Est-ce un hasard? J’ai deux produits Ford à présenter cette semaine. En vérité, rien de tout cela n’était prévu. Je devais mettre la main sur une grande berline Jaguar à moteur V6, elle m’a été retirée un peu avant que je puisse en prendre livraison, question de service (pneus d’hiver à changer, huile, entretien et tout le tralala). À la place, on m’a proposé une Focus ST, une nouvelle version de cette petite Américaine que Ford voudrait bien aligner contre les VW GTi, Mazdaspeed3 et autres voitures du genre. Alors, pourquoi pas?
Dans le passé, Ford avait déjà produit des Focus de performance dont une version SVT amusante mais plus ou moins convaincante. Il y a aussi eu des Focus Saleen et bientôt, chez Shelby, on devrait offrir une ST retravaillée. Toutefois, la nouvelle ST de série vaut la peine que l’on s’y arrête.

De front, on reconnaîtra la Focus ST à sa calandre agressive avec ornementation ST (Photo Éric Descarries)
D’abord, mentionnons que l’on reconnaîtra la Focus ST (disponible qu’en version avec hayon) à sa calandre massive peinte en noir et les ornementations uniques au modèle. La voiture est légèrement abaissée et elle roule sur des roues surdimensionnées de 18 pouces avec des pneus 235 x 40. Sous le capot, on retrouve ce fameux quatre cylindres EcoBoost de 2,0 litres légèrement retravaillé qui fait ici 252 chevaux à 5500 tr/mn et 270 li-pi de couple à 2700 tr/mn. Il n’est livrable qu’avec une boîte manuelle à six rapports. La passage entre ces derniers est rapproché. Dès les premiers tours de roue, on sent que l’auto est capable de performances remarquables. Par exemple, le cap des 100 km/h peut s’atteindre en environ 6 secondes. Quant à sa vitesse maximale (que je n’ai pas essayée, vous comprenez pourquoi…), elle serait d’autour de 250 km/h.

De l’arrière, la ST se distingue par ses échappements et son becquet au haut du hayon (Photo Éric Descarries)
Mais comment cette Ford pourrait-elle se mesurer à une Volks GTi? Très simple. Outre ses performances notables, le conducteur de la Focus peut profiter d’une direction avec assistance électrique calibrée pour les besoins de la cause avec un système de correction du couple qui en élimine une bonne partie des effets au volant. Petite note négative à ce sujet, l’angle et les reglages donnés à cette direction font qu’elle accuse un rayon de braquage un peu trop grand ce qui rend la ST difficile à stationner dans certaines circonstances. La suspension, elle, est assez ferme mais pas trop ce qui accorde encore un peu de confort aux passagers. Toutefois, elle permet d’attaquer les courbes avec agressivité et de profiter du puissant freinage de l’auto.

Les ingénieurs de Ford ont réussi à «paqueter» un quatre cylindres turbocompressé EcoBoost de 2,0 litres sous le capot de la Focus ST (Photo Éric Descarries)
L’intérieur de la ST diffère grandement de celui des autres Focus. Les ingénieurs de Ford lui ont créé un tableau de bord spécifique avec une instrumentation appropriée. Ma voiture de presse était aussi équipée d’un système de navigation avec grand écran qui servait aussi à la radio satellite alors que l’ensemble MyTouch vient combler le centre du tableau du bord. La Focus ST vient avec deux sièges avant de type Recaro qui offrent un excellent support. Malgré les rebords relevés, ils ne requièrent qu’un peu d’effort pour s’y asseoir ou pour s’y extirper. L’arrière demeure sensiblement le même que celui des Focus les plus luxueuses alors que le coffre est aussi vaste quoique la voiture prêtée par Ford avait aussi un gros «sub-woofer» qui vient avec la chaîne stéréo facultative. Ce haut-parleur enlève de l’espace précieux au coffre. Cette même auto avait aussi un toit ouvrant en verre amusant quand il fait beau!

Le tableau de bord de la Focus ST est très fonctionnel. Notez les cadrans supplémentaires sur la planche supérieure. (Photo Éric Descarries)
Sur la route
Conduire la Focus ST est très agréable. À basse vitesse, en ville, elle est aussi docile que n’importe laquelle auto de ce gabarit. La visibilité n’y est pas trop difficile quoique celle des trois quarts arrière demande un peu d’exercice. Pas facile de se retenir et de la conduire trop doucement. Elle demande presque à être conduite sportivement mais avec sa couleur orangée spécifique, difficile de passer inaperçu. Une fois que l’on trouve une portion de route qui permet d’exploiter un peu la ST, celle-ci s’avère nerveuse et amusante à conduire. Ses accélérations sont vives mais relativement linéaires alors qu’on ne sent que peu d’effet de couple dans la direction, je le répète. Un peu de pratique avec le levier de vitesses et on se permet des reprises intéressantes. Cependant, il faut savoir «modérer ses transports» car, je le répète, avec sa couleur orangée éclatante, elle sait se faire voir sur la route.
Malheureusement, je n’ai pas eu le temps de rouler sur de longues distances avec la ST. J’ai donc fait plus de route en ville…ce qui m’a incité à jouer trop souvent avec l’accélérateur. Résultat, la consommation fut plus importante que prévue, 13,7 l/100 km. Le prix de base de la Focus ST est de 29 999 $…auxquels il faut ajouter les fameux 100$ de taxe d’accise pour la climatisation! La voiture prêté par Ford du Canada affichait cette peinture orangée «tangerine» qui valait 300 $ de plus, l’ensemble «Techno» (MyTouch, sonorisation, radio satellite, climatisation à deux zones) de 1000 $, le toit ouvrant de 1200$ et le système de navigation de 700$ pour un grand total de 33 299$…plus les frais de transport et livraison de 1550 $ ce qui nous amène à 34 849$… plus taxes!
Et les Ford F-150
En ce qui a trait aux Ford F-150, Ford du Canada avait organisé, la semaine dernière, un voyage dans la région de Drumheller en Alberta où j’ai eu l’occasion de les conduire, un peu à la manière des Chevrolet 2014 de la semaine dernière. La différence, c’est que ces Ford étaient des 2013! En effet, les versions 2013 des F-150 sont sorties un peu tard aux États-Unis et chez Ford du Canada, on n’avait pas eu l’occasion de les présenter et de les tester à leur juste valeur. La faction canadienne du constructeur a donc décidé de créer un programme complet avec des F-150 dans la région de Drumheller où nous en avons conduit les versions de toutes finitions avec le V6 EcoBoost (incluant un petit concours d’économie de carburant dans lequel certains de mes confrères ont réussi à «pousser» la consommation à 9,5 l/100km!), le V8 de 5,0 litres (qui, à mes yeux, est presque aussi efficace que le V6 EcoBoost) et même le V6 de 3,7 litres, un moteur qui gagne à être connu! En passant, j’ai enfin conduit un F-150 à cabine Crew Cab avec une charge de quelque 11 000 livres à l’arrière (c’était une remorque très robuste transportant un chargeur Bobcat) et il m’a tout simplement surpris (ainsi que mon confrère) par sa facilité de remorquage et surtout par sa souplesse! Tout compte fait, il nous a semblé plus à l’aise dans cet exercice que le V8 5,3 litres du Silverado de la semaine dernière qui ne devait tirer que 8500 livres! C’était tout simplement ahurissant! Un autre exercice avec un F-150 avec cabine régulière et moteur V8 de 5,0 litres chargé de petits billots de bois nous a aussi prouvé que ces Ford sont vraiment conçus pour le travail. Enfin, une petite excursion hors-route avec le surprenant Raptor (avec V8 de 6,2 litres) nous a convaincu de ses capacités, surtout avec le système de rétention que l’on active en pente prononcée et la petite caméra qui projette l’image de ce qui se trouve à l’avant sur l’écran du système de navigation!

Le V6 de 3,7 litres du Ford F-150 suffit largement à des utilisateurs courants (Photo Éric Descarries)

Et un F-150 Crew Cab 4 X 4 avec le V6 EcoBoost tire avec facilité une robuste remorque avec un Bobcat tout aussi robuste (total : quelques 11 000 livres!). Photo Éric Descarries

Le F-150 à cabine régulière avec V8 de 5,0 litres à Drumheller (Photo Éric Descarries)
Lors de l’évènement, on nous a rapidement parlé du Raptor de 2014 qui sera proposé dans des finitions plus élaborées mais rien n’a transpiré en ce qui a trait aux autres modèles de ce millésime. On se doute que Ford va étirer ces modèles jusqu’au printemps ou à l’été de 2014 alors que le F-150 de 2015 fera son apparition! On aura compris alors que Ford du Canada aura fait ce programme en Alberta afin que nous ne perdions pas de vue le F-150 alors que la concurrence arrive avec des produits neufs (Ram avec son V6 et la boîte auto à huit rapports, GM avec ses nouvelles Silverado et Sierra et Toyota avec son Tundra redessiné).
Enfin, si vous vous rendez dans la région de Drumheller, n’hésitez pas à passer une journée au musée de dinosaures Royal Tyrrell Museum, l’attraction touristique de la région. J’ai même eu la chance d’en visiter les ateliers et les laboratoires (il y a des mordus à cet endroit dont la passion peut facilement se mesurer à celles des maniaques de l’auto qui m’entourent!) . Le musée est loin d’être un attrape-nigauds ou une trappe à touristes. Si vous vous y rendez, vous y passerez une journée extraordinaire, je vous le promets!

Le musée Royal Tyrrell de Drumheller vaut vraiment la peine d’être visité en détails (Photo Éric Descarries)

Vue à Laval, une Dodge Charger R/T d’origine australienne de la fin des années soixante. Seule question (je ne doute pas qu’elle soit d’origine australienne!) est le fait que sa conduite soit à…gauche. (Photo Éric Descarries)

Quelqu’un connaît-il le propriétaire de cette Charger australienne (une sorte de Dart avec un toit aux supports allongés et calandre de Charger)? J’ai laissé une carte d’affaire dans la glace latérale…en espérant que j’aurai une réponse… (Photo Éric Descarries)
CORRECTION (ou plutôt, SUIVI): Le proprio m’a appelé! Ce n’est pas une Charger australienne mais une Charger brésilienne de 1975 ( ce qui explique le volant à gauche). J’ai rendez-vous avec lui et j’aurai certes l’opportunité de vous en parler plus longuement
Note : Au moment d’écrire ces lignes, on est vendredi soir. Je reviens d’un restaurant avec ma femme. Lorsque nous sommes partis de la maison, l’essence au poste du coin était à 1,23$ le litre. On revient deux heures plus tard et elle est à 1,42$ le litre. Et le prix du baril n’a pas monté aujourd’hui. C’est fou comment notre gouvernement se tape dans le dos à voir tous les gens accusés de collusion et de «gangstérisme»…mais qu’il ne bouge tout simplement pas quand l’essence grimpe de presque 20 cents le litre au début d’un long week-end! Ah oui! Il y a des taxes («ascenseur» comme on les appelle) dont il profite goulûment quand les prix remontent. Mais on ne peut accuser un gouvernement provincial de collusion ou de gangstérisme, n’est-ce pas? «Give me a break!». Quand aurons-nous le courage de dénoncer une telle situation? On est prêt à envoyer des élus municipaux à l’échafaud mais on ne dit mot sur ce VOL ? Mais quel genre de peuple mou sommes-nous? Ah oui! «Donnez-leur du pain et des jeux»….
SUIVI: Le même poste d’essence (un des très importants à Laval) affiche maintenant (samedi après-midi) 1,34$ le litre!

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