Éric Moreault

Mercredi 1 octobre 2014 | Mise en ligne à 10h29 | Commenter Un commentaire

Vice caché: Joaquin Phoenix dans les vapes

OK, Vice caché (Inherent Vice) de Paul Thomas Anderson est l’un des deux films américains que j’attends avec impatience dans les prochains mois (je vous laisse deviner l’autre). Parce qu’un long métrage du cinéaste de Magnolia (1999) et d’Il y aura du sang (2007) se veut toujours un jubilatoire moment de cinéphilie — une conjugaison bien accordée de la forme et du fond. Et que sa réputation lui permet de compter sur une pléthore d’acteurs trop heureux d’avoir quelque chose de consistant à se mettre sous la dent.

La première mondiale de Vice caché au Festival de New York, samedi, va créer l’événement. Le critique du New York Times a évoqué un Chinatown (Polanski, 1974) sous l’influence de la marijuana, d’autres ont parlé d’une comédie psychédélique. La bande-annonce révèle un Joaquin Phoenix, qui retrouve PTA après Le maître, particulièrement dans les vapes. Le réalisateur renoue aussi avec Jonny Greenwood, guitariste de Radiohead, qui a composé la musique du film. Reese Witherspoon, Owen Wilson, Benicio Del Toro et Josh Brolin sont de la distribution.

Le scénario est une adaptation du livre du grand romancier Thomas Pynchon, dont la fin a été modifié, semble-t-il. «Los Angeles, 1970. Le rêve hippie est ébranlé par les folies de Charles Manson et une guerre traumatisante au Vietnam. Doc Sportello (Phoenix) est un détective privé d’un genre particulier : il vit sur une des plages de la ville, est un adepte du joint bien roulé, et, à l’occasion, du trip intersidéral à l’acide. Avec son meilleur ennemi, le flic Bigfoot (Brolin), il enquête sur l’étrange disparition du milliardaire Mickey Wolfmann. Tous deux ont de bonnes raisons de vouloir tirer au clair cette affaire…»

Oscars obligent, le film sera sûrement présenté en salle à New York et à Los Angeles en décembre, mais il nous faudra attendre le 9 janvier pour découvrir de quoi il en retourne. Me semble que ça va bien commencer l’année. Pas vous?

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Mardi 30 septembre 2014 | Mise en ligne à 9h56 | Commenter Aucun commentaire

3 fois primé au festival, mais pas de sortie en salle AJOUT

Un film de chasse de filles a remporté trois prix au récent Festival de Québec (FCVQ). Mais vous ne pourrez pas le voir en salle, sauf exception. Les diffuseurs ont refusé de le programmer. Sujet pas assez commercial? Documentaire trop pointu? Manque de qualités artistiques? Pantoute. Ses producteurs ont commis un crime de lèse-distribution en diffusant le film de Julie Lambert sur tou.tv pendant une courte période avant sa sortie en salles.

Pourtant, expliquent Marc Biron et Sonia Despars, les producteurs n’avaient pas le choix. Le programme de microbudget de Téléfilm Canada exige une diffusion sur support numérique. Ils doivent aussi encourager activement sa promotion. Ce qu’ils ont fait, notamment par l’entremise de Facebook.

«Nous respectons la gestion du risque des exploitants de salles, mais comme producteur et distributeur, il était hors de question que nous tablettions le film.» Marc Biron et Sonia Despars n’ont guère le choix: ils ne peuvent partir en guerre contre les propriétaires de salles sans nuire à leurs prochains longs métrages.

Mais les proprios commentent une grossière erreur. Les modes de diffusion changent à la vitesse grand V. Il ne s’agit pas ici d’un long métrage hollywoodien dont on annonce la sortie simultanée sur une chaîne de vidéos sur demande. AJOUT: Ou d’un film de Netflix boycotté par les exploitants de cinéma — pour combien de temps?

Il s’agit ici d’un film indépendant, produit et réalisé par une équipe de Québec, qui a touché le public, la critique et le jury du FCVQ. Un boycottage idéologique est mal avisé et risque d’aliéner un public pourtant favorable à l’idée que le cinéma, c’est en salle qu’il se voit. Les producteurs ont même proposé d’assumer les risques financiers d’une programmation en salle, ils se sont butés à un refus ferme.

Les artisans sont déçus, mais ne veulent pas faire de vagues. Ils veulent seulement que le public soit au courant de la situation. En fait, ils croient tellement à leur film qu’ils ont décidé de louer la salle Albert-Rousseau (12 octobre, 13 h) et le Grand théâtre (17 octobre, 19 h) pour diffuser Un film de chasse de filles à Québec, en présence de la réalisatrice, de chasseresses et d’autres invités (les billets sont en vente à la billetterie des salles). Le documentaire partira ensuite en tournée au Québec.

Ils sont anxieux, mais espèrent surtout que le film pourra rejoindre son public. Il faudrait car ce documentaire atteint souvent sa cible et s’inscrit dans notre grande tradition de cinéma-vérité. Sur de magnifiques images, ce portrait intimiste explore la réalité – parfois crue – de cette prédation fortement inscrite dans nos gènes en suivant trois femmes de générations différentes qui se passionnent pour la chasse.

Me semble qu’il y a un public pour ça au Québec. Mais ce ne sera pas dans les salles de cinéma. Je me répète, mais c’est une décision mal avisée qui se trompe de cible.

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Lundi 29 septembre 2014 | Mise en ligne à 10h27 | Commenter Commentaires (4)

Ça sent l’arnaque…

Jeu de mots facile: qu’est-ce qui se cache Sous les jupes des filles? Rien de bien sexy, semble-t-il. Quand un film réunit une dizaine d’actrices françaises très populaires, dont Isabelle Adjani, Laetitia Casta et Vanessa Paradis, et qu’il n’y a pas de visionnement de presse, c’est qu’on veut essayer de flouer le public.

Depuis quelques années, le première fin de semaine d’un film fait foi de tout. Ceux qui veulent vraiment le voir se précipitent, que les critiques soient bonnes ou pas. Après, leur appréciation, communiquée sur les réseaux sociaux, aidera grandement — ou pas — à la carrière en salle d’un long métrage. Ce qu’on appelait avant le bouche à oreille.

Les critiques jouent quand même un rôle, surtout s’il y a un effet d’accumulation — on n’a qu’à voir avec Mommy de Xavier Dolan. Les distributeurs s’arrangent donc pour que les journalistes voient les films — si ce n’est pas une projection de presse en bonne et due forme, au moins sur DVD ou sur support informatique.

Ce n’est pas le cas pour Sous les jupes des filles, qui a quand même fait 1,4 million d’entrées en France, et qui arrive en salle vendredi au Québec. Sauf que la critique, en France, n’a pas été tendre pour le film d’Audrey Dana. «Un déferlement de vulgarité, un final conservateur. Une comédie atroce», selon les Inrocks. «Poussive mais jamais jouissive, la mise en scène ne brille guère par son inventivité. Au même titre que l’écriture, laborieuse de bout en bout. Manque à cet étalage des prétendus comportements féminins une touche féminine. C’est le comble», dit Le Monde.

Il est vrai que, parfois, on évite de montrer les films de genre aux journalistes, qui vont les voir à la sortie, quitte à reporter la critique, ou courent les avant-premières. Mais il arrive parfois qu’on soit vraiment de mauvaise foi (mon collègue Marc-André Lussier en rapporte un bon exemple).

Si j’étais vous, j’attendrais avant d’aller voir ce qu’il y a Sous les jupes des filles. Ça pourrait vous éviter une mauvaise surprise. Parce que visionnement de presse ou pas, la critique va s’en charger. Pour vous donner un aperçu si ça vaut le coup ou pas.

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