Voici donc ma dernière intervention pour la décennie qui est à se terminer. Heureusement, j’ai au moins une bonne nouvelle à annoncer, celle de l’arrivée d’une nouvelle Mustang GT encore plus puissante. Parce que, pour le reste, je me demande sérieusement ce qui va se passer.
Je vous disais donc, la semaine dernière, que j’avais été chez Ford à Dearborn quelques jours avant Noël. C’est dans les studio de design de ce constructeur que nous avons pu voir, pour la première fois, la nouvelle Mustang GT 2011 mue maintenant pas un V8 de 5,0 litres à quatre soupapes par cylindre qui développe 412 chevaux et 390 li-pi de couple. Ce nouveau moteur viendra avec une boîte manuelle ou automatique à six rapports. Ce qui est intéressant, c’est que les gens de chez Ford nous en annoncent une consommation de carburant moindre que celle du V8 actuel de 4,6 litres (de quelque 300 chevaux). Ils y sont parvenus, semble-t-il, en faisant appel à une direction électrique et à un calage variable des soupapes. Bien évidemment, la boîte à six rapports y est pour quelque chose!
Ford lancera sa nouvelle Mustang GT de 412 chevaux au prochain Salon de Detroit (photo Ford)
D’autre part, Ford a aussi ravivé le nom Boss 302 mais cette fois, il est combiné à R car la Boss 302R ne sera qu’une version de course de la Mustang destinée à la série Continental Grand Am qui se produira, entre autres, au Grand Prix de Trois-Rivières en août prochain. La série débutera en février prochain à Daytona, là où le groupe canadien MultiMatic de Markham en Ontario a procédé au développement de cette auto de course qui ne sera produite qu’en une cinquantaine d’exemplaires. J’ai même rencontré le pilote canadien Scott Maxwell (qui m’a déjà donné des randonnées sur piste à bord de la Mustang GT500 FR dans le passé), lui qui a été instrumental au développement de la Boss 302R.
Le nom Boss 302 est de retour mais que sur la version de course Boss 302R (photo Ford)
Évidemment, nous n’avons pas encore essayé cette auto. Mais j’en ai bien hâte. Cependant, cela ouvre la porte à deux points critiques. Le premier concerne la promotion de la puissance et de la vitesse. J’y reviens. Le deuxième, c’est qu’il est encore question de Ford. En effet, s’il y a une marque qui est vraiment en vedette de ces temps-ci, c’est bien Ford (malgré que je considère que GM fait des efforts remarquables depuis les dernières années). En fait, il est si souvent question de Ford que plusieurs d’entre nous commençons à en faire une véritable indigestion!
S’il y a un point positif ici, c’est que Ford n’a pas eu besoin d’aide financière gouvernementale pour relever la pente. Disons que son président, Alan Mulally, est un véritable génie, lui qui a déjà relevé Boeing dans le passé. Puis, il y a la qualité de Ford qui fait la manchette partout (et les réclames du constructeur s’en servent avec abondance). Déjà que Ford a vu sa nouvelle Fusion nommée Car of the Year du magazine américain Motor Trend et son F-150 Raptor (une autre folie!) 4 x 4 of the Year de Petersen’s 4Wheel and Off-Road.
Le moteur V8 de 5,0 litres de la Mustang GT 2011 fait 412 chevaux! (photo Ford)
Au prochain Salon de Detroit, Ford mettra en vedette sa petite Fiesta (reste à voir si cette auto connaîtra le succès escompté si le prix du pétrole continue d’être aussi modéré!) et y dévoilera sa Focus 2012 (que j’ai également vue la semaine dernière et qui, je le crois, sera un véritable succès commercial). Bon, je vous laisserai découvrir ces nouveautés dans deux ou trois semaines!
En attendant, je me demande ce que la prochaine décennie nous réservera. Souvenez-vous qu’en 2000, l’économie était sur une lancée folle. L’argent ne semblait pas manquer. Puis, tout récemment, ce fut l’effondrement. De voir GM à genoux devant le gouvernement pour de l’argent fut un réel choc pour les admirateurs de la marque. Quant à moi, la disparition récente de la marque Pontiac m’a étonné, elle qui avait été «sauvée» durant les années cinquante par John Z. DeLorean. Elle était devenue une marque de performance et de conduite sportive. Comment a-t-elle pu sombrer dans la déchéance? Comment Saturn, une marque pourtant avant-gardiste, a-t-elle pu se retrouver dans cette situation ? Saab? Non, je en suis pas étonné…D’ailleurs, GM n’avait pas nécessairement besoin d’un tel «canard boîteux» comme le qualifiait un de mes amis historien. Pourtant, j’aimais bien Saab! Hummer? Fallait s’y attendre. Pourtant le H3 et sa version pick-up H3T à moteur à cinq cylindres semblaient prometteurs.
Les problèmes de Chrysler? Prévisibles. Mais décevant! Le facteur «qualité» a joué de bien vilains tours à ce constructeur dont plusieurs produits sont très intéressants. Espérons maintenant que la nouvelle administration (incluant les Canadiens Ralph Gilles et Sergio Marchionne) saura la remettre sur pied. Ce sera un autre dossier intéressant à suivre au cours des prochaines années.
Toyota? Son ascension à la première place est surtout due à la qualité de ses produits (car, comme bien d’autres constructeurs, Toyota a sous les mains des modèles qui n’attirent pas beaucoup de consommateurs!). Mais comme le dit le dicton américain : «It’s lonely at the top» et il ne faudra pas se surprendre de voir ce constructeur mondial devoir revenir à la table à dessin, lui aussi. On est tous au courant de ses récents déboires (châssis de camionnettes Tacoma et Tundra qui rouillent et cassent prématurément, carpettes qui grimpent sur l’accélérateur, étude sur les moteurs de Corolla et de Matrix qui risquent de couper sur la route et autres…) et surtout du fait que le constructeur allemand Volkswagen soit à sa poursuite pour cette tant recherchée première place…et il y a encore Ford qui revient à la charge.
C’est lui, Alan Mulally de Ford (photo Ford)
D’autre part, je me demande jusqu’à quel point les moteurs hybrides ou électriques gagneront une grande part du marché. Il y a cinquante ans, en 1959, les États-Unis sortaient encore une fois d’une récession. Pire encore, il était déjà question d’économie de carburant. Ford avait du «tuer» l’Edsel et la Continental, les Trois Grands de Detroit à cette époque ont dû agir rapidement et créer des «petites» voitures (Ford Falcon, Plymouth Valiant , Chevrolet Corvair, entre autres) qui allaient, avec le temps, prendre du poids. L’histoire s’est répétée en 1974 avec la crise du pétrole puis encore tout dernièrement. Les autos électriques ou hybrides avaient déjà commencé à faire leur apparition. Les petites autos économiques aussi. Mais à chaque fois, le résultat fut le même. Les autos ont pris du poids, les minifourgonnettes sont devenues de grosses fourgonnettes, les petits pick-up sont vite disparus au profit des grands (très grands et très gros) pick-up (et la tendance est loin de s’estomper) et la performance a toujours repris le dessus, même si dans certains pays comme le nôtre, la vitesse y est bannie et les contrevenants poursuivis…
Pour le moment, nous devons espérer que l’industrie automobile (et dans mon cas, la PASSION automobile) revivra. Je ne crois pas que 2010 sera une excellente année. Elle sera peut-être bonne. Mais pas excellente! D’ailleurs, plus d’un observateur ne croit pas à une bonne reprise avant 2013. Que verrons-nous d’ici ce temps? Je vous le laisse deviner…
En attendant, à l’année prochaine et à la prochaine décennie…la semaine prochaine!
BONNE ANNÉE !
À mark_derail
Les constructeurs japonais nous ont prouvé qu’un «bon nom» ne perdait jamais sa valeur. C’est pourquoi les Camry et Corolla de ce monde continuent d’être produites toujours sous le même nom. Alan Mulally de Ford a justement ravivé le nom Taurus parce qu’il avait été bon pour Ford. Le sera-t-il encore malgré une absence de quelques années? Sachez en passant que Ford possède toujours les noms de Falcon (utilisé en Australie), Maverick (utilisé récemment en Europe), Bronco et Ranchero. Ce sont des «bons noms» cela, non?
À raoul 914
Tiens, peut-être que les marques Tesla et Fisker sont à la veille de devenir des noms importants pour l’industrie?
À jeanfrancoiscartier
Non, le nom SHO est vraiment apparu en 1989 sur les Taurus. Mais vous souvenez-vous des MT-5, des berlines Taurus à moteur à quatre cylindres et à boîte manuelle à cinq rapports? Quant aux voitures de police vues dans Robocop, elles affichaient une calandre trouée qui devait être proposée sur les MT5 mais qui n’a été vue que sur les véritables Taurus de police.
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