S’il y a une automobile de chez Chrysler qui ne fait pas l’unanimité auprès de mes confrères journalistes, c’est bien la Dodge Avenger. Dès son lancement, il y a quelques années, elle a subi les foudres de la plupart des analystes dans le monde de l’automobile et ce, pour diverses raisons. Pas surprenant de constater que sa «carrière» s’est alors tournée vers les flottes et les parcs ou même vers une vocation commerciale. En d’autres mots, elle n’attirait surtout pas les mordus de l’automobile et cela, même avec une certaine ressemblance avec la plus spectaculaire Charger. On lui reprochait, entre autres, une tenue de route plus ou moins stable, des bruits de caisse et une puissance un peu juste, même avec le V6 optionnel (aussi accusé de gloutonnerie à la pompe).
La berline Dodge Avenger a récemment changé de poil même si elle a conservé sa carrosserie aux allures de Charger (de la génération précédente). De l’extérieur, on remarquera une calandre légèrement redessinée (elle a perdu son sigle de «bouclier» en plein centre pour ne plus conserver que la croix en son centre), les boucliers avant et arrière retouchés et les feux arrière aux LED.

J’ai utilisé la nouvelle Dodge Avenger pour aller au salon de l’auto de New York (photo Éric Descarries)

Les changements extérieurs sont plutôt discrets sur la nouvelle Avenger. Mais pas sous la voiture! (photo Éric Descarries)
C’est au niveau de la finition intérieure que l’on note un grand changement. D’abord, le tableau de bord a été complètement refait affichant désormais un design beaucoup plus moderne et surtout moins torturé. L’ensemble fait plus homogène. La sellerie a été revue ainsi que les garnitures intérieures des portières. Je vous en reparle plus loin…
Sous le capot
C’est là où tout a été refait, sous le capot et même sous la voiture. J’ai utilisé une toute nouvelle Dodge Avenger SXT pour aller au Salon de l’auto de New York avec l’idée de constater par moi-même les améliorations apportées à cette auto. Ce qui était rapidement visible, c’était le nouveau moteur V6 PentaStar de 3,6 litres combiné à la boîte automatique à six rapports. Mais ce que l’on ne peut voir, ce sont les améliorations apportées à la suspension. Heureusement, j’ai pu rencontrer Ralph Gilles, le directeur de Dodge et directeur du design chez Chrysler au Salon de New York (et on sait tous que Ralph a passé sa jeunesse à Montréal où il a acquis cet amour pour l’automobile). Il m’a rapidement pointé que la voie (largeur entre les roues) de la nouvelle Avenger a été poussée de 2,5 cm (un pouce) et que 35 des 36 jeux de bagues (bushings…en «bon» français) ont été remplacées pour plus de fermeté. L’auto a été légèrement abaissée (12 mm à l’avant et 10 mm à l’arrière) alors que les ingénieurs de Dodge ont révisé la géométrie de la suspension en vue d’y changer les forces de déplacement du centre de gravité de la voiture. Évidemment, Dodge y a changé les pneus pour des Goodyear Eagle LS plus performants sur jantes de 18 pouces. Toujours selon Ralph, le rapport de la direction a été corrigé pour plus de rapidité et on a ajouté un renfort entre les tourelles de suspension avant. Enfin, afin de rendre l’auto plus silencieuse, Chrysler a ajouté des ensembles isolants autour de la boîte de vitesse et ailleurs pour que les sons mécaniques et ceux de la route n’envahissent plus l’habitacle.
Laval-New York
Quoi de mieux qu’un petit voyage à New York pour apprécier une nouvelle voiture. J’ai donc utilisé la Dodge Avenger pour aller au Salon de l’auto de New York. Déjà, lorsque j’ai pris possession de la voiture, un de mes confrères m’a dit qu’il l’avait conduite auparavant et que j’allais l’aimer. Lui-même trouvait qu’elle répondait grandement à ses attentes…et il est européen d’origine!
Le premier contact avec l’auto est encourageant. L’intérieur est accueillant et le tableau de bord se présente très bien. L’instrumentation y est lisible et relativement complète, le centre du tableau de bord étant occupé par l’écran de la radio AM-FM-XM Sirius et du système de navigation Garmin (facile à lire), une option de 745$. Les sièges d’avant sont assez confortables et la console pas trop intrusive. Les sièges d’arrière pourraient offrir un peu plus de place aux jambes mais vu que je ne mesure que 5 pieds et 8 pouces et que je conduis assez près du volant, je laisse suffisamment d’espace au passager derrière moi. La visibilité n’y est pas mauvaise mais je me suis surpris à critiquer la vue trois-quarts arrière à cause du pilier de custode trop large.

Le nouveau tableau de bord redessiné est certes plus élégant (photo Éric Descarries)
Quant au coffre, il m’a paru suffisant pour les bagages que je devais transporter et fort possiblement pour ceux d’autres passagers. Le capot du coffre ouvre très grand (et ses charnières en ciseau sont sur la carrosserie ce qui libère de l’espace à l’intérieur) et il est possible de rabaisser les dossiers d’arrière pour obtenir plus d’espace si l’on veut transporter de longs objets plats.

Le capot du coffre ouvre grand grâce aux charnières en ciseau (photo Éric Descarries)
Sur la route, la Dodge Avenger m’a plus que surprise. D’abord, le moteur V6 est d’une efficacité étonnante (283 chevaux, ça marche!) et la boîte automatique à six rapports (que l’on peut manier manuellement) est relativement précise. J’y ai noté deux chocs de changements de rapport durant toute la semaine d’essai mais je crois que ma conduite les avait provoqués. S’il y avait une note négative à souligner, c’est l’effet de couple (torque steer) que l’on peut sentir aux roues avant sous forte accélération. Même Ralph Gilles m’en a parlé! C’est à corriger! Autrement, je dois vous avouer que ce nouveau moteur V6 de Chrysler m’a bien impressionné. Ses accélérations sont vives, ses reprises sont franches. Le premier ravitaillement un peu avant d’arriver à New York m’a donné une consommation de 8,6 L/100 km (à une vitesse de 105 km/h!). Plus tard, de retour à Laval, j’ai utilisé l’auto pour du «vironnage» et un peu d’autoroute et j’ai obtenu une moyenne de 10,35L/100 km. Au total, sur plus de 1500 km, la Dodge Avenger m’a donné une consommation moyenne de 9,1 L/100 km soit 31 milles au gallon!

Le nouveau V6 Pentastar est caché sous ce courvercle de plastique (photo Éric Descarries)
La tenue de route de l’auto était presque irréprochable, la direction précise et surtout, les bruits de la route étaient nettement moins présents qu’avec la version précédente. Curieusement, j’ai roulé pendant plus de trois heures avec une Dodge Avenger exactement pareille à mon véhicule d’essai sur l’autoroute 87 nord de l’état du New York ce qui m’a permis de constater que l’auto avait maintenant une belle présence sur la route. Je crois qu’il faut essayer la version de l’année dernière pour constater comment Chrysler a fait un excellent boulot en révisant sa Dodge Avenger et sa jumelle la Chrysler 200.

J’ai partagé la route avec une Avenger exactement pareille à celle que je conduisais (photo Éric Descarries)
Incidemment, j’ai conduit la Chrysler 200 avec le quatre cylindres de 2,4 litres et la boîte automatique à six rapports en Californie et je dois vous dire qu’elle nous a impressionné, moi et mon compagnon de voyage. Évidemment, le quatre cylindres n’est pas aussi puissant ni rapide que le V6 Pentastar mais avec la boîte à six rapports, il se débrouille très bien d’affaire. En vérité, je déconseille le quatre cylindres avec la boîte de base à quatre rapports. Allez directement à celle à six rapports!

Ralph Gilles directeur de Dodge et chef-designer de Chrysler (et originaire de Montréal) nous a «expliqué» la Dodge Avenger incluant la nouvelle version R/T dévoilée au salon de New York. Celle-ci est mue par le même V6 Pentastar mais sa suspension a été raffermie et d’autres détails ont été révisés. (photo Éric Descarries)

Il y avait au stand de Dodge du salon de New York une étude de style de Dodge Avenger de compétition pour rallye. Selon Ralph Gilles, l’auto a vraiment été testée en situations extrêmes! (photo Éric Descarries)
Le prix de base de l’Avenger SXT 2011 est de 23 995$ alors que ma voiture d’essai avec toit ouvrant, moteur V6 ( 1205$ d’option), boîte auto à six rapports (695$ d’option obligatoire avec le V6), communication U Connect mains libres (350$), démarrage à distance (350$) et autres options affichait un prix de détail de 30 540 $ incluant les frais d’expédition de 1400 $.

Ça sent l’été ! En effet, le pilote de NASCAR Elliot Sadler était à Montréal mardi dernier pour recevoir les journalistes de sport motorisé et de constater de visu les difficultés qu’il devra affronter au Circuit Gilles-Villeneuve lors du NAPA Pièces d’auto 200 en août prochain. Il a «visité» le circuit avec les journalistes au volant d’une Ford E Series alors que la piste était …sous la pluie. Espérons que la pluie ne sera pas de la partie lors du NAPA 200 ! (Photo Éric Descarries)
À tous
C’est curieux, je m’attendais à plus de réactions concernant les dévoilements du Salon de New York. Pourtant, il y avait de la matière à discussion avec les photos, non?
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