CHARLES RENÉ
La dernière course de coupe Sprint (classe reine du NASCAR), qui s’est déroulée à Atlanta dimanche dernier, a été marquée par un incident de course des plus fâcheux. Le scénario semble cependant des plus anodins lorsque l’on s’attarde aux faits : Carl Edwards – vainqueur de la dernière course de la série Nationwide tenue à Montréal – a embouti la voiture de Brad Keselowski lors d’une chaude lutte, tout ce qui a de plus normal en stock-car. Le problème n’était pas plus la préméditation du geste (que l’on pourrait classer dans les incidents de course) que le geste en tant que tel et ses conséquences (Keselowski a été catapulté dans les airs à près de 300 km/h et a fait un tonneau). Ça fait beaucoup Days of Thunder…
Les autorités de NASCAR ne pouvaient rester de glace devant un tel événement, elles risquaient de tout simplement perdre leur crédibilité, leur raison d’être en somme. Elles ont donc sévi, en envoyant Edwards au cachot pour… une probation de trois courses. La réprimande laisse un goût aigre en bouche. Comme pour constituer un double affront, Edwards était 150 tours derrière le meneur et donc aucunement en course avec Keselowski.
Il est indéniable que les contacts font partie prenante du spectacle, la discipline est basée sur le brasse-camarade et le côté rustique des technologies employées (et c’est tant mieux). Ces caractéristiques façonnent son charisme, son audace. Il est cependant indispensable d’encadrer ce spectacle avec un tact, ce que NASCAR n’a pas fait dans le cas qui nous intéresse. Le message envoyé est le suivant: messieurs, on vous lègue les rênes disciplinaires et faites-en ce que vous jugez bon. À voir plusieurs caractères bouillants qui habitent les paddocks, la «nouvelle» est loin d’être réjouissante…
Kyle Petty, le fils de Richard Petty, une légende du NASCAR, a confié au New York Times qu’il s’agissait «d’une des pires journées qu’il ait connu au sein du sport» en lien avec l’accroc.
Imaginez que la Dodge Charger carminée ait fini sa course dans les gradins, fauchant quelques vies au passage…
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