Éric Descarries

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  • Éric Descarries

    Chroniqueur automobile depuis près de 20 ans, Éric Descarries a été adjoint à la rédaction de L'Almanach de l'auto de 1985 à 1999...
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    Lundi 31 mars 2014 | Mise en ligne à 23h01 | Commenter Commentaires (10)

    Dodge Durango et Chrysler 200

    Désolé pour le retard dans la publication de ce blogue pour cette semaine, les évènements se succèdent à un rythme effrayant ce qui limite mon temps de rédaction. Toutefois, je dois remercier tous ceux qui ont participé au débat «Buick» qui fut, selon moi, un des plus intéressants à lire. Et je suis certain que plusieurs d’entre vous remarquez, de ces temps-ci, combien il y a de ces Buick sur la route! Et ce en sont pas tous des «pépères« qui les conduisent (même deux des amis de mon fils conduisent des Buick!).

    Cette semaine, je vous propose deux véhicules de Chrysler. Le premier est moins populaire chez nous mais il a sa place sur le marché. Il s’agit du grand VUS (ou VUM, c’est selon) Dodge Durango. Le deuxième, c’est la toute nouvelle Chrysler 200 que j’ai pu conduire en avant-première il y a quelques jours dans le Kentucky.

    Le Dodge Durango est avec nous depuis quelques années. Il nous revient cette année avec quelques modifications intéressantes. Mais avant d’aller plus loin, je vous entends dire que le Durango n’est pas fait pour notre marché. En fait, les gens de Chrysler Canada en sont bien conscients. Toutefois, ils m’ont dit que les ventes de cette grande camionnette correspondent bien à leurs attentes. Qui alors voudrait d’un tel «bahut» dans notre environnement? Je vois très bien des amateurs d’autoroutes et de sentiers utiliser un Durango surtout s’ils ont une petite famille aventurière et des «jouets» à remorquer (il peut tirer jusqu’à 7400 livres).

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    On ne peut pas dire qu’il n’a pas de gueule, ce Durango! (Photo Éric Descarries)

    Tel que je l’ai décrit l’automne dernier lors de son lancement, le Durango 2014 repose sur une plateforme semblable à celle du Jeep Grand Cherokee mais allongée. En fait, je me demande pourquoi Chrysler n’en a pas encore sorti une version Jeep (Grand Comanche? Grand Wagoneer?). Le Durango peut accepter sept personnes à son bord. Dans sa version 2014 (dont la calandre et les phares ont été redessinés et les feux arrière complètement refaits en forme de fer à cheval en DEL), il est disponible avec le V6 Pentastar de 3,6 litres ou le V8 HEMI de 5,7 litres. La grande nouvelle, c’est la boîte automatique à huit rapports. Au Canada, les Durango sont livrés avec la traction intégrale.

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    De l’arrière, on s’imagine que le Durango pourrait aussi être un grand Jeep (Photo Éric Descarries)

    Chrysler Canada m’a donc confié un Durango Citadel (haut de gamme) pour quelques jours. Je m’attendais, vu les exigences de notre marché, d’obtenir une version avec le moteur V6…c’est un V8 HEMI auquel j’ai eu droit. Celui-ci fait 360 chevaux mais il s’annonce pour être économique vu son système de désactivation de quatre des cylindres. Pour 2014, la boîte auto à huit rapports s’active grâce à une mollette rotative au centre de la console. Avec le V8, on a droit à des palettes au volant pour exploiter la boîte auto. J’aime rétrograder quand on décélère. Mais avec la boîte à huit rapports, il faut agir vite car les rapports les plus élevés ne sont que des surmultiplications qui ne ralentissent pas le moteur assez rapidement.

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    Le tableau de bord du Durango a été retouché pour 2014 (Photo Éric Descarries)

    En ce qui a trait aux performances, sachez que le HEMI ne donne pas sa place. Il est rapide à souhait, beaucoup plus que le V6 que j’ai essayé il y a quelques mois (quoique celui-ci était bien à l’aise dans cette grande caisse). Ses accélérations sont impressionnantes et ses reprises plus que satisfaisantes. Mais on doit modérer ses transports si l’on ne veut pas en payer le prix à la pompe. En ce qui me concerne, j’ai obtenu 20,3 L/100 km (alors que l’ordinateur de bord indiquait 18,6 L/100 km) lors d’un essai d’une semaine dans le grand froid québécois, presque uniquement en situation urbaine. Je me demande pourquoi je n’ai pas eu le V6? En passant, les pneus d’hiver Dunlop Grandtrek ont été très efficaces durant cette période d’essai puisqu’il a neigé ce qui mettait la traction intégrale du Durango en vedette!

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    Les passagers d’arrière seront bien accueillis (Photo Éric Descarries)

    Toutefois, je dois vous dire que l’espace intérieur d’un tel grand VUS est très accueillant et les sièges confortables (quoique les dernières places sont un peu plus serrées). Le tableau légèrement retouché est agréable à l’œil et l’instrumentation facile à lire. En fait, pour le reste, il n’y a qu’à retourner à ma première prise de contact parue en septembre ou octobre dernier.

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    Une fois que la troisième rangée de sièges est rabattue, on obtient un grand espace de chargement (Photo Éric Descarries)

    Si vous avez besoin d’un véritable tracteur de remorque capable de transporter toute la petite famille, le Durango est tout indiqué. Il se mesure avantageusement aux grands Ford Expedition. Chevrolet Tahoe, GMC Yukon, Nissan Armada ou Toyota Sequoia de ce monde mais avec plus de modernisme. Mais c’est loin d’être une petite voiture urbaine…loin, loin!

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    HEMI, c’est tout ce que l’on peut lire sur le couvercle du moteur…mais on soupçonne ce qui se cache sous ce beau morceau de plastique! (Photo Éric Descarries)

    Le Durango qui me fut confié affichait un prix de base de 47 495$. Ajoutez-y la peinture vernie à 225$, l’attelage de remorquage de 700$, le système de divertissement de 2000$, le toit ouvrant de 1295$, la troisième banquette de 650$, le système Uconnect de 475$, la fameuse taxe du climatiseur de 100$ et le transport et la préparation de 1695$, on en arrive à une facture totale de 54 635$…plus taxes, évidemment!

    La nouvelle Chrysler 200

    La semaine dernière, j’ai eu le privilège de conduire certains des premiers modèles de la nouvelle berline intermédiaire 200 de Chrysler. Si vous vous souvenez, cette auto a d’abord été dévoilée au Salon de Detroit en janvier dernier. Ce nouveau modèle du constructeur américain maintenant dans le giron de l’Italien Fiat repose sur une nouvelle version de la plateforme d’Alfa Romeo modifiée pour le besoin. Elle partagera donc des éléments de structure avec celle des Dodge Dart et Jeep Cherokee.

    Évidemment, on voit sur les photos jusqu’où les concepteurs ont poussé le design de l’auto pour qu’elle soit concurrentielle face à des succès commerciaux comme la Ford Fusion, la Toyota Camry et la Honda Accord. Sous le capot, l’acheteur aura le choix entre les quatre cylindres Tigershark de 2,4 litres qui utilise la technologie italienne MultiAir pour une meilleure économie de carburant. Il fait 184 chevaux et il est livré avec la nouvelle boîte automatique à neuf rapports de Chrysler dont les quatre derniers rapports sont des surmultiplications. Le seul autre moteur disponible dans cette voiture est le maintenant légendaire V6 Pentastar de 3,6 litres qui fait 295 chevaux et lui aussi vient avec l’automatique à neuf rapports. Évidemment, la Chrysler 200 est une auto à traction avant mais il est possible de commander la traction intégrale (avec le moteur V6 seulement).

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    C’est avec ce design que Chrysler compte se mesurer aux Ford Fusion, Toyota Camry et Honda Accord (Photo Éric Descarries)

    L’intérieur de cette nouvelle berline de Chrysler a été minutieusement étudié dans ses moindres détails. Il est disponible en trois finitions correspondant à des icônes géographiques américains, le noir de la ville de New York, une combinaison de noir et de beige inspiré d’une image californienne et une autre combinaison en noir et bleu représentant l’esprit de Detroit. Le tableau de bord au dessin classique inclut une instrumentation très lisible avec un centre d’information entre les deux grands cadrans. Selon les options choisies, l’écran central de plus de huit pouces peut représenter la syntonisation de la radio ou le système plus élaboré Uconnect de Chrysler qui inclut la navigation Garmin facile à comprendre, à utiliser et à lire. Incidemment, vous ne verrez plus de levier de vitesses à la colonne ou au centre de la console car ce principe mécanique a été remplacé par un bouton rotatif comme sur la plupart des nouveaux produits de Chrysler.

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    L’arrière est un peu fuyant mais sa ligne n’aide pas à la visibilité (Photo Eric Descarries)

    Les sièges d’avant sont confortables mais, même si ceux d’arrière offrent un espace suffisant pour les jambes et un bon débattement pour la tête, le profil effilé du toit donne une sensation de resserrement qui pourrait déplaire aux passagers un peu claustrophobiques. Ce profil nuit aussi à la visibilité arrière.

    Sur la route

    Le premier véhicule qui me fut confié fut une 200S à moteur V6 à traction avant qui ne manquait pas de puissance ni de vélocité. Toutefois, sous les accélérations les plus vives, je pouvais toujours y sentir un peu d’effet de couple dans la direction. La boîte de vitesses réagissait très bien aux accélérations mais lorsque venait le temps d’utiliser les commandes au volant pour rétrograder (ces palettes ne sont disponibles qu’avec l’option Sport Mode), il fallait passer très rapidement les rapports avant de pouvoir profiter d’une certaine forme de frein moteur. L’option Sport Mode peut aussi raffermir la suspension et surtout l’effort à la direction. Incidemment, les pneus d’origine Nexen transmettaient un bruit de tambourinement à l’habitacle lorsqu’ils roulaient sur les fentes et crevasses.

    Puis, j’ai pris le volant d’une 200C à moteur à quatre cylindres qui, lui, n’était pas des plus étincelants. Ses accélérations étaient laborieuses, les reprises un peu longues et le moteur émettait un son assez audible. Toutefois, j’ai pu conduire une Toyota Camry avec un équipement équivalent qui était disponible pour fins de comparaisons et j’ai noté des résultats semblables. La direction de la 200C était plus tendre que celle de la 200S avec Sport Mode, tout comme la suspension. À ce chapitre, j’anticipais un peu des bruits de talonnement comme j’en avais expérimenté lors de mon premier essai d’une Dodge Dart l’année dernière. Ils ne se sont pas manifestés. N’ayant pas la fonction Sport Mode, le bouton de sélection de vitesses n’affichait pas la lettre S mais la lettre L (low). Je l’ai essayée pour créer un frein moteur en décélération. La boîte automatique rétrograde alors d’elle-même. Mais le geste ne vient pas naturellement.

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    Le tableau de bord de la toute nouvelle Chrysler 200 (Photo Éric Descarries)

    Chrysler Canada annonce un prix de base de 22 495$ pour une 200 LX dont l’équipement est nettement supérieur à ce qu’offre la concurrence, surtout au niveau des équipements de sécurité. La Limited débutera à 24 995$, la 200S à 26 995$ et la 200C à 27 995$. Il faudra débourser quelque 2500$ pour la traction intégrale. Selon les gens de Chrysler Canada, la version la plus luxueuse de ce segment est celle de la Fusion Titanium (qui, selon les observateurs de Chrysler, est un vrai succès). Ils estiment qu’une 200C AWD comparativement équipée (mais avec un V6 face au quatre cylindres turbo de la Ford) coûtera 2300$ de moins!

    Enfin, les gens de Chrysler n’ont pas voulu élaborer sur la venue possible d’une version cabriolet à deux portes mais ils ont bien confirmé que l’ancien jumeau de la Chrysler 200, la Dodge Avenger, n’était plus au catalogue!

    On se reparle de la 200 lorsque la voiture me sera confiée pour un essai à long terme….


    • Chrysler-Fiat a un flop sur les bras avec la Dart, une compacte trop grosse, trop chère et trop complexe à configurer correctement. Avec la 200, on introduit une intermédiaire trop petite, dont la longueur vient surtout des portes-à-faux avant et arrière, et avec des configurations pas toujours idéales (V6 obligatoire pour l’intégrale?). Je me questionne sur le choix du V6 de 3,6 litres, alors que la version 3,2 litres du Cherokee aurait bien suffit à la tâche. Encore une fois, ce même Cherokee, qui partage ses organes vitaux avec les Dart et 200, offre le 4 cylindres avec l’intégrale.

      C’est mieux que l’ancienne 200, mais son succès sera probablement similaire … à celui de la Dart. En fait, avec le chevauchement des prix (les Dart de 30k$ existent), la 200 va cannibaliser les faibles ventes de la compacte. Gros problème de mise en marché.

    • “Citadel” et “haut de gamme”. C’est naturel comme association. :-)

      Elle est plutôt bien tournée cette 200. J’espère que vous reévaluerez le 4 cylindres en contexte “vie de tous les jours”.

      Même si on entend moins parler de la fiabilité des produits Chrysler, il y a tellement de nouveau dans cette auto que je préfèrerais la louer.

    • Si on n’a pas besoin de remorquer autant et qu’on peut vivre sans la traction intégrale, mieux vaut laisser de côté le Durango et se tourner vers un Chrysler Town and Country. Il y le même V6, le même luxe, mais la facture est moins grande et l’espace plus vaste et accessible.

      Par contre, il est beau le Durango et les pubs sont hilarantes (celles avec Ron Burgundy).

      Pour la 200… avec une telle ligne de toit, bonne chance pour attacher un enfant sur le siège arrière sans s’assommer. Aussi, comme l’écrivait Blueprint, le 3,2 aurait été amplement suffisant, considérant la vocation de la voiture. Peut-être que ça aurait permis d’atteindre le 30 mpg sur autoroute (présentement, elle est cotée à 29), ce qui aurait fait du bien à la perception que les Américains ont de cette voiture.

    • M. Descarries, le concept Jeep Grand Wagoner a déja été présenté au salon de Geneve en 2012.

    • Mmmmmh, c’est tranquille ici…
      On pourrait peut-être parler de tondeuses à gazon ?

      Benoît Duhamel.

    • Effectivement, les produits Chrysler ne déchainent pas les passions, on ne tombe pas en amour avec ceux-ci, on les choisis comme on choisis un grille-pain en vérifiant les rabais.

    • Pour le Durango, je crois qu’il est souvent “oublié” par les chroniqueur, car bien souvent, des gens pose la question pour avoir au moins un 5000lbs capacité de remorquage, assez spacieux, 5-7 personnes, et les modèles qui sont souvent suggéré, sont les pathfinder, ou Higlinder de Toyota, (ce dernier, étant beaucoup trop juste pour 5000 lbs…

      Si le Grand Cherokee est rendu avec une bonne côte de fiabilité, je ne vois pas pourquoi il en serait autrement du Durango. Il n’est plus aussi robuste que les versions originales (basé sur un pick-up) en hors route, mais extrêmement plus agréable sur la route. Vivement le v6 diesel dedans!

      Pour la nouvelle 200, je crois qu’elle est victime de beaucoup de préjugé, car à lire tous les premiers essais (autant francophones qu’anglophone), elle se comparerais très bien au ténor de la catégories (qui ne sont pas des exemple d’inspirations non plus côté design…). Elle n’est peut-être pas la meilleure, mais selon moi, elle n’est assurément plus dans le bas de la liste, mais facilement dans le top 6…

    • Hors-sujet, mais intéressant…

      Je viens de consulter le dernier rapport d’essai à long terme d’une Tesla S sur Motor Trend. Comme pour celle du webzine Edmund’s, le groupe propulseur a dû être remplacé au grand complet! Si une voiture à essence aurait besoin d’un nouveau moteur aux 6 mois, on crierait au scandale!

      Lire aussi l’analyse d’un expert de Tire Rack sur la raison pour laquelle les électriques bouffent leurs pneus plus vite…

      Sans entretien vous dites?

    • La nouvelle 200 est correct mais ne m’imprésionne pas outre mesure… par contre, le Durango est, je dois le dire, le plus beau VUS sur le marché actuellement. Sa ligne est tout simplement excellente, surtout depuis qu’il a repris le feu arrière transversal de la Charger. Dodge a vraiment le vent dans les voiles côté design, à part pour la Journey et la Caravan, tout ce qu’ils font est beau! Charger, Challenger, Durango, même la Dart est parmi les compactes les plus réussies, côté design. Les nouveaux intérieurs Dodge sont également assez bien réussis merci, on n’a qu’à regarder les modèles 2009-2010 et les modèles actuels pour constater l’énorme amélioration qui a été faite.

      Le Durango ne manque qu’un élément: un bon diésel pour avoir une consommation réellement efficace. Et s’il vous plaît, Chrysler, si jamais vous l’introduisez, de grâce vendez-le moins cher que sur la ridiculement chère Jeep Grand Cherokee diésel à presque 65 000$.

    • Bonjours a Tous.

      Depuis plus de 30 ans je travaille dans le domaine de l,automobile donc je peut donner mon opinion avec expérience.

      Pour le chrysler 200,voila je suis maintenant propriétaire d,un 200c awd je suis tres satisfaits,meme tres impressioner par la consomation d,essence 7,4 litres au 100kms de moyenne,rien a redire meme d,une douceur remarquable.
      Tout fonctionne tres bien et tres solide.

      Point négatif les pneus nexten pas fort comme choix et le dégagement pour les portes arrieres légerement bas mais ok pour une personne de 5 pieds et 8 pouces.

      C,est une voiture qui selon moi est mal connue et de plus le prix est tres compétitif surtout pour une awd qui pour moi est tres important.

      Bravo a chrysler pour cette voiture reste a voir pour la fiabilité mais pour moi qui est mécano pas de probleme.
      merci

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