
Rouler à l'hydrogène signifie pouvoir faire le plein partout en tous temps. L'investissement en infrastructures serait colossal, mais pas le seul inconvénient de cette énergie.
Sébastien Templier
L’hydrogène, futur carburant de nos voitures ? Le débat est remonté à la surface la semaine dernière à… Vancouver. Ottawa y croit. Les sceptiques crient au n’importe quoi. Les pétrolières, elles, ont semble-t-il flairé la bonne affaire.
La bonne affaire, parce qu’elles se voient comme les fournisseurs de combustibles fossiles nécessaires à la production d’hydrogène. Quoique plus verte, l’hydrolyse est un processus relativement trop complexe et surtout coûteux pour cette production destinée au parc automobile mondial.
La bonne affaire, parce que quelques grands constructeurs de ce monde se sont engagés en septembre dernier à fournir aux principaux marchés mondiaux des véhicules de série fonctionnant à l’hydrogène. L’échéance fixée est 2015.
Pour ces véhicules, il faudra des infrastructures alternatives pour faire le plein. L’Allemagne dispose aujourd’hui de 30 stations d’hydrogène. Un réseau allemand appréciable reviendrait à plus de 2 milliards de dollars. Ce qui n’inclut pas le transport de l’hydrogène. Daimler-Benz – qui croit à l’hydrogène et planche sur un modèle de série – compte sur la collaboration des gouvernements et des pétrolières pour faire avancer ses voitures. Ces dernières embarqueront-elles ? On serait tenté de répondre oui à la lecture de l’article de mon confrère François Cardinal la semaine dernière.
En plein rassemblement olympique, on a vanté l’investissement gouvernemental de presque 100 millions $ dans 20 autobus à l’hydrogène. Ottawa a renouvellé sa confiance dans le domaine et saupoudre quelques millions en projets et en recherche jusqu’en 2011.
Selon des personnes interrogées par François Cardinal, il faut voir derrière ses bonnes intentions le lobby de l’hydrogène. Autrement dit des pétrolières.
Processus de production polluant, infrastructures extrêmement coûteuses, stockage problématique, sécurité pas totalement démontrée, l’hydrogène a-t-elle réellement un avenir ?
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