Ce n’est pas la première fois que je vante l’efficacité des produits Subaru. Et ce ne sera pas la dernière fois. Quoique, cette fois-ci, je suis resté un peu surpris de la nouvelle technologie adoptée par le constructeur japonais, le système de protection EyeSight.
Je m’explique. C’est avec enthousiasme qu’Amyot Bachand, un bon ami et un amateur de voitures de course anciennes qui joue le rôle de représentant local pour les relations publiques de Subaru Canada, m’a reçu à son bureau lorsque j’ai voulu prendre livraison d’une Outback pour mes impressions de conduite hebdomadaires. Il m’a alors redirigé vers une berline Legacy 3.6R Limited à moteur H6 (un six cylindres à plat de type «boxer») à boîte automatique à cinq rapports et à traction aux quatre roues, une caractéristique traditionnelle aux voitures de Subaru.

La Subaru Legacy 3.6R Limited affiche un avant redessiné pour 2013 (Photo Éric Descarries)

L’arrière, cependant, est relativement reconduit (Photo Éric Descarries)
Toutefois, cette Legacy avait un équipement additionnel, le système d’aide à la conduite EyeSight. Rapidement dit, ce n’est pas nécessairement une grande nouveauté technologique. EyeSight reproduit plusieurs fonctions déjà vues dans bien d’autres autos comme le régulateur de vitesse adaptatif qui empêche l’auto d’emboutir un véhicule roulant à plus basse vitesse (lorsque le régulateur de vitesse est en fonction) en ralentissant la voiture, une détection des piétons à basse vitesse qui peut ralentir, voire même arrêter la Legacy s’il y a un obstacle impliqué et un système de détection et d’avertissement sonore si le conducteur dévie de sa trajectoire ou de sa voie (l’utilisation du clignotant annule l’avertisseur si l’on change volontairement de voie). Je sais, vous allez me dire que tout cela existe déjà chez la concurrence. Sauf que celle-ci utilise des détecteurs trop souvent placés dans la calandre ou à l’extérieur du véhicule et ceux-ci sont parfois vulnérables. Dans le cas de la Subaru Legacy Limited, ce même système est plutôt à l’intérieur! En effet, EyeSight fonctionne grâce à deux petites caméras placées de part et d’autre du rétroviseur intérieur et elles opèrent en images stéréoscopiques. Et c’est là que réside la nouveauté. Ainsi placées, les caméras sont protégées. Cependant, pour en assurer un bon fonctionnement en tout temps, les ingénieurs de Subaru ont du corriger le mouvement des essuie-glace afin de s’assurer que le pare-brise serait toujours propre à la hauteur des caméras.

Le tableau de bord est un peu torturé mais quand même bien exécuté (Photo Éric Descarries)
Évidemment, le système EyeSight a bien fonctionné toute la semaine que j’ai utilisé la Legacy…surtout celui de l’avertisseur de déviation des voies! Et, par pur accident (n’est-ce pas ainsi que ça devrait fonctionner ?), l’aide au freinage en cas de collision du véhicule devant soi a fonctionné lorsqu’un «visiteur» (plaque étrangère) m’a coupé en pleine circulation pour ensuite freiner d’urgence afin de ne pas emboutir lui-même le véhicule devant le sien. Notons qu’avec EyeSight, la pression aux freins peut être accentuée par le système si vous n’y arrivez pas! Évidemment, le système a ses limites (que M. Bachand nous a rapidement pointées!) mais au moins, il fonctionne la majeure partie du temps!

Le système EyeSight fonctionne grâce à deux caméras placées de chaque côté du rétroviseur à l’intérieur de l’auto (Photo Éric Descarries)
Outre cela, j’ai pu profiter de la Legacy en effectuant un petit voyage sur autoroute dans la région de Sherbrooke (traverser la ville de Montréal fut très pénible à mon retour, presque une heure et demie en pleine heure de pointe). L’avant de cette auto fut redessiné pour 2013 ce qui lui donne un air plus agréable à regarder. Mais le reste de l’auto est presque identique à ce qu’il était l’année dernière.

Toujours pas facile de retrouver un moteur sous ces couvercles de plastique (Photo Éric Descarries)
La grande berline Legacy à moteur à six cylindres pourrait facilement se comparer à bien des voitures importées plus coûteuses. Elle présente un intérieur relativement élaboré et bien présenté même si le tableau de bord affiche un dessin un peu torturé. Toutefois, il est efficace avec une instrumentation lisible et des commandes toutes à la portée de la main. Sur la route, elle offre des performances très intéressantes grâce aux 256 chevaux du six à plat. Les accélérations sont plus que satisfaisantes et les reprises plus que rassurantes. La tenue de route est presque sans reproche et je suis persuadé que ceux qui l’utiliseront en hiver (avec les pneus appropriés) seront impressionnés par les capacités de l’auto. La version de base de cette auto vient avec le quatre cylindres à plat de 2,5 litres.

Le coffre est assez vaste (Photo Éric Descarries)
Ce qui est dommage, c’est que cette Legacy ne se distingue pas assez des autres berlines du même calibre, ne serait-ce qu’au point de vue esthétique. Si la moins chère des Legacy se vend autour des 26 000 $, la 3,6R Limited avec EyeSight va chercher dans les 37 790 $. En ce qui a trait à sa consommation, j’ai obtenu une moyenne de 9,86 L/100 km lors de mon petit voyage et de…14,3 L/100 km en situation uniquement urbaine!
Mon expérience à l’AJAC
J’ai conduit la Subaru il y a déjà deux semaines. La semaine dernière, je n’ai pas utilisé de voiture de presse car j’ai passé tous ces jours au concours TestFest de l’AJAC (Association des Journalistes Automobile du Canada) afin que l’on détermine quels seront les autos et utilitaires canadiens de l’année. Et je peux vous dire que je n’ai pas chômé.
L’évènement se déroulait sur le site du petit aéroport de la ville de Niagara-On-The-Lake en Ontario. Il faut dire que le concours existe maintenant depuis quelque 25 ans (j’y étais la toute première fois alors que c’était plutôt un petit évènement amical…aujourd’hui, il y a plus de 80 journalistes qui doivent évaluer une soixantaine de nouveaux véhicules) et que les constructeurs ayant pignon sur rue au Canada le prennent très au sérieux. Les quelques soixante nouveautés étaient divisées selon onze catégories. J’avais choisi trois de ces catégories mais j’ai réussi à en faire six. Voici un peu les autos que j’ai conduites pendant trente à quarante minutes chacune avant de remplir le questionnaire de chaque catégorie. Notez que j’avais déjà évalué plusieurs de ces véhicules auparavant. Vous avez certes lu des textes dans ce blogue concernant ceux-ci. (Les résultats se trouvent à la fin du texte).
J’ai débuté avec la catégorie des meilleurs nouveaux VUS ou VUM de moins de 35 000 $. J’ai commencé avec le nouveau Chevrolet Trax à traction avant (24 535$) qui m’a laissé un peu froid. Toutefois, je crois qu’il connaîtra un certain succès chez nous. Puis, j’ai roulé avec le Ford Escape 1,6 litre (33 379$), le Honda CR-V (28 140$), le Hyundai Santa Fe (30 299$), le Mazda CX-5 (32 750$) et le Subaru Crosstrek (25 795$). Incidemment, le facteur «prix» est pris en considération par la firme comptable qui fait la compilation de nos «scores» dans l’évaluation finale de chaque catégorie. Ce fut une des catégories les plus difficiles à juger. Sauf pour le Trax et le Crosstrek, si nous avions eu les yeux bandés, il nous aurait été difficile de trouver une différence marquante entre les quatre autres véhicules. Quant à moi, l’intérieur du Santa Fe m’a plutôt impressionné.

J’ai roulé la petite Mercedes-Benz B-250 entièrement revue (Photo Éric Descarries)
J’ai ensuite travaillé avec les VUS et VUM de plus de 35 000 $. Même problème! La catégorie mettait aux prises l’Acura RDX (43 990$), le Chevrolet Traverse redessiné (à traction avant, 42 240$), le Ford Escape 2,0 litres (42 329$), le GMC Denali AWD (45 665$), le Hyundai Santa Fe 2,0 T (35 299$), l’Infiniti JX AWD (à boîte CVT) (58 200$), le Lexus RX 350 AWD (57 800 $, moteur très puissant que j’ai bien aimé!) et le Nissan Pathfinder AWD (boîte CVT, 37 698$). Sauf pour le GMC qui a gardé des caractéristiques de camionnette, les autres véhicules affichaient tous des ressemblances étonnantes! Pas facile à juger!

Pas facile de différencier les VUS et VUM! Ils se ressemblent trop! (Photo Éric Descarries)
Je me suis ensuite attaqué aux Voitures de luxe. J’ai donc fait mes premiers tours de roue au volant de la nouvelle Acura ILX (29 980$ et pas de navi). J’ai aussi conduit la BMW de Série 3 à moteur à quatre cylindres turbo de 2,0 litres (49 700$), la Buick Verano Turbo (33 200$), la Cadillac ATS V6 AWD (54 045$, une vraie surprise!), l’agréable Lexus ES350 à traction (51 750$) et la très rapide Lexus GS 350 (58 950$).

La nouvelle Ford C-Max Hybrid y était aussi. (Photo Éric Descarries)
Ayant terminé les catégories que j’avais choisies d’abord, j’ai aussi pu en faire d’autres qui m’attiraient comme celle des Familiales de moins de 30 000 $ incluant la Chevrolet Malibu Eco avec e-Assist (28 945$), la Mitsubishi Lancer à traction intégrale sur demande (27 998$…un peu perdue dans ce groupe), la Ford Fusion 1,6 litre (29 699$ avec arrêt/départ mais aussi avec une servo-direction électrique qui ne réagissait plus une fois que le moteur était arrêté!), la Nissan Altima 2,4 litres (avec CVT 28 033$) et la berline Honda Accord dont le tableau de bord m’a paru très dénudé (26 680$). Encore une fois, sauf pour la Mitsubishi, si j’avais eu les yeux bandés, j’aurais eu un peu de difficulté à reconnaître l’une de l’autre!

Tant de voitures à conduire…si peu de temps! (Photo Éric Descarries)
Le temps m’a permis de travailler la catégorie des Voitures citadines, une catégorie trop facile, il n’y avait que deux autos (électriques), la Mitsubishi i-Miev (35 998$) et la Ford Focus EV (42 629$). Devinez laquelle allait gagner? J’ai alors attaqué la catégorie des Voitures de sport et performance de plus de 50 000 $ avec la Camaro ZL-1 (60 495$ et toujours pas d’espace pour la tête), la (trop) puissante Shelby GT-500 (la même que j’ai utilisée pour aller à Watkins Glen, 73 623$), le roadster Mercedes-Benz SLK 55 (97 480$) et la très sportive Porsche Boxster (74 290$). J’en ai également profité pour travailler la catégorie des Voitures de prestige et performance qui incluait la BMW M5 (115 500$, déjà traitée dans ce blogue), la Corvette 427 (110 165$ dont les échappements m’ont paru trop bruyants au ralenti avec l’habitacle à découvert), la même Porsche Carrera S 911 dont il a déjà été question dans ce blogue (147 120$) et la trop belle Mercedes-Benz SL 550 (132 900$).

De quoi faire rêver, n’est-ce pas? (Photo Éric Descarries)
Enfin, par curiosité, j’ai pu conduire pendant une demie heure chacune les Ford Focus ST (impressionnante mais à 32 299$), Ford C-Max Hybrid (à venir mais aussi à 34 399$!), la Scion FR-S (25 990$) et la nouvelle Mercedes-Benz B-250 (38 190$). Parce qu’elles ont été choisies gagnantes de leur catégorie et que je devais aussi voter pour l’auto et l’utilitaire de l’année, j’ai aussi roulé au volant de la nouvelle Hyundai Elantra GT (22 549$), la Fusion Hybrid (33 399$) et…la Mazda3 SkyActiv (20 895$). Ouf! Des questions?
Les gagnants par catégorie
Meilleure voiture citadine :Ford Focus EV
Meilleure petite voiture (moins de 21 000 $) : Mazda 3 SkyActiv berline
Meilleure petite voiture (plus de 21 000 $) : Hyundai Elantra GT
Meilleure voiture familiale (moins de 30 000 $) : Honda Accord berline
Meilleure voiture familiale (plus de 30 000 $) : Ford Fusion Hybrid
Meilleure voiture de luxe : Cadillac ATS
Meilleure voiture de prestige et performance : Porsche 911
Meilleure voiture de sport/performance (moins de 50 000 $) : Ford Focus ST
Meilleure voiture de sport/performance (plus de 50 000 $) : Porsche Boxster
Meilleur utilitaire sport/multisegment (moins de 35 000 $) : Ford Escape 1,6 L
Meilleur utilitaire sport/multisegment (35 000-60 000 $) : Hyundai Santa Fe 2,0 L Turbo
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