L'auto blogue

Capture d’écran 2014-02-03 à 20.44.00DENIS ARCAND -

La nouvelle entité Fiat-Chrysler Automobiles clame sa volonté de préserver l’ « américanité » de Chrysler au sein du conglomérat italien, mais quelqu’un au siège social ne sait pas qui est Bob Dylan.

Lundi après-midi, le bureau du président Sergio Marchionne a diffusé le compte-rendu mot à mot d’une entrevue accordée en matinée par ce dernier à la station de radio WJR-AM, de Detroit. Bob Dylan est épelé “Bob Dillon”.

Durant l’entrevue, M. Marchionne a naturellement discuté de la publicité de la Chrysler 200 diffusée lors du SuperBowl, dimanche, mettant en vedette la légende musicale américaine. C’est une production de 60 secondes très léchée qui exalte le patriotisme américain et glorifie le savoir-faire automobile de Detroit. La vedette de ce commercial est nul autre que Le Barde, la Voix d’une génération, The Voice of Protest des années 60, Bob Dylan. Qui est aussi la plus récente embauche chez Chrysler.

Capture d’écran Bob Dillon - Fiat-Chrysler

C’est un timing amusant pour une erreur pareille. M. Marchionne et Fiat veulent convaincre les Américains que Chrysler va demeurer une compagnie as American as apple pie même si Grupo Fiat vient de racheter le dernier grand bloc d’actions de Chrysler qui lui échappait encore. Ce qui ouvre la voie à la fusion des deux entreprises.

La pub de Dylan est un hit internet, 24 h après sa diffusion durant le SuperBowl, elle avait été vue par plus d’un million de fois sur YouTube et ce chiffre aura doublé mardi soir. Ce n’est pas une mauvaise annonce, si vous avez l’estomac assez solide pour ce genre de choses.

Tous les clichés américains sont dans cette annonce, les cowboys, la Route 66, les images en noir et blanc de Motor City durant les années 30, les cheerleaders adolescentes de high schools, les restaurant diners dans le désert, le baseball, Marilyn Monroe, James Dean et, oui, Bob Dylan lui même, qui à la fin de la pub et à la fin de sa vie, se fait vendeur d’autos et déclare au nom de Fiat-Chrysler : “Nous construirons votre voiture”.

Et il y a la surprise (le choc ?) de voir Bob Dylan vendre des autos.

Depuis l’acquisition de Chrysler par Fiat, qui a commencé en 2009, Chrysler a produit plusieurs chefs-d’œuvre publicitaires qui jouent sur la fibre patriotique américaine. La publicité « America’s Import », avec Bob Dylan, suit deux formidables annonces diffusées aux SuperBowl 2011 et 2012, soit la géniale « Imported From Detroit », avec le chanteur Eminem, puis la provocante « Halftime in America », avec Clint Eastwood. L’an dernier, Chrysler avait aussi diffusé la publicité « So God Made a Farmer » pour associer la marque de pick-ups Ram à un célèbre discours rendant hommage aux fermiers américains.

Ces publicités ont désamorcé tout problème de perception au sujet de la propriété italienne de Chrysler. En fait, les pubs avec Eminem et Eastwood ont été de véritables manifestes de nationalisme économique et ont profité non seulement à Chrysler mais probablement aussi aux deux autres constructeurs de Detroit, GM et Ford.

Fiat vient de racheter le dernier lot d’actions de Chrysler qui ne lui appartenait pas encore et se prépare à lancer aux Bourses de Milan et de New York la fusion des deux compagnies sous la nouvelle appellation Fiat-Chrysler Automobiles. Cette nouvelle double nationalité est un enjeu de relations publiques aussi bien aux États-Unis qu’en Italie. M. Marchionne doit convaincre les Américains que Fiat-Chrysler n’est pas une compagnie italienne, d’où la pub patriotique du SuperBowl. Parallèlement, M. Marchionne tente de rassurer les Italiens qui s’inquiètent d’un déplacement du siège décisionnel de Fiat vers les États-Unis, avec la prochaine inscription à la Bourse de New York.

En réalité, Fiat-Chrysler Automobiles sera juste une autre multinationale : elle sera incorporée aux Pays-Bas et son adresse fiscale sera en Angleterre… un arrangement utilisé par les grandes sociétés pour minimiser leurs impôts.

Selon les lois régissant les compagnies cotées en Bourse, une entrevue du président contenant des informations importantes (des « informations matérielles », comme on dit dans le jargon financier) doit être partagée avec tous les investisseurs. C’est ce qui explique probablement pourquoi le bureau de M. Marchionne a diffusé le compte rendu sténographique de l’entrevue.

Durant l’entrevue, M. Marchionne a indiqué qu’un des modèles Alfa Roméo qui seront lancés l’an prochain en Amérique du Nord aura un moteur Ferrari.

Dimanche, durant la diffusion du match du SuperBowl, Bob Dylan n’était pas seulement dans la pub de la Chrysler 200. Une de ses chansons célèbres, I Want You, était la trame musicale d’une annonce de yogourt également diffusée durant la mi-temps.

Mais celle de Chrysler, où Dylan se fait porte-parole de la Chrysler 200 en personne, a incité plusieurs critiques de musique à déclarer que le poète rebelle des tumultueuses années 60 et 70 s’est vendu à Chrysler pour une pub d’auto. Une compagnie qui ne sait pas épeler le nom de son nouvel employé.

Pour lire la transcription de l’entrevue (intéressante, au demeurant), allez dans le communiqué de Chrysler et cliquez sur le fichier “ATTACHED” MarchionneWJRFeb32014.pdf, à droite.

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Mercredi 8 janvier 2014 | Mise en ligne à 14h34 | Commenter Commentaires (35)

Pub choc: Si les morts pouvaient parler…

PIERRE-MARC DURIVAGE -

Les Néo-Zélandais ont peut-être réalisé la plus puissante pub de sécurité routière jamais tournée à ce jour.

D’accord, les Anglos-Saxons nous ont habitués à des publicités choc sur la sécurité routière. On a encore tous en mémoire l’incroyable court métrage de 2009 qui montrait un trio de jeunes filles victimes d’un grave accident après avoir texté au volant. Ou encore celle où l’on voit un père de famille sauvé par les mains de ses proches, mimant l’effet d’une ceinture de sécurité. Mais cette fois, l’Agence des Transports de la Nouvelle-Zélande vient de diffuser un bijou de pub, qui réussit mieux que jamais à combiner les qualités des pubs choquantes à celles jouant davantage sur la corde sensible des téléspectateurs.

Dans une mise en scène incroyablement efficace, on y voit une automobile qui fonce vers une autre, qui vient de s’engager dans une intersection. Soudain, le temps s’arrête, les deux conducteurs descendent de leurs voitures et s’approchent l’un de l’autre pour se parler. Simplement pour constater la fatalité de la situation. Le premier roule bien trop vite pour éviter le pire. Les deux hommes remontent dans leurs autos, l’horloge reprend son cours, et la collision, inévitable, survient. Mais pas avant que la victime ne jette un dernier regard à son gamin, assis derrière. Avec le message suivant pour conclure : « Les autres peuvent faire des erreurs. Ralentissez. »

Le gouvernement du Québec a lui aussi recours à des pubs choc pour faire réfléchir les automobilistes. Avec un succès certain, on doit le dire, comme en témoigne le dernier bilan des décès sur les routes de la province, qui fait état d’une réduction d’environ 10% des collisions mortelles sur l’ensemble du territoire de la Sûreté du Québec, ce qui représente 43 décès de moins qu’en 2012. Mais, en une petite minute, la pub néozélandaise réussit à éveiller chez le téléspectateur des émotions particulièrement bouleversantes, tout en montrant sans censure les conséquences d’un accident à haute vitesse.

Un exercice d’une rare finesse.

On vous laisse le soin de juger par vous-mêmes.

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Lundi 2 décembre 2013 | Mise en ligne à 17h13 | Commenter Commentaires (26)

Métamorphose de Mustang : 52 ans en 102 secondes


DENIS ARCAND -

Jeudi, Ford dévoilera au monde la nouvelle Mustang 2015, de 6e génération. Depuis un mois, pour titiller l’amateur, l’Ovale bleu a mis en ligne beaucoup de matériel promotionnel de cette Mustang qui aura 50 ans.
Voici une vidéo qui est intéressante, qui montre en 102 secondes 52 ans de Mustang, en fait, puisque le prototype de 1962 (avec un quatre cylindres) y apparaît.

On peut voir l’évolution stylistique et volumétrique de la Mustang au fil des ans (et des chocs pétroliers).

Le premier âge d’or de la Mustang prend fin en 1970, quand la voiture gagne en longueur et en largeur (et des centaines de livres en poids). Elle devient énorme, lourde et balourde, une parodie d’elle-même.

Puis, vient la “Mustang Ford Pinto”. Lee Iaccocca, qui avait comme vice-président présidé à la naissance de la Mustang, est devenu président. Il a observé la concurrence montante des petites voitures japonaises et ordonne que la Mustang 1974 soit ramenée à des dimensions semblables à celles de la Mustang originale. Montée sur la plate-forme de la Pinto, elle est plus petite, mais trop lourde parce que les ingénieurs l’ont mal adaptée aux nouveaux équipements de sécurité prescrits par les autorités américaines. Quand même, par pure chance, la Mustang II plus petite est dévoilée quelques semaines avant la guerre du Kippour et le premier choc pétrolier.

Appel à tous : 6 cylindres ?

Au fait, y a-t-il une erreur dans cette vidéo ? On voit un V8 sous le capot du modèle 1974, mais l’auteur de ces lignes parierait un brun que la Mustang II n’était pas offerte avec un V8 à sa première année (il est revenu en 1975).  Quelqu’un parmi les lecteurs se souvient-il de cela ?

Remarquez que la vidéo saute quelques années esthétiquement banales : elle passe de 1977 à 1983, effaçant cinq années de design ordinaire.

En 1979, la Mustang reprend du volume.  Mais c’est l’âge ingrat de la Mustang, durant les années les plus difficiles de l’industrie automobile américaine, incapable de soutenir la concurrence japonaise. C’est l’époque de la “Mustang- Ford Fairmont” (1979-1993), construite sur la même plate forme que la Fairmont et que la Mercury Zéphir. Le faciès à quatre phares lui vaut le surnom de Mustang à quatre yeux. La Mustang grossit et on ne peut pas dire qu’elle s’embellit.

Notez dans la vidéo l’apparition en 1993 d’un V6 à la place de l’historique V8.  (Quelqu’un a une explication à proposer ? Partagez ça avec nous dans les commentaires ci-bas).

Vient ensuite la “Mustang-Ford Taurus” (1994-1999).  Cette 4e génération de Mustang n’est pas sur la même plate-forme que la Taurus, mais c’est l’époque du design ovale chez Ford et toutes le voitures ont un look arrondi poussé à l’extrême par la Taurus, souvent comparée à ballon de football. De 1999 à 2004, le design New Edge redonne des angles à la Mustang, qui a un look très réussi et redevient une vraie voiture sport.

Le second âge d’or de la Mustang arrive avec la Mustang de 5e génération et le look « rétro-futuriste ». Des années-modèles 2005 à 2014, la voiture va être légèrement modifiée tout en gardant des lignes évoquant clairement la Mustang originale des années 60.
La Mustang de 6e génération qui sera dévoilée jeudi fera probablement de même. Allez voir les images qu’a publiées le magazine Car & Driver, qui dit avoir de source sûre l’assurance que les sa représentation de la Mustang 2015 est très proche de la version finale.

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