
Belle réussite que la nouvelle Fusion. Ford et les constructeurs américains ont-ils pour autant réinventé l'automobile et son industrie ? (Photo fournie par Ford)
SÉBASTIEN TEMPLIER -
En ouvrant le salon de Detroit lundi, le ministre américain des Transports Ray LaHood s’est enthousiasmé, relayé par des médias. «L’industrie automobile américaine s’est réinventée pour le 21e siècle», a-t-il dit.
Beaucoup enthousiasmé. Trop.
Oui, il y a un certain redressement après trois années difficiles au cours desquelles deux des trois grands constructeurs américains auraient pu passer à la trappe.
Oui, tous les indicateurs sont au beau fixe: ventes, parts de marché, bénéfices, emplois, etc.
Mais non, il n’y a pas de résurrection de l’industrie automobile américaine. Pas quand on voit ce qu’ils ont présenté à Detroit lundi. Quatre nouveaux modèles de production à l’actif des trois grands réunis: Ford Fusion, Dodge Dart, Cadillac ATS et Buick Encore. Cinq à la rigueur, tellement la Chevrolet Malibu passe inaperçue (à moins que ce ne soit GM qui soit discret).
Quatre (ou cinq). À tous les trois. À Detroit.
Une seule voiture pour Ford – mais quelle voiture!
Une Dodge que Chrysler doit en partie à Fiat.
Une Cadillac qui va devoir batailler ferme dans sa catégorie.
Une Buick que l’on a découvert ce mardi matin.
Pour le reste, rien qui vaille la peine d’être souligné.
Résurgence ? Tout cela reste bien fragile.
L’industrie réinventée ? Permettez-moi d’en douter.
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