On sait tous à quelle vitesse le temps file. Mais il file encore plus vite lorsqu’on a la passion de vous parler d’automobile. C’est ce qui explique pourquoi, parfois, je suis une ou deux journées en retard à publier ce blogue (une initiative personnelle qui je fais volontairement, sans rémunération aucune, je vous le rappelle!…merci à La Presse de m’héberger…).
Cette semaine, j’aimerais vous parler de la Volkswagen Jetta Hybrid qui a été mise à ma disposition la semaine dernière. Quelques lecteurs de ce blogue m’ont demandé mon avis sur cette auto mais, même si elle a été présentée à la presse spécialisée il y a déjà un bout de temps, elle n’a été mise à la disposition des journalistes que récemment.
Alors, qu’en retourne-t-il? La Jetta Hybrid est-elle un animal extraordinaire? En fait, non! Mais elle présente une configuration qu’il vaut la peine que l’on s’y attarde. Au départ, on se demande pourquoi le constructeur allemand a décidé de passer à la configuration hybride alors que son approche «diesel» soit aussi populaire et surtout, reconnue! Il faut dire qu’il a d’abord fondé sa réputation sur l’utilisation des moteurs diesel. Mais tout semble indiquer que la configuration hybride-électrique soit à prendre le dessus.

La nouvelle Volkswagen Jetta Hybrid (Photo Éric Descarries)
Au départ, la berline Jetta possède déjà une réputation enviable. Toutefois, on ne connaît rien de la fiabilité ou de la durabilité de la mécanique hybride de Volkswagen sauf pour quelques grands VUS Touareg ainsi équipés qui ont trouvé preneur au pays. De plus, le moteur à combustion interne qui anime cette voiture est tout nouveau pour les consommateurs nord-américains. Il s’agit d’un quatre cylindres turbocompressé de 1,4 litre qui, avec l’apport du moteur électrique, réussit à développer 170 chevaux et 184 li-pi de couple. Volkswagen l’a combiné avec une boîte «automatique» DSG à double embrayage interne qui inclut sept rapports que l’on peut utiliser manuellement. Évidemment, cette Volks est à traction avant. L’autre différence technique, c’est au niveau de la suspension arrière qui est plutôt celle de GLI qui laisse plus de place à la batterie et au réservoir de carburant. Quant au freinage, il sert également à la récupération d’électricité lorsqu’il est utilisé.

La Jetta Hybrid vue d’arrière (Photo Éric Descarries)
Malgré le fait qu’elle ressemble beaucoup à la Jetta traditionnelle, on reconnaîtra la version hybride à sa calandre unique et au petit déflecteur qui orne le capot du coffre. De plus, les ornements sont entourés d’un contour bleu. La voiture qui me fut confiée par Volkswagen Canada était un modèle haut de gamme Highline. Donc, il s’agissait d’une voiture luxueuse avec un intérieur élaboré. Le tableau de bord demeure sensiblement le même que celui des autres Jetta sauf qu’une partie de l’instrumentation sert à décrire le fonctionnement du système électrique. En fait, les renseignements sont parfois dédoublés car on peut les voir aussi sur l’écran du système de navigation. En passant, j’ai trouvé celui-ci un peu petit et parfois difficile à lire. Si vous portez des lunettes que pour lire, vous en aurez besoin pour bien voir ce qui apparaît à l’écran. Les sièges y sont confortables et la visibilité très bonne. Toutefois, lorsqu’on arrive au coffre, il faut composer avec un plancher surélevé au fond. Volkswagen a dû loger la batterie sous ce plancher. Donc, si l’on veut utiliser tout l’espace de chargement en abaissant les dossiers des places arrière, on n’obtient plus le même passage utile. Il est sérieusement diminué.

La calandre de la Jetta Hybrid lui est spécifique (Photo Éric Descarries)

L’intérieur est semblable à celui des autres Jetta sauf pour l’instrumentation (Photo Éric Descarries)

Le volume du coffre est rapetissé par la bosse dans le plancher qui recouvre la batterie (Photo Éric Descarries)
Sur la route
Vous vous demandez certainement quel genre de performance une telle Volkswagen peut donner. Lorsqu’on lance le moteur (dans le cas qui nous intéresse ici, avec un bouton que l’on presse au centre de la console), il faut compter quelques secondes avant que l’ensemble ne réagisse, ce qui peut devenir agaçant à la longue. Toutefois, une fois la boîte de vitesses engagée, la Jetta hybride est tout simplement intéressante à conduire. La boîte DSG (un genre de boîte de vitesses que je n’affectionne pas toujours) passe ses rapports avec souplesse presque avec transparence. J’ai même utilisé le fonctionnement manuel de la boîte ce qui a confirmé la souplesse de celle-ci. Cependant, en rétrogradant, il faut descendre assez bas pour obtenir un certain freinage-moteur. C’est le prix à payer pour une boîte à sept rapports. En passant, lorsque le système est à sa température d’opération, le conducteur peut jouir de la fonction Stop-Start qui ferme le moteur lorsque l’auto est immobilisée et le relance (avec le démarreur) lorsque le conducteur relâche la pédale des freins, ce qui aide à l’économie de carburant (je me demande à quelle fréquence les démarreurs de telles autos devront être changés!). Si l’on conduit l’auto avec délicatesse, elle ne fait appel qu’à son moteur électrique ce qui m’a même permis d’atteindre les 60 km/h limites du boulevard St-Martin à Laval. Cependant, le moindre effort (pente, accélération plus soutenue, etc…) relance le moteur thermique. Et si l’on exploite toute la puissance de l’ensemble électro-mécanique à l’accélération, on peut rejoindre les 100km/h en moins de neuf secondes. Les reprises sont aussi rassurantes. C’est plutôt au freinage que la Volks Jetta hybride a démontré quelques petits caprices. En effet, surtout à basse vitesse, il faut savoir moduler la pédale car selon que le véhicule soit en mode régulier ou en mode de récupération d’électricité, l’effort demandé est différent. En d’autres mots, le freinage peut être plus rapide ce qui vous lancera vers l’avant!

Difficile de voir le petit moteur turbo de 1,4 litre de la Jetta Hybrid (Photo Éric Descarries)
Enfin, ce que vous attendiez peut-être, j’ai obtenu une consommation de 6,6 l/100 km en conduite surtout urbaine, une performance que je qualifierais de très satisfaisante. Le prix de base de cette Jetta Hybrid Highline est de 34 025$ auquel il faut ajouter les 1 395$ de frais de transport et de préparation et les 100$ de l’inévitable taxe fédérale pour la climatisation (et je ne comprends toujours pas pourquoi le gouvernement continue d’imposer cette taxe créée lorsque les grosses cylindrées des années soixante-dix consommaient l’essence goulûment et que leurs gros compresseurs de climatiseur exigeaient presque dix chevaux pour fonctionner! On est loin de cette situation aujourd’hui!).

Excursion en CX-5
Chaque année, la division québécoise de Mazda Canada organise une petite partie de pêche pour les chroniqueurs automobile de la province question, non seulement de s’amuser un peu, mais aussi de conduire un ou plusieurs de ses véhicules sur une distance respectable. De plus, les dirigeants locaux en profitent pour exposer leurs performances régionales et les performances du constructeur en général. C’est un peu comme un congrès à petite échelle.
Évidemment, tout cela semble bien beau et bien amusant. Mais il a fallu se rendre à la Pourvoirie Némiskau, un paradis pour pêcheurs situé en Haute Mauricie. J’ai donc utilisé la plus récente version du petit VUS CX-5 mû par un nouveau quatre cylindres de 2,5 litres au lieu du 2,0 litres de base. Ce nouveau moteur, aussi avec configuration SkyActiv (et disponible dans les versions plus poussées du CX-5), fait quelques 15 chevaux de plus que le petit moteur de base ce qui aide grandement le CX-5 au point de vue performance, ce que l’on reprochait surtout au moteur de 2,0 litres.

Le CX-5 que j’ai conduit à la Pourvoirie Némiskau (Photo Éric Descarries)
J’ai donc conduit le CX-5 des bureaux de Mazda à Montréal à Trois-Rivières par la route 40 puis vers La Tuque par la 155 (avec le régulateur de vitesse à 112 km/h). En sortant de la ville, j’ai ensuite bifurqué sur la 25 qui devient vite une route de terre (où l’on rencontre d’immenses camions remorques surchargés de billots de bois). On prend ensuite la 125 et on tourne vers la pourvoirie toujours en pleine forêt (quel pays extraordinaire!). Sur place, nous avons été admirablement accueillis mais, je n’ai pu y rester que 24 heures puisque je devais revenir pour le vendredi matin afin de repartir pour le Circuit du Mont-Tremblant où débutait la saison des courses en circuit routier.

Mazda avait aussi confié de nouvelles Mazda6 aux chroniqueurs pour se rendre à Némiskau (Photo Éric Descarries)
Le petit CX-5 s’est superbement bien comporté malgré que j’aie trouvé le siège un peu inconfortablement après plus de quatre heures de route. Sa traction intégrale s’est avérée utile sur la route de gravier mouillée et légèrement glissante. La camionnette est silencieuse sur la route et son comportement routier prévisible. J’ai obtenu une consommation (calculée manuellement) de 8,1 l/100km (exactement ce qui était indiqué par électronique au tableau de bord). Évidemment, la majeure partie du trajet s’est faite sur route (asphalte et gravier) alors que je n’aie que peu conduit le véhicule en situation urbaine.

Une partie de la Pourvoirie Némiskau (Photo Éric Descarries)
L’ouverture de Tremblant
Vendredi dernier, je suis monté faire un reportage photo au Circuit du Mont-Tremblant (car je devais travailler à RDS samedi et dimanche). Il y faisait froid mais il n’y a pas plu, du moins en après-midi. Il y a même fait beau avec un mercure indiquant les 14 degrés Celsius. S’il y manquait une dizaine d’inscrits (ils devaient arriver plus tard), j’ai au moins eu la chance d’y voir de nouvelles autos de course faisant leur première apparition en piste et certaines vedettes dont le célèbre Patrice Brisebois (qui a brisé le moteur de sa Dodge NASCAR en fin de journée). D’autres autos ont aussi connu leur part de déboires. J’y suis donc allé en Land Rover LR2 dont je vous parlerai plus tard. La saison s’annonce intéressante.

Cette Viper était tout simplement superbe en piste (Photo Éric Descarries)

Les Porsche font toujours belle figure à Tremblant (Photo Éric Descarries)

Deux Fusion NASCAR sont venus faire leurs premiers tours de roue au Circuit du Mont-Tremblant (Photo Éric Descarries)

C’est un Patrice Brisebois en vacances qui est venu tester sa Dodge NASCAR à Tremblant (Photo Éric Descarries)

Il y avait quelques anciennes Mustang de compétition ce week-end au Circuit Mont-Tremblant (Photo Éric Descarries)
Félicitations à Guillaume
Je profite de la visibilité que me procure ce blogue pour féliciter mon fils Guillaume qui a terminé ses études en design industriel à l’Université de Montréal. Comme vous pouvez vous en douter, la pomme ne tombant pas trop loin de l’arbre, il a concentré ses efforts à un design de camionnette de livraison urbaine pour son travail final vu à l’exposition annuelle du département à l’Université. Il n’y avait que peu de travaux orientés vers l’auto sauf la camionnette de Guillaume et un taxi adapté aux personnes en fauteuil roulant. Il y avait aussi quelques travaux s’adressant au transport en commun, surtout des aménagements intérieurs. Toutefois, je suis surpris de constater que l’automobile ne semble pas préoccuper les jeunes autant que dans le passé. Pourtant, Montréal est le berceau d’un bon nombre de designers dans le domaine dont Dany Garant (Audi), Simon Lamarre (Volvo), Karim Habib (BMW), Ralph Gilles (Chrysler) et Paul Deutschman (Corvette Callaway) sans oublier mon ami Pascal Boissé qui a participé au design de caisses de camions chez des constructeurs québécois!

Guillaume et son design de camionnette à l’exposition des étudiants en design de l’Université de Montréal (Photo Éric Descarries)

Patrick Schwab y avait aussi créé un taxi pour gens en fauteuil roulant (Photo Éric Descarries)
Attention!
J’aime bien tous vos commentaires. Toutefois, je vous invite à être un peu plus prudent quand vous parlez des vendeurs de voitures. Il est certain que plusieurs d’entre nous nous méfions de ces vendeurs car certains ont acquis une réputation peu enviable. Cependant, comme plusieurs d’entre vous l’avez souligné, ils font leur travail et j’ajouterais même qu’ils sont aussi indispensables à l’industrie automobile que les designers ou… les chroniqueurs! Évidemment que leur rôle est de faire un profit intéressant. Ce le serait si vous étiez à leur place. En autant que vous puissiez vous rendre compte qu’ils savent de quoi ils (ou elles) parlent, vous pouvez leur faire confiance. À vous de jouer, par après, afin d’obtenir le meilleur prix possible. C’est pourquoi, en anglais, on les appelle des «dealers»!
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