Il y a un peu moins d’un an, j’assistais au dévoilement du VUS multisegment Traverse de Chevrolet au Salon de Chicago en me disant : «Mais quand GM va-t-elle arrêter de faire des clones?» En effet, pourquoi avoir créé une quatrième version de ce VUS après le superbe Buick Enclave et les plus modestes Saturn Outlook et GMC Acadia? Aujourd’hui, il y a une rumeur voulant que Saturn disparaisse (ce ne sera pas si facile à faire, GM devra compenser les pertes de bien des concessionnaires) et que GMC ne devienne qu’une lignée de camions plus robustes. À ce moment-là, il ne restera plus que la Buick Enclave et le Chevrolet Traverse avec cette caisse. GM a-t-elle vu venir le coup?
Au risque de me répéter (j’ai déjà couvert l’Enclave, l’Outlook et l’Acadia dans ce blogue), j’ai pris livraison d’un Traverse la semaine dernière en me disant que peut-être je perdais mon temps. Mais je dois avouer que ce ne fut pas le cas. Le véhicule qui me fut prêté était un modèle LT à traction avant, un véhicule relativement modeste mais aussi efficace. Au départ, je me disais que le Traverse était un peu gros pour rencontrer les plus récentes exigences du public. Mais à rouler avec ce VUS, je me suis rendu compte que l’Enclave-Outlook-Acadia est un véritable succès. J’en ai vu des dizaines autour de moi.
Le Chevrolet Traverse est le quatrième larron d’un quatuor qui est déjà composé des Buick Enclave, Saturn Outlook et GMC Acadia (Photo Éric Descarries)
Tous ces GM sont mus par un moteur V6 assez moderne de 3,6 litres qui développe 281 chevaux, 288 avec les échappements doubles. Ils sont tous combinés à une boîte automatique à six rapports qui peut se manipuler manuellement en passant à la position L et en «jouant» avec la commande «+ et -» sur le pommeau du levier. Ce V6 affiche une puissance assez intéressante malgré le poids (très) élevé de 4 720 livres (à vide!) ou 2 141 kilos. Avec la traction intégrale, le Traverse passe à 4 925 livres (toujours à vide selon les spécifications du constructeur) ou 2 234 kilos ! Faisons une petite parenthèse ici. Comment cela se fait-il que les autos de tout calibre deviennent de plus en plus lourdes? Quelque chose a-t-il changé depuis les années cinquante? Par exemple, je fouillais dans Hemmings Classic Car et j’ai découvert qu’une DeSoto Firesweep 1958 (une grande berline jumelle de l’immense Chrysler d’une longueur de 216,5 pouces incluant de grandes ailes d’avion) et mue par un V8 B-Block de 350 pouces cubes (5,7 litres) de 280 chevaux ne pesait «que» 3 660 livres (1660 kilos)! Une Packard Model 120 1940 en pesait 3,800 livres (1723 kilos), une Plymouth 1950 de base, 2946 livres (1336 kilos)! La Plymouth faisait 4737 mm de long, une Honda Civic 2009 en fait 4400 et pèse…1307 kilos! Oui quelque chose a changé. On utilise plus de plastique, on conçoit des véhicules monocoques et on fait appel à des matériaux plus «légers» incluant de petits moteurs en aluminium…pourtant, les véhicules sont plus lourds…beaucoup plus lourds!
Les feux arrière du Traverse ressemblent à ceux de la Camaro à venir (Photo Éric Descarries)
Revenons-en au Traverse. Pour une fois, j’ai peu de reproches à faire à un produit GM. Bien construit, très silencieux (et c’est là sa qualité principale) et relativement pratique, le Traverse peut accueillir huit personnes à son bord. Le tableau de bord est moins flamboyant que celui de l’Enclave mais il est pratique. J’ai bien aimé la petite caméra de marche arrière qui projette une image claire dans le rétroviseur (en autant que la lentille dans le hayon est propre!). On se sent bien à l’aise à bord de ce véhicule surtout que la position de conduite élevée nous donne une belle sensation de commande de la route. Le compartiment arrière est confortable et spacieux pour les passagers du centre mais moins invitant pour ceux de la dernière banquette. Mais cette dernière sera fort possiblement rabattue la majeure partie du temps ce qui procure un espace de chargement généreux. La traction avant «seulement» ne m’a pas causé de problème (peut-être que l’intégrale aura une meilleure valeur de revente plus tard) et les (très) gros pneus d’hiver Toyo Observe G02 Plus ont très bien fait leur travail. Ils n’ont pas été plus bruyants qu’il ne le faut mais ils ont été efficaces. Ce qui m’amène à un autre point. En adoptant de grosses roues de 18 pouces, les équiper de pneus d’hiver de qualité coûte assez cher, merci!
Le tableau de bord du Traverse est plus discret que celui de l’Enclave mais il demeure bien exécuté (photo Éric Descarries)
Il a fait très froid durant mon essai mais le Traverse a toujours bien démarré. J’ai obtenu une consommation de 15,7 L/100 km (18 m/g) avec une utilisation surtout urbaine (GM annonce 12,7 L/100 km en ville en conditions idéales). Je considère cette consommation relativement raisonnable pour un véhicule de ce poids en période de grand froid. Le prix de base d’un Traverse est de 37 860$, mon véhicule d’essai affichait un prix total (avec 1300$ de frais d’expédition) de 39 775$.
Les pneus d’hiver Toyo Observe G02 Plus se sont avérés efficaces (photo Éric Descarries)
En vérité, malgré que l’on qualifie ce genre de véhicule de «VUS multisegment», une traduction libre de l’américain «crossover», je trouve que ces camionnettes demeurent de grands VUS. On utilise aussi le terme «multisegment» pour certains véhicules qui ressemblent plutôt à des familiales, des «station wagon»..quoi?…a-t-on maintenant peur de ce qualificatif?
Les dossiers de banquette du Traverse se replient pour offrir un bon espace de chargement…comme dans une «station wagon»…
Merci Denis!
Un gros merci à Denis Paquette, un Lavalois avec lequel j’ai refait connaissance dimanche dernier lors d’une rencontre de propriétaires d’autoneiges Bombardier au Club de Motoneiges de Laval. Ceux-ci, incluant le légendaire collectionneur Gilles Samson, donnaient des ballades aux visiteurs qui le voulaient bien. Quant à Denis, il a tenu à ce que je conduise son B-12 de 1957, un gros véhicule à chenilles mû par un moteur Chrysler Industrial à six cylindres en ligne avec soupapes latérales (tête plate en bon Québécois) et boîte de vitesses à trois rapports avec levier à la colonne de direction. Denis a «corrigé» l’invention du légendaire Joseph-Armand Bombardier en remplaçant les roues du centre par des glissières en érable qui donnent au véhicule plus de stabilité dans la neige folle. Je le sais, je l’ai conduit. Disons que ça prend des bras pour tourner le volant. Mais le moteur Chrysler a un couple incroyable déplaçant même le véhicule à bas régime en troisième! Ballade intéressante pour un mordu de vieilles voitures, croyez-moi.
Denis m’a permis de conduire cet impressionnant Bombardier B12 1957. Remarquez les glissières de bois qui remplacent les roues du centre du pont. (Photo Denis Paquette)
Pourquoi?
Jeudi soir, j’avais une réunion avec d’autres collaborateurs d’un magazine de camions. Je suis parti de Laval pour la réunion à Boisbriand. À Laval, l’essence se vendait tout près de 0,90 $ le litre. À Boisbriand, «juss l’aut’bord de la rivière», on y affichait un prix de…0,78$ le litre. Elle est où la «pogne»? Je vous le demande!
Mise au point
D’abord, à Belseb, s’il-vous-plaît, ne changez rien à vos arguments, ils ont beaucoup de valeur à mes yeux. Je vous lis avec intérêt (tout comme les autres intervenants, d’ailleurs). Mais j’avais hâte de vous répondre ainsi qu’à omni-tag et d’autres intervenants. Si, à vos yeux, je fais du «Toyota bashing», ne soyez pas offusqués, c’est de bonne guerre. D’ailleurs, mes remarques ne sont pas à demi teintées. Elles le sont COMPLÈTEMENT. Je m’explique. J’ai autant de respect pour Toyota que j’en ai pour Ford, pour GM, pour Mercedes-Benz et ainsi de suite. Mais je suis aussi capable de distinguer les faiblesses de tout constructeur. Pour moi, le succès de Toyota repose beaucoup sur ses Camry, ses Corolla, voire même ses Prius en Amérique du Nord et sur ses camionnettes Land Cruiser dans le reste du monde. Mais ce ne sont pas tous les produits Toyota qui sont des succès. Et je suis aussi sûr que vous que Toyota va demeurer en tête des constructeurs en ce qui a trait à ses ventes pendant de nombreuses années. Malheureusement, tout comme GM l’a fait dans le passé et Ford avant lui, le succès et la diversification un peu à l’aveuglette des produits peut conduire à des erreurs. Puis, lorsqu’on construit un million de véhicules, on risque de faire quelques erreurs et connaître quelques véhicules défectueux. Lorsqu’on en fait huit millions et plus, comme c’en est le cas aujourd’hui pour Toyota, on risque alors de faire plus de gaffes! Tiens, en passant, vous avez vu le rappel de milliers de Lexus la semaine dernière…une canalisation d’essence qui risque de céder et mettre le feu…ça arrive à presque tous les constructeurs, non? Pour moi, le «mythe japonais» est terminé. Il a eu son temps lorsque les Américains et les Européens nous offraient des véhicules plus ou moins fiables ou bien assemblés. Les japonais n’ont pas diminué de qualité. Ce sont les autres qui les ont rattrapé. Si le Tundra n’est pas un succès, ce n’est pas parce que les consommateurs nord-américains sont «patriotiques». C’est tout simplement parce que Toyota na pas fait le véhicule que les consommateurs voulaient (habituellement, c’est ce que l’on reproche à GM!). Si Toyota corrige son tir, alors, il faudra le reconnaître! Tiens, en parlant de Japonais, que dire de Nissan qui a connu ses heures de gloires mais qui a «dérapé» et qui est maintenant sous l’égide Renault. Pourtant, il y avait même des livres américains qui décrivaient le «miracle Nissan» et qui le comparaient à la «déchéance de Ford». Heureusement, Ford a su se relever. Notez que Nissan a connu un important échec avec son Titan (qui sera construit par Chrysler l’an prochain) et sa Quest dont la qualité fait cruellement défaut! Du «bashing»? Non, tout simplement des faits!
À omni_tag
La phrase «demandez à quelqu’un qui en possède une» est-elle vraiment utilisée dans une pub américaine de voitures japonaises? Je ne l’ai pas vue. Mais si c’est vrai, c’est donc du plagiat des commerciaux de Packard des années quarante et cinquante dont la pub était : «Ask a man who owns one» (Demandez à un homme qui en possède une). Hmmm! En passant, vous avez raison, les constructeurs japonais font travailler les Nord-Américains…
À Python-1
Oui, vous avez raison. Il y a les utilisateurs et les passionnés. Mais l’opinion de chacun des groupes m’intéresse vivement. Car en plus d’être un passionné, je suis aussi un utilisateur…
À felix_c
En effet, les deux prochaines années risquent d’être nettement plus intéressantes que les cinq dernières. Fiat associé à Chrysler…qui l’eut cru?
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