Cette semaine, j’avais envie de vous parler de la Dodge Caliber SRT4 ou de la Ford Flex. Mais un appel de Ford du Canada est venu changer mes plans. En effet, la semaine dernière, j’ai eu cette invitation de Ford à participer à une des plus importantes réunions jamais de vénérables Ford Modèle T, cette légendaire automobile qui fêtera ses cent ans d’existence sur le marché en octobre 2008.
Ford a donc organisé cette rencontre en Indiana tout près d’un petit musée de la marque. Le constructeur américain avait alors réservé les terrains du Wayne County State Fair près de Richmond en Indiana ou allaient se rencontrer près de mille voitures de cette marque dont plus de 15 millions d’exemplaires ont été construits dans plusieurs pays du monde entre 1908 et 1927.
Des Modèles T, il y en avait partout ! (Photo Éric Descarries)
Lorsque Henry Ford a pensé au Modèle T (suivant des autos du Modèle R et S), il a voulu sortir du créneau des jouets de luxe et proposer l’automobile à tout le monde. Il a donc conçu ce véhicule d’une grande simplicité qui pouvait être opéré par n’importe qui à très bon compte. On en connaît tous l’histoire aujourd’hui. Vendue à moins de 350$ à un certain moment donné, la Ford T s’est retrouvée un peu partout dans toutes les classes de la société.

Les coupés des années vingt occupaient une place de choix (Photo Éric Descarries)
D’une simplicité à toute épreuve, la Ford T a fait le bonheur des bricoleurs qui l’on transformée en camionnette, en voiture de course, en toutes sortes de bolides, même en maison motorisée!
Plus de 800 T au rendez-vous
Suite à un court arrêt à un petit musée artisanal, c’est à bord de Ford Modèle T que nous nous sommes rendus au Wayne County State Fair ou nous attendaient plus de 800 participants à cette fête, des gens venus de partout, d’Angleterre, d’Australie, d’Allemagne, de France, du Portugal, d’Espagne, du Canada (mais curieusement, pas du Québec) et, bien évidemment d’un peu partout des États-Unis.
Ce Modèle T de 1909 était tout simplement superbe (Photo Éric Descarries)
On pouvait y voir des exemplaires parfaitement restaurés, des véhicules intacts qui ont franchi le temps, d’autres tout rouillés qui roulent toujours, des voitures de course dont certaines ont même parcouru des milliers de kilomètres pour arriver à cette réunion. Il y avait même des camionnettes et des camions. Cependant, ce qui ressortait de cette réunion, c’est que tous les participants aimaient parler de Modèles T. Tout le monde avait sa petite histoire à compter. Moi aussi, maintenant.

Ce vieux Modèle T tout rouillé roulait à merveille. Aux commandes, une jeune femme de 18 ans! (photo Éric Descarries)
Indestructible
La Ford T n’est pas un grand classique à conserver dans un musée. C’est une pièce de l’histoire automobile qui continue de survivre. Certains participants avaient acheté leur T tout récemment, un exemplaire en bon état et très fonctionnel, très souvent pour moins de 10 000 $ ! D’autres en avaient deux, trois, quatre exemplaires ou plus. Ford y en avait même deux, des modèles construits à partir de pièces de rechange…en 2003!
La T n’est pas une auto de « p’tit vieux ». Nous y avons vu des jeunes en conduire. En fait, du musée au terrain d’exposition, mon conducteur était un jeune homme de….16 ans! Miles conduisait la T de son grand-père comme un expert!

Miles, 16 ans, m’a donné ma première randonnée en Ford T ! (photo via Éric Descarries)
Mécaniquement, la Ford T est un exemple de simplicité fonctionnelle. Son châssis-cadre est fait de deux longerons d’acier flexible (tout le contraire des autos d’aujourd’hui) qui reçoit un moteur à quatre cylindres de 20 chevaux et 90 livres-pied de couple combiné à une transmission planétaire et un pont arrière rigide. Il n’y a des freins mécaniques qu’à l’arrière! Vitesse maximale est de près de 50 milles à l’heure (environ 90 km/h) mais il est préférable de la conduire à 35 milles à l’heure.
Certaines vieilles Ford T sont devenues des «speedsters» (photo Éric Descarries)
Une leçon de conduite
Le clou de mon expérience fut un cours de conduite au volant d’une Ford 1925. D’abord, il faut lancer le moteur. Ça se fait à la manivelle sur les plus vieux modèles mais mon véhicule d’essai avait un démarreur électrique. Il fallait alors tourner la clé du commutateur pour faire fonctionner la magnéto. Puis, il fallait presser sur un bouton sous le siège pour lancer le démarreur. Le quatre cylindres s’est alors animé. Pour tout accélérateur, il y avait une commande à manette à la colonne de direction et une commande à manette à sa gauche pour avancer l’allumage (une fonction remplacée par l’électronique de nos jours). Il y a trois pédales au plancher de la Ford. Celle de droite, c’est le frein. Celle du centre, c’est la marche arrière et celle de gauche, c’est l’enclenchement des vitesses. De ce que je me souviens, il m’a fallu mettre le levier de gauche vers le centre puis presser sur la pédale de gauche et jouer avec la commande des gaz pour faire avancer la Ford. J’y ai très bien réussi. Lancé à une certaine vitesse, on m’a montré à passer le levier en grande et relâcher la pédale de gauche tout en jouant avec la commande des gaz. C’est fou ce que ce petit moteur est puissant (son couple maximum, il l’obtient à 800 tours-minute, m’a-t-on dit!). La conduite sur le terrain gazonnée est facile et la Ford T devient un véritable tout-terrain grâce à ses grandes roues et sa garde au sol très élevée. Le freinage se fait en jouant de la pédale de gauche mais on arrête l’auto par la pédale de droite.

J’ai enfin conduit une Ford T! (photo via Éric Descarries)
C’est fou ce que c’est simple, la mécanique d’une T. Et dire qu’elle fait de 21 à 25 milles au gallon. N’importe qui avec un minimum de connaissance mécanique peut non seulement entretenir une T, il peut aussi la réparer!

Appartenir à un club de Ford T, c’est une affaire de famille (photo Éric Descarries)
Cette superbe expérience s’est terminée par un spectacle aérien d’avions des années vingt et trente. Mais pour moi, ce sont mes photographies qui me rappelleront longtemps que j’ai enfin conduit la Ford T, une des plus grandes légendes de l’automobile!
De retour sur la Dodge Journey
J’ai senti que je n’ai pas fait l’unanimité avec mes commentaires sur la Dodge Journey (et c’est correct, car je ne veux pas me vanter d’être la science infuse…je ne suis qu’un chroniqueur d’automobiles). Cependant, j’aimerais revenir sur l’intérieur de la version SE de base que j’ai eue en essai. Certaines gens dont Blueprint, ont noté que la qualité de finition des Journey au Salon de l’auto de Montréal n’était pas à la hauteur de leurs attentes. Je dois avouer, en relisant mes notes, que la R/T de luxe qui m’a aussi été prêtée avait un petit bruit agaçant à l’intérieur. Mais la SE n’avait aucun de ces bruits. Je reconnais que le tableau de bord de la SE fait un peu nu avec sa texture de plastique. Mais contrairement à plusieurs voitures moins coûteuses que j’ai essayées, il affiche au moins des lignes et des formes qui en brisent la monotonie (si vous vous souvenez de la Saturn Astra, j’en ai reproché le tableau de bord fade). Puis, les plastiques m’ont paru plus rigides que ceux de certaines voitures (comme le tableau de bord de la Camry de base). Ce que je regarde, c’est si les joints sont égaux et qu’il n’y a pas d’inégalités dans les matériaux. Mais je doute que tout cela influence la fiabilité du véhicule.
Je crois que l’acheteur d’une Journey de base visera d’abord l’aspect très pratique de la voiture. Je le répète, la Journey SE me semble plus comme la remplaçante de l’humble Dodge Caravan de l’époque. Quant à la fiabilité, on la connaîtra d’ici un an ou deux!
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