Nous y voici donc à la quatrième Ford de cette série d’articles sur la marque mais non la moindre, la Fusion Hybrid. On pourra toujours me reprocher d’avoir un penchant pour Ford (j’avoue qu’en course automobile, Ford continue de m’impressionner car ce constructeur a connu toutes sortes de victoires et de championnats, que ce soit en Formule Un , en NASCAR, en rallye, en accélération, en «off-road» et autres…on n’a qu’à penser à la Formule Ford, une série internationale depuis des décennies…), il reste que dans le monde des voitures de production, Ford a connu des exploits…et des échecs. La Mustang et la F-150 sont de véritables succès et on attend avec impatience la Fiesta et la Focus européennes à venir. Et il faut reconnaître que la Fusion est loin d’être un échec!
Il aura fallu quelques années pour que la Fusion (version américaine) s’impose sur notre marché. Mais avec le temps, elle a réussi là où bien de ses concurrentes se sont rivé le nez. Je vous ai donc parlé de la version Sport 2010 de cette auto il y a quelques semaines mais alors mue par un V6 combiné à la traction intégrale. Cette fois, c’est de la version Hybrid dont il est question.
La Fusion Hybrid 2010 est une berline intermédiaire très logeable (photo Éric Descarries)
Surprise!
Évidemment, cette Fusion diffère à peine des autres autos de ce modèle sauf pour quelques identifications différentes. Je ne suis pas un grand «fan» des véhicules hybrides électriques, je vous l’avoue (mais ça, vous le savez déjà!). Cependant, j’ai un petit coup de cœur pour les Chevrolet Silverado et GMC Sierra avec cette configuration. Il me semble que ce genre de gros véhicule peut profiter d’une telle technologie. La Nissan Altima Hybrid m’a un peu déçu par le manque de finition de sa «technologie» mais, ce calibre de berline peut aussi profiter du principe hybride électrique. En fait, la véritable «héroïne» de cette catégorie semblait demeurer la Toyota Prius. Mais, ce n’est pas nécessairement une grande voiture. Alors, il faut vraiment essayer la Fusion Hybrid 2010!
Les ornementations de la Fusion Hybrid diffèrent de celles des autres versions (photo Éric Descarries)
La Fusion Hybrid 2010 est mue par un quatre cylindres de 2,5 litres à cycle Atkinson (un moteur à quatre cycles dont l’admission et l’échappement semblent «étirés») de 156 chevaux et 136 li-pi de couple) combiné à un moteur électrique de 106 chevaux ce qui, au total, donne une puissance de 191 chevaux. L’ensemble est accouplé à une boîte automatique électronique à variation continue et à la traction avant. Sauf pour quelques ornementations extérieures, des jantes spécifiques et des pneus Michelin à résistance diminuée (mais moins performants sur pavé mouillé), la Fusion Hybrid ressemble beaucoup à la Fusion conventionnelle.
Sous le capot…rien à voir…circulez! (photo Éric Descarries)
C’est à la conduite que l’on note la différence. Encore une fois, alors que l’on met en marche…il ne se passe rien! Sauf pour l’illumination (spectaculaire) du tableau de bord, il ne se passe rien…absolument rien. Pas de bruit de moteur…rien! On met en vitesse, on pèse sur l’accélérateur et le moteur se met en marche…mais sans même que l’on s’en aperçoive.
Mais c’est fou la différence que l’on vit entre un essai lors d’une présentation et toute une semaine au volant d’une nouvelle auto. Lors d’un premier essai il y a trois semaines à Québec, la Fusion Hybrid fut impressionnante. Mais elle le fut encore plus dans mon patelin lors d’un essai d’une pleine semaine. La version hybride cette Ford agit comme bien d’autres hybrides bi-mode de ce type. Si l’on accélère intelligemment, on peut y aller qu’avec le moteur électrique. Ce qui rend la Fusion si différente, c’est le fait que le moteur électrique fonctionne jusqu’à plus de 65 km/h selon les circonstances. C’est ce que j’ai fait sur le boulevard St-Martin sur une importante distance! Question économie, le compteur au tableau de bord indiquait que je venais de passer une semaine avec une moyenne de consommation de 6,4 litres! Mes calculs (kilométrage face au ravitaillement) m’ont donné 7,24 L/100 km. Curieusement, mon confrère Michael Hozjan que j’ai rencontré en cours de route lorsque j’ai été remettre la Fusion, m’a démontré qu’il venait de faire 8,6 L/100 km avec une Yaris 2009! Ces chiffres sont ceux de véritables conditions d’opération et non des chiffres de laboratoire. N’oublions pas que les autos ont été conduites par des êtres humains et non par des ordinateurs! Je me demande quel genre de consommation on obtiendra en hiver, la «bête noire» des automobilistes québécois?
Unique!
Ce qui est unique à la Fusion Hybrid, c’est son instrumentation électronique. Il faut d’abord s’y habituer. Mais dès qu’on la maîtrise, elle nous apprend quand nous roulons en mode électrique, combien de carburant que nous utilisons et plus encore. Le seul défaut? Si l’on est «presbyte», il faut porter ses lunettes pour tout voir, les caractères sont trop petits. C’en est le même cas pour lire le nom des artistes sur l’écran qui essaie de combiner la carte routière GPS, la radio XM et la température de la climatisation (en passant, cet écran sert aussi à la caméra de recul, ce que j’apprécie vraiment!).
L’instrumentation de la Fusion Hybrid est plutôt spectaculaire (photo Éric Descarries)
Évidemment, les batteries du système Hybrid prennent un peu de place entre le dossier de la banquette arrière et l’espace du coffre. Vous comprendrez alors que le dossier de la banquette ne se replie pas. Mais l’espace que les batteries rongent au volume du coffre est moins apparent qu’avec la Nissan Altima Hybrid.
Malheureusement, la Fusion Hybrid ne vient que dans une seule version relativement bien équipée à 31 999$. Me semble que si Ford en faisait une version légèrement moins luxueuse à, disons, 25 000$, ce serait LE véhicule idéal pour les petites familles, les taxis et les véhicules commerciaux comme ceux de location…
Un petit coup de Camaro!
Chez GM du Canada, on semble avoir compris que de transporter les chroniqueurs automobile à l’autre bout du monde pour leur faire connaître leurs nouveaux véhicules n’est pas nécessairement la meilleure idée, surtout dans le tourbillon économique actuel. Par conséquent, GM du Canada a choisi de présenter sa nouvelle Camaro à la presse locale en organisant des journées régionales d’essai routier. C’est ainsi que j’ai pu mettre la main sur une des premières Camaro LT à moteur V6 la semaine dernière.
La nouvelle Camaro a toute une allure (photo Éric Descarries)
En fait, il s’agissait d’une version à finition RS plutôt élaborée qui, après un randonnée d’environ 300 kilomètres, m’a plutôt donné l’impression d’une voiture de grand tourisme que d’une voiture de sport et encore moins de «muscle car»! J’aurai certainement l’opportunité de conduire cette auto lors d’un essai d’une semaine. Mais, voici mes premières impressions. Si la Camaro LT à V6 de 304 chevaux combiné à une boîte automatique à six rapports (j’aimerais bien mettre la main sur une boîte manuelle) affiche des performances intéressantes, confortables et rassurantes, il y manque vraiment le son et le couple d’un V8. L’auto est souple, silencieuse et relativement rapide mais son poids de quelque 3 719 livres (1 687 kilos) me semble un peu élevé pour un «pony car» ou un «muscle car», peu importe comment on considère l’auto. Les places arrière sont peu généreuses et le coffre arrière est peu logeable alors que l’ouverture est très restreinte.
Un tableau de bord plutôt…original pour la Camaro (photo Éric Descarries)
Mais en ce qui a trait au «look» de l’auto, il est accrocheur à souhait. GM a eu le nez fin lorsqu’il a permis l’utilisation des protos de Camaro pour des films comme les Transformers ou pour servir de «pace car» aux courses de NASCAR car le constructeur a attisé l’attention des amateurs de la marque. Mais au-delà des amateurs de Camaro et de Chevrolet, les vrais «die-hards», GM connaîtra-t-il le succès avec les Camaro? Ce que j’ai hâte de mettre la main sur les SS à moteur V8! On s’en reparle? Ah oui! J’oubliais! La Camaro LS de base se vend 26 995$, la version LT débute à 27 995$ et la SS V8 à 36 995$. Pour la «vraie» consommation, il faudra attendre un essai d’une semaine!
Un week-end de malade!
Si, comme moi, vous êtes un mordu de course automobile, vous avez du passer un week-end de malade! Le tout a commencé par des courses sur terre battue de la série de sprint cars World Of Outlaw à Charlotte (sur SPEED TV) vendredi soir et il s’est continué par la course NASCAR Canadian Tire Tufoil 250 à l’Autodrome St-Eustache samedi soir. Il vous aura alors fallu enregistrer la course NASCAR Nationwide au Lowe’s Speedway à Charlotte (écourtée par la pluie) qui se déroulait en même temps alors que dimanche matin vous vous êtes levé de bonne heure pour voir le Grand Prix de Monaco suivi en après-midi de l’Indianapolis 500 (Félicitations à notre compatriote et bon ami à moi Alexandre Tagliani qui, après être parti 33e et dernier, a réussi à y terminer 11e et devenir la Recrue de l’année 2009 à Indy…me semble que l’on n’en a pas assez parlé…peut-être parce que ce n’est pas du… hockey?). La plus longue course NASCAR de l’année, le Coca-Cola 600 du Lowe’s Motor Speedway à Charlotte en Caroline du Nord qui devait se dérouler en fin de journée dimanche a du être reporté à lundi à cause de la pluie et elle a été encore plus longue que prévue puisqu’elle a été retardée à au moins trois reprises avant que l’on annonce enfin le vainqueur (une première pour David Reutimann) en début de soirée…
En ce qui a trait à la conduite en Europe face à la nôtre…
Intéressante la petite discussion entre nos intervenants qui semblent vanter la conduite automobile plus «sportive» en Europe. Sauf que j’y mettrais mon petit grain de sel. J’ai laissé passer le lien vers le commentaire de mon confrère Benoît Charette car il aide à mousser la conversation. Mais je ne suis pas d’accord avec tout ce qu’il y dit! La vitesse ne tue pas? C’est un jeu de mot. Ce n’est pas la vitesse qui tue, c’est le conducteur derrière le volant qui prend des chances qui tue…
Encore une fois, regardez bien les journaux. Dans la majorité des cas d’accidents graves, souvent mortels, on y lit : «La vitesse et l’alcool pourraient être en cause». Dernièrement, il y a eu des accidents mortels, deux au moins impliquant une course de rue, un autre, un dépassement illégal. On ne dépasse pas parce que l’autre devant soi est lent, c’est parce qu’on veut aller plus vite. De dire que les conducteurs les plus lents veulent «jouer à la police» est un peu fort. Certains n’ont surtout pas le goût de se taper des contraventions pour permettre à d’autres d’assouvir leur passion! La vitesse!
J’ai été en Europe. J’ai roulé sur les autoroutes de France, de Belgique, d’Allemagne, d’Espagne, de République Tchèque, de Suède et de Finlande (ces deux dernières étant très surveillées avec vitesse limitée alors qu’elles sont reconnues pour leur sécurité) et j’y ai vu des fous, des conducteurs rapides, des automobilistes imprudents qui changent de voie sans signaler et ainsi de suite…comme chez nous! Dans la majorité des cas, lorsque nous circulions sur des routes de campagne, les automobilistes roulaient à une vitesse plus que raisonnable que ce que j’ai pu observer ici, parfois même très lente! Mais les trajets n’y sont pas aussi longs qu’en Amérique (ce ne sont pas des Montréal-Floride!). Et les routes de campagne sont plus serrées. Je ne crois pas que l’on puisse comparer. Et nos camions qui sont plus gros, plus puissants, plus lourds et plus assujettis à des horaires de fou (vous connaissez le «just in time», ce cadeau empoisonnés qui nous vient de nos amis asiatiques…?).
Les vieilles autos…ou épaves? Vous en voyez, vous sur nos autoroutes? Elles sont très rares. Et puis, les statistiques le prouvent (n’est-ce pas «blueprint» ?), les accidents causés par une défaillance mécanique sont plutôt rares, quelque chose comme moins de 4%.
La vitesse tue. Le problème, c’est tous nos «bons conducteurs» savent regarder leur compteur de vitesse et ils savent qu’ils roulent à 110 ou 115 km/h. Ils le savent….mais ils n’en sont pas conscients! Sauraient-ils quoi faire si un chevreuil leur sautait au visage? Avec le nombre croissant d’automobiles sur le route (et même les plus petites sont capables de rouler à 160 km/h), il faudra se respecter et respecter les autres! Évidemment, nous, les journalistes et chroniqueurs automobile, sommes réputés pour promouvoir la vitesse. Ironiquement, ils aiment aussi parler de consommation modérée!
Pourtant, un des chroniqueurs québécois que je considère parmi des meilleurs conducteurs du métier, c’est Jacques Bienvenue. Plusieurs fois champion canadien de course d’endurance, de sprints en circuit routier et en courses ovales, Jacques est du genre à respecter les limites de vitesse sur la route. J’ai aussi déjà rencontré Jackie Stewart (ancien champion du monde en Formule Un) plusieurs fois dans ma vie alors qu’il était aux relations publiques de Ford aux États-Unis. Il n’était pas facile à suivre sur les routes…il roulait à peine à la vitesse limite. Pourquoi? «Sur une piste de course, tous les conducteurs vont dans la même direction et ils savent tous ce qu’ils font, disait-il. Sur la route, je me méfie de tous les autres! »
Je l’avoue, j’aime la vitesse. Je suis aux courses presque tous les week-end (stock-car de tous niveaux, accélération, circuit routier, NASCAR, Formule Un…) quand je ne commente pas un course à RDS. Ma télé d’appoint est toujours à SPEED TV. Mais je ne suis pas un fan des hautes vitesses sur autoroute (même si j’ai eu quelques petites «faiblesses» dans ma carrière). Évidemment, j’ai la chance de pouvoir en faire sur des pistes de course ou des pistes d’essai. Par conséquent, si vous aimez les voitures de performance et que vous voulez vraiment en «essayer» une, voici mon conseil. Devenez membre d’un club de «lapping» ou d’un club de sport auto qui vous permettra de conduire votre bolide sur les pistes appropriées et ainsi assouvir votre passion. Vous me dites que ça coûte trop cher? Alors, prenez des chances. Mais si vous vous faites prendre, vous verrez combien il en coûte! Pas mal plus cher! Et arrêtez d’envier ce qui se fait en Europe. Un ami français qui visitait le Québec et qui croyait que nous ne roulions pas vite s’est vite aperçu que le flot de circulation sur autoroute sous la pluie cette journée-là était de 130 à 140 km/h! Pourquoi ça lui semblait si «lent»? C’est lui qui trouvé la réponse…tout seul : « C’est une question de perception et de perspectives, a-t-il dit. Je constate que vos routes sont plus larges et le paysage plus grand!» Illusion d’optique? Y aviez-vous déjà pensé?
Moi aussi, j’aimerais une voie réservée aux voitures rapides entre Montréal et Québec ou Montréal et Toronto…mais en cette époque de conservation de l’énergie, de conservation de l’environnement…et de surpopulation…faut plus y penser (tiens, tout soudainement je viens de penser au pilote de Champ Car Christiano De Matta qui avait frappé un chevreuil avec sa voiture de course à pleine vitesse à Elkhart Lake, je crois, et à ce pilote de Formule Ford qui en frappé aussi au Circuit de Tremblant en Formule Ford…brrrr!)
À blueprint
Merci pour vos observations «professionnelles» sur le radar photo
À ymagloe
S.V.P ne «blastez» pas blueprint…il sait ce dont il parle, je le connais, c’est un professionnel dans ce domaine!
À felix_c
Vous me demandiez s’il y avait encore des garanties routières sur les pneus neufs. J’ai vérifié et selon mes recherches, il n’y aurait plus que Continental qui offrirait cette garantie routière mais que pour les deux premiers 32e d’usure de la bande de roulement. Par contre, certains commerçants peuvent vous proposer une garantie «privée» à environ 10$ du pneu. Mon ami Serge Guénette de Pneu Express à Laval m’a même dit que l’entreprise qu’il représente offre cette garantie routière à un client qui lui arrive avec une voiture neuve (équipée, bien entendu de ses pneus neufs d’origine!).
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