Éric Descarries

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    Chroniqueur automobile depuis près de 20 ans, Éric Descarries a été adjoint à la rédaction de L'Almanach de l'auto de 1985 à 1999...
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    Lundi 2 juillet 2012 | Mise en ligne à 18h19 | Commenter Commentaires (6)

    Ford Raptor, Musée Gilmore et autres

    On dirait de ces temps-ci qu’il n’y en a que pour Ford. En effet, c’est fou ce que ce constructeur déploie comme efforts pour répondre non seulement aux attentes de ses actionnaires mais aussi aux besoins des consommateurs. Ce qui est remarquable, c’est qu’il le fait dans plusieurs créneaux à la fois et non seulement dans un ou deux domaines comme le font quelques-uns de ses concurrents. Ford mène donc des batailles sur plusieurs fronts tant du côté des petites autos que de celui des grandes voitures, des autos de luxe, des VUS et VUM, petits et grands et des pick-up. Qui plus est, le service des relations de presse de la division canadienne de Ford met à la disposition de la plupart des journalistes toute une gamme de voitures de tout calibre, surtout des nouveautés intéressantes. Certaines de ces nouveautés sont complètement refaites, beaucoup d’autres ne proposent que des retouches ou des révisions de modèles.

    Prenez, par exemple, le Ford F-150 Raptor qui m’a été confié la semaine dernière. J’ai attendu avant de mettre la main sur cette camionnette unique sur le marché alors que, j’en suis persuadé, vous en avez lu des comptes-rendus ailleurs. Moi aussi, j’ai lu ces articles mais la plupart me laissaient sur ma faim.  Évidemment, pas question de critiquer le travail d’autres journalistes ici. Mais il manquait des informations. Et, en même temps, je me demande pourquoi Ford tient tant à vendre le Raptor en terre canadienne alors que le camion a surtout été développé pour un marché spécifique, celui du sud-ouest américain.

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    L’unique Ford Raptor SuperCrew (Photo Éric Descarries)

    Le Raptor n’est pas un F-150 ordinaire. Notons, au départ, qu’il ne partage pas exactement le même châssis-câdre que celui des camionnettes F-150 courantes. En effet, celui du Raptor est un peu plus large. Il possède donc des éléments de suspension totalement différents des F-150 de production courante incluant des bras avant en aluminium non seulement plus légers mais aussi plus robustes. Regardez dans les puits d’aile d’un Raptor et vous y verrez des amortisseurs Fox Racin’ dont le rôle est  de réagir rapidement aux bosses et imperfections de la route (surtout d’un parcours hors-route) et dont le débattement est suffisamment long pour en adoucir la portée.

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    La caisse était équipée de la marche et du support facultatif (Photo Éric Descarries)

    Vous aurez remarqué qu’à l’extérieur, le Raptor a de petits feux au centre de la calandre et aux extrémités de la carrosserie. Ces feux ne sont pas de décorations. Non, ils y sont obligatoires car le Raptor affiche une largeur dépassant celle des véhicules légers courants et, tout comme un camion commercial, il doit afficher cette largeur par ces feux. Évidemment, les roues sont surdimensionnées aussi que les pneus BFGoodrich créés pour les situations hors-route.

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    La suspension avant y est unique, tout comme à l’arrière (Photo Éric Descarries)

    Le Raptor de 2012-13 n’est plus propulsé par l’ancien V8 de 5,4 litres combiné à une boîte automatique à quatre rapports. Le nouvel élément propulseur du Raptor (à quatre roues motrices sur demande, bien sûr), c’est le puissant V8 de 6,2 litres des Ford F-Super Duty (aussi livrable avec les F-150 Limited, Titanium et Harkey-Davidson) qui développe 411 chevaux. Il est combiné, lui, avec une boîte automatique à six rapports.

    Le Raptor se reconnaît à sa calandre unique, toute noire, avec les grosses lettres F-O-R-D en son centre. Ses ailes avant sont gonflées pour laisser passer les gros pneus, une modification que l’on retrouve aussi aux ailes arrière. Et l’énorme capot est unique également au Raptor. Cette année, cette camionnette (le terme est-il bien choisi? Devrais-je dire camion?) est disponible dans la version à cabine d’équipe à quatre portes comme vous pouvez le voir sur les photos. La caisse courte du véhicule qui m’a été confié pouvait se transformer en caisse longue en laissant le panneau arrière ouvert et en abaissant les barrières amovibles. Je m’en suis servi pour aller chercher un objet lourd et encombrant. Qui plus est, la lunette arrière ouvrante (à commande électrique) m’a servi à y glisser une boîte d’environ douze pieds qui aurait été trop longue, même pour un pick-up à caisse longue.

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    L’intérieur est semblable à celui des autres F-150 mais beaucoup plus équipé (Photo Éric Descarries)

    L’Intérieur est celui d’une F-150 mais avec plusieurs points de raffinement uniques à cette camionnette. On y notera, entre autre, une décoration dédiée au modèle, une sellerie identifiée au Raptor et des accessoires utiles comme l’ajustement pour équilibrer les freins électriques de la remorque. Ajoutez à cela un système de navigation, une caméra de marche arrière (presque indispensable sur une telle camionnette alors qu’elle sert aussi de point de repère lorsqu’on recule pour y attacher la remorque).

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    Je n’ai pas hésité à charger le Raptor (Photo Éric Descarries)

    Bon, ça va pour la portion «utilitaire» du Raptor. Mais alors, pourquoi commercialiser un tel monstre dont les capacités hors-route sont plus appropriées aux conditions désertiques du sud-ouest américain? Croyez-le ou non, il y a une clientèle qui a craqué, chez nous, pour ce genre de camion qu’aucun autre constructeur ne propose (les versions All-Terrain des GMC Sierra et Power Wagon des Ram ne sont pas de ce calibre!). Évidemment, le Raptor est d’abord et avant tout un gros pick-up avec tous les avantages et désavantages que cela comporte. Mais c’est aussi un véhicule de loisir et de plaisir au même titre qu’une voiture sport de haut calibre ou qu’une voiture de très grand luxe unique sur le marché. C’est tout simplement une question de goût.

    Sur la route, l’Impressionnant Raptor est plus doux que bien des pick-up robustes et ce, grâce à cette suspension unique à longs débattements.  Les pneus sont un peu bruyants mais pas au point de déranger la conversation des passagers. La visibilité y est bonne mais les dimensions du Raptor en situation urbaine sont embarrassantes, surtout pour le stationner. Le V8 de 6,2 litres est d’une grande puissance et ses accélérations et reprises sont remarquables. Mais pour la consommation…on repassera. L’indicateur au tableau de bord marquait autour des 22 à 24 litres aux 100 km selon la situation.  La direction est relativement précise et le freinage suffisant.

    Mais où aurai-je pu l’essayer vraiment comme si j’avais été en Arizona ou en Californie? La réponse m’est venue quand j’ai été photographier le camion chez mon ami Pierre Archambault qui possède une pépinière de cèdre dans Laval, Pepinor. En effet, son terrain est immense et on y trouve des chemins de tracteur qui ne sont pas sans me rappeler les sentiers hors-route que j’ai déjà empruntés dans le sud-ouest. Après un peu de reconnaissance, je suis revenu sur ces chemins et j’ai commencé à pousser le Raptor. Croyez-le ou non, à quelque 80 km/h, le débattement de la suspension rendait ce camion presque aussi doux que s’il avait été sur un chemin pavé. Et on en gardait facilement le contrôle. Je n’ai pas poussé ma chance outre mesure mais après quelques «passes», je ne pouvais que reconnaître le travail des ingénieurs de Ford au niveau de cette suspension unique. Évidemment, le Raptor peut aussi servir d’outil de travail pour tout entrepreneur qui aimerait bien, en même temps, posséder un camion «jouet» unique.

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    Le Raptor chez mon ami Pierre dans le champ à Laval (Photo Éric Descarries)

    Le F-150 Raptor SuperCrew que vous voyez ici affichait un prix de base de 55 999$. Mais avec tous les accessoires optionnels (2400$ de graphiques?), le total en était rendu à 64 749$ plus les 1500 $ de transport. Prix final? 66 249$…plus taxes!

    Le musée Gilmore

    Suite à mes quelques jours avec le Raptor, je me suis envolé vers la région de Detroit où j’ai passé une journée à la piste d’essai de Ford (encore eux!?!) suivie d’une journée à celle de la piste d’essai de Chrysler, question d’en savoir plus sur les produits 2013 à venir. Mais il y avait une journée de libre entre les deux évènements et j’en ai profité pour visiter un musée dont j’avais entendu parler à Hickory Corners en plein centre du Michigan près de Battle Creek et Kalamazoo.  Incidemment, ce n’est pas une entreprise commerciale comme tel mais une fondation.

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    Le bâtiment d’accueil du musée Gilmore (Photo Éric Descarries)

    Je ne peux vous expliquer mon grand étonnement concernant cette collection de près de 400 voitures dont la plupart étaient d’avant la Deuxième Grande Guerre. Pour 10$, n’importe lequel mordu de l’auto peut y passer toute une journée…et je dirais même que Madame aimerait! Il y a une demi-douzaine de bâtiments servant de salles d’exposition (dont le pavillon principal fraîchement inauguré), un restaurant du style «diner» américain, un poste d’essence complètement restauré, un petit pavillon consacré qu’aux ornements de radiateur, un autre qu’à une petite collection de motos alors que le musée Gilmore soit à construite trois nouveaux édifices, un pour les Lincoln d’avant guerre (et il y en a au musée!), un autre pour les Cadillac et un autre pour les Ford Model A (car, semble-t-il, il y aurait autant de voitures sinon le double en entreposage en attendant d’être exposés). En passant, on peut approcher les autos et même y toucher…il n’y a pas de barrières autour d’elles!

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    Les véhicules y sont facilement atteignables (Photo Éric Descarries)

    Je ne peux tout vous décrire ici. Mais si vous pensez faire un petit voyage au Michigan, donn-vous comme buts le musée Henry Ford (et il n’y a pas que des autos…surtout le village Greenfield de plus de 100 bâtiments juste à côté) à Dearborn (www.thehenryford.org) et le musée Gilmore (gilmorecarmuseum.org) à deux heures de route de celui-ci. Incidemment, lors de notre visite, il y eut une rencontre d’une quarantaine de Pierce-Arrow d’avant guerre!

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    Dans un des pavillons, cinq Auburn 1934 mais toutes avec des carrosseries différentes (Photo Éric Descarries)

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    J’ai eu la chance d’obtenir une ballade dans cette Pierce-Arrow de 1911 (Photo Éric Descarries)

    La semaine prochaine, je vous parle des nouveautés de Ford et de quelques unes de Chrysler telles que vues et vécues aux pistes d’essai de ces deux constructeurs. Enfin, je voudrais remercier M. Daniel Labre, directeur des relations publiques de Chrysler Canada, qui a facilité notre visite au Gilmore Car Museum en nous prêtant sa Chrysler 300C…très utile sur les rapides autoroutes américaines.

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    Merci à Daniel Labre de Chrysler de nous avoir prêté sa Chrysler 300 pour ce voyage au Gilmore Car Museum.


    • Faut avouer qu’on en croise souvent des Raptor, malgré leur facture. Il y en a un entre autres que je vois souvent couvert de “bouette”, de la vraie, pas des graphiques ;)

      J’ai eu le plaisir de visiter le musée Henry Ford dans les années ‘90 … une perle! Et pas juste pour les autos.

    • @ Blueprint, méfie toi, il utilise peut ètre de la “Spray-on Mud”.

      Moi ça me fait rire la petite marche et la poignée pour monter dans la boite, ça en dit long sur les propriétaires de ce genre de véhicules.

    • Eric, tu sembles vraiement avoir eu bien du fun avec ce Raptor!!! Si c’est comme moi quand je l’ai essayé… c’est quasiement honteux de le conduire sur l’autoroute non?

      Passez un bel été! bon temps pour sortir le Lincoln!!!

    • @raoul914

      Si c’est le cas, et bien la “canette” doit être pas mal grosse!!

    • Le Raptor est un jouet, et si je voulais un tel jouet, j’opterais probablement pour la version à cabine allongée, pour avoir une boîte plus longue, question d’optimiser l’utilité.

      @Raoul : bien que je sois considéré comme étant dans “force de l’âge” et en bonne forme physique, je pense que la poignée et le marchepied de benne sont des innovations des plus intéressantes; quand on travaille avec un camion, monter et descendre plusieurs fois par jours dans la benne devient lassant. De plus quand il y a eu pluie, pas sûr les gens apprécient de mettre les genoux la boite mouillée.

    • @raoul914

      À cause de la suspension surélevée, la benne arrière s’ouvre à 31 pouces du sol, soit la hauteur d’un comptoir de cuisine. Si vous pouvez emjamber un comptoir sans vous tenir et sans élan, vous êtes vraiment flexible… :-)

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