Il y a de ces semaines où il ne se passe presque rien et d’autres…La semaine qui vient de se terminer fait partie des…«autres». Mais avant de vous en parler, jetons un coup d’œil sur la nouvelle Buick LaCrosse avec e-Assist.
Précisons au départ que GM n’a pas plongé la tête la première dans la «mode» des véhicules à motorisation hybride utilisant un moteur électrique placé entre le moteur thermique et la boîte de vitesses. En fait, outre sa belle aventure avec la Chevrolet Volt, GM a plutôt opté pour une version révisée d’un système dit «hybride léger» que le constructeur américain avait déjà proposé sur ses Saturn Aura et Chevrolet Malibu dans le passé.
Dans le cas de la grande Buick LaCrosse (la grande berline la plus vendue en Amérique du Nord selon GM…) le moteur V6 que l’on retrouve habituellement sous le capot d’une telle auto fait place au quatre cylindres Ecotec de 2,4 litres qui fait 182 chevaux et 172 li-pi de couple s’il est équipé du principe e-Assist. Alors, ce moteur est équipé d’un moteur électrique dont la puissance est équivalente à 15 chevaux et 79 li-pi de couple. Ce moteur électrique remplace le traditionnel alternateur (il sert aussi de génératrice) et, en plus d’ajouter un peu de puissance au quatre cylindres, il sert aussi de démarreur. Car il faut mentionner que le principe e-Assist fait que le moteur thermique arrête complètement au bout de quelques secondes lorsque la Buick LaCrosse est immobilisée à un feu rouge. Le fait de relâcher la pédale de frein active le moteur électrique qui relance le quatre cylindres.

La Buick LaCrosse serait la grande berline la plus vendue en Amérique du Nord (Photo Éric Descarries)
N’essayez pas d’identifier les LaCrosse avec le principe e-Assist. Buick a vu à ce que rien ne se voie à l’extérieur du véhicule, même pas une petite ornementation spécifiant que la voiture est équipée du système e-Assist. La Buick LaCrosse qui m’a été confiée la semaine dernière était avec e-Assist. Mais alors, quelle différence avait-elle des autres LaCrosse à moteur V6? D’abord, admettons que le son d’un quatre cylindres sous le capot d’une si grosse Buick fait un peu bizarre. On ne s’y attend pas! Puis, qu’on le veuille ou non, un moteur à quatre cylindres émet toujours un peu de vibration agaçante au ralenti. Heureusement, avec le principe stop-start de l’e-Assist, le moteur neutralisé…n’émet rien!

Même de l’arrière, on n’y voit aucune identification e-Assist (Photo Éric Descarries)
Mais sur la route, qu’est-ce que ça donne? Disons qu’un quatre cylindres pour déplacer une telle masse, ce n’est pas l’idéal. Mais force nous est d’admettre que cette Buick procure des performances égales sinon supérieures à celles des Buick du début des années quatre-vingt mais mues par un V8 (évidemment anémique à l’époque). Les accélérations sont timides mais quand même acceptables. Il en va de même pour les reprises grâce à l’utilisation d’une boîte automatique à six rapports (rappelons que la LaCrosse est à traction avant). Le pied au plancher, le moteur gronde vivement mais les dépassements se font en sécurité. Toutefois, en vitesse de croisière, cette Buick est aussi silencieuse qu’elle peut l’être. Elle est très confortable offrant une suspension un peu souple mais quand même stable. On est loin des anciennes Buick trop molles. Cette LaCrosse est définitivement une auto moderne. Cependant, j’ai trouvé que le volant manquait un peu de précision. Mais l’option de l’indicateur de vitesse reflétant ses chiffres dans le pare-brise m’a tout simplement plu! Il est alors plus facile de surveiller sa vitesse! Incidemment, la radio très élaborée inclut un grand écran pour le système de navigation qui sert également à la caméra de marche arrière. Il y a aussi des capteurs dans le pare-chocs et des avertisseurs sonores. Pourtant, cela n’a pas empêché un de mes confrères qui venait me livrer l’auto, de reculer dans un des murs de pierre de mon allée de garage. Il n’avait pas noté que le mur courbait et renflait dans l’allée alors que l’abri d’hiver continuait, lui, en ligne droite. Il s’est fié à cette ligne et il a légèrement éraflé le pare-chocs (que j’appellerai toujours des «parures-chocs») causant ainsi des centaines (si ce n’est pas un millier) de dollars de dommage à la voiture. Je ne comprends toujours pas les constructeurs de nous proposer des «parures-chocs» aussi vulnérables! C’est, selon toute vraisemblance, ce que la clientèle veut…du style avant tout!

L’intérieur de la LaCrosse est élégant (Photo Éric Descarries)

L’instrumentation est unique au modèle e-Assist (Photo Éric Descarries)
L’intérieur de cette Buick est en tout point pareil à celui d’une LaCrosse à moteur V6 conventionnel sauf qu’au tableau de bord, on peut y voir un compte-tour spécial qui indique quand le moteur thermique est au point mort. Les sièges sont confortables mais ils manquent un peu de support latéral. De plus, avec le toit ouvrant, il est plus difficile de porter un chapeau traditionnel (et plusieurs conducteurs de telles Buick sont du genre à porter de tels chapeaux). Par contre, les passagers d’arrière jouiront de suffisamment de place pour leurs jambes. Le coffre est lui aussi très vaste et, contrairement à la plupart des autos de type hybride, le dossier d’une partie des sièges d’arrière se rabat pour agrandir l’espace de chargement. Cela veut donc dire que l’on peut y glisser des skis en hiver! Seul le dossier de droite ne se rabat pas! Sauf que les charnières prennent trop d’espace. Pourquoi ne pas concevoir des charnières de type «ciseaux»?

Le coffre est relativement vaste et permet un passage (à gauche) vers l’intérieur (Photo Éric Descarries)

Le dossier du siège arrière à gauche se rabat pour agrandir l’espace de chargement du coffre (Photo Éric Descarries)

La grande différence se retrouve sous le capot, un quatre cylindres Ecotec avec moteur électrique à la place de l’alternateur. (Photo Éric Descarries)
Ceux qui recherchent une grande auto dont la consommation est raisonnable trouveront chaussure à leur pied avec cette Buick. J’ai obtenu une consommation moyenne de 10,5 litres aux 100 km. GM estime la consommation à 8,3 en ville et 5,4 sur route. J’ai fait autant de grand-route que de ville. Le prix total de cette auto était de 45 335 $ (incluant les 690$ d’option pour le principe e-Assist, un montant qui devrait être rapidement récupéré si l’on fait beaucoup de conduite urbaine). Ajoutez à cela 1 495$ de frais d’expédition et la facture totale était de 46 830 $.
Une visite chez Ford
J’ai aussi profité de cette semaine pour effectuer une visite éclair chez Ford à Dearborn au Michigan. Là, on nous a montré et expliqué en détail la Ford Fusion 2013 qui sera dévoilée au public le 9 janvier prochain au Salon de Detroit. Évidemment, nous avons tous signé un «embargo» qui nous défend de dévoiler quoi que ce soit sur cette auto. Mais attendez-vous à toute une surprise. Incidemment, vous souvenez-vous du prototype EVOS dont j’ai parlé dans La Presse l’automne dernier?

Vous souvenez-vous de l’EVOS? (Photo Ford)
En même temps, Ford nous a fait visiter son usine Michigan Assembly Plant où l’on assemble les Focus. Saviez-vous que les Focus électriques (à venir) y sont aussi assemblées sur les mêmes lignes? Contrairement à Chevrolet avec sa Volt, à Nissan avec sa Leaf et à Mitsubishi avec sa i-Miev, Ford a choisi de construire sa voiture toute électrique à partir d’un modèle déjà existant. Pour le constructeur, il n’y a que des avantages qui devraient être retransmis au consommateur aussi. Le chargeur externe de la Focus électrique est du type branchable (on pourra le brancher à une prise 240 V de la maison ce qui permettra au propriétaire de la Focus électrique de débrancher lui-même son chargeur s’il déménage!). De plus, les présentateurs de Ford nous ont démontré qu’avec des panneaux solaires pouvant charger le chargeur, il sera possible au propriétaire de Focus électrique de rouler pendant des années sans dépenser un seul sous en énergie (l’autonomie de la Focus électrique devrait être d’environ 160 km, ce qui reste à vérifier). En passant, nous avons eu droit de photographier l’assemblage des Focus en usine ce qui est généralement défendu chez les autres constructeurs!

Les Focus électriques sont assemblées à la même usine que les Focus à moteur thermique. (Photo Éric Descarries)
En passant, lors d’un souper (buffet) de Ford, j’ai pu rencontrer un certain Lee Holman, le fils de John Holman du duo Holman and Moody, un atelier de course et performance qui a permis à Ford de gagner tant de courses durant les années soixante dont les 24 Heures du Mans. Holman and Mody, c’était, nos lecteurs les plus âgés s’en souviendront, le Roush Enterprises du temps. Lee construit toujours des Ford de course, surtout dans la catégorie «Vintage» et surtout pour les Européens. En effet, cette catégorie des belles d’autrefois fait fureur en Europe où les grandes Galaxie de 1963 (préparées par Holman and Moody) continuent de dominer battant même les Jaguar et petites autos de l’époque. Lee m’a même montré une Ford Fairlane 1964 (il garde son i-Pad avec lui tout le temps) de course que ses ateliers ont récemment construit pour cette série.

Cette Fairlane 1964 de course est une reproduction d’une auto que Holman and Moody avait modifié à l’époque. Tout récemment, au Nürburgring en Allemagne, elle a terminé cinquième derrière des Porsche de course! (Photo Holman and Moody).
Quelques heures avec Suzuki
De retour à Montréal, je n’ai eu que quelques heures pour sortir de l’avion, rouler avec la Buick vers la maison pour ensuite continuer à St-Eustache afin d’assister à un souper-rencontre avec les gens de Suzuki Canada. Si vous êtres toujours intéressés par la marque (dont les ventes sont en croissance, semble-t-il), sachez que les trois modèles (berline SX-4, Kizashi et Grand Vitara) seront proposés sous peu dans des versions presque complètement équipées à des prix incroyablement concurrentiels ce printemps. En même temps, j’ai appris que le Grand Vitara sera légèrement redessiné pour 2013 et que Suzuki avait divorcé de Volkswagen pour travailler maintenant avec Mitsubishi (évidemment avec la motorisation électrique en tête!).

La Suzuki Sport est de retour en 2012, on vous en reparle (Photo Éric Descarries)
J’ai aussi profité de l’évènement, le lendemain matin, pour une courte balade de deux heures au volant de la Kizashi Sport à traction intégrale avec boîte automatique CVT afin de me familiariser de nouveau avec le produit vedette de la marque. Voilà une voiture qui mériterait d’être mieux reconnue. Sa tenue de route est remarquable, sa direction très précise (c’est ce que j’aime le plus de cette auto) et, remarque peut-être curieuse mais oh combien importante, les essuie-glace très efficaces. Le moteur pourrait profiter d’une vingtaine de chevaux de plus et je préférerais la boîte manuelle. Je me promets de remettre la main sur cette auto d’ici quelques semaines et de vous en (re)parler.
Il se pourrait que je fasse relâche la semaine prochaine (vous ne m’en voudrez certes pas avec ce Temps des Fêtes) mais je serai à l’affût de vos remarques auxquelles de répondrai bientôt. Si l’on ne se revoit pas, Joyeux Noël et Bonne Année…
À mephisto
Merci de votre réponse. Je me doutais que c’était un UAZ russe. Mais petite correction, ce n’est pas une «jeep». Jeep est une marque de commerce enregistrée comme Ski-Doo et Frigidair. Donc, ne l’appelez pas une Jeep…s.v.p…(signé un mordu de Jeep»!)
À simon_c
Je lisais tout récemment que cette loi des «minounes» n’inclurait pas les autos de collections (comment vont-ils déterminer si le véhicule est une auto de collection?) et les autos de plus de 25 ans. Je suis d’accord pour que l’on retire du chemin les véritables «minounes» dangereuses. Mais j’ai bien peur que notre «ouèrnement» en profite pour essayer de «faire une piasse» sur le dos des automobilistes. Ce qui est le pire, c’est que les automobilistes concernés ne seront pas les plus riches. Allez en campagne et notez le nombre de voitures anciennes que l’on voit dans les cours. Des fois, je me demande pourquoi tant «d’ayatollahs de l’environnement» tiennent à demeurer en ville et continuent de mettre de la pression sur nos gouvernants pour de l’air plus pur en ville! De l’air propre et pur, il y en a en campagne…c’est vrai que le bois de foyer qui brûle en hiver pollue plus que tout ce qui existe sur nos routes…ah misère!
À bastia
Wow! Vous avez déniché mon article sur l’Aspen hybride mais il date de…2008! Désolé de vous décevoir mais, vous qui possédez un Durango Hemi en France, il vous sera presque impossible de dénicher un Aspen hybride au Canada (je crois qu’il y en a eu moins de 200 chez nous) à moins d’essayer d’en trouver un aux États-Unis. Sachez aussi que sa production y a été très limitée et que nous n’avons aucune donnée sur sa fiabilité. Qui plus est, votre Durango n’est plus produite non plus. La nouvelle version en est complètement différente….
À toomanycars
Heureux de vous avoir aiguiller vers une lecture amusante. Vous avez reçu votre livre beaucoup plus rapidement que moi. Et j’en ai plusieurs autres du genre à vous décrire. Malheureusement, ils sont tous en anglais. Dommage que ce même engouement pour les «road trips» ne soit pas aussi populaire en français!
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