Depuis le temps que je l’attendais, cette fameuse Toyota Prius 2010, je l’ai enfin eue pendant toute une semaine. Et vu que l’on en vante tellement les mérites d’économie de carburant, je me suis presque fait un devoir de ne la conduire qu’en situation urbaine.
Dès le départ, je n’ai pas eu à m’inquiéter de la technologie ou de la construction mécanique de l’auto. Elle a tellement été vantée depuis les derniers mois que je partais déjà avec plus d’information que j’en avais besoin. Pour ceux qui ne connaissent pas les fins détails de la «mécanique» de la Prius, spécifions que cette auto considérée comme une intermédiaire, est mue par un quatre cylindres de 1,8 litre à 16 soupapes et calage variable des soupapes utilisant le cycle Atkinson qui tient la soupape d’admission ouverte plus longtemps pour permettre l’éjection du mélange précédemment admis (voir Wikipedia pour plus de détails…c’est facile à comprendre). Il fait 134 chevaux et 105 li-pi de couple. Naturellement, il est combiné à un moteur électrique synchrone qui développe 60 kW. Évidemment, il vient combiné à une boîte de vitesses CVT et à la traction avant.
Elle est facilement reconnaissable la nouvelle Prius (photo Éric Descarries)
Pour le commun des mortels, la conduite d’une Prius sera très semblable à celle de toute autre automobile. Le point le plus remarquable sera la transparence du changement du moteur électrique au moteur à essence à l’accélération. Décidemment, c’est d’une douceur remarquable, fort possiblement ce qui se fait de mieux. Le conducteur a le choix entre trois modes, EV qui «étire» la fonction électrique (en autant que la route soit de niveau…et qu’il ne fasse pas froid!), le mode Eco (qui a semblé ralentir les accélérations déjà très faibles) et le mode Power…qui ne m’a semblé rien changer. Malgré tout, le système fonctionne à merveille. On peut rouler avec le moteur électrique sur de longues distances mais à basse vitesse avant que le moteur thermique entre en jeu.
Tout le secret de la Prius réside sous le capot (photo Éric Descarries)
Parlons automobile
Bon! Débarquons de l’idéologie «écono», «écolo» et «grano» et parlons automobile. Je reconnais tous les mérites du respect environnemental de la Prius. Et je n’hésite pas à vanter les mérites de Toyota à ce chapitre. Mais question conduite automobile…il faudra repasser. Non pas que je recherche la performance…mais elle manque cruellement à l’auto. Les premiers tours de roue à l’accélération se font attendre. Il faut peser un peu plus sur l’accélérateur pour obtenir une «réponse». Par contre, si c’est ce que l’on fait, on obtient des accélérations…«correctes». Il en va de même pour les reprises. Quant au freinage, on peut utiliser la friction des éléments mécaniques qui servent à recharger la batterie puis freiner avec la pédale. Il ne s’agit que d’adopter une nouvelle méthode de conduite. C’est une question d’habitude…mais la joie de conduire n’y est pas. La tenue de route m’a semblé rassurante mais les pneus Bridgestone Ecopia ne sont pas exactement ce que l’on peut considérer des pneus de performance aidant au comportement routier de l’auto. Ils sont conçus pour minimiser la résistance au roulement et, par expérience, ils ne donnent pas le même rendement en freinage, sur le mouillé ou dans les courbes. Par conséquent, il faut se rendre compte que la Prius est d’abord conçue pour l’économie de carburant et non pour la performance ou l’agrément de conduite. Je suis persuadé que vous mourrez d’impatience de savoir quelle consommation j’ai réussi? Que diriez-vous de 6,2 L/100 km?. Soit environ 45 milles au gallon. C’est remarquable, je l’avoue. Mais avec sa concurrente directe, la Honda Insight, j’avais obtenu 5,5 L/100 km (même si j’étais monté à Tremblant avec l’auto). Hmmmm!
Passons maintenant au facteur automobile. La ligne de la Prius peut plaire à plusieurs, surtout ceux qui y reconnaissent l’icône de la voiture hybride, elle n’est pas aussi plaisante à d’autres. Quant à moi, sauf pour son image iconique, elle ne m’impressionne pas outre mesure. D’ailleurs, vous ne trouvez pas que l’Insight en est une copie presque identique? Question visibilité, j’ai peine à croire que dans d’autres analyses, le chroniqueur ait écrit que celle-ci était bonne. Il n’a pas du regarder en vue trois-quarts arrière ou tout simplement par la lunette divisée arrière. Et quand il pleut, l’essuie-glace ne balaie qu’une petite partie de la lunette et ce n’est pas très efficace. Et le pare-brise très plongeant facilite les reflets du tableau de bord en plein soleil.
La lunette arrière inclinée et la barre transversale n’aident pas à la visibilité (photo Éric Descarries)
Là où je ne suis pas impressionné, c’est par la finition intérieure. Le plastique y règne en maître et mon véhicule d’essai accusait des bruits de finition. Le tableau de bord est réduit à sa plus simple expression : un petit affichage vidéo en plein centre du tableau de bord (et dire que l’on critiquait cette configuration dans les anciennes Saturn Ion) qui donne la vitesse et le niveau de l’essence et un «jeu vidéo» qui nous donne les fonctions de la configuration mécanique. L’espace de chargement est un peu juste…Non, vraiment, rien digne d’une voiture de 28 920$ (vous avez bien lu, près de 29 000 $). L’Insight d’essai affichait un prix de 24 000$ Au moins, la batterie du moteur électrique est bien intégrée et elle ne vole pas trop d’espace intérieur.
Le tableau de bord est très simple…trop, peut-être? (photo Éric Descarries)
Loin de moi l’idée de critiquer l’excellent travail de Toyota en matière de configuration hybride mais à ce prix et avec une conscience écologique avancée, j’irais plutôt du côté de la Camry Hybride (d’ailleurs, la Camry Hybride se vend plus que la Prius au Canada selon M. Stephen Beatty, le directeur général de Toyota au Canada). Peut-être que la Prius sera plus appréciée pour son faible encombrement en situation urbaine mais quant à moi, la Camry Hybrid lui est nettement supérieure au point de vue look et utilisation de tous les jours! À ce prix, je m’imagine mal le propriétaire de Prius à retrouver son investissement avec l’économie de carburant
L’accès au coffre arrière est facile mais le volume en est un peu restreint (photo Éric Descarries)
Avez-vous pensé à vos pneus d’hiver?
Vous ne m’aimerez pas mais je compte vous rappeler qu’il est grand temps de penser à vos pneus d’hiver, surtout si vous avez acheté une auto neuve au cours des derniers mois. Dans ce cas, si c’est une voiture populaire, vaut mieux voir à des pneus d’hiver tout de suite (pas obligé de les monter tout de suite quoique vous ne les userez pas outre mesure en automne) avant qu’il n’en reste plus. Car, sachez que les manufacturiers de pneus ne font plus de pneus d’hiver en ces temps-ci. Ils en sont déjà rendus aux pneus d’été et de performance du printemps prochain. Il y a plusieurs nouveaux modèles intéressants et performants sur le marché cet automne. Je vous invite à consulter Pneu Mag, un magazine spécialisé québécois que l’on peut lire (gratuitement) chez tout bon concessionnaire ou que l’on peut consulter au complet sur autosphere.ca (cliquez sur la mention «magazine» à gauche…).
Êtes-vous prêt pour l’hiver? (photo Éric Descarries)
À mark_derail
Merci de votre «feedback» sur votre Prius. Instructif
À mephistau
Il y a eu plusieurs livres sur GM et sur les compagnies d’automobiles, qu’elles fussent américaines ou autres. Mais mon plus ancien livre sur GM est «On a clear Day, you can see General Motors» de Patrick Wright (il y raconte certaine opérations prétentieuses des années soixante à quatre-vingt). Sinon, il y a «The End of Detroit», un livre assez récent de Micheline Maynard et Rude Awakening (The Rise, Fall, and Struggle for Recovery of General Motors) de Maryann Keller (1989). D’autre part, j’ai aussi dans ma bibliothèque (de quelques centaines de livres sur l’auto et son industrie), Taken for a Ride qui raconte comment Daimler-Benz a agit dans son aventure avec Chrysler, The Reckoning, de David Halberstram qui raconte l’ascension glorieuse de Nissan face à la descente aux enfers de Ford durant les années quatre-vingt…juste avant que Nissan se plante et soit sauvé par Renault (donc le gouvernement français) et que Ford se relève…avant de planter et de se relever encore une fois. Comme quoi rien n’est coulé dans le ciment…comme le fait que Toyota risque de se faire «planter» par Volkswagen d’ici un an ou deux! (Attention, il ne s’agit pas de «Toyota bashing» ici…que de simples observations, croyez-moi!)
À omni_tag
J’ai de la difficulté à comprendre pourquoi vous insistez à lire ce blogue et même monvolant.ca. Vous avez une idée bien arrêtée et nous n’y changerons rien. Alors, pourquoi vous obstiner? Les chroniqueurs de ce site savent reconnaître ce qui est bon et ce qui est moins bon. L’un vante la Buick, l’autre la Mustang…et ils ont tous les deux raison! Ces gens, tout comme moi, conduisent une centaine d’autos et camionnettes par année et prennent des notes ! En général, leurs opinions sont fondées (même si je ne les partage pas toujours à 100%!). Arrêtez de vous acharner sur la Volt, vous n’en connaissez encore rien (si nous n’en savons pas beaucoup nous mêmes, comment pouvez-vous avancer de telles affirmations). Et même si GM trébuchait…Au moins, ce constructeur américain (que dis-je…international) aura essayé. Les autres attendent sans mot dire! Pour nous, il n’y pas que les autos Japonaises de bonnes (d’ailleurs, on ne le répètera pas encore assez souvent, on connaît plusieurs échecs et rappels de la part des constructeurs japonais dont certains ne sont pas glorieux, avouons-le…et il n’est surtout pas question de les discréditer ici!). Il faut du discernement pour être chroniqueur dans ce domaine…Pas des jugements gratuits sans fondement…à moins d’être un vendeur enragé d’une marque…En fait, je n’apprécie pas que l’on discrédite quelque compagnie que ce soit. L’histoire nous a prouvé que les échecs peuvent survenir à tout moment. GM a été «sauvée» par les deniers publics? Cherchez un peu. Vous verrez qu’il y en des compagnies qui ont été «sauvées» par les gouvernements tant au Québec qu’en Europe ou en Asie. La question est de sauver des emplois d’abord…au lieu de payer de l’assurance chômage…Alors, c’est à vous de changer de disque…ou de site Internet…
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