Éric Moreault

Vendredi 19 décembre 2014 | Mise en ligne à 6h00 | Commenter Commentaires (2)

Le film de la semaine: Wild

Ça fait tellement longtemps qu’on en parle, voici enfin Wild. Et je vous le dis en partant, Jean-Marc Vallée ne manque pas de couilles. Il fallait une confiance sans bornes en ses moyens pour s’attaquer à l’adaptation du livre de Cheryl Strayed. Imaginez : filmer une jeune femme qui marche pendant 1600 km, jouée par une actrice qui veut qu’on la prenne plus au sérieux. Reese Whiterspoon n’a pas froid aux yeux, elle non plus, en se mettant ainsi à nu. Mais avec ce long métrage passionnant et intense, le réalisateur et son actrice peuvent clamer : mission accomplie!

L’actrice de 38 ans se glisse dans la peau de Cheryl Strayed, une jeune femme en mode autodestructif depuis la mort de sa mère Bobbi (Laura Dern, lumineuse), qui se lance sur le sentier de la rédemption au cours d’une randonnée sur la Pacific Crest Trail. Cette marche solitaire est entrecoupée de retours en arrière sur le décès de sa mère, sa consommation d’héroïne, ses aventures sordides avec les premiers venus; son divorce; bref, sa descente aux enfers.

La voix hors champ de la Cheryl permet d’avoir accès à ses pensées intimes et à ce qu’elle inscrit dans le journal, ce qui pigmente l’intérêt pour la protagoniste dans ce drame contemplatif. Bien sûr, son parcours est parsemé de rencontres, parfois dangereuses. Mais on se serait passé de l’interlude amoureux, vers la fin, qui n’apporte pas grand-chose au récit et en brise le rythme.

Il faut dire que, malgré son sujet, Wild n’a pas le même impact dramatique que Dallas Buyers Club — même s’il est tout aussi captivant. Il faut une grande maîtrise cinématographique pour nous intéresser, pendant près de deux heures, à une randonneuse solitaire! Mais Vallée et son directeur photo Yves Bélanger ont choisi, très judicieusement, une approche intimiste, collant au personnage et à sa souffrance, tant physique que psychologique, plutôt que d’exploiter seulement la beauté sauvage du paysage.

C’était la seule façon valable, sur le plan cinématographique, de rendre cette quête solitaire intéressante et Vallée ne s’y est pas trompé. Il s’avère ainsi presque un documentaire sur la Pacific Crest Trail, magnifiée par de superbes plans.

En montant en parallèle l’épreuve que Stacey s’impose avec les moments heureux de son enfance, le deuil de sa mère puis sa chute, Vallée donne aux spectateurs les clés pour comprendre les motivations profondes de cette femme écorchée.

La musique occupe, comme d’habitude chez le talentueux réalisateur de 51 ans, une place prépondérante, de Portishead à Stevie Ray Vaughan. En particulier El Condor Pasa, de Simon & Garfunkel, qui agit comme un leitmotiv, mais qui agit aussi pour Cheryl comme une réminiscence de sa mère Bobbi. Le récit de Cheryl Strayed est celui d’une personne qui tente de se réinventer, mais, surtout, un hommage appuyé à la figure maternelle et à l’amour qu’elle lui portait.

Il fallait une solide performance pour maintenir l’intérêt (Wild manque d’ailleurs de souffle à la fin). Reese Witherspoon poursuit sa réinvention comme actrice «sérieuse». Elle donne corps au personnage — le rôle est très physique — et n’hésite pas à se présenter sous un jour pas très avantageux, ni même à jouer quelques scènes nues. D’ailleurs, les scènes sexuelles sont explicites, mais pas racoleuses et dénuées de la lumière flatteuse habituelle des productions hollywoodiennes. On reconnaît la signature de Vallée. Witherspoon le genre de performance à plaire aux membres de l’Académie. Elle est, pour l’instant, en nomination comme meilleure actrice aux Golden Globes.

Wild illustre la catharsis d’une jeune femme qui cherche à surmonter le deuil de sa mère. Sa résonnance est profonde. Il s’agit d’un film très touchant, qui s’adresse autant à la tête qu’au cœur.

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Mercredi 17 décembre 2014 | Mise en ligne à 9h50 | Commenter Un commentaire

Cadeau de Noël à l’avance: les Minions

OK, je voulais écrire une entrée de blogue sur la culture, parent pauvre de l’information. Sur les 11 thèmes traités par les médias, les arts arrivent au 10e rang, ne devançant que l’automobile. En fait, les nouvelles culturelles ont perdu 30 % d’espace depuis 10 ans, au Québec. Ce qui en dit long sur ce que nous sommes.

C’est tellement déprimant — la tendance ne risque pas de s’inverser — que j’ai préféré semer un peu de joie avec les Minions (les personnages extravagants sortis tout droit des Détestable moi). Une peu plus bas, vous avez aussi un nouvel extrait du film, dont la sortie est prévue le 10 juillet 2015. Comme l’action se passe dans les années 1960, les chansons d’Hendrix et des Doors sont un bon aperçu de ce qui nous attend.

OK, c’est pas de la grande culture, mais ça change les idées.

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Lundi 15 décembre 2014 | Mise en ligne à 11h28 | Commenter Commentaires (2)

Prébande-annonce du Mirage de Trogi

Ricardo Trogi est venu tourner quelques jours cet automne à Québec pour son prochain film, écrit par Louis Morissette et François Avard. Voici les premières images. Difficile de se faire une idée avec si peu.

Le mirage est un film sur la surconsommation et la vacuité de nos vies. Louis Morissette a écrit sur les gens de sa génération qui ont perdu leurs illusions, m’a-t-il confié en entrevue. «Ça vient d’une tristesse de voir les gens qui abdiquent sur certains rêves parce qu’ils sont pris dans un engrenage, ils ne peuvent plus revenir en arrière. J’ai réalisé que des gens autour de moi étaient sur les antidépresseurs, en burn-out, en dépression, sans libido. On est jeune, supposé être encore plein d’énergie, de projets, d’ambition, d’espoir et il y en a qui arrivent au début de la quarantaine et qui s’éteignent.»

Le film doit sortir le 31 juillet 2015. Patrice Robitaille, Julie Perreault et Christine Beaulieu font aussi partie de la distribution.

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