Éric Moreault

Vendredi 24 octobre 2014 | Mise en ligne à 6h00 | Commenter Aucun commentaire

Le film de la semaine: St-Vincent

Il ne sert à rien de tenter de résister aux charmes de St-Vincent. Le film a beau être prévisible et convenu, il nous réserve assez d’agréables surprises pour maintenir l’intérêt, en plus d’être porté par de formidables acteurs. Le genre de comédie dramatique qui fait rire, un peu réfléchir, mais surtout ressentir un pur bonheur de cinéma, malgré les grosses ficelles, grâce à sa petite touche subversive. Dans le genre, difficile de faire mieux. Petit conseil par contre: évitez la version française autant que possible.

Vincent (Bill Murray) est le prototype du vieux grincheux qu’on ne veut surtout pas avoir comme voisin : alcoolique, joueur, endetté jusqu’au cou, déplaisant et pathétique dans son désir de s’aliéner tout le monde. Seule Daka (Naomi Watts), une danseuse russe, l’endure, et c’est parce qu’il la paie… quand il le peut.

C’est pourtant sur lui que tombent Maggie (Melissa McCarthy) et Oliver (Jaeden Lieberher), son fils de 12 ans, lorsqu’ils fuient un divorce houleux à Brooklyn. Le craquant gringalet et le vétéran du Vietnam vont s’apprivoiser et (re)découvrir la vie sous un nouveau jour. Mais surtout, le garçon va réussir, on s’en doute, à découvrir l’homme derrière les barrières que l’excentrique s’est érigées pour se couper du monde.

St-Vincent est conçu presque spécifiquement pour Bill Murray, qui est formidable. Mis à part Jack Nicholson, on voit mal qui aurait pu interpréter Vincent avec autant de drôlerie que d’émotion. Toujours en retenu, sans jamais forcer le trait, l’acteur de Lost in Translation est aussi bien capable de nous faire rire que de nous toucher doit au cœur.

Cela dit, la grosse surprise vient de Melissa McCarthy, dans une performance toute en retenue. Ça fait changement. Quant à Noami Watts, il faut vraiment la voir en «dame de la nuit» vulgaire et très enceinte. Il aurait été facile de tomber dans la caricature, elle l’évite avec un aplomb remarquable et sans beaucoup de retenue…

Reste que la réalisation de Theodore Melfi est assez conventionnelle, merci. Tout comme son scénario, malgré son aspect très politiquement incorrect. En fait, les choses se gâchent un peu vers la fin, lorsque St-Vincent prend nos sentiments en otage en proposant un mélo pas trop subtil et sa conclusion télégraphiée : il ne sert à rien de juger quelqu’un, surtout quand on ne le connaît pas vraiment. Le parallèle avec la sainteté est également un peu pataud.

On imagine sans peine le film qu’aurait pu être St-Vincent s’il avait été vraiment irrévérencieux. Mais il serait cynique de faire l’impasse sur sa part d’humanité, très touchante. À moins d’être un vieux grincheux.

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Mercredi 22 octobre 2014 | Mise en ligne à 9h10 | Commenter Commentaires (2)

Faire confiance à l’intelligence du spectateur

On peut disserter longuement sur les qualités esthétiques et cinématographiques des œuvres de Fincher, Anderson, Burton, Nolan, Dolan, des Dardenne et compagnie. Mais, essentiellement, la brillance de leur réalisation se résume à un constat et à un point commun: ils font confiance à l’intelligence du spectateur.

Tellement qu’ils réussissent à se frayer un chemin en salle parmi les productions médiocres et formatées que les studios déversent à la pelle sur des spectateurs qui, malheureusement, trop souvent, en redemandent. C’est pourquoi j’attends avec impatience La théorie de l’univers de James Marsh (loupé au Festival de Toronto, à mon grand dam, en raison d’un conflit d’horaire).

Quelques critiques lui ont reproché d’être trop conventionnel, mais la presse a été plutôt favorable dans son ensemble à ce film qui mise sur la relation amoureuse entre le célèbre physicien Stephen Hawking et sa femme. La performance d’Eddie Redmayne (Une semaine avec Marilyn) et de Felicity Jones (La petite histoire du plaisir) a été unanimement saluée.

La bande-annonce laisse présumer qu’on va jouer avec nos sentiments, mais j’ai bon espoir que Marsh va faire confiance en notre intelligence. Il l’a fait avant avec Le funambule (Man on Wire) qui a reçu, en 2009, le grand prix du documentaire à Sundance, l’Oscar du meilleur documentaire et le BAFTA du meilleur film britannique.

On verra bien assez rapidement: en salle le 14 novembre à Montréal et le 28 à Québec. Ça nous laissera le temps de diriger Birdman (7 novembre) et Interstellaire (7 novembre).

Qu’est-ce que vous en pensez?

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Lundi 20 octobre 2014 | Mise en ligne à 13h51 | Commenter Commentaires (3)

Mommy va obtenir le billet d’or!

Suzanne Clément, Anne Dorval, Antoine Olivier Pilon et Xavier Dolan sur le tapis rouge de Mommy, au Festival de cinéma de Québec..  Le Soleil, Pascal Ratthé

Suzanne Clément, Anne Dorval, Antoine Olivier Pilon et Xavier Dolan sur le tapis rouge de Mommy, au Festival de cinéma de Québec.. Le Soleil, Pascal Ratthé

Qui l’aurait cru? Ce ne sera pas 1987 de Ricardo Trogi, mais Mommy de Xavier Dolan qui va obtenir le Billet d’or, à la prochaine cérémonie des Jutra, en mars prochain. Le cinquième long métrage du jeune réalisateur a atteint 2 417 041 $ au box-office avec les recettes de la fin de semaine alors que 1987 a arrêté le compter à  2 414 134 $.

Et ce n’est pas terminé puisqu’à sa cinquième semaine d’exploitation, il a encore engrangé 202 377 $ et s’est ainsi hissé au deuxième rang des revenus dans la province. Seul Fury, de David Ayer, a mieux fait, mais c’était la première fin de semaine du long métrage mettant en vedette Brad Pitt.

Mommy fait aussi très bien en France où il a obtenu 340 171 entrées à sa première semaine, seulement devancé par Les apparences (David Fincher) et le film d’horreur Annabelle.

Xavier Dolan va continuer à avoir ses détracteurs, malgré ce succès mérité. Mais ceux-ci ne pourront plus dire qu’il réalise des films que personne ne voit…

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