Lorsque GM a lancé sa nouvelle Saturn Ion en 2003, je fus l’un des premiers à en critiquer la finition. Non pas qu’elle fut bâclée, mais je trouvais que les joints entre les panneaux de plastique de sa carrosserie et la structure métallique étaient trop évidents. Puis, il y avait cette instrumentation au centre du tableau de bord qui ne me plaisait pas. J’étais loin de me douter que quelques mois suivant ce lancement, ma propre fille (alors âgée de 17 ans!) allait m’arriver à la maison avec une Ion!
C’est que ma grande s’en allait au Cégep et que les transports en commun n’étaient pas pour elle (il faut dire qu’elle s’était déjà fait «agacer» d’une façon peu polie et que sa confiance dans la sécurité en public s’effritait!). Non, papa n’allait pas payer pour la Saturn. Mais «fillette» avait amassé un bon petit montant d’argent en travaillant les week-ends et tout l’été et elle était décidée à se louer une auto.
Après quelques visites peu fructueuses (le vendeur d’un concessionnaire Ford local lui a même dit : «Va chercher ton père, petite fille» alors que le vendeur de l’agence Hyundai tout à côté l’a reçue en grande dame lui suggérant même un service de limousine pour retourner à la maison!), c’est à l’agence Saturn du nord de la ville de Montréal qu’elle fut la mieux reçue. Et je n’étais pas au courant. Ma grande a alors déposé 2000$ et elle s’est retrouvée avec un contrat de location de quatre ans d’une «magnifique» Saturn Ion toute noire avec boîte manuelle et lecteur CD. Il lui en coûterait alors 186$ par mois (taxes incluses) pour rouler son petit bolide.
Imaginez mon désarroi! Évidemment, j’ai dû signer et accepter de la financer (ce qu’un père ne ferait pas pour sa «fifille»!). Mais, Dieu soit loué, elle a respecté son engagement et jusqu’ici, elle n’a sauté aucun paiement à son père! Elle a aussi payé ses assurances, son essence et son entretien. JE N’AI PAS DÉBOURSÉ UN SOU! Et elle doit remettre cette Saturn le mois prochain.
Une bonne expérience
Vous vous doutez que je me méfiais un peu et de fillette (qui a respecté son engagement à la lettre, je le répète!) et de la voiture. C’est là la surprise ! Malgré les critiques parfois acerbes de journalistes (j’ai appris à en connaître quelques-uns à partir de cette Saturn!), certaines dépassant même…leurs capacités, la Ion s’est avérée beaucoup plus fiable que prévu.
L’auto affiche près de 80 000 kilomètres et je n’aurais pas peur de la revendre à une de mes connaissances. Nous a-t-elle lâché? Oui. Une fois l’hiver dernier. Elle n’a pas voulu partir du premier coup. Après avoir contacté le service de dépannage de GM, elle a bien voulu démarrer. Malgré que la garantie de trois ans ait été terminée, le concessionnaire Saturn a bien voulu la regarder pour se rendre compte que la «puce» de l’ordinateur avait fendu au froid, un problème inusité. Il ne nous a rien chargé pour réparer la Saturn. Parmi les autres «problèmes» vécus avec la Ion, il y a un pivot d’essuie-glace qui a cassé (hmmm! Forcé peut-être?), des commandes du chauffage qui ont dû être ajustées et….une clé de contact qui ne voulait plus tourner…usée!
Ma fille a suivi l’entretien avec plus ou moins de rigueur, mais la Ion a quand même été bien traitée. Le petit moteur 2,2 litres s’est avéré plus silencieux que prévu (malgré certains critiques qui affirmaient que c’était un moteur bruyant…ils avaient déjà une idée pré conçue avant de mettre la mais sur cette auto, surtout ceux qui vantent les performances de certaines petites Allemandes, mais qui ne parlent jamais des nombreuses visites chez le concessionnaire pour divers problèmes!). Rien d’autre n’a été problématique sur la Ion sauf les bagues de la barre stabilisatrice avant qui se sont usées prématurément et qui font du bruit.
Cette Saturn Ion a parcouru près de 80 000 kilomètres sans problème majeur..ou presque (photo Éric Descarries)
Bilan? La Saturn Ion a été un très bon véhicule avec très peu de temps passé à l’atelier sauf pour les entretiens et les petits rappels insignifiants qui ont été montés en flèche par des critiques peu informés. Soulignons l’agence qui a pris un soin méticuleux non seulement de l’auto, mais aussi de sa conductrice (et là, j’aurais d’autres belles histoires à vous raconter!). La consommation s’est avérée bonne, le chauffage excellent en hiver et la conduite plus agréable que prévue. Difficile à critiquer négativement une petite auto aussi fiable (et là, j’ai vraiment cherché les «bébittes»!). Elle a servi de bibliothèque pour les nombreux livres de mon étudiante de fille devenue une infirmière diplômée depuis. Elle a même servi à son ami de cœur. Je l’ai utilisée…enfin, il y a beaucoup de monde qui aura conduit cette Ion.
Ma fille doit remettre sa Ion dans quelques jours. Elle s’est commandé une Jeep Patriot 2008. Pourquoi pas une Saturn? Parce que la prochaine Astra n’est pas encore disponible et que de toute façon, elle sera trop coûteuse! Puis, Saturn n’a pas reconduit la Ion (pourtant, sa plateforme a servi de base aux Cobalt, G5 Pursuit et HHR!). On regrettera certes l’incroyable service de Saturn. Y a –t-il quelqu’un qui veut d’une excellente Ion usagée qui a fait ses preuves?
Au volant d’un stock-car
C’est la semaine NASCAR à Montréal et vu que je couvre cette série à RDS, j’ai été impliqué dans le tournage de certains «features» pour l’émission en direct du samedi. Parmi ces recherches, j’ai suggéré à l’équipe de tourner un «topo» sur le vétéran Jean-Paul Cabana, le premier véritable héros québécois du sport automobile et de son école de pilotage à la piste de Sanair à St-Pie.
Évidemment, nous avons tourné avec les autos de course «stock-car» sur l’anneau de vitesse de Sanair et M. Cabana nous a rendu la vie si facile, il a même insisté pour nous donner une partie de son cours de pilotage. Je me suis donc retrouvé sur piste avec une Chevrolet Monte Carlo de NASCAR à suivre M. Cabana sur le triovale jusqu’à ce qu’il me fasse signe de le dépasser. Au bout de quelques tours, je me suis rendu compte qu’il m’avait «lâché lousse» sur la piste et m’observait du centre de la piste. J’ai tourné une vingtaine de tours à une certaine vitesse avec le véhicule vrombissant avant d’entrer dans les puits où M. Cabana m’a donné les conseils d’usage. Il m’a même demandé de revenir pour suivre le cours au complet! Il veut me montrer comment arriver plus vite dans les courbes! WOW!
Incroyable aventure que de suivre l’École de pilotage de Jean-Paul Cabana (photo Martin Brière)
C’est tout simplement captivant de conduire un de ces monstres mécaniques de plus de 400 chevaux. Je dois vous avouer que je ne voulais plus que ça arrête. Mais à un certain moment donné, j’ai commencé à manquer de concentration et mes courbes n’étaient plus celles que M. Cabana m’avait montrées. C’est là que j’ai compris que les pilotes de NASCAR étaient des surhommes de conduire de tels monstres mécaniques à haute vitesse pendant plus de trois heures avec 42 autres véhicules semblables autour d’eux. Comment font-ils pour se concentrer aussi longtemps? Comment font-ils pour voir dans ce pare-brise en Lexan si loin d’eux. Comment font-ils pour négocier un virage de si près alors que le montant du pare-brise avec les barres de cage cachent une grande partie du coin gauche? Que je n’en entende plus un dire qu’ils en font que tourner en rond!
L’école de pilotage de M. Cabana se déroule à Sanair, sur le triovale de 1,1 kilomètre et coûte moins de 600 $, voiture, vêtements et casque compris. Pour plus d’information, tapez le www.sanairracing.com. Sous la rubrique «évènements» ou signalez le 450 772-6400.
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