
Toyota a généralisé l’emploi des boîtes noires dans ses véhicules, mais ne fournissait, jusqu’à tout récemment, qu’un seul décodeur pour le marché américain. (Photo AP)
CHARLES RENÉ
S’inspirant sommairement des enregistreurs de données implantés en aviation, l’administrateur du National Highway and Traffic Safety Agency, David Strickland, songe à rendre obligatoire un tel système dans l’ensemble des voitures vendues sur le territoire américain. La mesure n’est que suggérée pour l’instant.
À l’heure actuelle, environ 40% des véhicules vendus aux États-Unis sont munis d’un tel système. La plupart de ces dispositifs fonctionnent de la même manière: ils amassent une kyrielle de données échelonnées sur quelques secondes, des données recueillies avant, pendant et après un accident. Ces informations peuvent divulguer la vitesse de l’auto, l’utilisation des ceintures de sécurité ou même la pression exercée sur les pédales de frein et d’accélérateur lors de l’impact. On peut donc mieux élucider les raisons d’un incident. Un cas d’accélération subite qui s’est manifesté dans l’État de New York sur une Toyota Prius a d’ailleurs pu être résolu grâce aux données que contenait le système de collecte (la conductrice a été montrée du doigt dans l’affaire, alors qu’elle avait malencontreusement appuyé sur la pédale d’accélération au lieu de la pédale de frein).
Les «boîtes noires» présentement utilisées dans l’industrie automobile sont néanmoins loin d’être sans faille. Les systèmes ne peuvent pas véritablement détecter avec précision une avarie électronique. Comme les voitures modernes sont équipées d’un nombre important de modules électroniques, de telles données sont plus que nécessaires.
En outre, plusieurs constructeurs qui se sont pliés aux recommandations des autorités fédérales se réservent l’expertise entourant le décodage des données. Toyota, par exemple, a généralisé l’emploi de ces systèmes dans ses véhicules, mais ne fournissait, jusqu’à tout récemment, qu’un seul décodeur pour le marché américain (décodeur qui ne peut être utilisé que par des techniciens formés par Toyota).
Plusieurs groupes qui œuvrent pour la protection de la vie privée s’opposent néanmoins vivement à ce que l’État fasse incursion dans les autos des citoyens. Le débat éthique est lancé!
SOURCES: NEW YORK TIMES; USA TODAY
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