Disons que je viens de vivre une semaine assez intéressante dans le monde de l’automobile. J’ai roulé avec deux types de véhicules venant de mondes opposés mais tout aussi intéressants l’un que l’autre. En effet, toute la semaine, je me suis déplacé en Jeep Compass North 4 x 4 2011 alors que samedi après midi, j’ai eu le droit de conduire deux modèles d’Aston Martin, Vantage et Virage.
Débutons avec la Jeep Compass, une voiture plus abordable, n’est-ce pas? La première génération de Compass n’était pas une mauvaise voiture, au contraire. Mais il lui manquait le caractère que sa presque jumelle, la Jeep Patriot. En fait, dans certaines publications américaines, c’est tout juste si l’on ne lui considérait pas sa ligne comme loufoque. Qui plus est, la Compass était la seule Jeep qui n’était pas disponible avec des fonctions hors-route…ce qui ne correspond pas du tout à l’image qu’une Jeep doit transporter, même si la majorité des propriétaires de Jeep ne verront jamais de sentiers exigeants avec leur véhicule (quoique je me souvienne alors qu’il y a quelques années, j’ai participé à un Camp Jeep en Ardèche, en France et qu’il y avait une Compass diesel (une configuration que nous n’avons pas ici!) qui avait participé à toutes nos activités hors-route !).

La Jeep Compass 2011 affiche un avant qui ressemble à celui de la Grand Cherokee (Photo Éric Descarries)
Jeep y a vu
Ce fut toute une surprise en décembre dernier lorsque j’ai été invité par Jeep au Wyoming pour la présentation des nouveaux modèles et que j’y ai découvert la nouvelle Compass au devant redessiné pour ressembler à celui de la Grand Cherokee. En fait, la Compass passait du véhicule le moins cher de la marque à un petit VUS de luxe. De plus, les ingénieurs de Chrysler ont modifié la suspension de la Compass et certains de ses éléments mécaniques pour qu’elle soit «Trail Rated», c’est-à-dire capable d’attaquer les sentiers sérieux. Et c’est ce que j’ai pu faire dans une «trail» du Wyoming. Mais là, il était temps que je vérifie toutes les autres nouvelles caractéristiques de la Compass.

Les designers de Jeep auraient pu élaborer un peu plus le dessin de l’arrière de la nouvelle Compass. (Photo Éric Descarries, les chevaux appartiennent à Marcel Bigras de St-Eustache)
Visuellement, vous pouvez constater que les designers de Jeep (donc Chrysler et fort possiblement sous la férule de notre ami Ralph Gilles) ont su reproduire l’avant de la nouvelle Grand Cherokee à la plus petite Compass et en remonter le style. Cependant, je leur reproche de ne pas avoir continué le thème à l’arrière et de modifier au moins les feux et peut-être leur donner un style semblable à celui des Grand Cherokee. Peut-être que Jeep (Chrysler) n’a pas voulu reproduire l’erreur que Ford avait fait avec le plus petit Aviator qui ressemblait tellement au gros Navigator qu’on pouvait facilement les confondre.
Sous le capot, pas grand changement. Par exemple, ma Compass North d’essai était mue par le même moteur à quatre cylindres DACT de 2,4 litres et 172 chevaux combiné à la même boîte automatique CVT à variation continue que l’année dernière. Ma Compass North était à traction intégrale alors que le différentiel central Freedom Drive II peut être verrouillé pour assurer une motricité constante aux quatre roues. Comme je l’expliquais plus haut, la suspension de la Compass 2011 a été légèrement révisée et elle est d’un pouce plus haute ce qui lui permet certaines acrobaties en sentier. Sur la route, c’est à peine si l’on constate cette modification. En fait, sauf pour une conduite plus ferme (mais pas désagréable), on obtient les mêmes performances que l’année dernière avec un moteur un peu poussif et surtout une boîte automatique qui, parfois répond avec beaucoup de souffle alors que d’autres fois, elle accepte les hauts régimes du moteur sans trop de réaction. Parfois, en redémarrant après un arrêt, la boîte de vitesses produisait un léger choc. En plaçant le levier à L en roulant, la même boîte rétrograde assez violemment. Décidemment, je préfère la version manuelle de cette voiture (ma propre fille possède une Jeep Patriot manuelle qui n’est pas nécessairement plus rapide mais dont la conduite est certes plus précise!). Les accélérations sont bonnes mais pas renversantes. Et les reprises varient selon la situation mais il faut prévoir un chemin libre pour ce faire. La direction demeure relativement précise et le freinage satisfaisant. Notons que les pneus Goodyear Wrangler P215/65R17 sont assez silencieux et surtout efficaces, même en situation hors-route légère.

Le tableau de bord de la nouvelle Compass a été redessiné avec brio (Photo Éric Descarries)
Outre l’avant, c’est surtout à l’intérieur de la Compass que les designers de Chrysler se sont attardés. Ils ont complètement redessiné le tableau de bord qui perd de ses détails angulaires au profit de courbes et d’arêtes plus douces. De plus, le choix des matériaux, tant à la planche de bord qu’aux garnitures de portières et à la sellerie des sièges est supérieur à ce qu’il était. L’instrumentation de ma Compass North d’essai était complète et facile à lire. Les sièges d’avant étaient confortables mais à l’arrière, les passagers pourraient être un peu à l’étroit, surtout au niveau des jambes. Et les portières d’arrière n’ouvrent pas très grand! L’espace cargo, sans être spectaculaire, peut contenir les valises de quatre occupants avec facilité. Et ce même espace peut s’agrandir en abaissant le dossier des banquettes d’arrière. Cependant, j’ai noté que ces dossiers ne se replient pas complètement à plat. Ils conservent un petit angle agaçant.

On peut augmenter l’espace de chargement de la Compass en rabattant le dossier des banquettes arrière. (Photo Éric Descarries)
Toutefois, j’ai aimé le comportement routier de la Compass North et son agilité en ville, le tout combiné à un look que je trouve superbe. Le prix de base de cette Compass North était de 21 195$ auquel s’ajoutait 3 300$ d’équipement optionnels, 625$ de radio satellite avec U Connect et Bluetooth, 495$ d’options All Season (sièges chauffants, volant à gaine de cuir, etc…) 225$ d’harnais électrique pour le remorquage, 750$ d’options Off-Road Freedom Drive II et 1 750$ de boîte CVT avec rapports d’engrenage Off-Road du différentiel central. Ajoutez en plus 225$ pour les lecteurs 6 CD, DVD, MP3, 200$ pour la roue de secours pleine grandeur et les fameux 100$ de la taxe d’accise fédérale pour le climatiseur. Ah oui. Il y a aussi 1 400$ de transport et préparation et on abouti à…30 265$… plus taxes! Ouf! La consommation? J’ai utilisé la Compass presque uniquement en situation urbaine et j’ai obtenu une moyenne de 11,4 L/100 km ce qui, sans être mauvais, pourrait être mieux. Energuide indique que la Compass devrait faire 9,9 en ville et 7,5 sur route…
Et une ballade en Aston Martin
Samedi après-midi, j’ai eu droit à quelques heures au volant des Aston Martin Virage et V8 Vantage S dans les rues de Montréal. Évidemment, on est loin des randonnées à toute épouvante sur les pistes ou sur les autoroutes européennes mais au moins, j’aurai eu la chance de conduire ces belles Anglaises une fois dans ma vie. L’évènement était organisé par Aston Martin the Americas et parrainé par Les Moteurs Décarie (aucun lien de parenté avec moi !) un des quatre seuls concessionnaires de la marque au Canada (qui compte vendre une vingtaine d’Aston Martin par année au Québec).

L’Aston Martin Vantage S cabriolet (Photo Éric Descarries)
Certains journalistes ont préféré retourner à la maison suite à une première courte balade se disant insatisfait de l’évènement…moi, j’en ai profité. Il est bien sûr que j’aurais préféré écraser le champignon de ces belles autos exotiques mais notre tournée qui nous amenait d’un hôtel montréalais au chemin Camilien-Houde sur la montagne en passant par plusieurs grands boulevards de la ville m’ont donné une bonne idée de la construction spectaculaire de ces autos.

L’intérieur d’une Aston Martin vaut la peine d’être admiré (Photo Éric Descarries)
J’ai donc pu conduire une 2012 Virage Volante (de 244 350$!), un cabriolet à moteur V12 avec boîte à sept rapports que l’on change manuellement par les commandes au volant. C’est fou le son qui sort des échappements de cette auto lorsqu’on accélère (oui, j’ai pu pousser un peu l’accélérateur en ville…pas de folies, cependant, je le jure!). Inutile de vous dire que je n’en avais que pour la beauté intérieure et extérieure de l’auto, la qualité de sa finition et surtout son exclusivité. Et pas besoin de vous dire que l’on se faisait remarquer!

Le V8 de la Vantage S et, plus bas, le petit emblème avec la signature du vérificateur final (Photo Éric Descarries)
L’autre Aston Martin que j’ai conduite était la Vantage S Coupe à moteur V8 de 430 chevaux avec boîte automatique Sportshift (elle agit comme une boîte manuelle avec ses temps morts entre les passages…) capable d’une vitesse maximale de 189 m/h (305 km/h)! Son prix ? Plutôt «abordable» à 159 000 $…dans les mêmes prix que les autos de la concurrence! Sa grande qualité? Le système «Hill Hold» qui retient l’auto deux secondes lorsqu’on est arrêté dans une pente!

Une ballade au volant d’une Aston Martin, ça vaut bien une petite photo souvenir, non ? (Photo via Éric Descarries)
Non mais, pas de farce, j’aurais bien aimé conduire ces deux autos pendant des heures et des heures (sauf pour en payer le prix du carburant car le constructeur annonce une consommation de 14 milles au gallon américain en ville (environ 18 l./100 km) et 21 sur route (environ 12,8 l./100 km) pour la Vantage S mais ne dit rien pour la Virage dont le V12 fait 490 chevaux!). Il y aurait tant à dire sur ces beautés de la route incluant la position de conduite, la conduite sur diverses routes et ainsi de suite. Mais, l’essai n’était pas assez long. Toutefois, j’aurais eu mes quelques minutes de bonheur (et d’orgueil) au volant des Aston Martin!
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