L'auto blogue

Archive, juillet 2012

block à SanFranDENIS ARCAND -

Ken Block, le cabotin du drifting et maître de l’autopromotion, vient de lancer une autre vidéo où on le voit brûler du caoutchouc et faire des choses impossibles au volant.

Cette fois, son aventure automobile se passe dans les rues de San Francisco. On a l’impression qu’il a fait fermer toutes les rues de la ville pour le tournage et il profite de côtes à pic pour passer plus de temps dans les airs que le plongeur Alexandre Despatie.

Il conduit une Ford (une humble Fiesta, pas une Mustang) dans les rues de San Francisco, alors c’est sûr que ça fait penser à la plus célèbre poursuite automobile de l’histoire du cinéma, Bullit. Il ne refait pas le chemin emprunté par le détective à la Mustang. Mais il y a un clin d’œil à la célèbre poursuite quand Block fait le tour de deux autobus maquillés en tramways.

C’est du Ken Block, après un bout de temps, on a l’impression d’avoir tout vu au moins une ou deux fois, surtout quand il fait tournoyer sa Fiesta dopée dans des espaces restreints limités par des cônes de travaux routiers où d’autres balises du genre. On se lasse vie de ce show de boucane. Mais les prises de vues où on reconnait San Francisco accrochent l’oeil et, comme toujours, les plans les plus intéressants sont ceux filmés par les caméras intérieures où on voit Block piloter son étrange engin.

Pas de danger qu’on oublie que ces vidéos sont des pubs de souliers et des plogues de Ford. Le générique, à la fin, nous le rappelle ad nauseam, mais c’est très facile d’éteindre la vidéo à ce moment, avec la version hyper-stridente de Come Sail Away, de Styx, qui nous casse les oreilles.

C’est quand même le genre de vidéo addictive qui va soustraire 7 ou 8 bonnes minutes à votre productivité au bureau aujourd’hui.

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L'édition spéciale Fiat 500 Barbie commémorait le 50e anniversaire de la célèbre poupée.

L'édition spéciale Fiat 500 Barbie de 2009 commémorait le 50e anniversaire de la célèbre poupée.

DENIS ARCAND -

La Fiat 500 est-elle genrée ? On pose la question, d’abord et avant tout pour pouvoir se vanter d’être la première publication automobile à utiliser “genré”, un mot de jargon à la mode chez les universitaires et les snobs.

Quand la Fiat 500 a été lancée en Amérique du Nord, d’aucuns se sont demandé si le marché confinerait cette petite voiture à rôle de produit-créneau à forte identité féminine. Un peu comme la Volks New Beetle de la décennie 2000. Cette idée a peut-être pris naissance parce que, par hasard, l’annonce de son arrivée ici a suivi de peu le dévoilement d’une édition limitée Fiat 500 Barbie à Milan, en 2009.

poupée ken - blogueOr, 18 mois après son lancement, la Fiat 500 est légèrement plus populaire auprès de Ken : selon Fiat Amérique du Nord, la proportion homme-femme de la clientèle est 55 %-45 %.

La version sport de la 500, la 500 Abarth (surnommée La Bombinetta en Italie) est évidemment un aimant à hommes… mais, à bien y penser, pas tant que ça : plus de 75 % des acheteurs sont des hommes. Mais c’est quand même intéressant de constater qu’un quart des acheteurs de cette voiture rapide et nerveuse sont en fait des acheteuses.

Un autre signe que notre société post-moderne est moins genrée qu’avant au niveau des rôles, des identités et des goûts automobiles. Quel soulagement.

GRAND DÉFI AUTOBLOGUE SNOB : PARTAGEZ VOS TROUVAILLES DE JARGON.

Vous avez trouvé dans les médias ou sur l’internet un mot de jargon snob qui vous fait rire ou vous tape sur les nerfs ? Vous aimeriez le lire dans un article qui traite de pistons, de transmission ou de vidange d’huile ? Écrivez-le dans la boîte de commentaires (ou écrivez-nous), on l’utilisera le moins hors-contexte possible.

(Merci au Kiosque Média pour le terme “genré”.)

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miles 2 - blogueDENIS ARCAND –

Miles Davis, excessif notoire dans tout ce qu’il faisait, avait une passion pour les voitures-sport italiennes et la vitesse mais il était meilleur à la trompette qu’au volant. Un jour d’octobre 1972 à New York, il a eu un terrible accident de la route, détruisant sa Lamborghini Miura et se blessant gravement aux jambes et à une hanche.

Par un pur hasard, le cinéaste et producteur James Glickenhaus roulait juste derrière lui et a vu la Lambo percuter un muret de pierre et voler en éclats, raconte-t-il dans un texte publié récemment. Il a été le premier sur les lieux de l’accident et a reconnu le légendaire musicien de jazz, blessé et sous le choc, mais à peu près conscient malgré ses blessures… et les deux sacs de poudre blanche sur le plancher de la voiture.

Lamborghini_Miura - blogiueIl y a deux semaines, M. Glickenhaus (qui s’est maintenant recyclé dans la haute finance et la collection d’autos sport) a écrit son souvenir de ce jour sur sa page Facebook.

Le Festival de Jazz de Montréal bat son plein, c’est un prétexte suffisant pour vous présenter le texte de James Glickenhaus sur Miles Davis, traduit par nous et reproduit avec sa permission.

Quelqu’un vient d’écrire un commentaire sur Ferrari Chat en mentionnant que Miles Davis s’est un jour endormi au volant et a détruit sa Lambo. J’étais là quand c’est arrivé.

Il y avait un peu plus que de la fatigue là-dedans : il ne s’est pas endormi au volant. Il roulait à 60 milles à l’heure sous la pluie sur la voie de gauche de la West Side Highway et il a essayé prendre la sortie de la 125e rue en coupant à 90 degrés à travers trois voies pleines de trafic. Il a raté son coup. Quand il a frappé la rambarde en pierre de la bretelle, sa Miura vert lime s’est désintégrée comme si elle était faite de contreplaqué imbibé d’eau.

« Je me suis toujours demandé qui était cet enfant de chienne blanc. Remercie-le de ma part et dis-lui qu’il peut venir me voir n’importe quand. » –Miles Davis

J’ai rangé mon auto sur l’accotement et je suis revenu vers l’accident en courant. Il portait un pantalon de cuir, il avait des fractures ouvertes aux deux jambes et on voyait les os là où ils avaient percé le  pantalon. Il saignait beaucoup.
miles 1 - blogueIl m’a regardé et m’a demandé : « Is my car f***ed-up ? » (Ma voiture est-elle foutue ?) Je lui ai dit que l’auto était finie. Il a dit : « Il faut que j’aille jeter un coup d’œil ». Je lui ai dit qu’il avait deux jambes cassées et qu’il ne bougeait pas de là. J’ai déchiré une chemise que j’ai trouvée dans l’auto et je lui ai dit d’appuyer sur la plaie avec le tissu. L’artère n’était pas sectionnée, mais ça saignait quand même beaucoup. À ses pieds, il y avait deux gros sacs de plastique pleins à ras bord de poudre blanche et l’un d’eux avait éclaté. L’intérieur de la voiture était couvert d’une fine couche de poudre. J’ai pris les deux sacs et j’ai couru les jeter dans une bouche d’égoût. Il s’est écrié : « What the f**k you doing ???? » Il pleuvait, je me suis servi de l’eau de pluie pour rincer l’auto du mieux que je pouvais.

Les policiers sont arrivés. L’un d’eux m’a demandé qui j’étais. Je lui ai dit : « Juste un des gars qu’il a coupés ». Il a jeté un regard sur Miles, puis m’a fixé des yeux et m’a dit de décoller de là.

Des années plus tard, je tournais Shakedown, et Peter Weller avait le premier rôle. Weller aimait la musique de Miles Davis et je lui ai raconté l’histoire. Un soir où Miles était en concert, Peter est allé. Il s’est rendu dans les coulisses et Miles l’a reconnu : « Hey, Robo ! » (NDLR : Peter Weller avait joué dans RoboCop l’année précédente). Peter lui a raconté l’histoire et lui a demandé si c’était vrai. Miles s’est tu durant un long moment, puis il a dit : « Je me suis toujours demandé qui était cet enfant de chienne blanc. Remercie-le de ma part et dis-lui qu’il peut venir me voir n’importe quand. »

Miles a été hospitalisé longtemps et n’a pas joué en public durant près d’un an. Par contre, il a enregistré des heures et des heures de musique dans un sous-sol et il a donné les rubans à Sal (NDLR : le mécanicien que Davis et Glickenhaus avaient en commun). Un jour, peut-être qu’on les endisquera, mais c’est assez cru.

* Cette autoroute urbaine a été entièrement refaite à la fin des années 80 et la sortie en pierre construite durant les années 30 n’existe probablement plus. La sortie de la 125e rue donne sur le Cotton Club, le Théatre Apollo et d’autres lieux de spectacles célèbres. Les New Yorkais appellent encore cette route la West Side Highway, mais son nom officiel est Henry Hudson Parkway.

Ce texte a été reproduit par le magazine en ligne Jalopnik.com sous le titre : “Comment j’ai sauvé un Miles Davis complètement coké après qu’il ait détruit sa Lamborghini”.

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