Éric Descarries

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    Chroniqueur automobile depuis près de 20 ans, Éric Descarries a été adjoint à la rédaction de L'Almanach de l'auto de 1985 à 1999...
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    Lundi 7 juillet 2014 | Mise en ligne à 22h19 | Commenter Commentaires (3)

    Lexus NX et un intéressant voyage chez les Anglais

    Il y a presque deux semaines de cela, Lexus nous faisait venir en Colombie Britannique pour le dévoilement médiatique de son nouveau petit VUS NX. Sauf qu’il y avait un embargo sur la publication de nos impressions de conduite sur ce nouveau véhicule. L’embargo est maintenant levé, donc en voici mes premières impressions. D’autre part, la semaine dernière, je fus invité à un voyage organisé par Les Moteurs Décarie de Montréal (aucun lien de parenté avec moi!) aux usines d’Aston Martin, de Jaguar, de Land Rover et de Bentley en Angleterre. Une dizaine de chroniqueurs d’automobiles ont répondu à l’invitation (nous devions payer pour notre passage aérien…) et aucun n’a été déçu. Vous en saurez plus en continuant la lecture de ce blogue.

    Commençons par le Lexus NX. Il y a quelques semaines de cela, je vous parlais du petit VUS compact de grand luxe MKC de Lincoln. Ford a l’intention de lancer ce nouveau véhicule dans un segment qui prend de plus en plus de vitesse, celui des VUS compact de luxe. Déjà, on y trouve des joueurs d’importance mais de petite diffusion, des camionnettes comme le Land Rover LR2 ou encore le Range Rover Evoque et le Porsche Macan. Ajoutez à ceux-ci les Audi Q5, BMW X3, Mercedes-Benz GLK, voire même l’Acura RDX!  Pour le moment, ce segment ne semble pas trop occupé. Mais il le sera certainement comme le prévoient les gens de l’industrie. Lincoln vient de réagir. Lexus aussi. Le nouveau NX en est le résultat.

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    Le Lexus NX de production ressemble de très près au prototype sur lequel il est basé. (Photo Éric Descarries)

    Le Lexus NX a d’abord été présenté sous forme de prototype qui a fait vivement réagir les visiteurs des grands salons. Certains n’ont pas trop aimé mais en général, la réaction fut plutôt positive. C’est pourquoi la version de production du NX (dont la commercialisation débutera en septembre prochain) ressemble beaucoup à ce prototype. Évidemment, le NX sera d’abord reconnaissable par son imposante calandre typique à la marque. Outre celle-ci, le petit NX affiche également de flancs vraiment sculptés avec des lignes agressives et des passages de roue prononcés. Le NX ne sera pas un petit VUS discret. Ce sera certes un véritable véhicule destiné à des gens qui n’ont pas peur d’oser! Décidemment, tout change chez Lexus!

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    De l’arrière, on ne pourra jamais se tromper. On reconnaîtra le NX (Photo Éric Descarries)

    Le petit NX sera disponible en deux versions, la 200T à moteur turbocompressé à quatre cylindres de 2,0 litres (235 chevaux et 258 livres-pied de couple…oui, il est tout nouveau) et la version 300h hybride dont le moteur à quatre cylindres de 2,5 litres à principe Atkinson est combiné à un moteur électrique ce qui produit, dans son ensemble, 194 chevaux. La seule boîte de vitesses disponible sera une automatique (toute nouvelle, elle aussi) à six rapports alors que les NX vendus au Canada seront tous à traction intégrale. Notons que le NX 200T sera aussi disponible avec l’ensemble F-Sport.

    Alors que certains critiques avaient tendance à discréditer Ford pour avoir basé son MKC sur l’architecture de l’Escape, ceux-ci auront de pain sur la planche s’il veulent en faire du pareil avec le Lexus NX puisque celui-ci utilise une des plateformes les plus populaires de Toyota dans le cas du petit VUS puisqu’il s’agit celle de la Camry-Highlander-Sienna-RAV4-CT200h et ainsi de suite. Tout comme Ford, Lexus (Toyota) a su lui greffer des pièces déjà existantes comme celles de la CT pour en arriver à un modèle original. Toutefois, à plus de 4000 livres, il me semble que c’est un véhicule un peu lourd pour ses dimensions.

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    Le tableau de bord du NX. Encore une fois, comme le veut la «mode», l’écran du système de navigation repose sur la planche de bord comme une petite télévision à écran plat. Ça, j’aime moins! (Photo Éric Descarries)

    L’intérieur est bien aménagé comme le veut le segment des VUS de luxe. Le tableau de bord contient une instrumentation aux chiffres blancs bien lisibles et surtout un écran central de sept pouces pour annoncer certaines informations utiles au conducteur. En option, il est possible d’obtenir l’affichage à tête haute de la vitesse (Head Up Display). Les sièges baquets d’avant sont confortables et recouverts d’une sellerie rigide et souple. La banquette d’arrière est divisible 60/40 et elle se replie pour augmenter la capacité de charge de l’espace cargo jusqu’à 1545 litres (500 pieds cubes). Les designers de Lexus ont créé des garnitures de portières plus creuses pour ajouter de l’espace à l’intérieur. Il est possible d’obtenir une radio avec sonorisation à huit ou dix haut-parleurs. Je pourrai vous en dire plus lorsque je conduirai ce VUS pendant une semaine plus tard dans l’année.

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    Il y a quand même beaucoup d’espace pour les bagages dans le NX (Photo Éric Descarries)

    Pour le moment, mes seules impressions de conduite se limitent à la version turbocompressée sur l’autoroute qui nous mène de Vancouver à Whistler, voire même jusqu’à Pemberton, toujours en Colombie Britannique. Cette route est superbe et elle ne permet que de courtes pointes de vitesse avant de ralentir à des vitesses oscillant autour des 70 km/h. Le moteur à quatre cylindres turbo est relativement à l’aise dans ce petit véhicule mais on sent que le poids l’empêche de performer à la hauteur de la puissance affichée. Jouer un peu avec la boîte de vitesses aide à en tirer un meilleur parti, surtout lorsqu’on veut dépasser. La direction est agréable sans demander trop d’effort et le freinage m’a paru adéquat. La version F-Sport propose une suspension (à bras MacPherson à l’avant et à double bras triangulaires à l’arrière) un peu plus rigide que j’ai préféré à celle de base. Je n’ai pas conduit la version hybride car je me réserve celle-ci pour mon essai à plus long terme. Toutefois, je ne m’attends pas à ce qu’elle soit plus populaire que la 200T.

    Toyota (Lexus) propose ce VUS (de construction entièrement japonaise) à une clientèle assez jeune (de 35 à 45 ans), surtout masculine (60%) dont la majorité (80%) sera mariée. Chez Lexus, on s’attend à ce que les acheteurs de NX soient intelligents, actifs et responsables qui recherchent une voiture aux lignes futuristes, voire même sexy mais aussi agile et polyvalente. Le NX sera situé sous le RX dans la lignée Lexus. Son prix ne sera dévoilé que lors de son lancement officiel en même temps que sa consommation. Je vous en reparlerai à ce moment-là.

    Chez les Anglais…

    En ce qui a trait à mon voyage chez les Anglais, je l’attendais depuis longtemps. J’y ai visité Londres, bien entendu mais j’y ai surtout vu ce que j’espérais voir depuis ma jeunesse, des artisans qui savent toujours construire une voiture à la main. Lorsque j’étais jeune, j’adorais lire les magazines de «sports cars» où l’on pouvait y voir des photos de carrossiers, surtout des Anglais, qui massaient le métal à la main avec les roues anglaises, les marteaux et les «bucks». Jamais je n’aurais cru voir cela un jour de mes propres yeux. Le «Decarie Motors Tour» m’a permis de vivre cette expérience unique, surtout chez Aston Martin à ses installations d’origine à Newport Pagnell…mais j’y reviendrai au cours des prochaines semaines en même temps que mes expériences chez Jaguar, Land Rover et au musée Heritage des autos les plus significatives de l’industrie automobile britannique aujourd’hui presque complètement disparue.

    Pour le moment, je préfère concentrer mon texte sur Bentley, le quatrième constructeur que nous avons visité mais certes pas le moindre. Bentley est cette marque britannique légendaire qui, au début des années trente, est passée aux mains de Rolls-Royce avant d’être revendue, il y a quelques années, au géant allemand Volkswagen. Alors que dans le passé, Bentley offrait des voitures presque identiques (à quelques modèles près) aux Rolls-Royce, les Bentley d’aujourd’hui sont (grâce à la liberté d’action que leur offre Volkswagen) des autos uniques sur le marché. Et les belles Bentley sont toujours construites en grande partie à la main.

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    La porte d’accueil de Bentley à Crewe (Photo Éric Descarries)

    Bentley est demeurée dans les usines originales de la petite ville de Crewe où l’on retrouvait aussi, autrefois, Rolls-Royce. Il ne reste plus que Bentley mais ce constructeur a su acquérir toute une réputation depuis les dernières années. Bentley propose, au moment d’écrire ces lignes, quatre modèles : le coupé Continental GT, le cabriolet GTC, la grande limousine Flying Spur et l’unique berline Mulsanne. Les GT et GTC sont disponibles en de multiples finitions spéciales mais lors de notre visite, celles qui sortaient des usines avaient pour motorisation un V8 biturbo de quelque 500 chevaux. Les belles Flying Spur avaient sous leur capot un W12 de 567 chevaux mais, pour la première fois, Bentley proposait le V8 des GT pour animer ces autos. Notons que le W12 vient du groupe Volkswagen-Audi mais qu’avant longtemps, il sera uniquement produit par Bentley. Il peut faire jusqu’à plus de 616 chevaux dans la version Speed.  Enfin, la quatrième auto de Bentley, la Mulsanne, vient avec un V8 de 6,75 litres (née Rolls-Royce) et il développe 505 chevaux. Très bientôt, Bentley offrira un grand VUS à ses clients privilégiés. Des prototypes roulent déjà autour de l’usine de Crewe mais ce VUS (principalement destiné au marché nord-américain) demeure encore un véritable secret d’état.

    Les GT et GTC peuvent se vendre d’environ 235 000 à 360 000 $ chez nous, les Flying Spur autour de 245 000 $ et les Mulsanne plus de 350 000 $. Les GT/GTC et les Spur sont à traction intégrale, la Mulsanne à propulsion. Sachez que Bentley ne produit pas une quantité industrielle de ces autos par année. Le constructeur n’en tient même pas en inventaire. Tout y est fait sur mesure et sur commande. Par exemple, il faut sept jours de travail pour faire la carrosserie de la Mulsanne et un autre sept jours pour en parfaire la peinture. Bentley produit donc 5 Mulsanne par jour et une cinquantaine de Continental durant la même période de temps. L’année dernière, cet unique constructeur n’a créé que 10 120 voitures, un chiffre qui pourrait devenir plus imposant lorsque le VUS sera mis sur le marché. Incidemment, les carrosseries des Continental sont fabriquées à Mosel en Allemagne mais celles des Mulsanne sont toujours faites à Crewe. Il faut compter de 12 à 13 semaines pour construire une Continental, de 5 à 6 mois pour une Mulsanne.

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    L’intérieur d’une berline Flying Spur est un véritable chef d’œuvre de construction automobile. (Photo Éric Descarries)

    Ce qui m’a le plus impressionné, ce fut de voir les ateliers des intérieurs. L’atelier de bois, par exemple est impressionnant Il faut cinq semaines de travail pour compléter la finition de bois d’une belle Bentley avec 10 mètres carrés de bois de finition (veneer). Quant au cuir, Bentley n’utilise que des peaux d’animaux qui viennent d’Europe du Nord où il n’y a pas de clôture d’acier. Chaque auto exige 350 pièces de cuir (14 peaux pour une Mulsanne, 12 pour une Spur, 10 pour une GT). On n’y utilise que 58% de chaque peau, le reste étant revendu (il entre 3000 peaux par semaine à l’usine de Crewe). Les tapis sont de laine. Il faut environ 4,5 heures que pour recouvrir un volant! Juste voir ces ateliers et les gens qui y travaillent (personne n’est pressé, le temps n’étant pas un facteur ici) est suffisant pour comprendre le prix élevé que commandent ces grandes autos.

    Quelques kilomètres au volant

    Le clou du spectacle fut lorsque le constructeur nous a offert de conduire ses autos, des Continental et des Flying Spur et ce, sur une distance respectable (une centaine de milles car tout y est en «milles» en Angleterre). J’ai donc eu l’opportunité de piloter un beau coupé Continental GT V8, une grande Flying Spur W12 et un cabriolet GTC (malheureusement, ce fut la seule et unique journée de notre voyage où il a plu).

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    J’ai d’abord conduit ce beau coupé GT. (Photo Éric Descarries)

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    Quel intérieur somptueux. (Photo Éric Descarries)

    Conduire ces grandes autos sur les routes étroites de la campagne anglaise n’est pas de tout repos…surtout qu’il faille en même temps s’habituer à la conduite à droite. Mais après quelques milles et une concentration incroyable, on y arrive. Je dois vous avouer que le son des échappements des Continental V8 est tout simplement enivrant. Le W12, par contre, fait un peu plus rugueux. On l’entend malgré le silence de roulement de la voiture. Mais qu’importe, chacune des autos affichait un comportement routier très sain avec une direction précise et un freinage solide. Inutile de vous dire que ces voitures pèsent plus de 2200 kilos et on le ressent. Les performances sont quand même étonnantes pour de si gros véhicules. Ne parlons pas de consommation ici…nous n’avons pas pu la vérifier…mais à plus de 3$ CDN le litre…je n’aurais pas voulu payer le plein!

    Vous expliquer les sensations au volant d’une Bentley en Angleterre est presque impossible. Une chose est certaine, gagner des millions à la loterie m’inciterait à me procurer une telle automobile, ne serait-ce que pour continuer d’admirer la qualité de la finition intérieure du véhicule.

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    Nos voitures d’essai incluant une grande berline Flying Spur. (Photo Éric Descarries)

    Lors des prochains blogues, je vous parlerai des ateliers d’Aston Martin et des usines de Jaguar et de Land Rover. En attendant, je vais continuer de rêver à une Bentley…tiens, pourquoi pas le VUS à venir?

    À jeanminou : évidemment que je fais de la grand-route. Mais, comme je suis au travail dans la région de Montréal, je dois composer d’abord avec la ville. Par soucis de transparence, j’aime bien spécifier le type de route que j’utilise. Parfois, certaines consommations sembleraint trop idéales. Dans bien des cas, ce sera à cause d’une plus grande utilisation sur autoroute. Je dois être transparent et honnête…


    • Lexus: autant les nouvelles IS m’ont impressionné, autant le NX me laisse de glace. Les passages de roues élargis de cette bande noire rapetissent visuellement les roues. En photos, on ne “sent” pas que c’est un VUS compact de luxe – il fait plus “Tucson” à mon avis (et ce n’est pas un mauvais commentaire pour le photographe…je parle de toutes les photos publiées un peu partout cette semaine). L’intérieur est superbe par contre.

      Virée chez les anglais: je vous envie! Pour voir ce dont une “Speed” est capable, il faut voir le traitement auquel Top Gear l’a soumise … dans une étape de rallye aux mains d’un pilote professionnel. Sacrilège? Oui, mais fascinant à voir!

    • Qu’est-ce que la Lexus apporte à la catégorie ? Il existe, sur le marché, au moins une dizaine de VUS avec des moteurs turbo de 2,0 L et l’injection directe. Certains sont là depuis des années. La formule a beau être bonne, il me semble que Lexus aurait pu arriver avec une petite dose d’originalité. Par exemple, turbo et hybride. Ou encore augmenter la taille du turbo et la pression du turbo, réduire la cylindrée et compenser le tout en démarrant électriquement le turbocompresseur.

      Pour l’apparence, ça reste une question de goûts, mais je déteste l’avant, surtout la grille. Ça me fait penser à la bouche des extraterrestre dans les films Predator http://www.ypress.org/media/images/predatorsreboot2jpg.jpg

      Par contre les flancs sont biens réussis.

    • Je trouve que Lexus a toujours peiné à se trouver une identité visuelle. Ils ne sont pas les seuls. Depuis peu ils osent plus, au risque de déplaire à une clientèle qui aimait le conformisme de leur esthétique. J’attends d’en voir une en personne avant de juger du look de cette NX. Quant aux caractéristiques, moi c’est le 4000 livres qui m’impressionne. De la mauvaise façon, bien sûr.

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