La berline de Classe E de Mercedes-Benz est, à mes yeux, la voiture la plus classique de ce constructeur allemand. Elle représente ce qui est de plus rassurant lorsqu’on achète une auto de la marque à l’étoile. Luxe, confort, puissance, qualité, tout y est. Mais la passion y est-elle toujours?
Je viens de passer une belle semaine au volant d’une E350 4Matic de base, un véhicule qui affiche un prix quand même assez élevé de 62 900 $. Ajoutons qu’avec l’arrivée de ce nouveau modèle entièrement redessiné, Mercedes-Benz Canada en a abaissé le prix d’environ 3000 $. À ce prix, l’acheteur obtient le traditionnel V6 de 3,5 litres de la marque qui fait 268 chevaux et 258 livres-pied de couple. Cette fois, il vient combiné à une boîte automatique à sept rapports et, bien entendu, la traction intégrale. Notons que la même auto est aussi livrable en version E550 à moteur V8 ou en version de performance AMG E63.
Évidemment, je ne m’étendrai pas sur le sujet en ce qui a trait au design de cette auto. Encore une fois, les stylistes de la compagnie ont réussi à y garder sa dignité. Une seule fois, si je me rappelle bien, la Classe E a été critiquée mais ce n’était que pour ses phares ovalisés. Depuis le temps, plusieurs autres constructeurs ont adopté le style et aujourd’hui, on n’en parle même plus. En fait, on retrouve de ces phares sur des «custom cars» dans diverses expositions de voitures modifiées. Quant à la Classe E de 2010, à mes yeux, elle ressemble plutôt à une Classe C gonflée. Mais ce n’est pas une remarque négative, au contraire. Car la Classe C m’a toujours impressionné.

Malgré une refonte complète (sauf pour quelques moteurs), la Mercedes-Benz de Classe E demeure une voiture aux allures classiques facilement identifiables à la marque. (Photo Éric Descarries)
L’intérieur de la nouvelle Classe E est…sans surprise. Les designers de Mercedes-Benz lui ont ajouté une petite touche plus moderne mais l’ensemble demeure assez classique à mes yeux. L’instrumentation y est très lisible et les commandes demeurent typiquement Mercedes. Par cela, je veux dire qu’à chaque fois que je monte derrière le volant d’une Mercedes-Benz, je dois étudier le fonctionnement des commandes à nouveau. Il est plutôt complexe mais je m’imagine qu’avec le temps, on s’y retrouve. Ma voiture d’essai n’avait pas le système de navigation et, par conséquent, la caméra de recul. Je pourrais toujours me plaindre, qu’à ce prix, il devrait y avoir ce système et la caméra de recul. Bon, j’avoue que le GPS, je peux toujours m’en passer. Mais avec le temps, je me suis habitué aux caméras de recul dans bien des véhicules et je crois que la grande E devrait en avoir une car, on le voit bien, ce n’est pas nécessairement une petite auto et une telle caméra aiderait à en augmenter la sécurité. Puis, il y a cette commande rotative au centre de la console. Il faut l’étudier un peu et on finit par s’y habituer. Mais pourquoi compliquer la vie d’un conducteur qui en a déjà assez des commandes au volant, aux leviers et au tableau de bord…Ah oui! Je n’en démords pas encore, ce levier de régulateur de vitesses, je ne l’aime pas. Encore une fois (et ce n’est pas la première Mercedes que je conduis), je l’ai confondu trop souvent avec le levier des clignotants.

L’arrière de l’auto demeure élégant mais j’aurais bien aimé qu’on y intègre une petite caméra de recul (Photo Éric Descarries)
Le côté positif maintenant? L’aménagement intérieur de la Classe E est comme la voiture : d’une finition irréprochable et d’une qualité presque inégalée. On peut ajuster le siège du conducteur selon ses besoins, tous les sièges sont confortables et surtout, les places arrière sont vastes et accueillantes. L’espace du coffre est généreux mais je ne comprends pas pourquoi Mercedes n’a pas adopté les pentures en ciseaux au lieu des grandes charnières qui font une intrusion dans le coffre.

Le tableau de bord de la nouvelle Mercedes-Benz de Classe E demeure tout aussi élégant mais il me semble qu’il y ait trop de commandes qui portent à la confusion. (photo Éric Descarries)
Question mécanique, encore une fois, aucune surprise. En fait, je me suis même demandé si cette Mercedes-Benz n’affichait pas des caractéristiques semblables à celles de bien des Japonaises. Par cela, je veux dire que la voiture était parfois tellement douce et silencieuse qu’elle devenait presque…sans sensations. Le moteur V6 avec lequel j’ai obtenu une consommation moyenne de 10,75 litres au 100 km (la distance parcourue était aux deux tiers sur autoroute, la température moins froide que prévu et…aucune neige ni glace) m’a semblé relativement à l’aise lors des accélérations mais un peu juste pendant les reprises. C’est fort possiblement dû à la boîte automatique qui, grâce à ses nombreux rapports, rend l’opération tellement douce qu’elle peut sembler imperceptible. Ma E350 d’essai avait les commandes de changement de vitesses au volant, un accessoire que j’utilise surtout pour rétrograder. Mais avec sept rapports, il faut faire vite car la «compression» se fait à peine sentir. Malheureusement, la «belle» température ne m’a pas permis d’essayer la traction intégrale 4MATIC mais je me suis trouvé un terrain de stationnement enneigé et glacé qui m’en a donné une courte impression. Décidemment, je ne vois pas pourquoi on n’achèterait pas que des Mercedes-Benz 4MATIC (je crois qu’il est presque impensable d’obtenir autre chose que des 4MATIC au Québec…). La voiture était munie de pneus d’hiver Pirelli Sottozero de deuxième génération impressionnants à regarder (la bande de roulement a des sculptures uniques) et très peu bruyants sur la route sèche. Mais je n’ai pu les tester vraiment sur la neige ou sur la «sloche». Évidemment, je ne peux que vanter le système de freinage très bien équilibré et surtout très rassurant. Mais j’ai eu un peu de difficulté avec la direction qui m’a semblé presque sans sensations même si je l’ai trouvée précise en tout temps.
Enfin, je ne voudrais pas laisser l’impression que je n’ai pas aimé la Mercedes-Benz E350, au contraire. C’est une auto hautement recommandable si vous en avez les moyens. Mais, malgré tout, elle demeure une automobile avec ses petits défauts ce que j’ai signalésici. Mais si vous demandiez si je vous la recommanderais, je vous dirais oui, tout de suite!
Et un petit tour de Sprinter
En rendant ma E350 d’essai, j’ai pris un Sprinter 3500 flambant neuf pour une courte session de photos (pour l’Écho du Transport, un des plus importants magazines de camions au Canada…www.lechodutransport.com). C’est toujours plaisant se retrouver au volant de cette grande camionnette. Depuis son arrivée au pays il y a quelques années, tous les constructeurs de camionnettes commerciales ont commencé à réajuster leur tir. La plus récente version du Sprinter n’est maintenant plus disponible que chez les concessionnaires Mercedes-Benz (Dodge ne l’a plus). Dans le passé, plusieurs acheteurs de Dodge Sprinter commandaient un «retro kit» de calandre et d’ornementations de Mercedes-Benz! D’une finition exemplaire pour un véhicule de ce calibre, le «nouveau» Sprinter conserve ce moteur V6 turbodiesel qui lui va si bien. En fait, je m’attends à ce que Mercedes-Benz Canada mette éventuellement à la disposition des journalistes une version courte pour passagers de la plus récente Sprinter et vous pouvez être certains que je vais la demander, même si j’en ai déjà fait l’expérience!

Maintenant commercialisée avec l’étoile Mercedes au centre de sa calandre, la fourgonnette Sprinter continue d’impressionner ses utilisateurs (photo Éric Descarries)
Mon petit grain de sel sur l’accident aux Olympiades
Comme presque tout le monde, j’ai vu ce terrible accident aux Olympiades (est-ce bon français de dire les Olympiques? Moi, je pense qu’olympique, c’est un adjectif. Ne devrions-nous pas tous dire les «Jeux olympiques» ou les «Olympiades» et non les «Olympiques»? C’est comme le mot «tatou» pour «tatouage»… les Québécois ne savent-ils pas qu’un «tatou», c’est un petit animal bizarre du sud des États-Unis, un «armadillo» en anglais?) . Donc, le pauvre jeune athlète géorgien qui a perdu le contrôle de sa luge et qui est venu s’écraser contre un poteau d’acier à quelques 150 km/h n’a jamais eu de chance. Qu’est-ce que ça peut bien venir chercher dans le monde de l’automobile, cette remarque? C’est que je comprends pas c’est ce que ces poteaux faisaient là! Je couvre le NASCAR depuis plus de vingt ans. Et nulle part voit-on de tels poteaux (pas plus que dans les autres disciplines de course automobile), surtout en dehors d’une courbe là où un véhicule sortira si le pilote en a perdu le contrôle. Le comédien américain David Letterman ne s’est pas gêné la semaine dernière pour prendre «les Canadiens» pour des idiots d’avoir déclaré que le «pilote» de la luge avait perdu le contrôle pour expliquer le décès du jeune homme. Je n’ai pas aimé la façon dont Letterman s’est exprimé…mais moi aussi, je crois qu’il y a une grave erreur de la part des organisateurs olympiques. De planter de gros poteaux d’acier si près de la piste, sans protection aucune pour les lugeurs est presque criminel. Ces organisateurs avaient suffisamment d’expérience du passé pour savoir que les lugeurs perdent souvent le contrôle de leur engin et qu’ils s’envolent en dehors de la piste, la plupart du temps à l’extérieur d’une courbe. Si l’on voulait protéger le tracé par un toit, les poteaux auraient pu être placés en porte-à-faux à l’intérieur de la courbe et à une distance respectable afin de permettre l’installation de clôtures du type «catch fence» en tissu ou en plastique un peu comme les hautes clôtures de mailles de métal sur les circuit ovales de NASCAR. Celles-ci sont suffisamment solides pour attraper un stock-car de 3400 livres lancé à plus de 300 km/h. On aurait faire faire quelque chose du genre pour attraper les lugeurs en perdition. On a sacrifié inutilement un jeune athlète pour que la télévision voit la piste sans obstacle…on l’a vue…ainsi que la mort en direct…
Je vous l’avais dit…
Pendant j’écris ce mot, j’apprends par la télévision américaine, que Toyota rappellera sous peu plusieurs Corolla pour des problèmes de servo-direction. Quelque 1,3 million de Corolla autour du monde seraient visées dont environ 300 000 en Amérique du Nord. En tout, 83 plaintes ont été comptabilisées de conducteurs qui disent perdre momentanément le contrôle de la direction «comme s’il devaient combattre des ventes latéraux». Il n’est surtout pas question de «Toyota bashing» ici car je me doute qu’avant longtemps, d’autres constructeurs vont se retrouver dans l’eau chaude pour des causes complètement différentes…wow! Je n’ai pas hâte de voir cela!
À blueprint
Merci pour l’article de Bill Vance sur la Versailles. Mais je connais bien Bill et cet article est une répétition d’un article semblable qu’il avait déjà écrit sur les Versailles dans le passé. Je l’avais d’ailleurs un peu aidé dans ses recherches. Incidemment, tout ce qu’il a écrit est vrai.
À simon_c
J’ai conduit la CTS-V sur la piste du Monticello Motorsport Club dans le nord du New York. Oui, c’est une voiture vraiment impressionnante à tous points de vue!
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