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    Vendredi 27 janvier 2012 | Mise en ligne à 4h21 | Commenter Commentaires (16)

    “Quelle Italie voulons-nous?” Les Lucides italiens vendent des autos

    "Quelle Italie voulons-nous être?", demande Fiat aux Italiens. Una cosa ben fatta.

    "Quelle Italie voulons-nous être?", demande Fiat aux Italiens. Cette publicité est vraiment "una cosa ben fatta".

    DENIS ARCAND -

    Les temps sont durs dans la belle Italie. Le pays ploie sous une dette publique géante, l’État coupe, et il est clair que les choses vont empirer avant de s’améliorer.

    Fiat vient de lancer, dans ce climat de grande austérité, une nouvelle version de sa sous-compacte Panda 2012. Une voiture pas chère pour  une époque frugale. La présentation de la Panda à la télé italienne est une impressionnante et controversée publicité qui interpelle la fierté nationale des Italiens au moment où leur pays vacille. Très esthétique et de facture cinématographique, avec une partition musicale dramatique, la longue annonce de 90 secondes fait entendre un narrateur au ton grave qui pose des questions morales aux Italiens (et suggère une réponse). La pub est un manifeste politique étonnant de la part d’un constructeur automobile.

    “La nouvelle Fiat Panda. C’est l’Italie qu’on aime”, dit d’abord le narrateur tandis que défilent des images de divers artisans à l’oeuvre et où la belle part est faite à l’usine Fiat de Pomigliano d’Arco, près de Naples, dans l’Italie pauvre du Sud.

    Fiat vient de rapatrier à Pomigliano d’Arco la production de la nouvelle Panda (elle était faite en Pologne) en échange de concessions négociées âprement et ratifiées à 62 % par les travailleurs en juin 2010.

    La publicité vise autant à offrir la Panda au public qu’à “vendre” aux travailleurs des autres usines Fiat un contesté plan de restructuration du travail et d’augmentation de la productivité. Mais elle fait écho à l’appel au peuple du nouveau premier ministres Mario Monti, qui tente de faire accepter son programme d’austérité et de compressions budgétaires intitulé “Sauvons l’Italie”. Cette pub Fiat est un appel au peuple de la part des “Lucides” italiens, et peut-être un avant-goût de ce qui nous attend.

    L'italie qui plaît à Fiat.

    C'est l'Italie qui plaît à Fiat.

    Choisir l’Italie de Fiat

    Dans sa pub, Fiat  demande aux Italiens “Quelle Italie voulons-nous être ?” Elle leur demande de choisir entre l’image surannée “des villages pittoresques”  et une Italie “capable de forger une grande entreprise industrielle”.

    “Combien d’Italie y a-t-il ? Celle du génie inventif ? Celle du talent bâtisseur ? Celle de la jeunesse qui se cherche un avenir ?”

    “C’est le temps de choisir quelle Italie nous voulons.”

    Puis, vient l’image coup-de-poing :

    “C’est le temps de définir nous-mêmes ce que nous sommes”, entend-on en voyant des travailleurs Fiat assembler une Panda dans une usine ultra-moderne… “ou de nous contenter de l’image qu’on veut nous donner”, entend-on en voyant un serveur de restaurant assaisonner et servir… des pâtes.

    Travail, famille, patrie… et una cosa ben fatta

    Mais vient ensuite un éloquent passage sur la force de l’Italie, un éloge du labeur et de la famille, qui enjoint les Italiens à se relever “de la seule façon que nous connaissons : en nous mettant au travail et en nous mettant à l’épreuve”.

    Puis la conclusion vient, dite avec toute la beauté pleine de voyelles et de soleil de la langue italienne : “Perché in Italia, ogni giorno, c’è qualcuno che si sveglia e mette nel suo lavoro il talento, la passione,  la creatività, ma soprattutto la voglia di costruire una cosa ben fatta.”

    La Nueva Panda, près de Naples. Derrière, le Vésuve.

    Fiat met les Italiens devant un choix. Ci-haut, la Nueva Panda, près de Naples. Derrière, le Vésuve.

    “Parce qu’en Italie, tous les jours, quelqu’un se lève et met tout son talent, sa passion, sa créativité mais, surtout, sa volonté de construire une chose bien faite”, entend-on, alors que la caméra consent un instant à nous laisser admirer… une rutilante Fiat Panda. “Ce que nous construisons est l’image de qui nous sommes.”

    On voit dans cette pub l’empreinte du responsable de la marque Fiat et chef de la direction marketing de tout le groupe Chrysler, Olivier François. Sa patriotique annonce américaine de Chrysler, Imported from Detroit, avec le rappeur Eminem, a été vue 14 millions de fois sur You Tube depuis sa diffusion lors du Superbowl 2011.

    On peut être sceptique et voir la pub de la Panda comme la propagande cynique et vulgaire d’une grande entreprise exploitant la peur pour réduire ses coûts de main d’oeuvre. Ou on peut y croire et entendre le cri de ralliement et l’appel au sens du devoir –alors que l’Italie est menacée– lancé par une institution nationale qui parle vrai et montre la voie.

    Qu’en pensez-vous ?

    Pour lire dans le texte le message publicitaire “Quale Italia vogliamo essere?”, cliquez ici et allez au bas de la page.


    • Bon sens de marketing !

      Mieux que la pub idiote de GM avec Eminem alors que ce dernier roule en Mercedes depuis longtemps lol

    • Voilà un grand constructeur d’automobiles qui sait prendre tous les moyens pour survivre, car la concurrence vient de partout et il est de plus en plus ébranlé par toutes sortes de facteurs qui le pousse vers le bas et possiblement sa perte s’il ne prend pas les moyens appropriés et même inusités.

      Sa fierté, sa notoriété n’est plus suffisante. Il a besoin de beaucoup “d’amour” de la part de ses ressources humaines, de beaucoup de “gros bon sens” de la part de ses syndicats et ne soyons pas gênés, il a aussi besoin d’un fort patriotisme pour soutenir ses ventes à l’interne et mousser celles à l’étranger.

      Cette publicité est magnifique, elle fait réfléchir et nous pourrions presque la qualifier comme une “prière” adressée à cet Univers qui carbure à la consommation. Le message “véhiculé en Fiat”, est rassurant et il est diffusé, avec tellement d’intelligence, qu’il devrait récolter des fruits en abondance, car les semailles auront été élaborées avec une habileté toute italienne.
      Gilles Pelletier, Québec

    • Intéressant de faire appel ainsi à la fierté des gens en tablant sur l’avenir….

      Au Québec, on en a que pour le damné modèle québécois “patché” qui prend l’eau..
      Rien de quoi être fier…

    • c’est certain qu’il y a l’appât du profit, mais l’assemblage dans le pays où elle est utilisé est une bonne chose en soi. On peut se poser la même question ici: Qu’est ce qui est mieux, des véhicules assemblés dans une usine canadienne, par des canadiens qui gagnent de bons salaires et qui paient des impôts dans notre pays ou une voiture assemblé en corée, au mexique ou en chine par des travailleurs qui ne paient pas d’impot ici.

      C’est le mauvais coté du libre-échange et de la mondialisation!

    • @Octopus.
      27 janvier 2012
      05h44

      La pub avec Eminem est une pub de Chrysler, pas de GM. Le lien est dans l’article ;)

    • Que les employes aient accepte des baisses sur leur revenu/avantage pour que la construction de la Panda retourne en Italie est tout en leur honneur

      Faudrait en parler aux employes d Alcan au Saguenay qui sont en greve et meme apres que la cie leur a donne tout ce qu ils voulaient au niveau salaire/avantage!!!!…. Attention les boys, ne jouez pas trop au plus fort avec eux,,, l electricite est encore moins cher dans tous les pays du golf persique…

    • Superbe !
      Voici qui nous change du “moment”, du prétendu “gros bon sens” (mal prononcé comme d’habitude), du “vroum-vroum” et autres fadaises insipides, sans aucun réalisme et faisant appel plutôt aux pires travers des conducteurs qu’à une amélioration de leur comportement.

    • @Octopus

      Cette pub n’est pas stupide. Elle a été primée plusieurs fois par des agences et elle a eu un effet viral sur l’internet. À ce titre, elle a rempli son mandat.

      Pour la comprendre, il faut connaitre Detroit, Eminem et ultimement le contexte socio-économique des États-Unis.

    • @python-1

      Je suis d’accord avec la qualité et l’implication de cette publicité qui fait plus que du tape-à-l’oeil, plus que du genre que nous voyons constamment sur nos écrans; cela pour nous vendre la même maudite tôle que les autres, mais avec une bébelle de plus. Aujourd’hui c’est cela qui vend.

      Le message est noble, fait appel à tous les italiens, leur dit qu’il n’en tient qu’à eux de sauver l’Italie (et l’euro), malgré tous les sacrifices. Ce n’est pas une solution facile à accepter. Exemple : Quand Lee Iaccoca a fait appel aux américains pour faire un effort pour sauver la compagnie Chrysler… Le peuple à répondu. C’était les K-Cars et ensuite la Caravelle. ( En ‘88, mon père en a achetée une et ensuite, 5 ans après, j’en prenais possession pour un autre 5 ans. Aucun regret, pas de problèmes majeurs et la revente fut à l’avenant).
      Celle-ci s’est relevée de la faillite. J’en souhaite autant avec la Fiat et l’Italie.

      Pas besoin d’1-python ni d’Eminem pour nous faire imaginer ce que vit Détroit… Là, je décroche complètement. Ce petit trou du C*l n’est là, que pour l’argent. Est-il là pour aller chercher une plus jeune clientèle ? Voilà ! Si ce n’était que pour l’image n’importe-quel, ”Crooner” aurait pu faire l’affaire. Attendons-les pour des modèles plus haut de gamme ! Eminem qui roule en Chrysler 200… Quelle farce de mauvais goût. Quelle mauvaise pub !

      J’ai vu de mes yeux la décrépitude de cette ville qui fut autrefois une superbe ville. Et c’est triste à voir; je vous l’assure sincèrement. Si c’était une grande ville du Québec dans le même état… Il y aurait de quoi faire une révolution !

      Est-ce que python-1 connait bien Detroit? Sinon, on peut dire n’importe quoi.

    • Moi je la trouve très bonne cette pub !

    • volt_air

      Tu es dur pour Python et tu n’a pas tout à fait raison sur la publicité de Chrysler avec Eminem. Elle a été un énorme succès pour ceux-ci. Jouer une corde nationaliste est parfois risqué mais dans ce cas, ça a marché. Autant les gens de la ville de Détroit que ceux de la grande région autour de Détroit, deux mondes bien différents mais touchés durement par la crise économique, y ont senti une certaine fierté, très importante pour rebâtir. Je n’étais pas fou à l’idée d’utiliser cette pub pour la 200, qui n’est même pas assemblée dans la région, mais Chrysler n’avait pas grand choix. Que tu ne l’aies pas aimée, c’est ton choix, mais pour les gens en publicité, ç’a été un succès total.

    • @ Voltaire @ @ Voltaire – 10 ans sans problème avec une K-Car et vous l’avez revendu après ? Come on…

      Belle pub italienne. Pleine d’émotion, comme celle avec Eminem. Ça touche un nerf quelque part.

    • Il y a eu un réel effort pour rapatrier une partie de sa production. Que d’autres pays se pètent les bretelles parce qu’eux aussi ils ont une chaîne de production, c’est louable. Le principe c’est “Buy American, Buy Canadian, Buy Italian “. C’est peut-être du pétage de broue mais c’est vrai.

    • @DansMaToronado

      Moi j’ai eu un spécial K, je l’appelais le papillon parce que lorsqu’il faisait en bas de -20 ºc les portes ne fermaient plus. Donc j’avais un système de “bungies”. des élastiques, et lorsqu’il faisait trop froid j’attachais les 2 portes avant ensemble, idem pour les portes arrières. Ça allait bien, sauf lorsqu’il y avait un virage, disons que je virais à droite les 2 portes de gauche ouvraient.

      C’est sur qu’avec des bons bungies elles ouvraient un peu moins. Ah que c’était un bon char. All American.

    • Bien dit nickoleterrible

      Pour obtenir du succès au plan économique à l’ère du commerce global, il faut 1) acheter ses propres produits, 2) vendre ses produits aux autres nations (exporter), et 3) fortement encourager les producteurs étrangers de fabriquer leurs produits ici s’ils veulent nous les vendre (investissement, emplois). C’est une bonne recette pour assurer la prospérité locale mais c’est un langage que nos leaders politiques et agences gouvernementales peuvent difficilement tenir publiquement parce ce que cela va à l’encontre des ententes de libre-échange comme tel. C’est donc notre responsabilité de consommateurs, de citoyens et celles de nos leaders locaux de valoriser nos intérêts. Les Japonais, Allemands le font avec grand succès. Les Chinois sont évidemment moins subtils et leurs coûts minimes de production sont attirants. En fait, les Chinois exigent que les étrangers s’associent avec des partenaires Chinois pour produire et vendre en Chine (investissements, emplois, technologie) dans plusieurs secteurs pour éviter des tarifs élevés. Au départ, la compétition n’est pas toujours loyale ou égale pour toutes sortes de raisons.

      Ce changement culturel n’a pas pour but d’éliminer un niveau de concurrence qui est très bénéfique mais de déplacer un certain volume de production, aussi bas que 10% par exemple, pour faire une différence énorme pour l’économie locale. Sinon, les coûts sociaux du laisser-faire sont énormes et les gogosses moins chères d’ailleurs deviennent plus couteuses en bout de ligne.

    • Voilà un bel exemple de publicité sociale. Elle frappe la fibre de la fierté nationale bien mieux que l’avait fait la pub de GM au moment de l’nvasion des japonaises. Vous vous rappelez de la voix hors champ qui chantait: “Les Tremblay, les Morin…”

      Hélas, les problèmes économiques en Italie débordent largement le secteur de l’automobile. L’été dernier, alors que je voulais régler l’addition du restaurant avec ma carte de crédit, il n’y avait aucun espace pour inscrire le pourboire. Le maître d’hôtel m’avait répondu que l’établissemnt n’acceptait que l’argent comptant car les serveurs ne déclaraient pas les pourboires au gouvernement.

      Voilà un autre pays européen avec un généreux filet social et les citoyens ne veulent pas faire leur part pour le financer.

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