Éric Descarries

Éric Descarries - Auteur
  • Éric Descarries

    Chroniqueur automobile depuis près de 20 ans, Éric Descarries a été adjoint à la rédaction de L'Almanach de l'auto de 1985 à 1999...
  • Lire la suite »

    Partage

    Jeudi 31 juillet 2014 | Mise en ligne à 20h10 | Commenter Commentaires (7)

    Infiniti Q50 AWD Hybrid et Ram 1500 Laramie EcoDiesel

    J’ai attendu un peu trop longtemps pour mettre la main sur la nouvelle Infiniti Q50, le digne successeur de la G37, une des voitures les plus populaires de la marque. On sait tous que la G37 (voire même l’éphémère G25) était une berline aux tendances sportives. Toutefois, avec tout ce qui a été dit et écrit sur la nouvelle Q50, j’appréhendais une période d’essai un peu terne.

    Je m’explique. La nouvelle Q50 est devenue ni plus ni moins que le laboratoire roulant de la marque. En effet, dès le modèle de base, on obtient une voiture dont l’équipement électronique exige du « geek » le plus expérimenté une période de temps avant de tout contrôler. Mais la situation se corse quand Infiniti vous livre le même véhicule avec tout l’équipement facultatif qui est à son catalogue. Tout y est, de l’avertisseur de déviation de voie (qui vient même « aider » le conducteur à revenir dans sa trajectoire) jusqu’aux multiples avertisseurs sonore et visuels des véhicules qui peuvent l’entourer sur la route. Ajouter à cela une direction électrique sans intervention mécanique (comme pour un avion moderne mais qui établit une connexion mécanique instantanée en cas de panne!).

    « O.K.! Vite le livre d’instructions! » me suis-je dit en prenant livraison de l’auto sans arrière pensée. Ce que je recherchais vraiment, c’était les sensations de conduite que j’ai toujours appréciées dans les plus petites Infiniti. Mon premier contact avec l’auto fut, vous vous en doutez, visuel. En fait, j’avais déjà conduit la Q50 au concours annuel de la Voiture de l’année de l’AJAC mais, vu qu’elle faisait partie d’un groupe imposant de voitures d’une même catégorie, mes premières impressions de conduite furent noyées parmi tant d’autres et ce, malgré les notes prises dans mon calepin (oui, je sais, je suis « old school » mais j’aime toujours écrire à la main…ça ne me demande pas de recharge de batteries).

    blog-1

    L’Infiniti Q50 affiche une ligne toute nouvelle. (Photo Éric Descarries)

    blog-2

    Toutefois, de l’arrière, elle m’a paru un peu anonyme. (Photo Éric Descarries)

    Donc, si j’en reviens à ce contact visuel, j’ai enfin pu apprécier le nouveau design que Nissan a donné à la Q50 (en même temps que sa nouvelle dénomination). J’aime particulièrement la calandre plus agressive…même si elle ressemble un peu à celle des Lexus! Cependant, une fois derrière le volant, je dois comprendre tous les instruments qui s’illuminent devant moi (et surtout comment repartir le compteur journalier à zéro et effacer l’avertissement que c’est le temps de la vidange d’huile et de la visite chez le concessionnaire…). Vu que la Q50 est la dernière-née d’Infiniti, il ne faut pas se surprendre d’y trouver, en plus des éléments de sécurité électronique mentionnés plus haut, une foule de fonctions à la fois numérique, vidéo et électronique du tableau de bord incluant l’inévitable mais très utile caméra de marche arrière. Heureusement qu’il reste encore quelques poutons-pressoir pour la température et la vitesse de la soufflerie!

    blog-3

    Le tableau de bord de la Q50 est bien occupé par des fonctions électroniques. (Photo Éric Descarries)

    Une fois mise en marche, il y a de fortes chances que le conducteur et ses passagers n’entendent pas le son du moteur. En effet, selon la situation du moment, il se peut que la voiture ne se déplace qu’à l’aide du moteur électrique. En effet, la Q50 qui m’a été confiée par Nissan Canada était à configuration hybride. Le moteur principal de l’auto demeure un V6 à essence de 3,5 litres mais, dans le cas de la version Hybrid, il est combiné à un moteur électrique de 50kW. Infiniti en annonce donc une puissance totale de 360 chevaux. Ce V6 est alors combiné à une boîte automatique à sept rapports et à la propulsion arrière mais vu que ma voiture d’essai était un modèle AWD, cela voulait dire que je profitais de la traction intégrale (qui devrait s’avérer très utile en hiver dans notre région).

    Bien assis dans un siège baquet avec ajustements électriques et support lombaire mécanique(chauffés en hiver tout comme le volant), j’ai passé en vitesse pour enfin apprécier les caractéristiques de grande routière promises par le constructeur. En ce qui a trait aux performances, laissez-moi vous dire que l’ensemble V6-moteur électrique est bien à la hauteur de la situation. Les accélérations de cette Q50 étaient impressionnantes ainsi que les reprises. La position de conduite (selon le goût du conducteur vu que le volant est ajustable et télescopique) peut être idéale alors que le siège du pilote offre un bon support latéral. Vient ensuite la question des aides à la conduite. Disons qu’à la longue, on se « tanne » du nombre de sons émis pour aider le conducteur à voir ce qui l’entoure. J’ai bien peur que l’on soit à créer une génération de conducteurs qui se fieront trop à ces avertisseurs et pas assez à leur jugement pour conduire une auto. L’idée de permettre au volant d’offrir une certaine réticence lorsque l’auto dévie de la trajectoire qu’elle aura jugée « idéale » ne me plaît pas! Heureusement, on peut neutraliser cette fonction!

    blog-4

    Les passagers d’arrière y seront à l’aise et confortables. (Photo Éric Descarries)

    Sur la route, la Q50 propose un comportement sain avec une suspension à la fois ferme mais relativement confortable. La direction est à tension ajustable mais il me semblait qu’elle manquait d’un peu de précision. Quant à la boîte automatique, je me suis servi des commandes au volant (palettes) très souvent, surtout pour rétrograder. La boîte de vitesses réagissait rapidement à tout coup et le frein-moteur est quand même perceptible avec cet ensemble mécanique. Cependant, deux fois j’ai senti une hésitation de la boîte juste avant d’arrêter complètement. Serais-je plus rapide que l’électronique? Très peu de sons de l’extérieur envahissent l’habitacle. Les passagers d’arrière ont quand même un bon espace habitable mais, dans le cas de cette auto hybride, une bonne partie du coffre est rognée par les batteries au lithium-ion.

    blog-5

    Le coffre arrière doit céder de la place à l’ensemble de batteries. (Photo Éric Descarries)

    Si mes impressions de conduite vous ont paru un peu négatives à cause de l’interférence des systèmes électroniques d’aide à la conduite, il faudra vous y habituer car, avant longtemps, toutes les autos devraient « jouir » de ces innovations techniques. Infiniti serait fort possiblement en avance sur la concurrence. Toutefois, je suis content de vous rapporter que la plus « petite » berline d’Infiniti a conservé, en grande partie, ses qualités de voiture aux tendances sportives. C’est que ces tendances sont maintenant « appuyées » par « l’aide à la conduite »!

    blog-6

    Le moteurs V6 et électriques sont bien cachés sous le capot. (Photo Éric Descarries)

    Une Infiniti Q50 AWD Hybrid vaut, au départ, 49 500$ Si on lui ajoute, comme ce fut le cas de ma voiture d’essai, le groupe de Technologie de luxe (tous ces systèmes de prévention de collision avant-arrière et de déviation des voies et ainsi de suite) de 4 300$ et l’ensemble Sport (roues de 19 pouces avec pneus Run-Flat Dunlop, sièges sport en cuir, freinage plus puissant dit Sport et une suspension aussi Sport, entre autres) de 2 650$, on obtient une facture totale de 56 450$ plus les frais d’expédition de 1 995$ ce qui fait un grand total de 58 445$…plus taxes, bien entendu! En ce qui a trait à la consommation, j’ai obtenu un rendement de 9,2 l/100 km durant cette semaine (surtout en déplacements urbains) alors que l’ordinateur de bord en indiquait 8,2. Cependant, notons que cette Q50 exige de l’essence super!

    Ram 1500 EcoDiesel

    Ce n’est pas la première fois que je vous parle du pick-up Ram, un des grands succès de FCA (Fiat Chrysler Automobiles) et ce n’est même pas la première fois que je vous parle de cette camionnette mue par le V6 turbodiesel issu de la famille Fiat. En effet, lorsque j’ai participé au concours Canadian Truck King de mon ami et confrère Howard Elmer en septembre 2013, Chrysler Canada avait réussi l’exploit de nous faire livrer (!) un des premiers modèles de cette camionnette au petit centre d’essai d’Howard à Kawartha en Ontario. C’est cette camionnette qui nous avait permis d’élever la Ram 1500 EcoDiesel au titre de Camionnette canadienne de l’année.

    J’ai donc repris le volant d’un Ram semblable pour quelques jours et, maintenant que la poussière est retombée, je peux en parler avec un peu plus d’expérience. Tout d’abord, signalons que le V6 turbo-diesel de VM Motori était originalement destiné à…la Cadillac CTS! C’est ce que j’ai appris des gens de Car & Driver! C’est l’échec des négociations entre GM et Fiat et la faillite de GM en 2009 qui a mis un terme à l’aventure. Toutefois, quand Chrysler fut repris par Fiat, il n’en fallait pas plus pour que ce V6 se retrouve sous le capot du Ram 1500 (il ne pèse qu’une trentaine de kilos de plus que le V8 HEMI!). Le choix fut judicieux car, selon ce que j’ai aussi lu récemment, le constructeur américain ne réussit pas à obtenir autant de ce V6 de VM Motori tant la demande est grande pour ses Ram 1500 et ses Grand Cherokee (qui offre le même moteur en option!).

    blog-7

    Le Ram est disponible avec le V6 EcoDiesel mais que dans des versions plus poussées comme mon Laramie d’essai. (Photo Éric Descarries)

    J’ai donc utilisé ce V6 dans un Ram 1500 Laramie 4 x 4 à cabine d’équipe en situation surtout urbaine. Je vous rappelle que ce petit diesel est combiné à une boîte automatique à huit rapports. Il fait alors 240 chevaux et 420 livres-pied de couple ce que j’ai pu vérifier au Truck King Challenge car, dans ce concours, toutes les camionnettes impliquées (à 4RM et cabine d’équipe) devaient transporter une charge de 600 livres dans la caisse puis de tirer une remorque pesant autour des 6000 livres. On avait attribué une remorque chargée d’une Jeep Wrangler Unlimited au Ram.

    blog-8

    Le moteur EcoDiesel est bien enfoui au fond du compartiment-moteur du Ram. (Photo Éric Descarries)

    Lorsque j’ai pris le Ram 1500 en mains lors des derniers jours, je me suis plutôt mis à la place du consommateur « moyen » qui veut la toute dernière technologie, peu importe s’il chargera le Ram un jour ou l’autre (et l’on sait que la plupart ne chargeront jamais ou presque le pick-up sauf, peut-être, pour y mettre un Quad tout-terrain ou une motoneige! Ainsi, je me suis promené dans les alentours de Montréal en « touriste » cherchant à la fois un endroit assez dégagé pour y stationner la bête et en mesurant ses accélérations et ses reprises. Évidemment, j’ai pu y constater que d’accélérer à 100 km/h peut demander plus de huit secondes et que les reprises de 80 à 120 en demandaient environ 6. Tout le monde dans mon entourage voulait bien « faire un tour » dans ce Ram. Cependant, lorsque je leur ai annoncé le fait que ce moteur turbodiesel n’était pas disponible dans des versions « modérées » du Ram mais qu’avec des finitions plus élaborées et que celui dans lequel ils prenaient place valait au-delà de 70 000$, plusieurs ont fait la grimace.

    blog-9

    Le tableau de bord du Ram avec l’EcoDiesel est presque identique à celui des autres Ram. (Photo Éric Descarries)

    blog-10

    Les places arrière seront invitantes à ceux qui veulent prendre place à l’arrière. (Photo Éric Descarries)

    Le plus déçu fut un ami de mon fils, Martin, qui possède un Ram très récent avec le V8 HEMI. Il utilise cette camionnette pour sa petite entreprise qu’il a démarrée l’année dernière en paysagement et en petits pavages. Évidemment, Martin recherchait une camionnette moins énergivore et surtout puissante car il doit tirer une petite remorque relativement lourde. L’idée du diesel semblait lui plaire, surtout que Chrysler Canada annonce l’option à 4500$. Toutefois, lorsqu’il a vu le prix de ma camionnette d’essai et surtout lorsqu’il a su qu’il ne pourrait pas commander ce moteur dans une version moins élaborée du Ram 1500, il a conclu qu’il ferait mieux de patienter et d’opter pour un Ram 2500 avec le moteur Cummins de 6,7 litres plus puissant.

    Morale de cette histoire, si vous voulez un pick-up grand format de Classe 1 (150 ou 1500) mû par un moteur diesel relativement économique mais que pour votre plaisir, le Ram 1500 avec EcoDiesel sera un bon choix. Mais pour une bête de somme…peut-être devriez-vous regarder du côté du 2500 ou de ses concurrents. En attendant, sachez que GM offrira une version turbodiesel de son plus petit Canyon-Colorado mais que dans deux ans.

    Quant à moi, j’ai bien aimé le Laramie avec l’EcoDiesel mais je crains que mon budget ne me permettrait pas l’achat de cette camionnette pour…économiser sur le carburant. J’ai obtenu une consommation de 13,0 l/100 km lors de mon essai en situation surtout urbaine. Toutefois, petite note sombre au tableau, quand j’ai été le ravitailler avant de le remettre, j’ai eu la désagréable surprise de mettre la main sur un pistolet sale et surtout mouillé de carburant. J’ai du me laver les mains après l’exercice mais l’odeur a quand même persisté pendant quelques heures. Dire que dans le bon vieux temps, il y avait un préposé aux pompes à essence…

    À blueprint : lorsque j’ai écrit que la Dodge Challenger SRT Hellcat (de 707 chevaux) était le voiture de production la plus puissante au monde, il n’était évidemment pas question des autos exotiques de petit tirage comme la Bugatti. Celle-ci vaut des millions alors que la Hellcat vaut environ 64 000 $. Qui plus est, Chrysler nous a bien dit que la Hellcat ne sera pas soumise à une production limitée. On en construira autant que les clients en demanderont


    • Bonjour Eric. $70,000 pour un 1500. Pourquoi pas car il ne suffise pas à la demande et ça doit être très payant. J’imagine quand leur approvisionnement de moteur aura repris le dessus, il le mettront disponible dans les versions moins dispendieuses. Ram a frappé un coup de circuit avec ce produit et il en profite à plein.

      Saviez-vous que ce moteur est disponible en Europe dans la 300, mais avec la transmission automatique 5 vitesses?

    • Avec tous les boutons, lumières et avertisseurs, les voitures seront bientôt aussi complexe que le cockpit d’un avion de chasse…

      Prochaine étape : Rajouter le système d’armement! Un minigun 20mm contrôlé au volant pour “lutter” contre la circulation!

    • Bonjour,

      Est-ce que le RAM essayé avait la suspension pneumatique ?

      L.B.

    • Ça me fait rire cette nouvelle mode de dire que les diésels sont écologiques. Ils vont bientôt essayer de nous faire croire que les cigarettes sont bonnes pour la santé.

    • Je me demande sérieusement si la clientèle veut vraiment avoir tous ces gugusses de “sécurité”, ou si c’est une guerre de voisins gonflables au sein de l’industrie?

      J’ai roulé avec une Mazda3 GT 2014, équipée du groupe techno, et sur la métropolitaine le système me prévenait d’une catastrophe imminente aux 20 secondes. Dans la même veine, une Accord Touring me voyait emboutir toutes les voitures qui me précèdent!

      J’ai toujours aimé les Infiniti, mais là, la Q50 disparaît totalement de mon radar. D’autant plus que la 3è pédale n’est plus disponible.

    • bien d’accord avec blueprint concernant toutes ces gugusse…

      Pour le Ram, est-ce nouveau en 2015, de ne pouvoir commander le diesel qu’avec les version plus luxueuse?? Et c’est surement dû à la forte demande… Car pour le modèle 2014, on pouvait commander le diesel a partir de la version Outdoorsman et même à partir du SLT si ma mémoire est bonne (milieu de gamme), pour 44 000$, je me sortais un crew cab, très bien équipé, 4×4, avec plusieurs option, dont le moteur diesel, (j’avais vérifier, et il y avait moyen de se sortir un 4×4 avec la cabine double (la quad cab), et le diesel, pour environ 32 000$ (ce qui, dans le monde du pick-up 4×4, est un très bon prix!)

      @ lb, je ne sais pas pour cet essai, mais si tu regarde plus loin dans les archives, M. Descarries a essayé un outdoorsman 2014 (sans le diesel) et avec la suspension pneumatique. Perso, pour avoir essayé les 2 (avec et sans) dans la même journée, j’ai trouvé que la pneumatique portait un petit peu plus dur, toutefois, avoir du remorquage à faire fréquemment, je la prendrai sans hésiter.

    • J’aurais bien aimé qu’Infiniti se serve de l’expertise acquise avec la LEAF pour offrir un port de recharge. Même si la distance parcourue sur pile serait probablement faible, du genre 15 à 20 km par température idéale et 2 fois moins l’hiver, ça serait toujours de fait sans utiliser le moteur.

      Pour le RAM, si FCA ne l’offre pas dans les versions les moins chères, c’est parce que ce moteur doit coûter un bras à produire. Donc en le mettant dans les versions les plus onéreuses, celles qui ont les plus grosses marges de profit, FCA peut absorber une partie du coût du moteur par les marges.

      Je ne sais pas combien coûte un moteur, mais je suis pas mal sûr que dans la version la moins chère, il n’y a pas beaucoup de marge de manoeuvre pour jouer sur les prix.

      De toute façon, ceux qui veulent rouler avec le moteur diesel sortent le chéquier, alors aussi bien pour Chrysler d’en profiter et de faire du cash sur les sellerie de cuir, systèmes audio et autres gadgets.

    Vous désirez commenter cet article?   Ouvrez une session  |  Inscrivez-vous

    publicité

  • Catégories

  •  

    publicité

  • Calendrier

    mai 2013
    L Ma Me J V S D
    « avr   juin »
     12345
    6789101112
    13141516171819
    20212223242526
    2728293031  
  • Archives

  • publicité

    publicité