
Mark Webber (Photo AP).
PIERRE-MARC DURIVAGE
L’accrochage entre Sebastian Vettel et Mark Webber en Turquie a semé la discorde et, malgré les beaux efforts de relations publiques de Red Bull, la graine a germé et elle s’apprête à bourgeonner de plus belle…
Le commentaire assassin de Webber quelques secondes après sa victoire n’était pas innocent et pourrait avoir de fâcheuses conséquences. “Pas mal pour un pilote numéro 2″, a dit l’Australien, une phrase entendue par des millions de téléspectateurs.
Webber n’avait manifestement pas digéré la décision de son écurie de lui retirer au profit de Vettel un aileron avant tout nouvellement développé par Adrian Newey pour les qualifs et la course. Christian Horner, le directeur de Red Bull, a indiqué qu’on avait choisi d’installer l’aileron sur la monoplace du jeune Allemand simplement parce que ce dernier était devant au championnat, ajoutant que si la situation devait se reproduire, il appliquerait la même logique, qui profiterait aujourd’hui à Webber, passé devant Vettel au classement.
Horner a beau dire que Webber est le roi des “one-liners” et qu’il a lancé sa phrase sans trop y penser, il reste qu’on aimerait bien voir l’ambiance, ce matin dans les bureaux de Red Bull. Ils ont intérêt à laver leur linge sale en famille s’il veulent espérer rattraper McLaren, un exemple à suivre cette année en termes de ressources humaines…
Cela, est-il déjà trop tard? Les jours de Webber chez Red Bull sont-ils comptés?

Fernando Alonso a dû court-circuiter la chicane pour doubler Robert Kubica. Une manoeuvre qui lui a finalement coûté très cher... (Photo AFP)
Malheureux Fernando
Fernando Alonso se réveille lui aussi avec un léger goût amer en bouche mais, contrairement à Webber, pas de victoire ni podium pour le consoler. L’Espagnol a terminé avec une lamentable 15e place, mais il aurait légitimement pu espérer terminer troisième.
Malheureusement pour lui, la désolante lenteur des commissaires lui a coûté sa course. Alonso a d’abord dépassé Robert Kubica en court-circuitant une chicane au 17e tour. Mais au lieu d’indiquer aussitôt à Alonso de laisser sa place à Kubica, les commissaires ont mis neuf interminables tours avant de rendre leur décision. Entretemps, Alonso avait doublé Alguersuari et Kubica avait abandonné à la suite d’un bris mécanique. Le dépassement illégal d’Alonso n’avait donc plus de conséquences.
Dans une logique toute bureaucratique, les commissaires ont néanmoins choisi de pénaliser Alonso en le forçant à passer dans les puits. Le hic, c’est que la voiture de sécurité est entrée en piste au même moment, si bien qu’Alonso a purgé sa peine alors que le peloton s’était drôlement resserré. Au lieu de perdre une ou deux places, il en a perdues 15. Finie la course d’Alonso. Bravo messieurs les commissaires.
Imaginez maintenant les effets pervers de cette décision. En sachant ce qui leur pend au bout du nez, les pilotes vont-ils oser tenter des dépassements un peu “limites” comme celui d’Alonso? À vous de juger…
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