Quand j’étais jeune, la marque Lincoln était, avec Cadillac, un des plus prestigieuses sur le marché. Au début des années soixante, Ford avait fait tout un exploit en redessinant la Lincoln Continental, une voiture disponible en cabriolet à quatre portes avec les portes arrière dite «suicide»tout comme celle dans laquelle le président Kennedy fut assassiné. À cette époque, après les Lincoln en Amérique, il n’y avait que la marque Rolls-Royce de plus luxueuse.
Avec le temps, les constructeurs européens et même asiatiques se sont imposés avec des voitures de grand luxe et les marques Lincoln et Cadillac ont perdu beaucoup de leur lustre. Sauf pour la grande Town Car, devenue depuis trop longtemps un véhicule commercial, trop de Lincoln ne sont devenues que des Ford «glorifiées». Cette technique de prendre une voiture courante d’un constructeur et de la «glorifier» en voiture de luxe est maintenant devenue courante dans l’industrie (comme Lexus le fait avec plusieurs de ses grands VUS ) mais il semble que le public ne le «pardonne» pas à Lincoln. Les plus récentes MKZ (née Ford Fusion) et MKX (née Ford Edge) sont relativement bien acceptées mais il leur manque une véritable «personnalité» Lincoln. Ford a enfin corrigé la situation avec sa nouvelle berline MKS.
Une Lincoln unique
La Lincoln MKS 2009 ne partage sa caisse avec aucun autre véhicule…pour le moment. Et espérons que ça demeure ainsi. Les designers de la marque lui ont d’abord donné une nouvelle calandre qui deviendra sous peu la «signature» de la marque. Évidemment, elle reprend un peu le style de la calandre des Lincoln du début des années quarante. Le reste de la berline (qui, en passant, n’est pas petite…) reprend, comme on pourrait s’y attendre, les lignes aérodynamiques imposées par le courant de l’industrie. L’arrière se termine par des feux qui forment le coin de la carrosserie, un peu comme ceux des Oldsmobile des dernières générations. Il y a des moulures de chrome sur bien des parties de la carrosserie mais elles sont de bon goût. Le toit ouvrant transparent est à deux panneaux, le premier pouvant s’ouvrir par-dessus l’autre. Mais il n’empêche pas la lumière de pénétrer lorsqu’il se glisse par-dessus celui d’arrière.
Elle affiche une allure unique, cette Lincoln MKS (Photo Éric Descarries)
Sous la Lincoln MKS se trouve une plate-forme dérivée des plates-formes que Ford avait achetées de Volvo il y a quelques années. Cela veut donc dire, bye-bye les châssis séparés des Town Car. Un seul moteur figure au catalogue pour le moment un V6 de 3,7 litres (que l’on dit exclusif à Lincoln mais qui, sous une forme légèrement modifiée, se trouve aussi entre les ailes avant du VUS Mazda CX9) de 273 chevaux et 270 livres pied de couple. Il vient combiné à un boîte automatique à six rapports et, dans le cas de mon véhicule d’essai, avec la traction intégrale qui peut distribuer la puissance aux roues avant ou arrière jusqu’à 100% dans chaque direction selon les besoins du moment. Incidemment, il n’y a que 2 200$ de différence entre les prix de base des versions à traction avant ou intégrale. Sachez que, plus tard dans l’année, la MKS sera disponible avec un moteur V6 EcoBoost turbocompressé de 3,5 litres de plus de 350 chevaux en plus de roues de 20 pouces. Ce sera à suivre
La silhouette de la MKS est vraiment moderne (photo Éric Descarries)
Bel intérieur
L’intérieur de la nouvelle KMS est aussi agréable que l’extérieur. Le tableau de bord ne présente rien de révolutionnaire mais tout y est bien aménagé incluant le système de navigation qui équipait ma voiture d’essai. Celui-ci sert de petit téléviseur pour la caméra de marche arrière, un élément de sécurité intéressant et utile, surtout que la visibilité arrière n’y est surtout pas facile. L’instrumentation y est claire et lisible et toutes les commandes facilement atteignables. Les sièges en cuir sont très confortables et retiennent relativement bien le conducteur et le passager. Le compartiment arrière est accueillant mais il n’est pas aussi vaste que dans les anciennes Town Car. On déverrouille l’auto avec une télécommande à distance (dont les pictogrammes ne sont pas visibles à l’obscurité!) ou en conservant cette télécommande dans les poches et en passant la main sur le pilier central qui s’illumine des chiffres de la combinaison pour ouvrir les portes. Cette manoeuvre déverrouille automatique la porte du conducteur. En passant, nous avons un clavier semblable sur notre Freestar à la maison (et nous l’avons eu sur nos autres Windstar) et je trouve cela bien pratique. Pas besoin de fouiller pour trouver les clés ou la télécommande si l’on a seulement besoin d’ouvrir la portière pour aller chercher quelque chose dans l’auto. Et jamais le clavier n’a fait défaut! Pour lancer le moteur de la MKS, il ne suffit que de presser un bouton au tableau de bord. En même temps, soulignons que la voiture était aussi équipée du système SYNC de communication et d’une chaîne audio THX assez remarquable. Le coffre arrière est suffisamment vaste pour tous les bagages des occupants mais son ouverture est nettement trop petite pour de gros objets. En d’autres mots, si vous achetez un téléviseur moyen, vous allez être obligés de le faire livrer à moins qu’il ne fasse sur le siège arrière. Les dossiers d’arrière ne se rabattent pas, mais il y a une passe pour les skis. Enfin, et ce n’est pas le moindre détail, la finition intérieure de cette Lincoln est, pour ainsi dire, irréprochable. Il s’agit ici d’une belle qualité de construction.
Le tableau de bord est simple mais bien aménagé (photo Éric Descarries)
L’ouverture du coffre arrière est définitivement trop petite (Photo Éric Descarries)
Sur la route
Sur la route, la Lincoln MKS ne se comporte pas comme une Lincoln des années soixante. Elle en est beaucoup plus stable et plus prévisible tout en demeurant confortable. La suspension est un peu plus ferme mais pas inconfortable. Le V6 de 3,7 litres suffit amplement à la tâche mais la boîte automatique m’a paru parfois hésitante. Par contre, on peut l’opérer manuellement. De retour au moteur, il n’est certes pas bruyant mais on en entend la présence ce qui plaît à plus d’un conducteur. En effet, la plupart des automobilistes ne sont pas nécessairement confortables avec un silence trop complet qui ne transmet pas les réactions du véhicule. La conduite en est facile mais la visibilité est aussi limitée par la petite dimension des glaces. De plus, je n’ai pas aimé les rétroviseurs extérieurs biseautés dont l’image n’était pas toujours claire. La consommation m’a cependant parue un peu décevante avec un peu plus de 15 litres au 100 km. Il faut dire que tout l’essai s’est fait en ville. Néanmoins, soulignons le superbe effort de Ford à tous les points de vue. Décidemment, ce constructeur américain est vraiment plus à la hauteur des attentes des consommateurs modernes que bien d’autres concurrents. Le prix complet de cette auto était de 56 980 $ incluant le transport.
Au départ, seul le V6 de 3,7 litre sera disponible sous le capot de la MKS, le V6 EcoBooste ne viendra que plus tard (Photo Éric Descarries)
À Belseb
Ça fait combien d’années que l’on discute d’un train à haute vitesse entre Québec-Montréal-Toronto-Windsor? Ça devait coûter autour des 5 milliards $ il y a quinze ou vingt ans. Aujourd’hui? Qui sait combien! Mais ce que nous en aurions besoin.
À Mark_derail
J’aimerais faire un test comparatif entre diverses marques de carburant mais la logistique en serait un cauchemar. Il faudrait des autos pareilles, des conducteurs «pareils», des routes pareilles, des conditions climatiques pareilles…En fait, c’est un job de laboratoire pour lequel je ne suis pas équipé. Puis, bientôt, nous aurons droit à des additifs pour l’hiver… Il y a environ quinze ou vingt ans, j’ai eu un «cours» au dépôt de Shell dans l’est de Montréal. La plupart des grandes marques de pétrolières vont à ce dépôt pour emplir leurs camions citernes (avez-vous remarqué que, maintenant, ce sont tous des transporteurs indépendants qui livrent l’essence chez les détaillants et non plus des camions aux couleurs de la compagnie?). L’essence, selon ce qu’on m’a expliqué, c’est un produit pareil pour toutes les compagnies. Il n’y a qu’une seule façon d’extraire l’essence du pétrole. Les camions se ravitaillent donc tous à la même source. Mais, ils ont leur propre source de ravitaillement (une pompe à leur nom) pour y ajouter les additifs qui caractérisent la marque. Et je suis d’accord avec vos remarques sur le principe PZEV.
À Felix_C
Oui, moins cher aux États-Unis, mais il faut débourser au Canada pour faire corriger l’autos aux normes canadiennes. De plus, les garanties américaines ne sont pas toutes respectées par les constructeurs locaux. C’est un sujet qui a été profondément étudié par le Cahier de l’auto. Si vous fouillez dans les Archives de cyberpresse ou de monvolant.ca, je suis sûr que vous y trouverez ces anciens textes. Maintenant, quant à l’équilibre des prix, si tous les consommateurs canadiens s’entendaient….mais ils ne le font même pas pour l’essence…alors…
À belisaire
Le fameux palmarès du magazine québécois pour les consommateurs…Je suis en plein dedans. Si je suis d’accord avec les choix, je ne suis cependant pas d’accord QU’AVEC ces choix. Il y manque de grandes marques, plusieurs modèles et les marques indépendantes. Puis, tous les pneus ne peuvent être essayés en même temps (imaginez la logistique!). D’ailleurs, on n’y voit pas de méthodologie dans ce texte. De plus, le citadin (comme à Montréal) n’a pas les même besoins que l’automobiliste de région (celui qui demeure dans les Laurentides où il y a beaucoup plus de neige et que le déneigement n’est pas le même). Il y a aussi plusieurs autres facteurs à mesurer. C’est un peu comme acheter des souliers.
À Simon_c
Merci pour l’hyperlien sur le principe PZEV
À blueprint
Cette photo vous est dédiée, une véritable Corvette Gran Sport. Elle était à Watkins Glen en septembre. En passant, j’ai déjà visité le musée original de Briggs Cummingham à Costa Mesa en Californie…en 1985!
(photo Éric Descarries)
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