L'auto blogue

Archive du 9 janvier 2012

Lundi 9 janvier 2012 | Mise en ligne à 21h35 | Commenter Commentaires (9)

La Cadillac qui doit faire oublier la Cimarron

LATS, l'anti-BMW Série 3 présentée par Cadillac à Detroit.

L'ATS 2013, l'anti-BMW Série 3 présentée par Cadillac à Detroit.

DENIS ARCAND –

Le retour de Cadillac dans le segment des petites voitures haut de gamme se fait dans un contexte similaire à celui des années 80, la dernière fois que la marque s’est aventurée dans ce créneau dominé par les Allemands.

En 1981, Cadillac avait lancé la Cimarron pour contrer la popularité grandissante des petites européennes pour yuppies à la mode, soit la Série 3 de BMW, l’Audi 4000 et la Saab 900. Cette fois, avec la Cadillac ATS 2013, General Motors veut aller enlever un morceau de steak dans les assiettes appétissantes de Mercedes-Benz (Classe C), Audi (Audi 4) et BMW (encore la Série 3, entièrement renouvelée cette année).

Cadillac a planché pendant des années sur l’ATS, qui est montée sur une plate-forme flambant neuve unique à Cadillac, en partie pour éviter t0ute comparaison avec le dernier “effort” de la compagnie dans le domaine des petites autos haut de gamme, l’atroce Cimaron, en 1981. Quiconque s’intéressait le moindrement aux autos dans ce temps-là sait que la Cimarron a été un échec monumental, pleinement mérité. Elle était montée sur une plate-forme de Chevrolet Cavalier avec un moteur de quatre cylindres de Cavalier et une transmission automatique 3-vitesses de Cavalier. GM avait barbouillé un peu de chrome et quelques dorures sur la carrosserie, mis la clim et la servo-direction, et avait appelé ça une Cadillac.

“Tout ce qui était mauvais, vénal, paresseux et mensonger chez GM dans les années 80."

Cadillac Cimarron 1982, vendue deux fois le prix d'une Cavalier.

En 2007, Time Magazine, dans sa liste des pires 50 voitures de l’histoire, avait dit de la Cimarron : “Tout ce qui était mauvais, vénal, paresseux et mensonger chez GM dans les années 80 était cristallisé dans cette insulte flagrante au nom respecté de Cadillac et à ses clients”.

Ici, elle a mérité toutes sortes de surnoms (CiCitron, CiChaudron, SiMoron) et d’autres, qu’on ne peut écrire dans une publication familiale comme La Presse, même pas dans l’Autoblogue.

Une Cadillac plus petite, un visage reconnaissable.

Une Cadillac plus petite, un visage reconnaissable.

La Cadillac ATS n’a sûrement rien à voir avec la Cimarron. Même GM apprend de ses erreurs. Et Cadillac a vraiment mis le paquet non seulement pour ravir des parts du marché nord-américain, mais aussi pour faire entrer Cadillac sur le marché mondial. La voiture sera exportée en Chine (où GM a connu sa meilleure année en 2011) et sûrement construite là-bas d’ici peu.

Mais en Europe ? Ça reste à voir.

On verra si Cadillac est sérieuse dans ses ambitions européennes quand elle annoncera si elle fait une version familiale ou pas. Des versions coupé et décapotables sont déjà annoncées.

Si l’ATS allait chercher une partie du marché américain de BMW, pour ne nommer que ce contructeur-là, ce serait déjà beaucoup. L’an dernier, BMW a vendu un peu plus de 94 000 Série 3 aux États-Unis (en baisse de 7 % par rapport à 2010), mais le constructeur allemand arrive cette année avec une toute nouvelle version de sa vache à lait.

Du cuir, du bois et le système CUE avec écran tactile et menu défilant.

Du cuir, du bois et le système CUE avec écran tactile et menu défilant.

L’ATS aura un nouveau moteur turbo 4-cylindres, 2 litres de 270 chevaux, mais en option. C’est probablement avec ce moteur que GM promet une consommation d’essence de 30 milles au gallon (7,84 L/100 km). Le moteur de base est un 4-cylindes de 2,5 litres sans turbo, de 200 chevaux. Un moteur diesel sera offert d’ici quelques années et dès le lancement, l’été prochain, une ATS à rouage intégral sera disponible en option, en plus de la propulsion arrière de base.

L’ATS arrive dans le ring à 1542 kg, dit GM, ce qui se compare à la concurrence. GM a donné seulement ce poids-là et c’est probablement celui de la version avec le moteur 2 litres… et la transmission manuelle, plus légère que l’automatique. Mais la manuelle compte peu en Amérique du Nord et l’ATS qu’on verra le plus souvent risque de peser plus que 1542 kg.

Seulement en Amérique du Nord, on pourra aussi choisir un V6 de 3,6 litres de 320 chevaux, le même qui propulse les Cadillac SRX et CTS.

Parlant de la CTS, on note que l’ATS lui ressemble beaucoup, en plus petit. Se pourrait-il que l’ATS cannibalise des ventes de CTS, en plus (espérons pour GM) d’attaquer la concurrence ?


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Lundi 9 janvier 2012 | Mise en ligne à 18h34 | Commenter Commentaires (3)

L’automobile réinventée ?

Belle réussite que la nouvelle Fusion. Ford et les constructeurs américains ont-ils pour autant réinventé l'automobile et son industrie ? (Photo fournie par Ford)

Belle réussite que la nouvelle Fusion. Ford et les constructeurs américains ont-ils pour autant réinventé l'automobile et son industrie ? (Photo fournie par Ford)

SÉBASTIEN TEMPLIER -

En ouvrant le salon de Detroit lundi, le ministre américain des Transports Ray LaHood s’est enthousiasmé, relayé par des médias. «L’industrie automobile américaine s’est réinventée pour le 21e siècle», a-t-il dit.

Beaucoup enthousiasmé. Trop.

Oui, il y a un certain redressement après trois années difficiles au cours desquelles deux des trois grands constructeurs américains auraient pu passer à la trappe.

Oui, tous les indicateurs sont au beau fixe: ventes, parts de marché, bénéfices, emplois, etc.

Mais non, il n’y a pas de résurrection de l’industrie automobile américaine. Pas quand on voit ce qu’ils ont présenté à Detroit lundi. Quatre nouveaux modèles de production à l’actif des trois grands réunis: Ford Fusion, Dodge Dart, Cadillac ATS et Buick Encore. Cinq à la rigueur, tellement la Chevrolet Malibu passe inaperçue (à moins que ce ne soit GM qui soit discret).

Quatre (ou cinq). À tous les trois. À Detroit.

Une seule voiture pour Ford – mais quelle voiture!

Une Dodge que Chrysler doit en partie à Fiat.

Une Cadillac qui va devoir batailler ferme dans sa catégorie.

Une Buick que l’on a découvert ce mardi matin.

Pour le reste, rien qui vaille la peine d’être souligné.

Résurgence ? Tout cela reste bien fragile.

L’industrie réinventée ? Permettez-moi d’en douter.

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