L'auto blogue

Archive de la catégorie ‘Général’

Mercredi 29 février 2012 | Mise en ligne à 17h27 | Commenter Commentaires (2)

Daytona 500: un tweet surréaliste

Brad Keselowski (au centre) semble content de son coup. Il a été suivi sur Twitter par des milliers de fans lundi pendant la course de Nascar. (Photo Associated Press)

Brad Keselowski (au centre) semble content de son coup. Il a été suivi sur Twitter par des milliers de fans lundi pendant la course de Nascar. (Photo Associated Press)

SÉBASTIEN TEMPLIER -

Pianoter sur son téléphone est aujourd’hui un sport national. Y’a qu’à regarder les gens dans les transports en commun. Plus personne ne se regarde. Ne se remarque. Le nez dans le clavier. Le pilote de Nascar Brad Keselowski, lui, est capable de tout faire. Le nez dans le clavier, les mains sur le volant, les yeux sur la piste. Absolument !

Lundi, il a pavé la voie à une nouvelle application de Twitter (Z’avez noté le jeu de mots ? Anyway…). Il n’a pas gagné la course, le premier Daytona 500 à être disputé en soirée. Non. Il n’a pas non plus attiré l’attention de milliers de téléspectateurs en raison du spectaculaire accident. Non. L’accident, c’était Juan Pablo Montoya. Avec un camion plein de carburant.

N’empêche, c’est grâce à l’incendie subséquent que Keselowski a été suivi par 200 000 personnes sur Twitter pendant la course !

Deux cents mille personnes.

Qui le suivent sur Twitter.

Notez bien: pendant la course !

Sitôt l’impact, les flammes. La piste est en feu, la course arrêtée. «Fire», écrit alors Keselowski sur Twitter. Et voici ce que je vois de mon auto, ajoute-t-il, en joignant une photo ! Ah ben là…

Et ce n’est qu’un début. La photo est «retweettée» 5000 fois.

Les premiers commentaires fusent. Il s’ensuit des échanges surréalistes, rapportés dans le New York Times.

Un abonné Twitter suppliant: «S’il vous plaît ! Ne tweetez et ne conduisez pas en même temps.»

«Pas d’inquiétude. Nous sommes arrêtés.»

Un autre dubitatif: «Êtes-vous réellement assis dans la voiture en train de tweeter ?»

«Oui. Je ne suis pas sur les toilettes.»

Un autre demande où il va mettre son téléphone quand la course va reprendre.

«Dans ma poche.»

Quelle question !

Il a de la repartie ce Keselowski, non ?

Ses exploits ne s’arrêtent pas là. La course reprend. Il met son téléphone dans sa poche. Évidemment. Au 187e tour, c’est l’accrochage. Keselowski doit abandonner.

«Rien que l’on puisse faire ici», écrit-il. Ajoutant qu’il n’a rien vu venir.

Et notre pilote de s’en tirer à bon compte vis à vis des organisateurs. Le circuit Nascar ne l’a pas sanctionné pour cet usage intempestif d’un «équipement électronique». C’est interdit, certes. Mais c’est interdit en roulant. Ouf ! Bref, il n’a enfreint aucune règle.

On se féliciterait presque de cet exploit – du bout des lèvres – du côté du Nascar.

La morale de l’histoire ? Il vous agace le gars au volant devant vous avec son cellulaire à l’oreille ? Vous n’avez rien vu !

La morale de cette morale ? Finalement, ce n’est pas devant son écran de télé qu’il fallait être lundi soir, mais sur Twitter.

P.S.: Quant à savoir ce qu’un pilote fait avec un téléphone sur lui pendant une course… Ben, vous avez la réponse…

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Une Volt chargée à bloc sous les palmiers

Une Volt chargée à bloc sous les palmiers (Photo : GM)

DENIS ARCAND -

Voici quelques photos envoyées par un de nos lecteurs et commentateurs, qui est allé à Las Vegas récemment (pour des raisons strictement professionnelles, précise-t-il, c’est juste un hasard si son hôtel était celui où se donne le spectacle Crazy Girls). On note aussi que son séjour à Las Vegas coïncidait avec la tenue du Consumer Electronics Show, où Fisker a montré son hybride rechargeable Karma.

Mandalay Bay - EV charging available here - blogueOn ne sait pas combien il y a de Leaf, de Volt, de Mitsubishi EV-1, de Fisker et de Tesla dans la Ville du Péché, mais il commence à y avoir des bornes de recharge publiques dans les stationnements des casinos. On peut recharger son auto tout en se faisant plumer au blackjack.

mandalay bay - plaque - blogueComme le montre une des photos prises sur l’iPhone de notre correspondant d’un jour (merci, Kiroulbien !), les bornes publiques sont installées depuis juillet dernier. Montréal et Québec auront chacun un embryon de réseau d’ici quelques mois.

Les annonces faites par Hydro-Québec sont raisonnablement modestes et c’est très bien comme ça.

Les analystes en marché ne donnent pas de très bons “odds” aux chances de l’auto électrique dans l’avenir prévisible. Selon la plupart des experts qui étudient le comportement des consommateurs dans le domaine automobile, le taux de pénétration de l’auto électrique devrait atteindre 2 % d’ici 2020. Et ça, c’est le pronostic optimiste.

Stationnements avec chargeurs - blogueLe grand constructeur qui parie le plus sur l’auto électrique est le tandem Renault-Nissan, avec la Leaf et, en Europe, la Fluence Z.E., qui malgré son nom, n’a pas d’échappement. On aimerait vraiment que ça marche et qu’il se vende plein de Leaf et de Fluence (les autres marques aussi) mais on pense que Carlos Ghosn va perdre sa chemise et sa job sur ce pari.

Pep station - blogueLes photos nous rappellent qu’à Las Vegas, on peut vraiment gager sur n’importe quoi. Le domaine des paris exotiques est à peu près sans limite et si assez de lecteurs de La Presse Auto en manifestaient le désir, un sympathique bookie du Nevada offrirait demain matin des odds sur le nombre de voitures électriques qui vont se vendre au Québec.

Personnellement, l’auteur de ces lignes pense qu’il n’y en aura pas beaucoup.

En attendant, une question pour Loto-Québec : le réseau de bornes publiques récemment annoncées pour Montréal n’a rien prévu au Casino de Montréal. Pourquoi ne pas suivre l’exemple des casinos de Las Vegas ? Après tout, ces braves gens qui vont faire des contributions fiscales volontaires à notre casino méritent bien ça.

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Mardi 17 janvier 2012 | Mise en ligne à 16h13 | Commenter Commentaires (75)

La revanche de la voiture électrique ?

Greg «Gadget» Abbott, un de ceux déterminés à déclencher la révolution électrique. En transformant lui-même sa voiture. (Photo fournie par Métropole Films)

Greg «Gadget» Abbott, un de ceux déterminés à déclencher la révolution électrique. En transformant lui-même sa voiture. (Photo fournie par Métropole Films)

SÉBASTIEN TEMPLIER -

«Patience». Ce mot de Carlos Ghosn, le président de l’Alliance Renault-Nissan, est ce que je retiens de l’avenir de la voiture électrique. Et du documentaire de Chris Paine, La revanche de la voiture électrique - diffusé au Cinéma du Parc à compter de vendredi. Car, dans le fond, y assistons-nous réellement, à cette revanche ?

À chaud, la réponse paraît toute faite. Oui. Après bien des déboires. Des atermoiements. Des reculs. Des échecs.

Oui. Quand les projecteurs de la salle se rallument. Quand le générique défile à l’écran. Quand le film se termine sur les derniers commentaires positifs des acteurs – directs et indirects – de cette résurrection.

Et puis… quand on rembobine le film, on se dit parfois «non».

Non ? «Les révolutions ne sont pas chose facile», rappelle dans le film un observateur de l’industrie automobile.

Parlez-en à Elon Musk. Le président co-fondateur de Tesla passe par toute la gamme des émotions durant les trois années au cours desquelles il a été suivi par la caméra de Paine. Avec un flegme parfois déconcertant.

Mais il y passe. À travers. Sa compagnie itou.

Tesla a failli y passer. À la trappe.

Et on comprend mieux pourquoi la clairvoyance, le talent, l’expertise et même l’argent ne suffisent pas toujours. Dans et pour ce genre d’entreprise.

Demandez à Bob Lutz. Qui a inspiré la conception de la Volt. Et qui aujourd’hui espère assister à la revanche de la voiture électrique. Oui. Bob Lutz. Le monsieur Hummer de GM. Celui-là même.

On se dit «non» quand on revient du salon de Detroit. Non, ce n’est pas gagné. Pas tout de suite. Les constructeurs ne sont pas satisfaits des ventes d’hybrides. On se montre prudent quant à l’avenir. Personne ne veut faire de projections. Personne ne veut se mouiller.

Carlos Ghosn, lui, oui. Il se mouille. Il se lance. Dans le tout-électrique. Il croit son entreprise en avance. Il le faut. Des milliards de dollars sont en jeu. Plus de quatre, pour être précis. Si la Leaf ne se vend pas, il plongera. Nissan avec.

Mais il le sait qu’il faut être patient. Il le dit lui-même.

«Patience.»

Assistons-nous à la revanche de la voiture électrique ?

Pas tout à fait.

Pas tout de suite.

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