Éric Moreault

Mardi 22 juillet 2014 | Mise en ligne à 11h33 | Commenter Aucun commentaire

Vallée et Falardeau en première au Festival de Toronto

Puisque les nouveaux films de Jean-Marc Vallée et de Philippe Falardeau étaient placés sous la même étoile, celle de Reese Witherspoon, il ne faut guère se surprendre que ceux-ci aient leur première mondiale presque simultanément au Festival de Toronto. Le TIFF, qui se déroule du 4 au 14 septembre, a divulgué ce matin une partie de sa programmation.

Vallée avait connu beaucoup de succès l’an passé au TIFF avec Dallas Buyers Club, qui allait éventuellement gagner trois Oscars. Wild est l’adaptation d’un livre-culte et le choix de Witherspoon pour y jouer ne fait pas l’unanimité.

L’actrice de 38 ans (Mud, Walk The Line) interprète Cheryl Strayed dans sa quête de rédemption au cours d’une randonnée de 1800 km sur la Pacific Crest Trail. Cette marche solitaire est entrecoupée de retours en arrière sur la mort de sa mère, sa consommation d’héroïne, son divorce; bref, sa descente aux enfers.

Le long métrage de Vallée n’est pas sans rappeler celui de Sean Penn, Into The Wild (Vers l’inconnu, 2007), dont la thématique est semblable, mais avec un protagoniste masculin.

Pour ce qui est de Good Lie, avec la même actrice dans le rôle-titre, il s’agit du premier film hollywoodien de Falardeau. Il puise dans l’histoire de jeunes qui ont fui la seconde guerre civile au Soudan (1983-2005) et dont certains trouvent refuge aux États-Unis. Ils trouveront une alliée improbable en une jeune Américaine.

Le TIFF présentera aussi Foxcatcher, Prix de la mise en scène pour Bennet Miller au récent Festival de Cannes; Nightcrawler (Dan Gilroy); While We’re Young (Noah Baumbach), Le juge (David Dobkin); The Riot Club (Lone Scherfig), Coming Home (Zhang Yimou), The Drop (Michaël R. Roskam) et The Humbling (Barry Levinson).

Le film de clôture sera Un petit chaos d’Alan Rickman avec Kate Winslet et Matthias Schoenaerts.

La liste complète est disponible ici.

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Lundi 21 juillet 2014 | Mise en ligne à 11h39 | Commenter Aucun commentaire

Gyllenhall et Cumberbatch au Festival de Toronto

On saura aujourd’hui les films qui seront de la programmation gargantuesque du Festival de Toronto (TIFF). Je parierais qu’après le Prisonniers, de Denis Villeneuve, l’an passé, Jake Gyllenhall sera de retour avec Nightcrawler. Le premier extrait du film de Dan Gilroy, laisse entrevoir une performance à la Pacino des belles années.

Gyllenhall y joue un journaliste-pigiste de faits divers à Los Angeles qui, de toute évidence, tente très fort de se trouver un emploi dans le domaine… C’est Dan Gilroy qui réalise. Son premier film, peut-être, mais il est le coscénariste de La Peur dans la peau : L’Héritage de Bourne (2012), réalisé par son frère Tony. Mieux, le long métrage peut aussi compter sur Bill Paxton, Rene Russo et Riz Ahmed dans la distribution. Et comme Nightcrawler a déjà une date de sortie (17 octobre), il n’est pas surprenant de le voir au TIFF.

Tout comme The Imitation Game, l’un des films les plus attendus de l’automne, avec Benedict Cumberbatch dans la peau d’Alan Turing. Oui, le long métrage du réalisateur norvégien Morten Tyldum fera l’ouverture du 58e Festival de Londres le 8 octobre.

The Imitation Game explore la vie d’Alan Turing, un génie des mathématiques, de la cryptologie et de l’informatique qui était à la tête de l’équipe qui a réussi à briser le code Enigma imaginé par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. Cette fabuleuse réussite est considérée comme un moment décisif dans la victoire des Alliés. Mais Turing fut poursuivi par le gouvernement anglais en raison de son homosexualité, en 1952, ce qui mènera à son suicide présumé.

Le film compte aussi sur Keira Knightley dans le rôle de Joan Clarke, une amie proche de Turing. Il n’y a pas encore de date de sortie pour l’Amérique du Nord (14 novembre en Angleterre), mais il pourrait être un sérieux prétendant dans la course aux Oscars. Or, le TIFF sert souvent de rampe de lancement pour les «oscarisables».

Le Festival de Toronto se déroule du 4 au 14 septembre. J’y serai, on s’en reparle. En attendant, voici la très prometteuses bande-annonce.

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Vendredi 18 juillet 2014 | Mise en ligne à 6h00 | Commenter Aucun commentaire

Le film de la semaine: La vie domestique

Vous êtes vous déjà demandé ce qui se passe derrière les belles façades ordonnées de la classe moyenne supérieure? Dans La vie domestique, Isabelle Czajka révèle l’envers du décor, celui de femmes prises au piège de la surconsommation, de la superficialité et du conformisme. Ce film brillant est une version moins caricaturale et beaucoup plus caustique de la série Beautés désespérées. Et même s’il se déroule en France, il n’en a pas moins de résonance ici.

Rien ne destinait Juliette (Emmanuelle Devos) à habiter cette banlieue aseptisée de la région parisienne où elle se morfond. Ses trois «amies» présentent toutes le même profil de la quarantaine, des enfants à élever, de la maison à entretenir et du mari qui rentre tard.

Celui de Juliette, Thomas (Laurent Poitrenaux), est particulièrement odieux et égocentrique. Il ne se souvient même pas que sa femme attend, cette journée-là, une réponse décisive pour reprendre son travail dans l’édition… Car, pour l’instant, celle femme forte a sacrifié sa liberté, son autonomie et son indépendance à l’autel de la vie rangée et du confort factice. Mais Juliette commence à ruer dans les brancards.

Pour son troisième film, Isabelle Czajka (D’amour et d’eau fraîche) pose un regard acéré mais lucide sur ses femmes qui se laissent enfermer d’elles-mêmes dans le piège du traditionalisme. Ce conditionnement, implanté dès l’enfance, en fait des femmes plus catastrophées par leur sofa abîmé par une tâche que par la mort d’une grand-mère.

Servi par une mise en scène fluide, et volontairement modeste, La vie domestique dresse un portrait terriblement juste de cette femme qui se morfond et qui est peu à peu gagnée par l’anxiété. Il faut une touche légère et subtile à la réalisation pour illustrer ce drame intérieur qui mine Juliette. Et une grande interprète pour en rendre subtilement toutes les nuances dans le jeu. Emmanuelle Devos (formidable dans Violette et Le temps de l’aventure) démontre encore une fois l’étendue de son talent.

La réalisatrice a peut-être forcé un peu trop la note avec ses personnages masculins, qui apparaissent un peu caricaturaux dans cette adaptation du roman de Rachel Cusk, Arlington Park. Mais son propos a l’avantage d’être clair. Et pas si cynique que ça. Il y a une certaine empathie et une dose d’humour (noir), qui nous fait rire, mais avec un brin d’amertume.

Il est étrange que ce film un peu oppressant se retrouve à l’affiche pendant la belle saison. Mais il peut s’avérer un bel exemple de contre-programmation pour ceux qui cherchent du contenu à l’écran et pas seulement des explosions.

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