
Le Toyota Venza mis à nu pour l'étude
CHARLES RENÉ
Colin Chapman, fondateur de Lotus, a un jour énoncé une phrase qui allait modifier la manière d’aborder la conception des autos sport: «Light is right». Pour l’homme, le poids était l’ennemi numéro un. Cette philosophie, se concentrant maladivement sur l’allègement de chaque composante d’un véhicule, a inspiré Lotus 27 ans après la mort de son père. Cette fois cependant, la division d’ingénierie du groupe étudie la faisabilité d’une diète généralisée à l’ensemble du parc automobile mondial, qui souffre d’un sur-poids sérieux.
L’étude gravite autour d’un Toyota Venza, un multisegment. Les ingénieurs ont évalué l’utilisation de différentes technologies qui deviendront adaptables à une production de masse, à des véhicules plus abordables. Les conclusions sont pour le moins impressionnantes. Un Venza, démonté et étudié minutieusement pour l’exercice, verrait son poids réduit de 38% pour une augmentation du coût d’à peine 3%, résultat atteint avec des matériaux et procédés accessibles d’ici 2020. Ce largage de lest n’implique même pas le groupe motopropulseur, qui pourrait lui aussi recevoir des modifications faisant baisser le chiffre à la balance.
L’ensemble des composantes est touché par cette cure d’amaigrissement. Le poids de la carrosserie diminuerait de 161 kg grâce à l’emploi d’un nombre moins grand de pièces (211 par rapport aux 400 pour la mouture actuelle) et d’une grande utilisation d’aluminium et de magnésium. Les panneaux de carrosseries, quant à eux, seraient plus légers de 41% pour faire passer leur poids total de 143 kg à 84 kg. En outre, les éléments suspenseurs, systèmes de freinage et composantes de la direction auraient un poids combiné moins élevé de 43% à cause de la réduction de leur grosseur, réduction possible en raison de l’allégement total du véhicule.
Démontrée réaliste, cette philosophie de délestage aurait des impacts significatifs sur la consommation de carburant des autos. En fait, selon le U.S. Department of Energy, une réduction du poids d’une voiture de l’ordre de 33% (poids incluant le groupe motopropulseur) aurait un effet direct sur sa frugalité (une baisse de 23% de la consommation de sans-plomb). Cet avantage s’ajoute à de meilleures aptitudes dynamiques.
Alors, avant de s’attaquer aux motorisations, pourquoi pas s’attaquer à la masse?
SOURCE: LOTUS
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