Éric Descarries

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    Chroniqueur automobile depuis près de 20 ans, Éric Descarries a été adjoint à la rédaction de L'Almanach de l'auto de 1985 à 1999...
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    Dimanche 22 mars 2015 | Mise en ligne à 18h19 | Commenter Commentaires (4)

    Lexus NX200T et Mercedes-Benz ML63 AMG

    Incroyable comme le temps file. Il y a à peine une semaine, j’étais à prendre des photos dans la région de La Havane à Cuba et maintenant je suis de retour chez nous où il fait (encore et toujours) froid. Qui plus est, je suis déjà au travail à classer mes photos et à écrire des articles sur les véhicules que j’ai croqués sur le vif dans la région de La Havane incluant une série de camions de tous gabarits, de tous âges, de toutes provenances qui me serviront à faire deux «Cartes Postales» dans le magazine de camionnage L’Écho du Transport. D’autre part, je suis à travailler sur la quatrième édition d’Adrénaline Klassic Plus de mon ami Michael Hozjan qui est sur «le gros nerf» car il aimerait bien le publier avant l’exposition de «hot rod» de Québec au début d’avril. Pas facile de lui faire entendre raison tant il est stressé car il s’adresse à un monde assez particulier qui, selon mes observations, est en déclin. En effet, malgré l‘incroyable qualité des «hot rods» et «customs» de nos jours, ces véhicules ne semblent plus attirer les plus jeunes amateurs de voitures qui ne voient que des Porsche, BMW et Ferrari dans leurs rêves! Peut-être que s’ils voyaient comment les Cubains se débrouillent pour reconstruire leurs vieilles Américaines (et Européennes), ils seraient inspirés. C’est du vrai «hot-rodding» à son état pur des premiers jours de ce hobby. Malheureusement, de nos jours, nos lois locales sont trop sévères pour les vrais bricoleurs. Qui plus est, l’avènement de l’électronique a complètement changé la donne. On en est rendu aux autos autonomes (qui se conduiront par elles-mêmes) ce qui a fait dire à Elon Musk, le père de la Tesla, qu’éventuellement, il se pourrait que, dans un avenir plus ou moins lointain, il devienne illégal de conduire un véhicule! J’ose espérer que cette époque n’arrivera pas de mon vivant…quoique de la façon et de la vitesse que les évènements se déroulent…BRRRR!

    Au travers de tout cela, depuis les dernières semaines, j’ai aussi eu l’opportunité de conduire deux VUS intéressants mais diamétralement opposés en ce qui a trait à leur usage, le petit Lexus NX 200T et l’incroyable Mercedes-Benz ML63 AMG. Commençons par le Lexus. Les lecteurs les plus fidèles de ce bloque se souviendront qu’il y a quelques mois de cela, j’avais encensé Toyota pour le design de son nouveau Lexus NX 200T que j’avais essayé par anticipation dans la région de Vancouver. Malheureusement, lors de telles présentations, nous ne parcourons moins de 200 kilomètres au volant du véhicule ce qui nous laisse parfois une bonne impression mais que nous devons toujours vérifier une fois le véhicule disponible chez nous. C’est ce que j’ai fait récemment avec un NX 200 T F Sport d’un bleu…frappant!

    Je n’ai pas changé d’idée. Je trouve encore une fois que les designers de Toyota se sont dépassés dans la conception du Lexus NX 200. On aime ou on n’aime pas la calandre maintenant typique à la marque mais je considère que le NX affiche une ligne agressive qui lui va bien. Donc, pour le dessin extérieur, je vous laisse le juger comme bon vous semble.

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    Le petit VUS de luxe NX200T affiche une ligne agressive. (Photo Éric Descarries)

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    Même de l’arrière, il a toute une présence sur la route (Photo Éric Descarries)

    Toutefois, à l’intérieur, c’est une autre histoire. Si, il y a quelques mois, j’étais étonné par l’audace de Lexus à créer un design hors de l’ordinaire, cette fois, je lui trouve des défauts, surtout dans l’habitacle. Un peu comme le RAV4 dont il découle (de loin quoique le NX tout comme le RAV4 a une plateforme issue de celle de la Camry), le NX nous présente un tableau de bord pas toujours facile à comprendre. Et, dans le cas de certaines commandes, il faut y regarder à deux fois avant de trouver le bon bouton qui peut être enfoui dans la partie inférieure de la planche de bord (celle du volant chauffant, par exemple qui est sous le tableau de bord à gauche de la colonne de direction!). L’instrumentation y est bien lisible mais, en ce qui a trait aux commandes du système de navigation ou de la radio, c’est l’enfer! Les ingénieurs de Toyota-Lexus ont décidé de surpasser leurs confrères de la concurrence en redessinant le bouton de commande rotatif au centre de la console pour les fonctions de la radio et de la navigation. À la place, on retrouve un «pad» comme celui du centre d’un ordinateur portable. OK! Jusque là, c’est innovateur. Mais en ce qui concerne son fonctionnement, il faut y aller avec tellement de délicatesse et de précision qu’il n’y a pas d’autre moyen que de s’arrêter pour y travailler avec minutie. Et là encore! Ça saute trop facilement d’une fonction à l’autre! Ma femme, qui est passé maître dans l’art de manipuler ces bidules, en perdait elle-même son latin (moi, je n’y perdais pas mon latin mais j’y retrouvais ma langue québécoise familière!). Ah oui! Mentionnons que les designers de la marque ont aussi inclut un petit miroir détachable dans la console…pour se faire une beauté!

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    Le dessin du tableau de bord est plutôt torturé! (Photo Éric Descarries)

    Outre cela, la position de conduite y est bonne et les sièges plus confortables que ceux de la RAV4. Toutefois, les gens de gabarit plus imposant que le mien pourraient se trouver un peu serré dans cette cabine étroite. Les places arrière sont généreuses, surtout pour les jambes, mais, à ma grande surprise, l’espace arrière réservé aux bagages est plus petit que prévu. À l’œil, il semble vaste mais lorsqu’on y loge deux valises de dimensions moyennes…il n’y a presque plus de place!

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    Les places arrière proposent un bon dégagement pour les jambes (Photo Éric Descarries)

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    Malgré tout, le coffre n’est pas aussi vaste qu’on pourrait le croire (Photo Éric Descarries)

    La mécanique du NX 200T se distingue par le fait que le quatre cylindres de 2,0 litres y est turbocompressé, presque une nouveauté pour ce constructeur (les derniers moteurs turbo de Toyota remontent à ceux des Supra des années quatre-vingt dix). Il fait donc 235 chevaux et 258 li-pi de couple et, combiné à une boîte automatique à six rapports (Super ECT avec commandes au volant) et à la traction intégrale, il procure des performances que je qualifierais d’agréables. Toutefois, le NX 200 n’est pas une voiture de sport par excellence. Il demande environ huit secondes pour grimper du point mort à 100 km/h. Les reprises sont un peu plus convaincantes. Cependant, à sa défense, il est relativement silencieux. La direction demande un peu d’effort (c’est la F Sport, je vous le rappelle) mais elle m’a plu! Quant au freinage, il m’a paru bien à la hauteur de la situation. Pour la tenue de route, il me faut revenir à mon essai initial sur la route sinueuse qui mène de Vancouver à Whistler. Selon mes notes, c’était très bien pour un véhicule de ce style. Plus près de nous, le NX 200T qui m’a été confié était équipé de pneus d’hiver Hankook I*Pike légèrement bruyants mais très efficaces tant sur la glace que dans la neige.

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    Les pneus Hankook I*Pike sont efficaces mais un peu bruyants sur le sec.  (Photo Éric Descarries)

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    Le moteur du NX signale le retour du turbocompresseur chez Toyota. (Photo Éric Descarries)

    Le prix de base d’un Lexus NX 200T est de 40 950$. Le véhicule ayant servi à cet article avait pour 12 100$ d’options (tous des éléments reliés à la version F Sport Série 2 dont les ornementations, les radars, les illuminations, le toit ouvrant transparent et j’en passe…) plus les nombreuses taxes (celle du climatiseur de 100$, des frais de gestion pour les pneus de 27, 15$, des filtres de…0,70$ et du COCVA (ontarien) de 5,00 $) et les 1995 $ de transport et préparation. Le montant final de la facture : 55 177,85$…plus taxes! Quant à la consommation, j’ai obtenu une moyenne de 11,6 L/100 km en conduite surtout urbaine. Le Lexus NX 200T doit faire concurrence aux BMW X1, Audi Q3, Lincoln MKC et autres VUS compacts de luxe de ce monde.

    L’autre VUS que j’ai conduit dernièrement est dans une toute autre ligue. Il s’agit du Mercedes-Benz ML 63 AMG, un véritable monstre de l’autoroute. En fait, le ML63 est une version de (très) haute performance du populaire ML. Celui-ci n’a pas besoin de présentation. Mais dans sa version AMG…c’est un tout autre véhicule.

    AMG, ce sont les initiales des trois préparateurs Aufrecht, Melcher et Grossaspach qui, avec le temps, se sont spécialisés dans la modification des produits Mercedes-Benz. Leur expertise a pris tellement d’importance chez ce constructeur allemand qu’il a décidé de se porter acquéreur de l’entreprise AMG et de l’intégrer à la compagnie. Depuis ce temps, presque tous les modèles de Mercedes-Benz peuvent subir les transformations d’AMG…tout comme ce VUS intermédiaire qui nous intéresse. Dans le cas de ce ML, on le reconnaîtra à ses boucliers avant et arrière nettement plus agressifs que ceux des ML courants et les base de caisse ajoutés. Évidemment, on y verra toute l’ornementation AMG et les écussons V8 biturbo sur le côté.

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    Le ML63 se présente avec un bouclier plus agressif. (Photo Éric Descarries)

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    Les tuyaux d’échappement du ML63 émettent un son unique. (Photo Éric Descarries)

    En effet, ne vous attendez pas à y trouver l’ancien V8 de 6,2 litres sous le capot. Il a été remplacé par un V8 moins énergivore de 5,5 litres. Toutefois, pour y retrouver la puissance perdue dans la diminution de la cylindrée, AMG lui a ajouté deux turbocompresseurs. Selon le document qui m’a été remis par Mercedes-Benz Canada, le moteur de cet AMG développe, de base, 518 chevaux et 516 livres-pied de couple. Mais vu qu’il est équipé de l’ensemble de performance AMG (!), il devrait faire 550 chevaux et 560 li-pi de couple. Évidemment, il est combiné à une boîte automatique à sept rapports et à la traction intégrale 4MATIC. De la puissance, en voulez-vous, en voilà! C’est la combinaison parfaite pour des accélérations foudroyantes et des reprises incroyables. Cet ensemble AMG inclut de grosses jantes de 21 pouces à cinq branches avec des pneus Pirelli d’hiver 295/35. Malgré le profil abaissé des pneus, ils ne sont pas avérés plus inconfortables que d’autres pneus. Incidemment, le conducteur peut choisir de la fermeté de la suspension en trois intensités, confort, sport et très ferme, celle-ci reposant sur un système pneumatique (AIRMATIC) très évolué. J’ai été chanceux de pouvoir conduire ce véhicule presque uniquement sur le pavé sec mais je peux vous dire que sur une mince couche de neige, l’ensemble d’assistance à la conduite et des pneus Pirelli Scorpion Winter s’est occupé de la conduite et de la sécurité. Aussi, on n’a qu’à regarder les immenses étriers sur les grands disques pour comprendre qu’on n’a rien à craindre de l’efficacité du freinage. Incidemment, on peut relever la suspension de ce ML pour les excursions hors-route. Il y a aussi la fonction de ralentissement en pente raide!

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    Le moteur V8 biturbo du ML63 est bien présenté (Photo Éric Descarries)

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    Comme c’en est la coutume, le moteur AMG du ML63 est signé de celui qui l’a assemblé à la main! (Photo Éric Descarries)

    L’intérieur du ML demeure aussi élégant que Mercedes puisse le faire. Le tableau de bord est bien conçu et bien élaboré incluant un grand écran qui transmet bien les informations de la navigation et de la radio (avec sonorisation Harmon Kardon) voire même de la caméra de recul avec ses points de repère en plongée de 360 degrés. Les fonctions de cet écran sont gérées, en grande partie, par une clé rotative au centre de la console que l’on doit étudier un peu avant de la maîtriser. Les sièges avant offrent un bon support latéral et ils sont confortables (ils sont aussi chauffés et climatisés). Il y a dans la console des porte-gobelets qui peuvent être chauffés ou refroidis!  Les places arrière sont aussi confortables (les dossiers sont inclinables) avec un chauffage et une climatisation individuelle. Et les coussins sont chauffants! On accès facilement à toutes ces places grâce aux marche pieds ajoutés. Toutefois, ils m’ont semblé un peu étroit. Enfin, le coffre arrière (avec hayon à commande électrique) est relativement généreux. Inutile de vous parler de la finition, vous savez déjà qu’elle ne peut être qu’impeccable. De plus, je pourrais vous parler de sécurité à n’en plus finir tant Mercedes-Benz en a équipé ses ML incluant l’Assistance de prévention à l’accident!

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    Le tableau de bord classique du ML est aussi très efficace. (Photo Éric Descarries)

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    Les places arrière ont des sièges chauffant (Photo Éric Descarries)

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    L’espace réservé aux bagages est à la fois grand et utile (Photo Éric descarries0

    Ce qui importe, c’est ce que l’on peut vivre au volant d’un tel véhicule. Comme je l’écrivais, j’ai roulé presque que sur du pavé sec tant en ville que sur autoroute. Le plus important défaut de ce ML, c’est qu’il est tellement enivrant à conduire qu’il faut constamment surveiller sa vitesse. Le compteur de vitesse affiche jusqu’à 320 km/h ce que l’on ne peut se permettre sur nos routes, bien évidemment! Mais à 110 km/h, ce puissant ML est aussi silencieux qu’une limousine. Je crois que l’acheteur d’un tel VUS devrait faire partie d’un club de «lapping» s’il veut vraiment expérimenter les véritables caractéristiques de ce véhicule. Il ne manque pas de surprise!

    Afin qu’il soit «économique», il possède des fonctions qui l’aident à moins consommer dont celle de «l’arrêt-départ» qui neutralise le moteur aux arrêts complets et le relance lorsque le conducteur relâche la pédale des freins. Autrement, la conduite de ce monstre est si facile et agréable qu’on ne veut pas laisser le volant. Dans mon cas, j’ai surtout apprécié le vrombissement des échappements et les commandes de la boîte de vitesses au volant qui m’ont permis de rétrograder en sortant des autoroutes.

    Cependant, voici ce qui me sépare de cet ML : la facture! En effet, le prix de base d’un ML 63 AMG est de 104 400 $. Le modèle qui me fut confié était équipé de l’ensemble spécial de performance qui inclut plus de puissance qui valait 15 600 $. Ajoutez à cela 500$  pour les jantes noires et l’on obtient un prix final de 120 500 $…plus taxes. En ce qui a trait à la consommation, j’ai obtenu une moyenne de 15,9 l/100 km. Le ML63 AMG n’a pas beaucoup de concurrence…les BMW X5 et X6 M peut-être? Ou encore les Porsche Cayenne Turbo et Range Rover Supercharged? Ou encore le Jeep Grand Cherokee SRT ?

    Petite note finale, il ne m’est pas arrivé beaucoup de malchances avec les autos de presse au travers ma carrière. Toutefois, j’ai vécu une aventure plus désagréable que grave cette semaine avec ce ML. Arrêté à un coin de rue dans Laval, un chien libre et un peu fou ressemblant à un Irish Setter a couru vers mon véhicule et il a voulu d’abord grimper sur le capot (!) puis, dans le véhicule lui-même avant d’abandonner son manège. Il faut souligner ici la résistance de la peinture des autos de Mercedes-Benz. Les griffes du chien n’ont pas endommagé la peinture. Le fini fut à peine marqué et, après un léger polissage de la peinture, plus rien n’y paraîtra…Ouf!

    À Tomate66 : wow! Vous êtes retournés loin dans les archives. Je dois prendre livraison d’un autre Escape 2,0 litres pour quelques semaines. Je vous reviens sur mes impressions et surtout sur la consommation.


    • D’accord avec vous pour le hotrodding. D’une part c’est difficile de modifier des véhicules sans risquer des amendes, et de moins en moins de gens sont intéressés par la mécanique de leurs véhicules. Alors ils paient. Pourtant, aux taux horaires des garages, il me semble que ça devrait en convaincre plus d’un, mais non. Ensuite on entend dire que l’entretien d’une auto coûte cher. Si on ajoute que la mode des “fast and furious” semble passée, l’auto n’a plus du tout l’aura qu’elle avait autrefois, dans les années d’après guerre où elle était un symbole (bien discutable maintenant) de réussite sociale. De nos jours c’est plus admirable de vivre sans auto que le contraire.

      Les roues noires sur ce ML63AMG, ça leur donne un air minuscule. J’aime pas!

    • Deux VUS bien différents et pour les biens nantis. Combien de ML AMG se vend t-il au Québec?Avec la vitesse permise, c’est ridicule! Ce n’est pas parce que l’on a beaucoup d’argent, qu’on prend de bonnes décisions!

    • Toyota a gaspillé de l’argent en développant un moteur turbo alors que la version hybride 300h est plus performante et pollue moins.

    • Pas beaucoup de commentaires sur ces 2 VUS qui ne semblent pas beaucoup intéresser les lecteurs.

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