
CHARLES RENÉ
Les péripéties entourant le sort du constructeur suédois Saab ont fait couler beaucoup d’encre lors des derniers mois. Sous l’égide de GM et en pleine agonie, la dame suédoise a intéressé plusieurs, dont Magna et Koeingsegg. C’est cependant le néerlandais Spyker qui a le mieux orchestré la séduction, ce qui a débouché en une transaction le 26 janvier dernier. Vous devez vous en douter, derrière cet accord il a eu d’intenses tractations en coulisse. Même le gouvernement américain s’est mis de la partie, faisant avorter la première tentative d’alliance Spyker-Saab, le 18 décembre 2009. La raison: un certain Vladimir Antonov, un milliardaire Russe.
Antonov est à la tête d’un puissant consortium, le groupe Convers, basé à Moscou. Il s’est montré rapidement intéressé en s’offrant comme bailleur de fonds afin d’édifier la nouvelle firme. Mais voilà, selon le Dagens Industri, un journal suédois spécialisé en économie, le Sapö (les services de renseignement suédois) a découvert, après une enquête exhaustive, qu’Antonov est loin d’être blanc comme neige. En fait, il est soupçonné de baigner dans l’illégalité concernant des histoires de blanchiment d’argent entretenues par des attaches avec le crime organisé. Ces informations ont aussitôt été transmises au FBI. Les deux administrations ont, par la suite, décidé de faire délibérément déraper l’accord du 18 décembre. Les parts d’Antonov dans Spyker ont été, plus tard, rachetées par Victor Muller, le PDG de Spyker, afin d’écarter le Russe des tribulations et de préparer la table pour une nouvelle offre. Aucune explication n’a été fournie par Muller en lien avec cette intervention.
Néanmoins, Antonov soutient, dans le cadre d’une sortie publique effectuée en début février, qu’il a bel et bien fourni 25 millions de dollars à Spyker afin que l’entreprise fasse le premier paiement à GM pour mettre la main sur Saab.
Par ailleurs, il prétend, dans une lettre ouverte publiée dans le New York Times, qu’il est victime d’une politique d’acharnement causée par le fait qu’il y a refroidissement des relations entre la Russie et les États-Unis. Il déplore qu’il y a l’existence d’une «peur de la Russie en tant que telle, de l’influence des hommes d’affaires russes sur le marché international».
Sa visée est de revenir comme actionnaire dans le nouveau groupe. Pour ce faire, il a engagé une firme indépendante afin de mener une enquête sur lui-même et ainsi nettoyer sa réputation fortement entachée.
SOURCES: AFP; BUSINESS WEEK; REUTERS
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