
Brad Keselowski (au centre) semble content de son coup. Il a été suivi sur Twitter par des milliers de fans lundi pendant la course de Nascar. (Photo Associated Press)
SÉBASTIEN TEMPLIER -
Pianoter sur son téléphone est aujourd’hui un sport national. Y’a qu’à regarder les gens dans les transports en commun. Plus personne ne se regarde. Ne se remarque. Le nez dans le clavier. Le pilote de Nascar Brad Keselowski, lui, est capable de tout faire. Le nez dans le clavier, les mains sur le volant, les yeux sur la piste. Absolument !
Lundi, il a pavé la voie à une nouvelle application de Twitter (Z’avez noté le jeu de mots ? Anyway…). Il n’a pas gagné la course, le premier Daytona 500 à être disputé en soirée. Non. Il n’a pas non plus attiré l’attention de milliers de téléspectateurs en raison du spectaculaire accident. Non. L’accident, c’était Juan Pablo Montoya. Avec un camion plein de carburant.
N’empêche, c’est grâce à l’incendie subséquent que Keselowski a été suivi par 200 000 personnes sur Twitter pendant la course !
Deux cents mille personnes.
Qui le suivent sur Twitter.
Notez bien: pendant la course !
Sitôt l’impact, les flammes. La piste est en feu, la course arrêtée. «Fire», écrit alors Keselowski sur Twitter. Et voici ce que je vois de mon auto, ajoute-t-il, en joignant une photo ! Ah ben là…
Et ce n’est qu’un début. La photo est «retweettée» 5000 fois.
Les premiers commentaires fusent. Il s’ensuit des échanges surréalistes, rapportés dans le New York Times.
Un abonné Twitter suppliant: «S’il vous plaît ! Ne tweetez et ne conduisez pas en même temps.»
«Pas d’inquiétude. Nous sommes arrêtés.»
Un autre dubitatif: «Êtes-vous réellement assis dans la voiture en train de tweeter ?»
«Oui. Je ne suis pas sur les toilettes.»
Un autre demande où il va mettre son téléphone quand la course va reprendre.
«Dans ma poche.»
Quelle question !
Il a de la repartie ce Keselowski, non ?
Ses exploits ne s’arrêtent pas là. La course reprend. Il met son téléphone dans sa poche. Évidemment. Au 187e tour, c’est l’accrochage. Keselowski doit abandonner.
«Rien que l’on puisse faire ici», écrit-il. Ajoutant qu’il n’a rien vu venir.
Et notre pilote de s’en tirer à bon compte vis à vis des organisateurs. Le circuit Nascar ne l’a pas sanctionné pour cet usage intempestif d’un «équipement électronique». C’est interdit, certes. Mais c’est interdit en roulant. Ouf ! Bref, il n’a enfreint aucune règle.
On se féliciterait presque de cet exploit – du bout des lèvres – du côté du Nascar.
La morale de l’histoire ? Il vous agace le gars au volant devant vous avec son cellulaire à l’oreille ? Vous n’avez rien vu !
La morale de cette morale ? Finalement, ce n’est pas devant son écran de télé qu’il fallait être lundi soir, mais sur Twitter.
P.S.: Quant à savoir ce qu’un pilote fait avec un téléphone sur lui pendant une course… Ben, vous avez la réponse…

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jeanfrancoiscouture
29 février 2012
19h00
..@ST: «Il a été suivi sur Twitter par des milliers de fans lundi pendant la course de Nascar»
En fait, il a été suivi pendant qu’il ne courait pas. Et alors? Ben alors, il ne touïttait pas parce qu’il avait quelque chose à touïtter, mais juste parce qu’il avait envie de touïtter quelque chose.
Encore du temps perdu à coups de 140 caractères. Misère.
mephistau
29 février 2012
19h17
La joke de la semaine:
“How many Colombians do you need to stop the race?
Just… Juan! “