Il y de ces autos qui, parfois, m’échappent. C’est pourquoi je vais tenter d’en conduire quelques unes au cours des semaines qui suivent. La Lexus ES350 est justement une de ces autos. C’est certes la berline la plus populaire de la marque (alors que le VUS RX en est le plus vendu). Cependant, ce n’est pas l’auto la plus visible de Lexus. Curieusement, je n’avais pas remarqué qu’il y en avait tant sur la route. Malheureusement, je ne peux dire qu’elle affiche une ligne remarquable. Elle est plutôt discrète…voire même un peu trop discrète pour une berline qui se veut haut de gamme.
La Lexus ES350 a subi quelques petites transformations l’année dernière, surtout au niveau de la calandre et des phares afin qu’elle ressemble un peu plus à sa grande sœur plus luxueuse LS 460. Mais elle demeure quand même un peu trop discrète (tout comme la LS d’ailleurs). En fait, vous y reconnaîtrez peut-être la silhouette de la Toyota Camry car la ES 350 découle de l’architecture de celle-ci. Curieusement, lorsque je présente ma vieille Lincoln Versailles 1977, il ne faut que quelques secondes pour qu’une âme charitable passe la désagréable remarque que ce n’est qu’une Ford Granada ou Mercury Monarch déguisée. Mais ces mêmes personnes ont de la difficulté à voir la même approche avec la ES 350. Oui, la plate-forme de la ES 350 est la même que celle de la Camry. Même la mécanique y est semblable. Les deux autos ont le même empattement (2776 mm). Cependant, les ailes, la calandre, les ornements et même une partie du toit sont uniques à la ES 350, une technique utilisée par Ford en 1997 avec la Versailles. L’intérieur aussi, bien évidemment. Ça me fait alors rire dans ma barbe. C’est donc dire encore une fois que les Japonais n’ont rien inventé. Ils n’ont que repris une recette américaine! Ce n’est pas compliqué, la Versailles était en 1977 une Granada/Monarch qui reprenait le design des plus grandes Lincoln, la ES 350 de 2010 est, quant à elle, une Camry qui reprend le style des grandes Lexus!

Depuis l’année dernière, l’avant de la ES 350 est légèrement modifié pour ressembler à celui de la grande LS (Photo Éric Descarries)
Sous le capot, pas de surprise, un V6 3,5 litres VVT-i presque identique à celui de la Camry qui fait 272 chevaux et 254 li-pi de couple. Il est combiné à une boîte automatique à six rapports et à la traction avant. Son plus gros défaut? Il carbure à l’essence Premium. Mais en ce qui a trait aux accélérations et aux reprises, il est très intéressant. Il n’a aucune difficulté à déplacer cette berline de 3580 livres( 1 624 kilos). En fait, Toyota en annonce des accélérations à 100 km/h en moins de sept secondes et une vitesse maximale de plus de 215 km/h! Selon mes expériences, c’est plus rapide que ses rivales américaines les plus proches, la Buick LaCrosse et la Lincoln MKZ. En ce qui a trait à la tenue de route, elle est très bonne mais elle n’a rien d’une sportive. En d’autres mots, cette Camry…euh…Lexus est une bonne voyageuse, le genre de voiture que l’on apprécierait pour descendre en Floride. Mais ce n’est pas le genre d’auto avec laquelle on ferait un exercice de conduite sportive sur une petite route sinueuse. Je sais que certaines gens me reprocheront de faire comme bien des journalistes d’automobiles et de promouvoir la performance mais je crois qu’il faut dire les choses comme elles le sont. Par contre, même si la suspension est très confortable, cette Lexus ne doit pas être comparée à une Buick 1968. Elle est plus stable et sa conduite plus précise.

L’arrière de la ES 350 me semble plus distinctif que par le passé. (photo Éric Descarries)
C’est à l’intérieur qu’on appréciera le plus cette berline. Il est bien aménagé et très confortable, je le répète. Et on en remarquera le silence lorsqu’on roule…peut-être un peu trop. La finition révisée l’année dernière fait maintenant plus Lexus, moins Camry et les matériaux sont plus riches tant à la vue qu’au toucher. Le défaut le plus notable que je lui ai trouvé, c’est de ne pas pouvoir voir les clignotants dans le tableau de bord. Ces témoins lumineux sont au haut de l’instrumentation et le rebord de la planche de bord avance trop vers le conducteur, les rendant difficiles à voir. Outre cela, tout y est bien aménagé et je dois souligner l’espace arrière qui est très généreux pour les jambes des passagers. Encore une fois, je répète combien j’apprécie la caméra de marche arrière qui transmet ses images dans l’écran du système de navigation quand on recule. Quant au coffre, il est pareil à celui d’une Camry donc relativement généreux lui aussi.

Le tableau de bord de la ES 350 est bien aménagé et il fait appel à des matériaux plus agréables qu’autrefois. (photo Toyota)
Évidemment, la Lexus ES 350 est un véhicule très recommandable surtout si, pour vous, la conduite automobile plus sentie n’est pas une priorité. Question de consommation, j’ai obtenu une moyenne très exacte de 10,0 L/100 km (39,8 litres pour 398,4 km!) ce qui est respectable pour une voiture de ce gabarit. La voiture d’essai qui m’avait été confiée par Toyota Canada, un modèle «Groupe premium avec navigation», valait 49 150$ avant les taxes, le transport et la préparation.
Une première tournée en Fiesta
Ford du Canada nous avait invité la semaine dernière au lancement officiel de la toute petite Fiesta 2011, version nord-américaine. Vous trouverez un résumé relativement détaillé de cette présentation dans ce site Internet si vous ne l’avez pas déjà lu dans La Presse (Fiesta : Ford livre la marchandise). Ford nous avait déjà donné l’opportunité de conduire cette auto dans sa version européenne l’été dernier à Toronto mais cette fois, il s’agissait de celle qui nous sera commercialisée. Oui, en principe, la Fiesta nord-américaine est pareille à celle vendue en Europe et en Asie mais nous aurons droit à une version supplémentaire, la berline à quatre portes (en plus de la version «hatchback» à cinq portes). Le seul moteur au catalogue pour le moment est un quatre cylindres de 1,6 litre de 120 chevaux cependant, non seulement sera-t-il disponible avec la traditionnelles boîte manuelle à cinq vitesses mais aussi avec «l’automatique» à double embrayage à six rapports.

La version berline de la Fiesta est toute nouvelle pour 2011 (photo Éric Descarries)
J’ai donc roulé toute un après-midi avec une nouvelle berline automatique dans les montagnes au sud de San Francisco (Bear Mountains) et sur le bord du Pacifique (Pacific Coast Highway) dans un environnement qui ressemble au nôtre…ou presque. Et même si je préfère réserver mes commentaires sur la Fiesta à plus tard lorsque je l’aurai roulé chez nous (sur nos «belles» routes), j’ai déjà des observations intéressantes à formuler à son sujet. D’abord, au point de vue performance, le petit moteur m’a semblé bien à l’aise alors que la boîte auto à six vitesses permet des accélérations et des reprises intéressantes. Le comportement routier m’a paru prometteur (sur les belles routes de la Californie, je vous le souligne!) mais ce qui m’a surtout surpris, lorsque nous l’avons comparé à deux rivales japonaises sérieuses, c’est la finition et l’équipement relativement complet pour un prix concurrentiel. La seule fausse note, pour le moment, c’est l’impossibilité de désactiver l’anti-patinage (ce qui est impensable chez nous lorsqu’on veut se sortir d’un banc de neige!) ce que nous avons souligné aux ingénieurs de Ford (du Michigan où il y aussi de la neige!). Ils nous ont promis que «l’erreur» sera réparée avant l’automne. Cela veut-il dire qu’il y aura une première production avec l’impossibilité de désactiver l’anti-patinage? Ce sera à vérifier! Ah oui! L’ordinateur de bord nous a démontré que nous avions eu une consommation d’environ 39 milles au gallon américain soit environ 6 litres au 100 km…

Nous avons roulé avec la Fiesta sur la Pacific Coast Highway (photo Éric Descarries)
Vu cette semaine…
Un agent des stationnements de Laval qui donnait un ticket à une auto stationnée du côté de la rue où l’on n’avait pas le droit afin de respecter le déneigement et le balayage des rues. La neige est fondue depuis des semaines (o.k., o.k., il a neigé il y a quelques jours mais ça ne devrait même pas compter), les balais sont passés (deux fois sur ma rue!) et c’était l’auto d’un visiteur que je n’avais jamais vue dans mon patelin. Pas fort! Surtout que les règlements ne sont pas harmonisés à Laval. À certains endroits, c’est jusqu’au 15 avril, à d’autres jusqu’au 30…tout de quoi faire de l’argent, n’est-ce pas? $$$écurité encore une fois?
Puis, vu sur l’autoroute 40 lundi après-midi dans l’ouest de l’île, une Ford Crown Vic Interceptor de la SQ qui roulait dans la troisième voie et qui m’a dépassé allègrement alors que je roulais 110-112 km/h. L’auto devait faire 120-125 km/h. Ai-je le droit de téléphoner au 911 et signaler le fautif? Je me le demande! Si ç’avait été moi, aurais-je eu une contravention? Bravo à ces gens qui dénoncent les «contrevenants» à bord de ces autos-patrouilles, comme nous avons pu le voir dans les journaux! Deux poids, deux mesures?
À mephistau
Je respecte votre point de vue concernant le GX460. Quant aux feux jaunes (ambres) allongés, vous avez raison, ça ne doit pas être payant. N’oubliez pas… la $$$écurité d’abord!
À blueprint
Merci de vos précisions. Et, en effet, le contrôle de stabilisation obligatoire, c’est pour les véhicules de 2012 (construits à partir du 1 janvier 2012!)
À inukshuk
Merci de nous rappeler cette différence! Ça doit être à cause de nos taxes ou du transport, ou de la TPS ou à cause…je crois que je devrais demander à Toyota. Ils ont certainement une «bonne raison»…
À lopus
Merci de vos bons commentaires. Et je crois qu’à l’avenir, je vais toujours mettre les deux mesures
À tous
En ce qui a trait à la portière, je crois qu’à gauche ou à droite, c’est une nuisance (c’est encore pire dans un centre commercial quand une autre auto est stationnée trop près). Le mieux, c’est encore vers le haut.
À Simon_c
Vous avez raison. Pour du vrai tout-terrain, les Jeep d’abord (les YJ, TJ et Wrangler JK surtout), les FJ Cruiser et les Hummer H3. Les autres, sauf pour les Land Rover hors de prix, ça risque de ne pas être de vrais tous-terrains.
À kiroulbien
Je ne sais pas si vous lisez ce bloque mais j’ai bien vu votre commentaire suivant mon article de la présentation de la Fiesta. Je suis bien d’accord avec vous, je suis «tanné» de payer des impôts pour tous ceux qui perdent leur job au Canada, surtout si ces jobs s’en vont au Mexique. Mais laissez-moi vous expliquer ceci: c’est bien beau de vouloir encourager les jobs canadiens en achetant une Honda ou une Corolla «made in Canada» mais si l’on achète un autre produit Honda ou Toyota construit au Japon, on encourage qui? Au moins, les Mexicains ont un traité d’alliance commerciale avec nous…du moins en principe. D’autre part, puis-je vous souligner que Ford, GM et Chrysler construisent des voitures et des camionnettes au Canada depuis beaucoup plus longtemps que Honda et Toyota, même combinés? Alors pourquoi ne pas promouvoir ces fidèles collaborateurs? Par exemple, chez nous, il y a au moins une Ford canadienne (une Freestar qui a été construite à Oakville) alors que mon roadster spécial a été construit au Québec et qu’il est mû par un moteur qui a été fait au Canada. Avant cela, nous avons eu deux Windstar aussi construites à Oakville. Me semble que nous faisons notre part chez nous….Ça compte-ti, ça?
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