Éric Descarries

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    Chroniqueur automobile depuis près de 20 ans, Éric Descarries a été adjoint à la rédaction de L'Almanach de l'auto de 1985 à 1999...
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    Jeudi 17 mai 2012 | Mise en ligne à 22h43 | Commenter Commentaires (4)

    Chrysler 300S, rallye Eco Run et notes personnelles

    Je suis en deuil. Vous avez certainement appris que le légendaire Carroll Shelby est décédé la semaine dernière au Texas. Il était âgé de 89 ans. Carroll Shelby a vécu une vie extraordinaire malgré des problèmes de santé assez grave. Shelby est le «père» des Cobra et des Mustang Shelby en plus d’avoir été celui qui a permis à Ford de battre un autre personnage légendaire aux 24 Heures du Mans, Enzo Ferrari!

    J’ai rencontré Carroll Shelby pour la première fois chez Chrysler en 1986 ou 87, je ne me souviens plus exactement. En effet, à cette époque, il avait accepté de relever l’image de la marque Dodge en y créant des autos de performance à partir de modèles existants. Plus tard, il sera un conseiller au développement de la Viper, une suite logique de la Cobra. La première fois que je l’ai vu, il conduisait un pick-up Dodge Ram (de l’ancienne génération, bien entendu) qu’il avait fait modifier en véritable petite bombe. Croyez-le ou non, voyant que j’y étais très intéressé, il m’en a offert les clés pour je puisse le conduire sur la piste d’essai de la compagnie à Chelsea près de Detroit. Et ça, c’était avant sa transplantation cardiaque (en 1990) et sa transplantation rénale en 1996, je crois! Souvenez-vous qu’il avait transplanté un petit Ford V8 dans une voiture de sport anglaise peu connue en Amérique, l’AC Ace, une auto qui allait devenir légendaire elle aussi, la Cobra!

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    Ma photo préférée de Shelby au volant de sa toute première Cobra (photo Ford)

    Par la suite, j’ai rencontré Shelby plusieurs autres fois, surtout dans des Salons de l’auto et au SEMA. La dernière fois que je l’ai vu, c’est lors du dévoilement de la Mustang Shelby GT500 2013 juste avant le Salon de l’auto de Los Angeles. J’y ai vu un homme très vieilli et faible qui ne se déplaçait qu’avec l’aide d’autres personnes et d’un fauteuil roulant. Je suis même surpris qu’il ait réussi à vivre jusqu’à tout dernièrement! Pour moi, il demeurera une image marquante de ma jeunesse et même de ma vie professionnelle. C’est pourquoi je possède une réplique de Cobra dans sa forme la plus originale que possible.

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    La dernière photo que j’ai prise du légendaire Shelby à Los Angeles en décembre dernier (Photo Éric Descarries)

    L’autre personne qui est récemment disparue mais que je n’ai connu que très brièvement, c’est Dan Knott de Chrysler. Mon premier contact avec Dan fut lors d’un lancement au Texas. Dan était un des premiers à établir la nouvelle marque SRT de Chrysler. Je l’ai revu quelques fois par la suite mais il est disparu de la circulation l’année dernière. J’ai alors appris qu’il avait pris sa retraite de la compagnie malgré son jeune âge. Il est décédé il y a un peu plus de deux semaines d’un cancer. Il n’avait que 51 ans!

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    Dan Knott, pionnier de la marque SRT (photo Chrysler)

    Évidemment, j’aurais dû souligner le trentième anniversaire du décès de Gilles Villeneuve la semaine dernière. Un autre héro de ma jeunesse (ou presque) qui nous a quitté beaucoup trop rapidement!

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    Comment peut-on oublier Gilles Villeneuve? (photo d’archives)

    La superbe Chrysler 300S

    Revenons-en donc aux voitures. La semaine fut plutôt chargée en ce qui me concerne mais j’ai eu le temps de rouler presque 300 kilomètres au volant de la toute récente Chrysler 300S. La Chrysler 300 a été révisée l’année dernière et j’ai bien eu peur que sa superbe ligne purement américaine soit gâchée. Heureusement, le designer en chef de Chrysler, l’ex-Montréalais Ralph Gilles, y a été avec modération. Oui, le devant a été complètement transformé mais j’ai fini par en apprécier le style avec le temps. D’ailleurs, je regardais le tout récent prototype de l’ Audi A6 E-trin et il me semble que son avant ressemble étrangement à celui de la nouvelle 300! Incidemment, saviez-vous que cette grande berline Chrysler est une Lancia Thema maintenant en Europe? Je n’ai rien lu de négatif (mais rien non plus de «positif») sur ce modèle jusqu’ici dans les magazines européens!

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    La Chrysler 300S a conservé une allure américaine malgré les retouches à l’européenne (Photo Éric Descarries)

    Toujours est-il que la 300S est un modèle spécial chez Chrysler. Affichant une touche européenne (un peu à l’ancienne, toutefois), cette grande auto conserve son style américain. C’est toujours une auto à propulsion mais, dans le cas de la 300S, elle est mue par le V6 Pentastar de 3,6 litres qui, cette fois, est combiné à une boîte automatique à huit rapports. Le but de cet exercice est d’aider l’auto à devenir moins énergivore que celle avec une boîte à cinq rapports. Dès le départ, je dois avouer qu’avec cette boîte automatique, la 300S à moteur V6 de 292 chevaux procure des performances des plus agréables. Les accélérations sont franches et les reprises solides mais je dois déplorer un certain temps de réaction de cette boîte automatique. En effet, si l’on écrase pour obtenir des rétrogradages pour les reprises, il faut compter d’abord sur un temps de réaction de cette boîte. Il vaut mieux jouer avec les palettes au volant pour plus d’efficacité. Incidemment, le levier de vitesses manque de précision car il faut vraiment placer très attentivement le levier pour s,assurer qu’on est en marche arrière ou dans toute autre position. Outre cela, soulignons l’excellente tenue de route de cette auto et son freinage surprenant.

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    De l’arrière, la Chrysler 300S n’a subi que de petites retouches (Photo Éric Descarries)

    L’intérieur de la 300S qui m’a été confiée était plutôt spectaculaire. Il fallait y voir la sellerie de cuir tout en rouge avec le logo S au dossier. Évidemment, on y trouve beaucoup d’espace intérieur et un bon débattement pour les jambes et la tête. Il y avait même un toit de verre double (avant et arrière) dont seule la partie avant pouvait s’ouvrir. Encore une fois, j’ai bien apprécié le système de navigation (Garmin) et surtout le grand écran qui, combiné à la caméra de marche arrière, m’aidait dans ce genre de manœuvre car, il faut le souligner, la visibilité trois-quarts arrière n’y est pas très facile. Mais on vit un grand confort dans cette auto qui devrait s’avérer une grande routière pour les longs voyages. Dans ce sens, l’immense coffre y est aussi très utile et on peut en augmenter la capacité en couchant les dossiers des sièges d’arrière.

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    Le tableau de bord de la 300S demeure sobre mais superbe (Photo Éric Descarries)

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    Les sièges ont ce «S» brodé dans le dossier (Photo Éric Descarries)

    Cette Chrysler 300S affichait donc un prix de base de 35 995$ plus l’option de sécurité et technologie (2 550$), plus l’ensemble de luxe (2 500$) plus les toits ouvrants (1 495$) et le système de navigation (450$) et l’inexplicable taxe d’accise pour le climatiseur (100 $) et les frais de transport ( 1 400$) et l’on obtient une facture totale de 44 490$…plus taxes, bien entendu! Quant à la consommation, en situation surtout urbaine, j’ai réussi une moyenne de 11,8 L/100 km (Chrysler annonce une consommation de 10,9 en condition urbaine). Décidément une belle voiture à posséder et très agréable à conduire sauf peut-être pour son gabarit un peu imposant  en ville.

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    Sous le capot, le V6 Pentastar est bien à la hauteur de la situation (Photo Éric Descarries)

    L’Eco Run

    Comme je l’écrivais un peu plus haut, ce fut une semaine passablement chargée en ce qui me concerne. De mardi à jeudi, j’ai participé à l’Eco Run de l’AJAC (Association des Journalistes Automobile du Canada) dont je fais partie.

    C’est la première fois que les dirigeants de l’AJAC tiennent cet évènement qui ressemble étrangement aux Economy Runs de Mobil qui se sont tenus de 1936 à 1968. Dans le cas de l’Eco Run de l’AJAC, il n’était pas question d’y trouver un gagnant (les gagnants seront les consommateurs et nos lecteurs, semble-t-il) mais d’informer les gens des diverses capacités de voitures dites économiques. Pour ce faire, l’AJAC a tracé un circuit à la fois sur route de campagne, en ville (Toronto) et sur autoroute (la 401) afin de prouver l’efficacité de ces autos. Et plus encore, Clare Dear, le président de l’AJAC, a incité la vingtaine de journalistes participants à tenter de faire mieux que les consommations indiquées dans le Guide de Ressources Naturelles Canada. Pour ce faire, des gens de cet organisme étaient sur place pour noter les moyennes de consommation apparaissant au tableau de bord des voitures d’essai!

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    Le départ s’est donné dans un aréna de Brighton en Ontario (Photo Éric Descarries)

    Parmi les voitures disponibles, il y avait presque toutes les autos électriques déjà sur le marché canadien dont un prototype de pré-production de Ford Focus électrique (leur consommation ne fut certes pas calculée). Ces autos faisaient partie de l’Eco Run afin de prouver qu’elles pouvaient être utilisées à bien des fins. Une camionnette avec un gros chargeur (gracieuseté de Schneider Electric) suivait pour en assurer le chargement des batteries. Incidemment, aucune de ces voitures n’est tombée en panne. Elles ont même pu profiter de certaines bornes déjà en fonction dans la région de Toronto. Les autres autos électriques étaient la Mitsubishi i-MiEV (que j’ai particulièrement aimée), la Volt, la Leaf, la Smart électrique et, par extension, la Prius PHV.

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    J’ai eu droit à un premier contact avec  la Focus électrique (Photo Éric Descarries)

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    L’Eco Run a fait un premier arrêt à l’impressionnant UOIT (University of Ontario Institute of Technology) (Photo Éric Descarries)

    Il y avait aussi parmi la vingtaine de véhicules inscrits par 14 constructeurs, des petits VUS dont le Mazda CX-5 et le nouveau Ford Escape EcoBoost, des autos hybrides  comme les berlines Kia Optima et Hyundai Sonata ou encore les Buick Regal e-Assist et pourquoi pas, une Porsche Panamera Hybride et une Mercedes-Benz CLS 63 AMG. Une AMG? Oui, Mercedes-Benz voulait prouver que même des autos de performance comme sa CLS 63 pouvaient afficher une certaine retenue en consommation!

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    Les voitures électriques ont pu profiter des bornes de recharges d’un site touristique de Toronto (Photo Éric Descarries)

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    Parmi les autres étapes, l’Eco Run s’est arrêté à la fameuse université Mc Master d’Hamilton en Ontario (Photo Éric Descarries)

    Notre trajet débutait dans le petit village de Brighton et se terminait dans la ville de London (l’Eco Run imitait alors le légendaire rallye London to Brighton qui se déroule en Angleterre chaque année pour les autos de 1910 ou plus vieilles…ce rallye existe depuis la fin du 19e siècle et il avait été institué pour célébrer l’abolition d’une loi exigeant qu’un homme tenant un drapeau rouge coure devant toute automobile pour en annoncer le passager à un terrifiant…2 milles à l’heure!). Divisé en plusieurs étapes, les journalistes pouvaient changer de voiture. Nous avons même eu droit à des visites d’écoles et d’universités spécialisées dans l’automobile (il faut voir l’UOIT ou University of Ontario Institute of Technology qui a une des souffleries (wind tunnel) les plus avancées au monde, des chambres climatiques et plus encore!) incluant la renommée université Mc Master à Hamilton.

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    L’iMiEV de Mitsubishi m’a particulièrement impressionné (Photo Éric Descarries)

    Le «rallye» s’est terminé dans une école spécialisée de London. Les gens de Ressources naturelles Canada nous ont alors confirmé que lors de certaines sections plus longues, quelque 90% des autos inscrites ont eu une consommation INFÉRIEURE à celle publiée dans le petit bouquin Energuide du gouvernement. Ces chiffres devraient être connus sous peu.

    Fort de cette première expérience concluante, Clare Dare, le président de l’AJAC, a tenu à préciser que ce genre d’activité devrait se tenir annuellement dans divers endroits du Canada. Quant à moi, j’ai pu rouler avec des Volt, des Focus électriques (sur une longue distance), l,iMiEV (qui m’a impressionné, surtout pour son prix), des Kia et Hyundai hybrides, une Fiat 500 (adorable petite auto) et la Prius HPV. Et croyez-moi, je les ai conduites avec beaucoup de délicatesse ce qui m’a valu un compliment d’un des représentants de Kia qui m’a passé la remarque que j’avais conduit l’Optima hybride avec tact exploitant ainsi les caractéristiques techniques de l’auto à son meilleur!

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    L’évènement Eco Run de l’AJAC s’est terminé dans une école très spécialisée de London en Ontario  (Photo Éric Descarries)


    • Ça ne fait que 30 ans que Gilles Villeneuve est décédé (8 mai 1982).

    • La 300 a de la gueule, c’est certain. Avoir le choix entre ça et une Avalon, ça se décide rapidement. J’aurais bien aimé que Chrysler installe l’injection directe immédiatement sur son V6; on aurait eu facilement 315 chevaux au lieu de 288 et un bon 280 livres-pieds de couple au lieu de 260. Avec ça, la transmission aurait à rétrograder moins souvent, ce qui améliorerait le temps de réponse. Il faut croire que le prix de ces injecteurs est encore trop haut, même s’il aurait été alors plus facile d’approcher les cotes annoncées.

      Avoir à choisir par contre, j’irais plus vers la Charger, plus à mon goût et, au même niveau d’équipement, plus abordable. Ça reste bien théorique toutefois, n’étant pas sur le marché pour un achat.

      Pour revenir sur les cotes de consommations : avec mes voitures américaines, j’ai souvent réussi à obtenir ou même battre les consommations annoncées. Avec les japonaises, plus rarement, et jamais à les approcher lorsque les conditions sont moins favorables. Le manque de couple à bas régimes de plusieurs moteurs japonais obligent a appuyer trop sur l’accélérateur lorsqu’il y a un passager à bord, que le vent est contraire ou encore qu’il y a une légère pente. Par contre, avec un bon vent dans le dos, une seule personne à bord, les cotes sont réalistes en voiture japonaise. Au final, la consommation réelle de mes voitures américaines fut souvent légèrement meilleure que celles des japonaises.

    • M. Descarries
      J’ai hâte que vous nous fassiez connaître les chiffres de consommation du rallye.

    • En parlant d’Ecorun, 1626 milles avec un plein de diésel pour une Passat stock.
      http://www.gizmag.com/tank-diesel-distance-world-record/22488/

      La 300 … une grosse boite à chaussure bien carrée. Ouache.

      La Focus électrique par-contre, très réussie.

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