
Sept vitesses et environ sept ans à vivre ?
DENIS ARCAND -
La nouvelle Porsche 911 2012 est réputée à la fine pointe de toutes les technologies automobiles, y compris la transmission manuelle à sept vitesses (oui, sept vitesses manuelles) qui harnache les 400 chevaux du moteur six cylindres à plat. C’est la première boîte manuelle à sept vitesses au monde. Quelques chanceux ont commencé à s’hyper-développer le bras droit sur ces machines depuis les premières livraisons de la nouvelle 911, en décembre dernier.

Eins, zwei, drei, vier, fünf, sechs, sieben... le compte y est : sept vitesses.
Il y a six vitesses relativement courtes, faites pour accélérer, et la vitesse maximale est atteinte au sixième engrenage. Les sixième et septième engrenages sont des surmultiplicateurs (mieux connu sous leur nom latin de overdrive…), qui servent à tenir des vitesses de croisière relativement stables.
Le chant du cygne du bras de vitesse ?
Mais voici ce que rapporte le magazine britiche Automobile, qui a parlé avec un ingénieur de Porsche, Michael Schätzle, responsable du développement technique de la 911. Son opinion personnelle ? Il y aura encore une –peut-être deux– génération de manuelles. Après, tout chez Porsche sera automatique avec la boîte PDK à double embrayage. Ce qui permet au magazine de prédire la mort de la manuelle chez Porsche en 2020, environ.
Le raisonnement de l’ingénieur Schätzle est le suivant : déjà 78 % des Neunelfer (Neuf-onze, en allemand) qui sortent de l’usine ont une boîte automatique. Les gens trouvent ça plus pratique et chez Porsche, c’est l’unanimité, la manuelle est moins rapide et moins efficace que la PDK, donc l’avenir est automatique. D’ailleurs, la rumeur veut que la prochaine 911 GT3, la version super sport, ne soit offerte qu’en version automatique.

Le moment magique avec une manuelle : la sortie de courbe.
À propos, l’article de Automobile contient un paradoxe délicieux : c’est aux États-Unis, royaume de la transmission automatique, que les conducteurs de Porsche 911 à boîtes manuelles sont les plus nombreux : plus de la moitié des Nine-Eleven vendues aux États sont manuelles, dit Schätzle au magazine Automobile.
Dans la version 2012, la manuelle emprunte presque toutes ses pièces importantes de l’automatique, qui a également sept vitesses. Économiquement, ça a encore du sens de fabriquer les deux.
Mais Porsche planche sur une transmission automatique à neuf vitesses entièrement nouvelle. Et une manuelle à neuf vitesses, oubliez ça, dit l’ingénieur.

Voici l'icône sacrée (veuillez enlever votre chapeau).
Coût à la hausse, marché à la baisse
Alors dans quelques années, quand les comptables de Porsche étudieront le plan d’affaires des transmissions à neuf vitesses, ils risquent de trouver prohibitif le coût de garder en vie la fabrication d’une manuelle à sept vitesses entièrement distincte. Tant que les pièces principales de la manuelle peuvent être empruntées à la PDK, ça va. Mais autrement, le jeu n’en vaudra plus la chandelle. Surtout que les maniaques de la manuelle risquent alors de représenter seulement 10 % de la demande mondiale.
Porsche montre très clairement ce qu’elle pense de sa transmission manuelle à sept vitesses dans cette vidéo :
Porsche y célèbre à juste titre les avantages de cette boîte manuelle; mais dans la seconde moitié de la vidéo, on voit apparaître, derrière la 911 manuelle, une 911 automatique PDK. À la fin de la vidéo, l’automatique exécute une formidable accélération et dépasse la manuelle, qu’elle laisse derrière. Loin, loin derrière…
Note de la rédaction, 23 février, 15 h 25 : Le texte a été modifié pour inclure le fait que la 6e vitesse, tout comme la septième, est surmultipliée.
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