SÉBASTIEN TEMPLIER –
À la mesure de ses réserves très importantes découvertes aux États-Unis il y a peu, le gaz naturel refait surface dans les bureaux des gouverneurs et dans les couloirs des directions des constructeurs américains. La pression s’intensifie.
Les gouverneurs des États détenteurs de réserves de gaz veulent profiter de cette manne. Manifestement. Lors d’une rencontre entre dirigeants, l’Oklahoma et le Colorado ont récemment demandé aux «Big Three» de Detroit plus de véhicules roulant au gaz naturel. Tout comme 11 autres États, ils se sont engagés à en acheter des «milliers» pour leurs services publics.
L’enjeu est énorme. C’est bien beau d’avoir du gaz en stock, encore faut-il l’écouler. Comme l’a fait remarquer un analyste de Bloomberg Industries, Sam Brothwell, leur problème n’est pas l’offre, mais la demande.
En Amérique du Nord, Honda est actuellement le seul constructeur à vendre – aux États-Unis seulement – une voiture au gaz naturel – la Civic GX. General Motors vend essentiellement depuis 2010 des camionnettes commerciales. Chrysler propose un ou deux modèles.
Au sud de la frontière, une proportion famélique de 0,1% du gaz naturel produit serait utilisée pour les transports, selon le Département de l’Énergie.
Les «promoteurs» avancent alors leurs arguments: la fracturation hydraulique de la roche facilite l’extraction du gaz naturel des formations schisteuses (avec les conséquences et les polémiques que l’on sait), les réserves sont abondantes, les prix du gaz chutent, un moteur au gaz naturel émet environ 25% moins d’émissions polluantes qu’un moteur à essence, et l’autonomie d’un véhicule au gaz est deux fois plus importante que celle d’une voiture électrique.
Reste que le gaz naturel est un combustible fossile, polluant à extraire et à transformer, dont le réseau de distribution est inexistant et serait onéreux à mettre en place. Et le portefeuille du consommateur moyen n’est pas assez épais pour pouvoir s’acheter une voiture au gaz naturel compressé.
Tout de même. La pression s’accentue.
Il y a huit jours, le Groupe Chrysler a milité auprès d’un comité sénatorial américain pour que les véhicules au gaz naturel puissent bénéficier des mêmes rabais à l’achat que les véhicules électriques. Arguant que les premiers modèles au gaz arrivaient sur le marché. Le constructeur a souligné au passage une absence de «parité» entre les deux technologies.
Utilisé ailleurs dans le monde avec plus ou moins de parcimonie, le gaz naturel, que l’on a cru tomber en désuétude, refait surface.
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