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    Mercredi 13 novembre 2013 | Mise en ligne à 16h19 | Commenter Commentaires (13)

    Une vidéo pro-auto du maire Rob Ford aide à financer un documentaire pro-vélo

    Rob Ford figurera dans le film international Bikes VS Cars

    Rob Ford figurera dans le film international Bikes VS Cars

    DENIS ARCAND -

    Un cinéaste suédois auteur d’un film sur la lutte entre l’auto et le vélo dans les grandes villes du monde donne un rôle central au maire de Rob Ford dans son prochain documentaire. Le controversé élu torontois apparaît déjà dans la bande-annnonce du film Bike vs Cars, tourné cette année à Sao Paulo, au Brésil, Toronto, Los Angeles et Copenhague, au Danemark. La bande-annonce où figure le maire Ford est utilisée sur le site de financement public Kickstarter.com. C’est un succès : la campagne a presque doublé son objectif.  Le film doit sortir en 2014.

    Le cinéaste engagé suédois Fredrik Gertten, bien connu dans le monde du documentaire, n’hésite pas à parler de “guerre” entre le vélo et l’auto. C’est bien avant les frasques imbibées d’alcool de Rob Ford qu’il avait choisi de camper le maire le plus connu au monde dans le rôle du méchant, le présentant comme un symbole du défenseur à tout prix de l’auto, au détriment des cyclistes.

    Des déclarations publiques du maire Ford sont utilisées dans le film dans le contexte de l’élimination controversée en novembre 2012, de la piste cyclable de la rue Jarvis, une importante rue commerciale traversant certains des plus anciens quartiers de Toronto. M. Ford est connu pour son opposition aux pistes cyclables au centre-ville de Toronto et un des thèmes de la campagne électorale qui a mené M. Ford à la mairie en 2010 était qu’il mettrait fin à “la guerre contre l’auto” à Toronto.

    « Les cyclistes sont des emmerdeurs pour les automobilistes », entend-on M. Ford dire hors-champ à 1:10 de la vidéo (la déclaration remonte à mai 2009 lorsqu’il était échevin, lorsqu’il s’oppose au au financement de la piste cyclable.)

    Puis on voit un court extrait de la conférence de presse télévisée de M. Ford le jour de son assermentation le 1er décembre 2010 : « Mesdames et messieurs, la guerre contre les autos cesse aujourd’hui ».

    « Les routes sont faites pour les autos, pas les gens à vélo »

    Vient ensuite une déclaration de l’échevin Ford en 2007, s’opposant au financement des pistes cyclables durant des débats du conseil municipal de Toronto : « Les routes sont faites pour les autobus, les autos et les camions, pas pour les gens à vélo; et d’après moi, les pistes cyclables, c’est comme nager avec les requins : tôt ou tard, vous allez vous faire mordre. Mais c’est votre faute à vous, dans le fond. » L’intervention de M. Ford est abrégée et éditée pour les besoins d’une courte bande-annonce, mais pas d’une façon qui dénature ses propos. On peut voir ici des extraits YouTube plus longs de ses allocutions sur les cyclistes emmerdeurs et sur les cyclistes qui nagent avec les requins.

    BIKESvsCARS_02Le film Bike VS Cars a déjà été tourné, est actuellement en montage en Suède. La bande promotionnelle avait été mise en ligne sur le site de financement public Kickstater.com avant que le maire Ford devienne le Torontois le plus connu au monde, le 6 novembre (quand a été mise en ligne la vidéo du maire faisant ce qui semble être une crise de rage).

    La campagne de souscription du film avait mis 40 jours pour atteindre son objectif de 50 000 $, le 1er novembre, mais a amassé plus de 42 000 $ supplémentaires depuis, en seulement 12 jours. L’argent promis par les contributeurs doit financer le lancement de Bikes VS Cars. “Je ne crois pas que la vidéo de Rob Ford (celle du 6 novembre) nous a aidé”, a indiqué le cinéaste Fredrik Gertten, joint par La Presse dans un hôtel de Copenhague, où il était de passage mercredi.  Il n’a pas dit combien d’argent a été promis après la diffusion de la vidéo virale du maire Ford. Il a ajouté attendre encore des détails sur les pays d’origine des promesses de contributions.

    Dans son film, le documentaliste utilise la piste cyclable de la rue Jarvis, à Toronto, comme un exemple et un symbole de la guerre entre les vélos et les autos.

    La rue Jarvis est un important axe Nord-Sud à trois voies (le sens de la voie centrale s’inverse pour faciliter la pointe du matin vers le centre-ville et celle du soir, vers les banlieues Nord). Une piste cyclable y avait été aménagée en 2009, entraînant l’élimination de la voie centrale sur une rue déjà congestionnée matin et soir. Rob Ford, alors échevin dans l’opposition, avait voté contre cette initiative.

    En 2011, l ‘administration du maire Ford a voté le démantèlement de la piste cyclable de la rue Jarvis et la restitution de la voie centrale réversible à son usage antérieur. La piste cyclable a été démantelée en novembre 2012 au coût de 300 000 $.

    On ne sait pas si le documentaire dira aussi qu’en compensation, une piste cyclable existante, le long d’une rue parallèle moins achalandée, a été bonifiée et transformée en voie cyclable matériellement séparée des voies pour automobiles.

    Le journaliste et documentaliste suédois Fredrik Gertten estime que le « modèle automobile tel que nous le connaissons a atteint sa limite extrême, avec les bouchons continuels et des millions d’heure de productivité perdues ». Il estime que les pistes et rues cyclables sont beaucoup plus efficaces sont une solution importante au problème de la congestion mais que l’industrie automobile défend ses intérêts. Il affirme que l’implantation du vélo en milieu urbain est devenu un mouvement social et politique. Il n’hésite pas à parler de “guerre” entre l’auto et le vélo.

    M. Gertten a un documentaliste en vue, surtout depuis son film Bananas !, de 2009, qui lui a valu une poursuite en diffamation de la multinationale alimentaire Dole Food Company. Le film raconte le conflit entre Dole et des travailleurs agricoles de plantations de bananes, au Nicaragua, qui disent être devenus stériles à la suite de l’exposition à un pesticide. La poursuite n’a pas été retenue par la cour et le cinéaste a réalisé un documentaire sur la poursuite, Big Boys Gone Bananas !, montré au festival Sundance de 2012.


    • Brillant. Rob Ford est probablement le pire représentant du tout-à-l’auto. Son obésité, sa vulgarité, ses dépendances en font un personnage honnis. On associe ce type aux partisans du tout-à-l’auto et aux ennemis des cyclistes.

      Le vélo est, avec la marche, le mode de transport le plus écologique.

      Rationnellement, les automobilistes devraient appuyer les cyclistes. Surtout en ville. Par exemple, les BIXI. Les supports à BIXI prennent des des places de stationnement mais si on substitue 20 voitures par 20 vélos au prix de 4 espaces de stationnement, on fait un gain majeur.

    • “le modèle automobile tel que nous le connaissons a atteint sa limite extrême”

      52 km. C’est la moyenne parcourue chaque jour par les travailleurs en Amérique du Nord. Faire 250 km à vélo par semaine, moi je dirai que c’est plutôt le déplacement en vélo qui va atteindre ses limites.

    • On ne pourrais vraiment pas imaginer le maire d’une ville au Québec qui se promènerais en Cadillac Escalade, les Torontois sont vraiment des électeurs déconnectés de la réalité.

    • python-1 Si 52 km est la distance moyenne parcourue alors on ne partage pas les mêmes priorités. J’ai toujours considéré stupide de demeurer à plus de 30 min de son travail et je n’ai pas changé d’idée. Pour avoir travaillé à moins de 10 km et même moins de 2 km de mon travail, je peux vous garantir que le temps libre qu’on y gagne n’a pas de prix. C’est une merveilleuse qualité de vie qu’on se donne. Malgré cela, j’ai déjà voyagé en vélo pour aller travailler. Je fais du vélo pour mes loisirs et croyez moi, faire 50 km/jour, donc 25 km/trajet n’est pas la fin du monde, 1 heure tout au plus. Juste à fin récréative, j’ai souvent fait 200 km/sem.

      Je suis loin d’être une émule du maire Ford. Ses opinions et sa façon de les exprimer font la preuve par l’absurde que le vélo pourrait être une solution aux problèmes de circulation urbaine.

    • “Si 52 km est la distance moyenne parcourue alors on ne partage pas les mêmes priorités. ”

      @lmisslucie

      Non… et vous ne semblez pas partager la priorité des autres non plus. À vous lire, on a l’impression que tout est facile. JE fait du vélo, tout le monde peut le faire. JE trouve du boulot au coin de la rue, tout le monde peut le faire…

      Je ne vous le souhaite pas mais si un jour, vous avez 4 bouches à nourrir et que la job la plus payante est à 65 km de chez vous, j’aimerais savoir si vous pédalerez toujours… surtout en hiver.

    • @Python-1 : Vous avez un bon argument.

      On pourrait toutefois penser autrement : si la priorité est de réduire le déficit commercial de la province et la pollution, il serait nettement plus efficace de subventionner les déménagements qui permettent de s’approcher de son boulot plutôt que de subventionner l’achat de voitures électriques ou même le transport en commun. Quand on peut marcher ou pédaler pour aller au travail, on ne pollue presque pas et on a plus d’argent à la fin du mois pour vivre et faire vivre sa famille.

      Mais c’est moins vendeur, politiquement, que d’annoncer des subventions aux voitures électriques (tiens, je serais curieux de savoir quel est le revenu moyen de ceux qui bénéficient de cette subvention) et l’implantation de bornes de recharges.

    • Faites-nous part de votre opinion.

    • “Quand on peut marcher ou pédaler pour aller au travail, on ne pollue presque pas et on a plus d’argent à la fin du mois pour vivre et faire vivre sa famille.”

      @simon_c

      C’est le rêve de tous d’aller travailler à pied, moi y compris. Mais la réalité est tout autre. Le “commuting”, c’est un modèle de développement qui origine du boom économique de l’après guerre. Les usines grandissent, on manque d’espace, on bâtit en périphérie.

      Evidemment aujourd’hui, puisque toute notre production a été exportée en Chine, ce modèle ne tient plus. Durant cette période, des générations ont appris à vivre avec une cour ou une piscine, les ramener en ville en mode “société rapprochée”, c’est pas évident.

      Le monde ne s’étale pas pour se compliquer la vie, le monde s’étale pour avoir la paix. Nombreux sont ceux qui préfèrent rouler 45 minutes dans le trafic que de se stationner à 1 km de chez soi ou pire, gravir un bloc de glace pour y poser son auto en équilibre.

      Si la solution à tout ça, c’est l’auto partage, le transport en commun et le rapatriement des commerces de proximité, il faudra que les villes commencent à proposer des modèles concrets. Pour l’instant, je vois beaucoup d’intention et de paroles mais très peu de quartiers où ce modèle est solidement implanté.

      Je passe tous les jours devant Griffintown, ça aurait été l’endroit idéal pour implanter un modèle de proximité. Ce que je vois, ce sont des tours de condo mur à mur, aucun nouvel employeur et une épicerie Métro à 3 km. Probablement de nouveaux Montréalais qui, dans 5 ans, prendront leur voiture pour aller au Dix-30 et chialeront contre le Pont Champlain.

    • @Python

      Je partage votre avis. C’est pourquoi j’ai fondé beaucoup d’espoirs dans la mise en place du PMAD. Les villes ne sont pas encouragées à adopter des stratégies de développement permettant de se passer de la voiture, même si c’est partiellement, parce que l’essentiel de leurs revenus vient de l’impôt foncier et des droits de mutation. Par exemple, regardez le baron de Laval Vaillancourt : pourri à l’os, mais les gens disaient que la ville était bien gérée parce que les revenus (provenant d’un étalement urbain ridicule) augmentaient en flèche.

      Griffintown aurait dû être construit comme le furent les quartiers à sucées de Montréal : des -plex, avec des commerces de proximité. Encore mieux, ce modèle permet de garder les personnes âgées près de leurs familles plus longtemps (il n’est pas rare que les grands-parents louent le haut d’un -plex) et actives. Mais on ne l’a pas fait. Parce que sur un pâté de maison, ça rapporte plus en taxes 2 tours de 30 condos que 8 triplex.

      Autre problème : le MTQ pait la totalité des nouvelles autoroutes pour l’étalement urbain. Pour les TEC, c’est au mieux 75 %.

      Mais n’empêche que de donner des subventions à ceux qui se rapprochent de leurs lieux de travail aurait un plus grand impact, dollar pour dollar, que de subventionner les voitures. Faut pas se le cacher : voitures électriques ou non, quand Champlain bloque, c’est une perte nette de productivité.

    • @simon_c
      Faites-vous du vélo entre les mois d’octobre et avril?

    • @kiroulbien : bien sûr. Pourquoi pas ? Un bon vélo robuste, des gros garde-boues, des pneus d’hiver (à l’arrière Schwalbe à crampon et à l’avant un top winter continental II ).

      Mais même si je n’en faisais pas 12 mois par année, les 8 mois de vélos “standards” de la majorité des cyclistes sont une bénédiction pour les automobilistes. Durant ces mois, correspondants au chantiers routiers, moins de voitures circulent grâce aux cyclistes.

    • Un trajet train-vélo aux Pays-Bas: http://www.youtube.com/watch?v=yO6IIJu29HE Souvent les trajets sont assez longs dans ce petit pays, parce que la conurbation urbaine “Randstad” compte plusieurs villes importantes, mais aucune ville extrêmement grande. J’ai des amis qui habitent Rotterdam; l’un travaille à Amsterdam, l’autre à La Haye.

      Je fais encore du vélo aujourd’hui, le 21 novembre. Et j’ai presque 60 ans et ne suis pas une “sportive”. Je ne pédale pas quand il y a beaucoup de neige, mais j’ai des amis plus jeunes qui le font toute l’année, dont un couple avec deux enfants en bas âge. Par ailleurs, malgré l’hiver “classique” de 2012-2013, les hivers ont une tendance nette à se raccourcir à cause des changements climatiques.

      À Copenhague et d’autres villes nordiques, on déblaie la neige des pistes cyclables.

      Je n’ai jamais conduit d’auto de ma vie (et oui, j’ai toujours travaillé) et j’en suis très fière. Bien entendu, si j’avais fait un choix de vie socialement et écologiquement utile où le recours à ces machines à polluer et à tuer pourrait se justifier dans son ensemble (agriculteur bio, médecin ou véterinaire de campagne, etc.) j’aurais fait un compromis sur mes principes anti-voiture pour le plus grand bien. Cela dit, on peut toujours limiter son utilisation au strict minimum.

      Python décrit des choix d’urbanisme déplorables qu’il faut combattre.

      Bravo à Fredrik Gertten! Si le maire Ford n’existait pas, il aurait fallu l’inventer.

    • python-1 > 52 km. C’est la moyenne parcourue chaque jour par les travailleurs en Amérique du Nord. Faire 250 km à vélo par semaine, moi je dirai que c’est plutôt le déplacement en vélo qui va atteindre ses limites.

      Avec le pic de production de pétrole qui est déjà là et les performances toujours bof des voitures électriques, les choses risquent de se compliquer dans les 20-30 ans qui viennent. Dommage pour ceux qui ont acheté des logements en banlieue…

      “Quelques réflexions sur la transition énergétique”
      www.manicore.com/documentation/transition_energie.html

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