Éric Descarries

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    Chroniqueur automobile depuis près de 20 ans, Éric Descarries a été adjoint à la rédaction de L'Almanach de l'auto de 1985 à 1999...
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    Mercredi 21 novembre 2007 | Mise en ligne à 23h30 | Commenter Commentaires (2)

    Dr Jekyll et M. Hyde

    Deux Subaru, deux personnalités

     

    Il n’y a rien de plus difficile que d’apprécier la nouvelle Subaru Impreza 2008. D’abord, je l’avoue, j’ai toujours eu un petit penchant pour les produits Subaru, les plus originaux véhicules japonais sur le marché. Cependant, tout récemment, je «pourfendais» (le terme est-il bon ?) la toute nouvelle Subaru Tribeca qui, entre autre, avait perdu de sa personnalité (quoiqu’elle n’en avait pas beaucoup au départ) et de sa qualité. Pourquoi me suis-je confondu en excuses auprès de Subaru?

     

    Cette fois, je dois analyser la nouvelle Impreza et encore une fois, je suis confondu entre l’admiration et la déception. Commençons par la déception. J’admets que l’ancienne Impreza, celle avec la calandre de style Alfa Romeo, n’était pas des plus élégantes au monde. Mais au moins, elle avait un genre reconnaissable. La «nouvelle Impreza» tombe plutôt dans le style plus courant, moins reconnaissable. Puis, il y avait autrefois la familiale (alias la «station wagon») qui plaisait à plus d’un acheteur québécois. Malheureusement, il faut tomber dans le rang et accepter que les «stations» ne sont pas les préférés des acheteurs nord-américains (sauf ceux du Québec, voire même de l’Ontario). Par conséquent, la «station »du passé devient une sorte de multisegment, une sorte de «hatchback» à cinq portes (une configuration pas plus appréciée des Américains, soit dit en passant) qui est bien exécutée chez Subaru mais, avouons-le, moins pratique!

     

     

     La Subaru plus civilisée

     

    J’ai conduit deux Subaru Impreza, la première étant une version sport (hatchback à cinq portes ) mue par le quatre cylindres de base de 2,5 litres de 170 chevaux, la deuxième étant une berline WRX avec le même moteur mais de 224 chevaux. Je me suis servi de la version plus «civilisée» pour un voyage de près de 2000 km au nord de l’Ontario. Au lieu de passer par la 401 et bifurquer à partir d’Oshawa , j’ai préféré une route qui me menait de Laval à Ottawa (par la 50) et de la capitale nationale à la région des Kawartha Lakes par d’intéressantes (et parfois superbes) routes secondaires. Voilà la bonne façon d’essayer une auto. Résultat? Rien d’extraordinaire…mais rien de décevant. Sauf une position de conduite un peu trop basse à mon goût, l’Impreza Sport s’est superbement bien comportée affichant une consommation qui frisait les 9,5 litres au 100 km (pas si mal pour une traction intégrale!). Le hayon m’a permis d’y placer un nombre utile de bagages. Évidemment, cet essai n’a pas été fait en hiver. Mais je suis persuadé qu’avec quatre bons pneus d’hiver, cette Subaru s’avérera un véritable tracteur dans la neige. À un peu moins de 25 000$, l’Impreza 2,5i est un bon achat…en espérant que la qualité demeure au rendez-vous.

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    La Subaru 2.5 Sport s’est avérée un petit véhicule confortable en voyage (photo Éric Descarries)

     

    La Subaru plus agressive

     

    La deuxième Subaru Impreza qui me fut confiée était un modèle WRX, une berline à boîte manuelle à cinq vitesses. Il est vrai qu’avec 224 chevaux, on a affaire à un animal totalement différent. La puissance est certes au rendez-vous. Et les pneus Bridgestone Potenza viennent ajouter à la tenue de route déjà bien équilibrée de l’Impreza (mais, pour l’amour du ciel, durant la saison froide, mettez-lui des pneus d’hiver…incidemment, M. Adm de Subaru Laval m’assure que l’on peut y commander des jantes d’acier avec des pneus d’hiver moins gros et moins coûteux!). Mais a-t-on vraiment besoin de dépenser environ 34 000 $ pour une recrudescence de puissance occasionnelle plus ou moins utile? On se le demande, surtout avec les nouvelles «menaces» du Ministère des Transports! Tiens, pour les 10 000 $ de différence avec une version de base, si vous aimez vraiment la vitesse, pourquoi ne pas vous procurer une voiture de course de type Légendes Modifiées et courir tous les week-end à l’Autodrome St-Eustache? Voilà ce que ferait un VRAI amateur de vitesse et de performance. La WRX m’a donné une consommation de 14,6 litres/100 km (environ 19 milles au gallon!) ce qui n’est certes pas exemplaire (et ce, avec de l’essence Super plus coûteuse!). Il est vrai que la majeure partie de mon essai s’est fait en circulation urbaine (et j’y avais un comportement très «civilisé»!) et qu’il faisait un peu froid. Mais pour un quatre cylindres? Je me demande ce que la nouvelle STI fera comme consommation? Oui, la WRX est à traction intégrale. Mais, malgré tout le «thrill» qu’elle peut donner avec sa tenue de route exemplaire (merci aux pneus Bridgestone Potenza!), il me semble qu’elle consomme autant qu’une…Mustang??? Ah oui! Le coffre arrière de la version berline n’est pas très volumineux et son ouverture ne se prête pas facilement à certains gros objets.

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    La Subaru WRX présente un tableau de bord d’allure sportive. On en retrouvera une version semblable sur les versions plus «civilisées». (Photo Éric Descarries)

     

    Vous vous souvenez de l’histoire du Dr Jekyll qui se transformait en M. Hyde la nuit venue? C’est un peu l’histoire de la nouvelle Subaru Impreza. D’une douce et efficace auto comme l’Impreza Sport , cette japonaise devient un véritable M. Hyde dans sa version WRX. Mais au lieu des humains, comme dans le roman, c’est la consommation qui en devient la victime!  

     

    Enfin, oui, la Subaru Impreza est un choix intéressant à considérer. Le «nouveau» moteur à quatre cylindres de 2,5 litres semble nettement plus fiable que «l’ancien» 2,5 litres (avec lequel plusieurs propriétaires ont eu leur part de problèmes) et la version WRX est amusante à conduire. Mais avec cette dernière, il faut en considérer le prix de la consommation. Enfin, avec l’Impreza, je me suis réconcilié avec Subaru. Reste à savoir si la compagnie s’est réconciliée avec moi?

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    Il me semble que la nouvelle WRX affiche une présence moins impressionnante que l’ancienne génération. Elle est, cependant, tout aussi intéressante. (photo Éric Descarries)

       

     

      


    • Quand j’ai vu la nouvelle Impreza 2008, j’ai été soulagé. Pourquoi ? Je venais de me procurer une Impreza 2.5 SE 2007 en janvier dernier et j’avais peur que le nouveau modèle soit encore plus éclatant. Le 2007 n’est peut être pas le plus élégant des modèles, mais come vous dites, ça lui donnait du caractère. Maintenant, on dirait tout simplement une bonne vieille Mazda3 ou une Civic.

    • J’ai la sedan WRX 2005 et je dois dire que, hormi la calande qui se confond avec les autres japonaises, les panneaux latéraux et l’arrière du modèle 2008 sont plutôt réussis. En fait, depuis le modèle 2001, les ailes avant des Impreza sont à fusiller son designer. Et que dire de ce ridicule aileron arrière que l’on retrouve sur le STI. Voilà 25 ans que je ne me procure que des Subaru, et à part le fait que je ne comprends toujours pas pourquoi quelqu’un achèterait d’autre chose, ma fidélité est aussi due à l’excellent service offert par M. Adm et son équipe de Subaru de Laval. Je ne peux en dire autant des autres concessionnaires Subaru.

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