Éric Moreault

Mardi 18 juin 2013 | Mise en ligne à 12h10 | Commenter Un commentaire

Les racines du FLQ selon Chartrand

Alain Chartrand, le fils du coloré syndicaliste Michel Chartrand, a consacré beaucoup d’énergie à concrétiser son projet de La maison du pêcheur, sur le passage des Frères Rose et de leur ami Francis Simard à Percé en 1969. Sur place, ils ouvrent une «Maison du pêcheur» pour accueillir les jeunes et les voyageurs. Les trois militants indépendantistes y font également de l’animation sociale. Mais ils vont aussi passer de la parole aux gestes un an plus tard, lors de la crise d’Octobre. Bernard Lortie, le fils d’un pêcheur gaspésien, débarque sur place pour trouver du travail. La situation dégénère. La violence éclate, incitant Bernard et ses nouveaux amis à renoncer au discours pacifique pour adhérer au Front de Libération du Québec (FLQ).

La bande-annonce en noir et blanc laisse voir un souci d’une approche documentaire pour recréer l’énergie et la fébrilité de ces années où la jeunesse se révolte. Il y est clairement fait allusion à la montée de l’IRA en Irlande du Nord. Plusieurs films ont été tournés sur cette époque (Les ordres de Michel Brault, Octobre de Pierre Falardeau, etc.), mais rien, sauf erreur, sur les évènements de l’été 69. Juste pour l’approche socio-historique, j’ai hâte de voir ça. La distribution est solide, aussi.

Le film met en vedette Mikhail Ahooja, Vincent-Guillaume Otis, Benoit Langlais et Charles-Alexandre Dubé dans les rôles principaux. À ceux-ci s’ajoutent Geneviève Boivin-Roussy, Ariane-Li Simard-Côté, Marie-Lyse Laberge-Forest, Jean-François Poulin, Luc Picard, Raymond Bouchard et Kevin Parent. Plusieurs acteurs de Québec y font aussi de la figuration.

La maison du pêcheur sera présenté au Festival du film de Montréal le 23 août. Il prendra ensuite l’affiche en salle le 6 septembre.

Un commentaire  |  Commenter cet article

 

Lundi 17 juin 2013 | Mise en ligne à 12h20 | Commenter Commentaires (2)

Scorsese descend Wall Street avec DiCaprio

Oliver Stone n’a qu’à bien se tenir, c’est au tour de Martin Scorsese d’offrir sa vision de Wall Street, le cœur financier du capitalisme sauvage. Dans Le loup de Wall Street, il offre à Leonardo DiCaprio un rôle extravagant et décadent qui devrait assurément lui valoir une nomination aux Oscars. D’ailleurs, le film est prévu à la mi-novembre, en plein dans la saison des nominations.
Le film est basé sur l’autobiographie de Jordan Belfort (DiCaprio), un courtier condamné à 22 mois de prison pour fraude et blanchiment d’argent en 1998 — il a spolié ses investisseurs de 200 M$. Belfort mène un train de vie luxueux et consomme comme un forcené. Il fut le dernier propriétaire d’un yacht qui a appartenu à Coco Chanel. Bref, la vie des gens riches et célèbres sur les pilules.
Évidemment, un Scorsese est toujours un évènement. Il est l’un des plus grands réalisateurs américains vivants. Mais la bande-annonce à la Baz Lhurman me laisse perplexe. La même frénésie, le même montage survolté, les images de party, sur un morceau de Kanye West… Enfin, on verra. C’est souvent trompeur. Et la distribution est intrigante, avec, entre autres, Matthew McConaughey, Jon Favreau, Spike Jonze, Rob Reiner et Jean Dujardin (les trois derniers sont aussi sinon plus réalisateurs qu’acteurs).
Vous en pensez quoi?

Lire les commentaires (2)  |  Commenter cet article

 

Vendredi 14 juin 2013 | Mise en ligne à 7h00 | Commenter Commentaires (5)

Le film de la semaine (malgré tout): L’homme d’acier

Un peu bizarre de choisir un film très ordinaire comme film de la semaine, mais L’homme d’acier (Man of Steeel) était attendu comme LE film de l’été au rayon des superproductions. Ben, c’est raté. Il faut tout de même reconnaître à Zach Snyder son talent pour le divertissement à gros budget. L’homme d’acier emplit l’écran de scènes spectaculaires et de pyrotechnie. Mais son redémarrage de la franchise de Superman illustre aussi les limites de ses capacités. Son film s’écrase à mi-parcours.
Désolé pour ceux qui s’attendaient à un miracle de la part de Snyder, un réalisateur qui mise seulement sur l’emballage, mais il n’a pas changé le scénario de David S. Gover en véritable film. Ce dernier et Christopher Nolan, qui produit, sont les grands artisans de la fabuleuse trilogie des Dark Night (Batman). Mais Snyder n’a pas le talent de réalisateur de Nolan — il est incapable de donner de la chair à ses personnages. Sans compter que L’homme d’acier manque singulièrement d’humour et de plaisir. Irez-vous quand même?
Pourtant, la première heure laissait espérer de bien bonnes choses. Après un (trop) long prologue sur Krypton, visuellement époustouflant, le long métrage met en parallèle l’enfance de Clark Kent et sa quête, jeune homme (Henry Cavill), pour découvrir sa véritable identité. Il y a une certaine sensibilité à défaut d’une réelle humanité pour le sujet. Les quelques scènes d’action aux effets spéciaux hallucinants de réalisme sont spectaculaires.
Jusque-là, on a un film. Mais Snyder met ensuite en scène l’habituelle cascade de combats et de destruction sans queue ni tête qui tombe dans une surenchère telle qu’elle finit par distiller une implacable lassitude même chez les amateurs du genre. Comme si Snyder avait voulu dépasser les fracas d’Avengers. Ridicule. Quel intérêt à voir pendant une heure de suite des immeubles s’effondrer et des véhicules en tout genre, jusqu’aux chasseurs à réaction, exploser? Tout ça sans aucune victime! Il est totalement illogique d’ailleurs que Superman y participe sans se soucier une seconde de protéger les innocents.
Cet apocalypse, qui calque le 11-Septembre dans sa partie à Métropolis (de très mauvais goût), est le résultat de la lutte entre Superman et le vilain échappé de Krypton, le général Zod (Michael Shannon). Le rhétorique guerrière de Zod sur la survie de son peuple est celle qu’utilisent les tyrans pour justifier un génocide — celui de tous les humains, cette fois, rien de moins.
La métaphore biblique est évidente. Tel Moïse, Kal-El / Clark Kent est sauvé de la catastrophe pour mener son nouveau peuple à un nouvel Éden. Il incarne l’espoir, après avoir vécu 33 ans comme un humain avant que ne soit révélée sa vraie nature. Mais, bon, il n’est pas de nature divine, seulement extraterrestre. Et le petit jeu atteint rapidement ses limites. On pourrait aussi plaider que la première partie élève le personnage de bandes dessinées au rang de Dieu grec avec ses dilemmes, son fardeau et son immortalité.
Le récit pointe aussi les faiblesses humaines — la peur de l’inconnu, la crédulité, la violence gratuite, le harcèlement… À ce moment, le long métrage est sans peur et sans reproche, comme son héros. Mais on dirait que la succession de scènes d’action agissent comme la kryptonite et affaiblissent singulièrement le film.
Elles mettent aussi en évidence que Snyder est nul pour la direction d’acteurs. Inutile de signaler les incongruités et les invraisemblances, elles vont avec le genre de film d’action / aventure / science-fiction. Vous aurez compris que L’homme d’acier n’est pas le film de l’été annoncé. Loin s’en faut.
Convaincu ou pas?

Lire les commentaires (5)  |  Commenter cet article

 

publicité

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse



    publicité





  • Calendrier

    juin 2013
    D L Ma Me J V S
    « mai    
     1
    2345678
    9101112131415
    16171819202122
    23242526272829
    30  
  • Archives

  • publicité