J’ai bâti une grande partie de ma réputation de chroniqueur automobile grâce au domaine du camion et de la camionnette. Et j’en suis fier. Je ne crois pas avoir refusé l’opportunité d’écrire ou de photographier unereportage sur les camions ou les camionnettes, peu importe le gabarit, du plus petit VUS au plus imposant camion (j’ai même déjà écrit, dans La Presse, tout un reportage sur mes impressions de conduite d’un énorme Caterpillar 789, un véritable camion de mines…). C’est pourquoi il m’a été difficile de refuser une semaine au volant d’un tout nouveau GMC Sierra All-Terrain 2012…
Le monde des camionnettes pick-up est en pleine transformation. Il faut qu’il le soit car avec l’essence qui approche les 5$ le gallon aux États-Unis, plus personne ne peut se permettre des véhicules qui avalent l’essence aussi gloutonnement…plus personne, même nos amis Américains qui affectionnent tout particulièrement ces grands pick-up. C’est pourquoi les constructeurs américains travaillent sur tant de nouvelles mécaniques pouvant mouvoir ces grands véhicules sans qu’ils ne perdent de leur puissance. Chapeau à Ford qui a réussi à convaincre autant de consommateurs de camionnettes pick-up qu’un V6 moins énergivore pouvait effectuer la même tâche qu’un gros V8 et ce, à tous les niveaux. Bon! Ce n’est pas encore la solution miracle, surtout que les grands pick-up sont plus gros que jamais. Lorsque j’ai eu ce GMC, je me suis arrêté chez un ami qui possède un GMC Sierra 1500 1998 (en excellent état)…Aucune comparaison possible. De la camionnette de travail de mon ami Dino à ce Sierra All-Terrain 2012…plus rien n’est comparable. Et le nouveau Sierra est surtout beaucoup plus gros!

Le GMC Sierra affiche une calandre plus robuste que celle du Chevrolet Silverado (Photo Éric Descarries)
Dès le départ, je dois vous mettre en garde. Je ne suis pas un grand «fan» des pick-up Chevrolet. Mais, comme je le disais au représentant de GM à Montréal, Robert Pagé, ce n’est qu’une question d’esthétique. En effet, je trouve qu’il y a trop de chrome à l’avant des Silverado et ils ne font pas assez «camion» à mon goût. Toutefois, l’avant des GMC fait plus «truck» et cela, je ne m’en cache pas, me plaît plus. Mais je ne suis pas le seul. Saviez-vous qu’il se vend plus de pick-up GMC que Chevrolet au Canada? C’est une question d’esthétique, me dit-on. Aux États-Unis, il se vend nettement plus de Chevy que de GMC…une question de goût, encore une fois!

Comme tout bon pick-up qui se respecte, le Sierra propose une caisse très utile. Une barrière rétractable aurait été utile ici. (Photo Éric Descarries)
Ce qui est indéniable, c’est que GM semble avoir perdu la «touche» en ce qui a trait aux pick-ups. Ford continue de dominer ce marché avec des approches tellement plus dynamiques, que ce soit les moteurs V6 Ecoboost ou les impressionnants Raptor. Chrysler impressionne aussi grâce à ses Ram au look on ne peut plus «truck» et viril. C’est ce qui manque aux produits GM! Un look et une attitude «truck».

Le tableau de bord du GMC Sierra n’affiche pas un design très élaboré (Photo Éric Descarries)

Il y a quand même beaucoup de place pour les passagers d’arrière dans la Sierra à quatre portes (Photo Éric Descarries)

Et la banquette de relève pour permettre le transport de marchandises qui doivent rester au sec ou être protégées (Photo Éric Descarries)
Le véhicule qui me fut confié ne manquait pas de personnalité, un GMC Sierra 1500 All-Terrain. La version All-Terrain ne manque pas de panache non plus : suspension Z71, pont arrière auto-bloquant Eaton, amortisseurs Rancho, pneus surdimensionnés…en fait, tout ce qui devrait concurrencer les Ford Raptor et Ram Power Wagon…mais qui n’y arrive pas! Toutefois, la calandre monochrome et les autres améliorations esthétiques lui donnent un air plus …«truck»!
Sous le capot de mon Sierra Z71 All-Terrain se trouvait un merveilleux moteur V8, le fameux «small block» de 5,3 litres de 315 chevaux et 335 li-pi de couple combiné avec une boîte automatique à six rapports et avec la motricité aux quatre roues sur commande, le tout monté sur les jantes optionnelles de 20 pouces. Question performance, je n’ai absolument rien à redire sur ce moteur. Il est des plus efficaces et des plus performants. Incroyable mais vrai, il existe dans la même configuration depuis 1955! Et il est toujours aussi moderne (dire que l’on critique encore les Américains dans le domaine de l’auto et pourtant, ils nous ont donné de véritables légendes technologiques comme les boîtes automatiques et ce V8 qui a servi dans tant de véhicules dans le monde entier, même italiens et qui a été produit à plus de 100 millions d’exemplaires…allez donc me trouver dans le monde qui arrive à la cheville de GM à cet effet…). Le V8 de 5,3 litres (compatible avec l’éthanol E85) a su déménager le gros pick-up avec tant de facilité, peu importe son gabarit. Oh! j’ai oublié de vous dire qu’il s’agissait d’une camionnette avec une confortable cabine à quatre portes et une caisse courte! Les accélérations étaient impressionnantes et les reprises très rassurantes. La suspension, toutefois, était un peu trop rigide pour un pick-up qui, en fin de compte, se veut aussi «mondain».

Le moteur V8 de la Sierra est bien calé dans le compartiment-moteur (Photo Éric Descarries)
L’intérieur de ce GMC Sierra est, hélas, un peu décevant. Contrairement à BMW qui a su donner du caractère au tableau de bord pourtant si classique de ses voitures ou à Ford qui a su créer des tableaux de bord très coloré avec ses F King Ranch et Harley Davidson inspirant ainsi Ram avec ses Laramie, Long Horn et autres modèles excitants, GM n’a pas encore réussi à capter notre imaginaire avec des intérieurs aussi fades malgré leur assemblage impeccable. La planche de bord est sans forme précise mais son instrumentation complète est facilement lisible. Monter à bord demande un peu d’acrobatie mais on s’y habitue rapidement. Les passagers d’arrière ont droit à un grand espace confortable avec beaucoup de débattement. Tout ce qu’il faut pour un grand voyage dans le sud. Et la visibilité y est extraordinaire. Malheureusement, ce Sierra de près de 55 000 $ n’avait pas de GPS (chez GM, on croit que le système OnStar règlera tout!) et surtout pas de caméra de marche arrière (il y avait, toutefois, des détecteurs sonores d’obstacles), ce que j’aurais aimé. La caméra de marche arrière est un atout pour attacher une remorque à la camionnette! Quant à la caisse (il semble que la nouvelle mode est d’appeler cette partie la «benne» !), elle est aussi conventionnelle qu’elle peut l’être, même dans sa version courte. Il n’y a pas d’aide pour y grimper ni de marche escamotable. Mais elle demeure aussi utile qu’on puisse l’imaginer. Incidemment, sa capacité de remorquage était de 8 900 livres (4 037 kilos)
Il est difficile de parler de tenue de route avec un tel véhicule. Mais ce GMC est relativement stable sur la route. Sa direction est précise mais le freinage est un peu difficile à jauger. Par contre, sur la grand-route, la Sierra 1500 All Terrain tient bien le cap et son moteur V8 émet un son agréable à l’oreille.
Toutefois, mon expérience au volant de la Sierra All Terrain fut très agréable malgré son gabarit imposant en ville. Pas facile à garer, ce monstre-là. Mais il entrait dans le garage souterrain de RDS. J’y suis allé avec grand soin car le toit passait tout juste sous les poutres de béton…pour finalement me garer à côté d’un Ford F-150 aussi gros! Le prix du véhicule qui me fut confié était de 52 830 $ . Avec les frais d’expédition, il avait grimpé à 54 325 $…toujours plus taxes! Quant à sa consommation, j’ai atteint le fantastique chiffre de…22,3 L/100 km en condition presque uniquement urbaine! Heureusement que j’avais la boîte auto à six rapports. Qu’est ce-ce que ç’aurait été avec l’ancienne quatre vitesses? Décidemment, GM a encore du travail à faire de ce côté surtout que la concurrence (lire Ford) propose des V6 très performants et nettement plus économiques à ce niveau et que Chrysler nous dévoilera sous peu des Ram à moteur V6 Pentastar avec boîte auto à huit rapports. GM a déjà annoncé qu’il y aurait des boîtes automatiques à multiples rapports (huit?) dans ses pick-up sous peu aussi. En fait, une nouvelle génération de pick-up et VUS GM de pleine grandeur doit nous arriver au cours de l’année à venir. Les premiers rapports dits «espions» nous apprennent qu’il devrait y avoir des changements d’importance. Souhaitons-le.
Buick Verano
Si j’ai semblé lancer le «proverbial» pot au lieu des fleurs à GM pour son Sierra pick-up, laissez-moi vous rassurer en ce qui a trait à sa nouvelle petite berline de luxe Buick Verano du même constructeur que j’ai pu conduire presque toute une journée dans les Laurentides lors d’une présentation médiatique la semaine dernière.

La Buick Verano pourrait causer toute une surprise (Photo Éric Descarries)
Quoique je réserve habituellement mes impressions de conduite complètes qu’après une semaine au volant d’une telle auto, je dois vous dire que je suis déjà favorablement enclin à vanter cette auto. Près de six heures dans une Verano m’ont déjà (presque) convaincu qu’il s’agisse là d’une berline compacte de luxe des plus confortables et des mieux construites que j’ai jamais conduites. Elle s’est avérée rapide, silencieuse et bien assemblée. Je réserve donc mes commentaires finaux qu’après une semaine avec le véhicule. Mais tenez-vous le pour dit, je suis déjà favorablement influencé par cette petite Américaine…
À blueprint
Mais oui, Demesmaeker…(..the mess maker…)
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