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Archive du 30 avril 2010

Vendredi 30 avril 2010 | Mise en ligne à 16h18 | Commenter Commentaires (7)

Le syndrome des rappels

Porsche, comme bien d'autres constructeurs, utilise l'adjectif «préventif» au sujet d'un rappel. (Photo fournie par Porsche)

Porsche, comme bien d'autres constructeurs, utilise l'adjectif «préventif» au sujet d'un rappel. (Photo fournie par Porsche)

Sébastien Templier

Depuis six mois, les rappels des constructeurs automobiles donnent des cheveux blancs aux directions, ingénieurs et porte-paroles, font suer les ministères et agences gouvernementales concernés et génèrent un emballement médiatique sans précédents. Autant de réactions épidermiques, parfois démesurées, à une série de problèmes le plus souvent ordinaires.

La crainte d’une avalanche incontrôlable d’idées reçues aux conséquences désastreuses pour une marque est telle aujourd’hui chez les constructeurs que ceux-ci prennent les devants dès qu’ils le peuvent, quand bien même le problème serait mineur. Un exemple suffit à lui-même, le récent rappel «préventif» de Porsche pour sa nouvelle Panamera. L’Allemand a évoqué un risque théorique sur la fiabilité des ceintures de sécurité lorsqu’on déplace le siège aux extrêmités plusieurs fois de suite. Notez bien les termes employés: risque théorique, déplacer le siège aux extrémités, plusieurs fois de suite. Cela fait beaucoup de «si».

Par cet exemple, on remarque que le vocabulaire a évolué. Porsche, comme d’autres à présent, parle d’un rappel «préventif». Les mots «volontaire», «de précaution» suivent également parfois le «rappel».

Concomitance, n’importe quel problème, lié de près ou de loin à la sécurité, est dorénavant publié dès que possible. Relayé aussitôt par les agences de presse et repris dans la foulée par les médias qui s’empressent de le mettre à la une.

Entretemps, les autorités gouvernementales découvrent qu’il y a peut être un problème.

Étonnantes réactions en chaîne quand on sait que pour l’année 2009, on peut comptabiliser (Je l’ai fait) environ 180 rappels de voitures et camions légers au Canada. Soit entre trois et quatre rappels par semaine en moyenne. En les épluchant, on s’aperçoit que beaucoup soulignent des problèmes aussi mineurs qu’une simple étiquette mal placée.

Il ne s’agit pas ici de minimiser la portée des rappels médiatisées que l’on sait. Force est de constater que la machine s’emballe un peu trop vite parfois, de tous bords tous côtés. Autres temps, autres moeurs qui sont finalement «un ensemble de signes révélateurs d’une situation jugée mauvaise», dixit le Petit Robert.

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