Je dois avouer, si je devais acheter une voiture de chez Toyota «drette là», ce serait la Venza! En effet, je viens de passer une semaine au volant de la Venza et je dois vous avouer que ce fut là une des voitures les plus intéressantes que j’ai eues à conduire depuis longtemps. Voilà ce qui devrait apaiser ceux qui croient que je suis un «Toyota basher». Pourtant, cela n’a rien à voir avec le constructeur ou ce que l’on peut en penser. Il est vrai que très souvent, je trouve que les voitures de Toyota sont plutôt «drabes». Et je ne suis pas le seul! En effet, Akio Toyoda (non, il n’y a pas de faute dans le nom ici), président directeur de la compagnie, a déclaré il y a quelques semaines que la marque de son grand-père devait se ressaisir et produire des véhicules plus excitants. Il tenait cette information de nombreux journalistes automobile, surtout nord-américains (Toyota réussit surtout en Amérique du Nord), qui, à la longue, trouvent que les autos de Toyota sont de plus en plus «soporifiques» et «aseptisées». C’est beau de donner une fiabilité à toute épreuve mais la conduite automobile demeure encore une fois un plaisir pour la majorité des automobilistes et se retrouver dans un véhicule (trop?) parfait peut nuire au plaisir de conduire. Il y a quelques semaines, je me suis «plaint» de la presque perfection du Lexus RX-350. Trop parfait…! Néanmoins, j’aimerais spécifier que, comme pour bien des gens, j’ai aussi certaines préférences chez les constructeurs. Dans la gamme Toyota, j’ai un petit penchant pour la Matrix, j’en avais un pour la Echo…(elle était superbe en course automobile) et j’en ai toujours un pour les Lexus IS et GS. Du côté des camionnettes, le Tacoma continue de m’impressionner…même si son châssis est très faible! Cette fois, ajoutez-y la Venza!
Malgré son immense sigle au dessus de la calandre, je trouve que la Toyota Venza a de la gueule (photo Éric Descarries)
Comme vous pouvez vous en douter, la Venza repose sur une plateforme de Camry. Toyota n’a jamais spécifié si c’était une version familiale de la Camry ou une version VUS multisegment de la même voiture. Le constructeur japonais laisse cet exercice aux consommateurs et c’est bien ainsi. Pour moi, la Venza est un véhicule qui affiche sa propre personnalité. Sa ligne est des plus modernes et des mieux réussies sauf, peut-être, pour le sigle Toyota en plein centre de la calandre qui, à mes yeux, est évidemment trop gros. En fait, trop de constructeurs sentent le besoin d’afficher leur marque avec un gros emblème et je trouve cela un peu pédant, voire même grossier. Mais, dans le cas où les voitures se ressemblent trop, je peux les comprendre. Néanmoins, la Venza n’a pas besoin de cela (surtout que le plus récent sigle de Toyota ressemble de près au sigle des Ford Ranchero des années soixante!). La Venza est une auto à part entière.
Un style moderne
Les Québécois ont toujours aimé les familiales (station-wagon). Quant à moi, on pourrait dire que la Venza de base (à moteur quatre cylindres et traction avant) pourrait être une «station wagon» de la Camry dont le dessin est des plus réussis. Mais dans le cas de la version V6 AWD de luxe qui m’a été confiée par Toyota Canada, c’est encore plus. Un VUS multisegment? Peut-être. Mais au moins, un véhicule distinctif! La ligne arrière du toit est remarquable. Malheureusement, elle cause une visibilité trois-quarts arrière difficile alors que la lunette arrière est plutôt basse rendant sa visibilité dans le rétroviseur peu précise. Toyota avait choisi de nous offrir une auto avec les roues optionnelles de 20 pouces ajoutant ainsi au style dramatique de la Venza…ce que nous avons apprécié tant pour la tenue de route que pour le look. Mais avez-vous une idée de ce qu’il en coûtera pour installer de pneus (et des roues) d’hiver sur cette auto (tout comme pour la Ford Edge Sport)?
Vue de l’arrière, la Venza affiche un style intéressant…pour la visibilité…on repassera! (photo Éric Descarries)
Un intérieur accueillant
L’intérieur de la Venza vaut la peine d’être analysé. Certains tableaux de bord de Toyota sont «minables». Celui-ci est remarquable. Au départ, la planche de bord légèrement rembourrée fait moins «cheap» que certaines versions de base de la Camry. D’ailleurs, ce rembourrage doit aider à rendre l’habitacle plus silencieux. L’instrumentation m’a plue! Elle est relativement complète et facile à lire. J’ai apprécié la caméra de recul facultative mais l’image vidéo au centre de la planche de bord est un peu petite. Néanmoins, elle s’avère utile! Un petit mot sur la console centrale de notre voiture d’essai. Elle était facilement modifiable et très pratique surtout grâce à ses rangements multiples. Notons le petit espace réservé au cellulaire ou au I-Pod. Quant aux sièges, je les ai trouvés confortables. J’ai eu des passagers à l’arrière qui ont apprécié le dégagement pour les jambes malgré qu’ils fussent de plus de six pieds. On sait tous que plusieurs Toyota ont été rappelées pour les carpettes qui se détachent et qui risquent de coincer l’accélérateur. Ça m’est arrivé. La carpette s’est défaite de son point d’ancrage. Mais, malgré sa forme qui pourrait presser sur l’accélérateur, il n’est rien arrivé! Heureusement! L’espace de chargement arrière est relativement généreux et son accès par le hayon est facile.
Le tableau de bord de la Venza est intéressant. Notez le tout petit écran de marche arrière dans la partie supérieure de la planche de bord. (Photo Éric Descarries)
Il y avait quand même beaucoup de dégagement pour les jambes des passagers d’arrière. (Photo Éric Descarries)
La voici cette console modulable (Photo Éric Descarries)
Ces satanées carpettes coûteront cher à Toyota qui doit faire un rappel massif pour en améliorer l’ancrage ! (photo Éric Descarries)
L’espace de chargement arrière est suffisamment grand (Photo Éric Descarries)
Une mécanique équilibrée
Ma Venza d’essai était mue par le V6 de 3,5 litres de Toyota développant quelque 268 chevaux et 246 livres-pied de couple, le tout étant combiné à une boîte de vitesse à six rapports manipulable manuellement et à la traction intégrale. Malheureusement (heureusement?), il n’a pas neigé (ça ne saurait tarder….) et je n’ai pu mesurer l’efficacité de ce système cinématique. Mais j’ai au moins pu apprécié la puissance du V6 que je qualifierais de bien adaptée à cette auto. Les accélérations étaient bonnes et les reprises rassurantes. Rien pour impressionner la galerie mais tout pour rendre les exercices satisfaisants et sûrs, même avec des passagers à bord. Le freinage, souvent critiqué sur les Toyota, m.a paru à la hauteur de la situation. Alors que plusieurs Toyota nous offrent une conduite «aseptisée», la Venza transmet un peu mieux les sensations de la route. Lorsqu’on écrase l’accélérateur, on sent une réaction physique intéressante et la combinaison du vrombissement du V6 et des échappements nous donne vraiment l’impression qu’il y a «quelque chose» qui travaille pour nous sous la carrosserie. La suspension, par contre, pourrait paraître un peu sèche à ceux qui sont habitués à une Japonaise du style Buick des années soixante. Curieusement, mon fils, propriétaire d’une BMW 328, trouvait justement que cette suspension était un peu raide!
Sous le capot se trouve le fiable V6 de 3,5 litres de Toyota (photo Éric Descarries)
Notre Venza AWD V6 relativement bien équipée (mais sans le système de navigation) affichait un prix de 38 875 $ incluant la livraison. C’est de l’argent mais elle vaut son pesant d’or. J’ai obtenu une consommation de 14,0 litres/100 km (l’ordinateur de bord indiquait 14,1…pas si mal, pour une fois!) ce qui se traduit par environ 20 milles au gallon. Pourtant, Toyota indique que cette auto devrait faire 11,5L/100 km en ville…et je n’ai pas «brassé» cette auto! Il reste que je la recommande vivement. Ce n’est pas un exemple d’économie de carburant ou d’encombrement réduit en ville. Mais ça demeure une auto intéressante…à moins que vous vouliez la considérer comme un VUS!
Retour sur la Prius
Je m’attendais à une réaction assez vive suite à mes impressions de conduite de la Prius. C’est ce qui arrive lorsqu’on s’attaque à une «vache sacrée» de l’auto. Malheureusement, pour certaines personnes, ce fut une attaque personnelle et leur réponse n’a pu être publiée parce qu’elles s’attaquaient en même temps à d’autres chroniqueurs de ce site. Je peux prendre n’importe laquelle remarque, même celle disant que je suis vendu à d’autres constructeurs que Toyota (lisez mes impressions de la Venza une autre fois avant de me juger) et que mes informations sont fausses mais je n’accepte pas que l’on parle des autres chroniqueurs ici. Adressez-vous à eux personnellement!
Je crois que mon message n’a pas été bien lu la semaine dernière. Je n’ai jamais dit que la Prius était techniquement mal conçue. Au contraire, c’est une icône de l’industrie automobile. C’est à l’auto elle-même que j’ai trouvé des défauts, comme pour tout véhicule (n’essayez jamais les miens, vous les trouverez terribles…mais je les aime quand même!). Révisons un peu les commentaires.
À libre_du_pétrole
J’aimerais préciser encore une fois que j’ai mentionné le placement intelligent de la batterie. Et, oui, c’est la voie de l’avenir. Mais un avenir rapproché. Car il y a d’autres technologies à venir. Par contre, ce qui ne m’impressionne pas, ce sont les accélérations (quelque 10 secondes avec le mode Power…pas terrible), les bruits intérieurs (sur toute auto moderne, peu importe le prix et la provenance) et le prix élevé (pas 25 000$, plutôt 29 000 $!).
À madMAf
Oui, la goutte d’eau, je la comprends. Mais les détails, eux?
À simon_c
J’aime votre expression «greenwashing »
À marc_derail
Je n’ai pas fait d’autoroute avec la Prius car je croyais que cet exercice ne prouverait pas grand-chose. C’était la performance urbaine qui m’intéressait. Vous voulez me donner des cours? Je ne veux pas vous insulter mais j’en ai eu plus que j’en ai besoin. Mais alors, je voulais conduire la Prius comme toute autre auto et ne pas lui donner un traitement préférentiel. Il n’était surtout pas question d’essayer de battre des records de consommation ici. Incidemment, si vous devez bloquer la calandre pour obtenir de la chaleur ou un meilleur rendement énergétique en hiver, ne le dites pas aux ingénieurs de Toyota. Ce sont eux qui vous donneraient alors des cours…à moins que votre Prius soit mal réglée. Il y a un thermostat pour cela… D’autre part, merci de vos commentaires de la conduite en hiver. Ils sont très instructifs. Moi-même, en hiver, je n’ai jamais été impressionné par les véhicules hybrides électriques, pas même par la Ford Escape.
À raoul914
Merci de votre «feedback». Moi non plus, je n’ai pas senti une grande différence entre les modes Power et Eco de la Prius. Je n’étais donc pas dans l’erreur.
À alroad 260
Vous avez saisi le sens de mon commentaire de «conduite soporifique».
À ymagloe
EXCELLENTE QUESTION. Quant je parle d’agrément de conduite, il est plutôt question des réactions que le véhicule me transmet sur la route. Pendant des années, on a critiqué le comportement «guimauve» des grosses américaines qui ne transmettaient pas les sensations de la route (mais au moins, il y avait de la puissance sous l’accélérateur). Maintenant, c’est la conduite sans réaction «soporifique» de trop d’automobiles qui m’inquiète. Lorsque je pèse sur l’accélérateur en accélération ou en reprise, je veux entendre un peu de son de moteur, je veux sentir une réaction. Il n’y a pas si longtemps, lorsqu’on dépassait, on sentait la boîte de vitesses automatique changer de passage…plus maintenant. Les passages sont imperceptibles (et j’exclue les CVT ici). Est-ce vraiment bon? Avons-nous poussé trop fort pour demander du confort, du silence de roulement et ainsi de suite ? Tout outil de travail fait un peu de bruit, demande un peu d’adresse et exige un minimum d’effort. L’auto devait en être un peu ainsi. Sinon, c’est «soporifique»! Vous conduisez une Mercedes-Benz B200 Turbo? Elle n’est pas soporifique, n’est-ce pas?
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