Il y a un peu plus d’une dizaine d’années, j’avais un grand ami dans ce monde de la chronique automobile (je ne me suis jamais considéré comme «journaliste» automobile mais plutôt comme «chroniqueur»…) que je considérais comme un homme assez neutre dans le domaine. Il s’appelait Jacques Rainville et avec lui, j’ai participé à la rédaction de plusieurs guides d’achat que nous appelions à l’époque «L’Almanach de l’auto». Ensemble, nous avions aussi lancé la version française de Car Guide. Les deux titres sont disparus avec le temps et Jacques est disparu lui aussi, il y a quelques années de cela. L’Almanach de l’auto fut, pendant un temps, une excellente référence car nous écrivions plus sur les voitures que nous les photographions. Quant est venue l’ère des images en couleur et d’une présentation plus artistique des sujets (l’Almanach était en noir et blanc), nous avons perdu des plumes. J’en aurais tellement à raconter à ce sujet….Mais là où je veux en venir, c’est que mon ami Jacques avait prédit, au milieu des année quatre-vingt dix, que les VUS compacts allaient prendre le marché, reléguant aux oubliettes les «gros» VUS. Si Jacques était encore de ce monde, il me dirait bien amicalement : «Tu vois, je te l’avais dit..». Il avait raison. Ce que je me souviens le plus, c’est que Jacques avait un léger penchant pour les petits VUS Suzuki. C’est donc à lui que j’ai pensé lorsque j’ai pris livraison d’un Suzuki Grand Vitara 2009.
Ce véhicule n’est pas nouveau sur le marché. Mais lorsqu’il est apparu dans sa dernière livrée, il n’y avait qu’un V6 de disponible sous le capot. Dans le passé, les plus petits VUS n’étaient disponibles qu’avec un quatre cylindres. Puis sont venus les incontournables V6. Mais ceux-ci se sont avérés un peu plus «gourmands» que prévu et tout dernièrement, les consommateurs sont revenus aux VUS à quatre cylindres.
Le Suzuki Grand Vitara 2009 est disponible avec un moteur à quatre cylindres (Photo Guillaume Descarries)
Depuis les derniers mois, vous vous êtes certainement rendu compte que je m’arrête très souvent aux VUS compacts à quatre cylindres. Je vous ai donc donné mon opinion, entre autre, sur le Ford Escape Sport à quatre cylindres et boîte automatique à six rapports et sur le Volkswagen Tiguan. Cette fois-ci, j’ai demandé à Suzuki Canada de me prêter un Grand Vitara à moteur à quatre cylindres, ce qui est nouveau pour 2009. Je n’avais pas essayé la camionnette que déjà, j’entendais des commentaires peu élogieux à son égard du style «ça manque de puissance» ou «ça marche au gaz» (en voulant dire que ça consomme). C’est ce que je voulais constater de moi-même…
Ce n’est pas hayon à l’arrière mais une portière sur charnières qui ouvre vers la droite. (Photo Guillaume Descarries)
Un autre son de cloche
Même si c’est plus glorieux de couvrir les Porsche Panamera, les Maserati, les Lotus et les Ford GT, je considère que d’essayer des «autos plus ordinaires» fait aussi partie de ma tâche. En effet, je dois me rendre à RDS tous les week-ends ce qui me fais traverser la ville dans la circulation et je m’aperçois bien qu’il y a des amateurs d’autos qui me lisent et qui s’identifient à ce genre de conduite. C’est là qu’un essai de Grand Vitara à quatre cylindres prend toute son importance!
Donc, je le répète, le quatre cylindres est tout nouveau dans le Grand Vitara 2009. Ce moteur de 2,4 litres fait 166 chevaux et, dans le cas de mon véhicule d’essai, il était combiné à une boîte automatique à quatre rapports, ce qui peut paraître un peu dépassé mais ce qui a quand même bien répondu à mes attentes. En effet, malgré son aspect un peu «vétuste», cette boîte automatique s’est très bien acquitté de sa tâche et j’ai aimé le levier de vitesses au plancher qui me permettait de rétrograder de 4 en 3 puis en deuxième et en première avec beaucoup de facilité suite à une courte période d’acclimatation. Notons ici que le Grand Vitara est un petit VUS à quatre roues motrices permanentes (il n’est pas possible de rouler en deux roues motrices seulement!) mais, grâce à son commutateur au tableau de bord, on peut passer de la 4RM automatique à la 4RM verrouillée ou à la 4RM surmultipliée (Lo 4×4) pour les situations les plus exigeantes. Mieux encore, il y a la fonction N (neutre) pour ceux qui voudraient tirer la Grand Vitara derrière leur gros VR!
Le quatre cylindres, lui? Il s’est avéré à la hauteur de la situation, tout simplement. En effet, ses accélérations ne sont pas foudroyantes mais elles sont bien honnêtes. Sa puissance lors des dépassements m’a tout simplement étonné. Non, ce n’est pas un «foudre de guerre» pour reprendre l’expression préférée d’un de mes confrères. Mais il s’acquitte bien de sa tâche. Quant à sa consommation, 10,44 L/100 km, combinée ville et route (alors que l’ordinateur de bord indiquait 10,6…), je ne peux pas dire que je m’en suis plaint! Il se peut qu’en hiver, la situation soit différente. Et je dois souligner que le moteur n’était surtout pas bruyant sur la grand-route.
Le quatre cylindres est bien à l’aise dans la caisse du Grand Vitara (Photo Éric Descarries)
Un intérieur pratique
Parfois, je crois qu’on est obnubilé par les plus récentes nouveautés. Dans le cas du Grand Vitara, on ne peut pas dire qu’il possède un intérieur des plus flamboyants, comme ces nouveautés. Il est même très traditionnel. Mais il est aussi très «rassurant». En effet, tout y est facile d’accès et on n’y vit aucune surprise. L’instrumentation est on ne peut plus facile à lire. Toutes les commandes sont à la portée de la main y compris celles de la radio. La position de conduite permet une excellente visibilité et les sièges sont relativement confortables. Les places arrière sont un peu à l’étroit mais pas serrées.
Le tableau de bord n’est pas spectaculaire mais il est bien aménagé. (photo Éric Descarries)
J’ai utilisé l’espace de chargement pour transporter des pneus et j’ai apprécié le fait que les sièges d’arrières se replient sur eux-mêmes sans même que l’on en retire les appuie-tête. Si l’on ne doit charger que des valises, c’est parfait, même avec les dossiers en place. Pour les plus gros objets, par contre, il manque un peu d’espace. Et cette porte arrière qui s’ouvre vers la droite…je préférerais un hayon relevable. Avec des objets un peu volumineux, il faut contourner cette portière…Et puis, quand il pleut, un hayon relevable offre une certaine protection. Ah oui! Le pneu de secours extérieur. Pratique et facilement atteignable, comme sur ma Jeep. Mais vulnérable en cas de collision mineure de l’arrière.
Le compartiment à cargo s’atteint par une portière sur charnière… (photo Éric Descarries)
En conclusion
Évidemment, le Suzuki Grand Vitara n’a pas la tenue de route d’une voiture de sport, mais je n’ai jamais senti que la camionnette avait un comportement routier erratique. Le freinage est un peu juste mais la direction est relativement précise. En d’autres mots, je considère que le Grand Vitara à moteur à quatre cylindres est un bon achat, surtout que mon véhicule d’essai avec glaces électriques, régulateur de vitesses, climatisation et radio satellite se vend moins de 28 000 $. Je n’ai pas essayé le véhicule hors-route car je ne croyais pas que c’était un tout-terrain. Cependant, je crois qu’en hiver, avec des pneus appropriés, ce Grand Vitara pourra s’avérer plus qu’efficace.
De retour à la Mustang
C’est drôle, chaque fois que j’écris sur la Mustang, j’obtiens plusieurs réactions, la plupart du temps positives. C’est donc dire qu’il y a encore des autos américaines qui soulèvent des passions…
À belseb
Permettez-moi de me questionner. Vous dites avoir vu des polices locales avec des Daimler dans le passé? Je crois qu’il y a une erreur. Voici une photo de la Daimler SP250. Croyez-vous qu’il s’agit de la même auto?
(photo Éric Descarries)
À benlevolo
Si j’ai besoin de lunettes? Drôle de remarque. Je vous signale que lorsque je conduis une auto d’essai, je ne fais pas des efforts spéciaux pour en tirer la meilleure consommation possible. Il ne s’agit pas d’un concours ici mais d’impressions de conduite! En hiver, il me serait impossible d’atteindre les chiffres de consommation «miracles» que je lis trop souvent. Je vous rappelle que mes chiffres de consommations sont ceux d’une conduite «régulière» qui inclut quelques petits «écarts» comme de petites pointes de vitesse et surtout des reprises et des accélérations…Et je n’utilise surtout pas ceux d’Énergie Canada!
À simon_c
Comme ça, votre Impala consomme «autant» (vouliez-vous dire…«pas plus») qu’une Mazda5? Je n’en serais pas surpris. Du moment où l’on met de côté ses préférences personnelles, on s’aperçoit que certains véhicules que l’on aimait bien bouder ou critiquer dans le passé, surtout ces bonnes vieilles Américaines que l’on critique bien souvent aveuglément, ne sont pas si mal, après tout! Comme je me tue à le répéter, il y a du bon et du mauvais, du spectaculaire et du médiocre chez tous les constructeurs, que ce soient des Européens, des Asiatiques ou des Américains…ce n’est qu’une question de discernement! Les Américains peuvent faire d’extraordinaires pick-up, d’incroyables «pony cars», de très fiables intermédiaires mais aussi de véritables «poubelles» de tout genre. Les Européens ne sont pas sans reste car depuis la nuit des temps, ils nous proposent des exotiques remarquables, des lignes fantastiques et des diesel plus qu’efficaces mais ils nous ont aussi donné des «citrons» légendaires et de véritables gloutons en essence. Quant au Asiatiques, on leur accorde une certaine fiabilité mais aussi des voitures d’une platitude ennuyante et des camionnettes exécrables. Il y en a donc pour tous les goûts….
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