Éric Descarries

Archive du 4 janvier 2011

«Es-tu malade?» de me dire un ami. «Tu vas faire rire de toi» de me dire mon frère. Et pourtant, je viens de passer toute une semaine au volant de la toute nouvelle Porsche 911 Turbo S et ce, ici même au Québec. Et si je suis malade ou que j’ai fait rire de moi, je n’aurai pas été le seul puisque j’ai vu au moins deux autres propriétaires de voitures semblables (fort possiblement des 911 ou des turbo régulières) sur nos routes durant cette même période de temps!

En fait, ce n’est pas la première fois (et ni la dernière) que je me promène en Porsche en plein hiver. Qui plus est, au cours des semaines à venir, je devrais vous parler de mon expérience hivernale au volant d’autres autos et camionnettes du même constructeur. Incidemment, au départ, je vous avertis déjà, cette 911 Turbo S était une auto à traction intégrale, ce qui règle bien des questions.

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J’ai utilisé la nouvelle Porsche 911 Turbo S pour un court voyage dans la région de Lanaudière la semaine dernière. Parfaite pour l’hiver…(Photo Éric Descarries)

La 911 Turbo S qui m’a été prêtée par Porsche Canada était différente de la 911 Turbo que j’ai eue l’été dernier. D’abord, soulignons que le moteur à six cylindres à plat turbocompressé de 3,8 litres de la Turbo S fait 30 chevaux de plus que celui de la Turbo, soit 530 chevaux et 516 livres-pied de couple. La différence n’est pas énorme mais dans le cas de la Turbo S, j’ai pu profiter de la boîte PDK (presque) automatique à sept rapports du constructeur allemand. C’est la seule boîte disponible dans cette auto. Évidemment, la simple mention de cette option mécanique peut exciter certains mordus de la marque ou irréductibles de l’industrie allemande mais il faut quand même se rendre compte qu’il s’agit ici d’une forme de boîte automatique! Qu’on le veuille ou non! En effet, pour mettre en marche, il faut passer le bras de vitesse en marche avant. En pressant l’accélérateur à basse vitesse, on constate une légère hésitation avant que la boîte n’embraye. À partir de là, le passage des vitesses se fait tout seul! Oui, on peut la manipuler manuellement ou avec les palettes au volant. Mais il y a tant de boîtes vraiment «automatiques» qui en font du pareil! Ne vous trompez pas, j’ai su apprécier cette boîte de vitesses. Elle est surtout merveilleuse en piste (que je n’ai pas pu faire l’été dernier à cause d’un séjour à l’hôpital) mais qui se fait quand même sentir sur la route car si l’on «brasse» un peu l’auto, la boîte de vitesses s’adapte à votre style de conduite et rétrograde d’elle-même selon les besoins! Ah oui! Il ne faut pas oublier de spécifier que c’est une boîte à double embrayage ce qui mystifie plusieurs gens qui ne voient pas de pédale d’embrayage au plancher. Comme je le disais, tout comme une CVT est une autre forme de boîte automatique, la PDK en est une aussi, seulement plus développée…merci à l’électronique! Le différentiel central électronique et tous les équipements de stabilisation, de correction et d’antipatinage font que cette Turbo S se conduit très facilement en hiver. Encore une fois, merci au petit génie qu’est l’électronique.

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On reconnaîtra la nouvelle 911 Turbo S à son inscription sur le capot arrière. (Photo Éric Descarries)

Porsche avait équipé cette Turbo S de pneus d’hiver Pirelli Sottozero 2 (235/35ZR19 à l’avant et 305/30ZR19 à l’arrière) pour conserver à cette auto le maximum de ses capacités d’adhérence. Ah oui! Il y a une fonction sur cette auto qui fait que l’on peut faire des démarrages en catastrophe pour atteindre le cap des 100 km/h en quelque 3 secondes ou moins (si vous en êtes capable!). Il faut alors tenir le pied sur le frein et l’autre sur l’accélérateur jusqu’à environ 4500 tr/mn puis relâcher le frein et on est alors catapulté comme une fusée. Je l’ai essayé une fois mais le pavé froid et la poussière sur la route ont immédiatement enclenché les systèmes d’antipatinage. Mais je me demande vraiment le besoin d’une telle fonction (que l’on retrouve aussi sur la Subaru WRX STI et la Mitsubishi Evolution). À moins de faire du «drag» (ce qui n’attire pas vraiment les propriétaires de 911 Turbo S), je ne vois aucune utilité à cette fonction. Puis, après l’avoir fait une fois ou deux pour épater les copains…combien de fois le refera-t-on vraiment? C’est comme sa vitesse maximale d’environ 315 km/h…Au Québec? Êtes-vous fou? Déjà que l’auto est difficile à tenir en ligne droite car ses gros pneus ont tendance à «courir» dans les sillons laissés par les autos et les camions sur nos «belles autoroutes». Puis, à 202 655 $, on ne voudrait pas se faire saisir ce beau bolide en punition pour «grande vitesse»! Surtout que l’auto n’a pas de cadran de compteur de vitesse, juste un affichage numérique!

Mais évidemment, que c’est excitant de piloter une telle auto, même en hiver. Quelle puissance lorsqu’on veut dépasser! Même sur les routes glacées de la région de Lanaudière, la Turbo S demeure agréable à conduire, quoiqu’il faille garder les deux mains sur le volant tout le temps. Comme je l’ai mentionné lors de mes impressions de conduite de la 911 Turbo l’été dernier, je ne comprends pas pourquoi Porsche n’inclut pas les sièges chauffants (et climatisés) et les phares automatiques à ce prix-là? Et à quoi sert vraiment ce chronomètre sur le tableau de bord à moins que l’on ne se permette du temps de piste de course?

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Décidemment un coupé à deux places d’abord, la 911 Turbo S se distingue par son levier de vitesses PDK et ses palettes au volant. Le reste, c’est du pur Porsche…un peu démodé mais toujours aussi classique. (Photo Éric Descarries)

Il faut que je vous parle du freinage. Celui-ci possède des composantes en carbone et en céramique. Exigeant un peu plus de pression sur la pédale, il est tout simplement extraordinaire. Par contre, utilisez-le avec un peu de délicatesse et il deviendra rugueux avec le temps tout en développant un grincement et un son de friction désagréables comme ceux que l’on entend d’une auto dont les freins sont usés «aux fers» comme on le dit si bien chez nous.

Toutefois, si j’en avais les moyens peut-être que je me payerais cette gâterie. Peut-être pas en Turbo S mais certainement en traction intégrale. Voyez-vous, la Porsche 911 Turbo S est une des rares voitures dites «exotiques» ou «supercar» (à plus de 300 km/h, c’est certainement un «supercar») que l’on peut utiliser en hiver. On ne le fera pas avec une Ferrari ou même une Corvette. Le ferait-on avec une Nissan GTR? La Porsche à traction intégrale, elle, fonctionne très bien en hiver. Son plus gros défaut? C’est qu’on a de la difficulté à la considérer comme un «supercar» (ou une «exotique») parce que sa ligne nous est devenue trop familière. En effet, cette ligne générale date déjà des années soixante. Mais personne ne veut qu’on la change!

Pour ceux que ça intéresse, j’ai tenu deux données de consommation. Avec un premier réservoir et des déplacements à la fois urbains et autoroutiers (et froids), j’ai obtenu une moyenne de 11,71 L/100 km. Le deuxième réservoir a servi à un déplacement presque uniquement sur autoroute et j’ai obtenu 10,06 L/100 km. En général, j’ai respecté une vitesse maximale tournant autour des 120 km/h avec des pointes d’environ 140 km/h (surtout sur la 40 en direction de Louiseville mais en suivant le flot de la circulation…je vous le jure!).

Enfin, le plus gros problème avec une 911 Turbo S au Québec, ce n’est pas tant l’hiver que l’état lamentable de nos routes. Si l’on essaie le mode Sport (ou Sport Plus) inclus avec l’auto, on risque de perdre ses «plombages» tant on se fait brasser. Et dire qu’à quelques kilomètres de chez nous, auVermont, avec la même terre et les mêmes variantes de température, les routes sont tellement plus confortables.

O.K., la Turbo S, ce n’est pas pour tout le monde. Et je vous en ai décrit bien des défauts. Mais elle a suffisamment de qualités pour que je rêve d’en posséder une. J’ai donc passé une véritable semaine de rêve au volant de ce bolide. Mais là, je dois revenir à la réalité. Au cours des jours qui suivent, il ne sera question que du Salon de l’auto de Detroit et de celui de Montréal. J’ai bien hâte de lire vos commentaires sur ces salons au cours des semaines à venir. L’an dernier, ce fut plutôt timide. Cette année, j’ose espérer que vous en aurez une opinion. Et que l’année débute!  Et encore une fois, BONNE ANNÉE (devrais-je rajouter «automobile»?)

À omni-tag

Come on! Je comprends que vous aimiez votre 4Runner 1998 (tout comme j’aime ma Jeep TJ 1998) mais n’allez pas le comparer à un nouvel Edge. Des 4 x 4 basés sur des châssis de pick-up, c’est du passé, même Ford l’a compris avec son nouvel Explorer. Le confort et la finition de l’Edge (voire même son utilité) en sont tellement différents, tellement plus évolués, que les deux ne peuvent se comparer. De plus, avec toutes les nouvelles normes de sécurité, d’antipollution et ainsi de suite…non, vraiment!  Trouvez autre chose!

À fastwagon

Bonne remarque (MINI). Je vais en tenir compte dans l’avenir.

À lionking

Désolé pour les temps d’attente. J’en suis le seul responsable car c’est moi qui vois à l’affichage de vos remarques. Cependant, je ne l’ai pas assez répété récemment, je le fais «bénévolement». Parfois, je suis en avion ou en dehors du pays. Ce qui pourrait expliquer un certain temps d’attente.

À simon_c

Je ne sais pas trop comment prendre la remarque ;«C’est Descarries qui conduit, le même qui a fait 6 l/100 km avec la dernière Prius». Considérez-vous que je conduise en fou? Ou considérez-vous le fait que je vous donne de vrais chiffres de consommation et non des chiffres repiqués dans le calepin de Ressources Naturelles Canada? Je me souviens d’une situation semblable avec une Smart qui m’avait donné presque 10 l/100 km en hiver (elle patinait, poussait la neige avec ses roues avant et elle avait froid!) alors qu’un de mes confrères avait fait autour des 6L/100 km. Après l’avoir interrogé, il m’a avoué avoir pris ses chiffres dans le petit calepin. Et souvent, je ramasse des autos de presse dont le compteur journalier (parfois difficile à remettre à zéro) indique un chiffre imposant suite, je m’en doute, à une cumulation d’utilisateurs. Comment ont-il fait pour calculer leur consommation…ici même au Québec! Moi, je vous le répète, je calcule ma consommation à partir de mes factures de ravitaillement. Rien de plus!

À gl000001

Une CanAm Spyder hybride? Je ne suis pas surpris. Tiens, dans la salle d’exposition de Honda Canada à Boucherville, il y avait une souffleuse d’entrée de garage Honda à…motorisation hybride!  Son prix? Plus de 8 000 $ Je ne me suis servi de ma Toro que quatre fois en trois ans (une seule fois cette année). Croyez-vous qu’elle a vraiment besoin d’une motorisation hybride? Oh, je l’ai payée un peu moins de 2000 $ il y a trois ans!

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