
DENIS ARCAND
Jadis, les autos sport servaient d’appât pour attirer les pères de famille dans les concessions automobiles. Monsieur entrait voir le coupé sport rouge… et ressortait au volant d’une fourgonnette.
Aujourd’hui c’est la Volt qui sert d’aimant à clients dans les concessions Chevrolet. « La Volt fait vendre beaucoup de Cruze », affirme Mark Reuss, chef de la direction de GM Amérique du Nord. « Les clients viennent voir la Volt, mais ce n’est pas tout le monde qui peut l’acheter », a-t-il dit récemment à un groupe de journalistes de Los Angeles. Reuss dit qu’il a insisté pour que tous les concessionnaires Chevrolet reçoivent aussi rapidement que possible une Volt destinée à la salle de montre (et pas à vendre).
Vous vous souviendrez peut-être que l’été dernier, GM avait annoncé qu’elle suspendait pour quelques semaines les livraisons aux clients, justement pour que l’usine de Hamtramck-Detroit produise quelques milliers de Volts pour les concessionnaires.
Reuss se pète les bretelles et il y a de quoi si on regarde les ventes de Cruze. Aux Etats-Unis, la nouvelle compacte de GM a terminé le dernier mois recensé (septembre) au 11e rang du palmarès de ventes de voitures. Il s’en vend plus de 18 000 par mois. Au Canada, où on aime les petites voitures, la Cruze a atteint le troisième rang des voitures les plus populaires en août (neuvième rang, toutes catégories confondues) Il s’en vend plus de 3350 par mois.
La concurrente directe de la Volt, la Leaf tout électrique, a un effet semblable pour Nissan : le constructeur japonais affirme que 83 % des acheteurs de Leaf n’avaient jamais acheté un véhicule Nissan. Un tiers des acheteurs de Volt n’avaient jamais mis les pieds chez un concessionnaire Chevrolet de toute leur vie, dit GM.
Une sacrée bonne histoire de gars de chars
L’effet de la Volt sur la Cruze, tel que raconté par Reuss, est une sacrée bonne histoire de vendeur d’auto et un fichu bon coup de pouce pour la Cruze. Mais avec seulement 3895 Volt vendues depuis le lancement, ça n’augure pas très bien pour la Volt.
Le revers de la médaille, pour Reuss et GM, c’est que la majorité des gens qui entrent admirer la véritable merveille technologique qu’est la Volt, disent non merci à cause du prix (au Québec, environ 40 800 $ au net, si on tient compte des frais de transport, du remboursement provincial, et des taxes).
Le fait qu’ils partent avec une Cruze de base à 18 735 $ au net est bon pour GM, mais ça n’aide pas la Volt. Et à moyen terme, l’effet de nouveauté de la remarquable hybride en série va s’émousser.
Dans ces pages, on a déjà défini la Chevrolet Volt comme un grand succès technologique et un flop financier prévisible, à cause de son prix. Son système de propulsion Voltec est un produit de luxe dans une auto de marque populaire. Et on pense que ça reste vrai même si GM a abaissé son prix américain à 39 995 $ US, frais de transport inclus.
En fait, peut-être que Reuss et GM ne s’en font pas trop avec les ventes de Volt. Ils vont mettre la technologie Voltec dans une Cadillac, la ELR, et comme c’est une marque de luxe, « on sait qu’on va en vendre, des Cadillac », a dit Reuss, qu’on voit ici descendant d’une CTS après quelques tours de piste.

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