowgli au Super Bowl

Comme d’habitude, les studios ont profité du Super Bowl pour dévoiler les couleurs de quelques grosses sorties. Après une première bande-annonce timorée, on a enfin pu voir de quoi aura l’air le Livre de la jungle de Jon Favreau (Iron Man, Chef). Le film s’inspire autant du livre de Rudyard Kipling que du dessin animé de Walt Disney.

Cette nouvelle bande-annonce nous permet de voir Bagheera, Baloo et, surtout, Shere Khan. Le tigre, déjà chassé par l’homme, veut éliminer Mowgli (Neel Sethi), qu’il considère comme une future menace. On ne voit pas beaucoup la meute de loups, qui a élevé le garçon, mais ça viendra, j’imagine.

L’univers du Livre de la jungle a marqué l’imaginaire de quantité d’enfants, je suis curieux de voir si Favreau va réussir à le recréer tout en lui donnant une twist moderne. En attendant, ça me semble assez prometteur. En salle le 15 avril.

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