CHARLES RENÉ
Ralph Nader est le pionnier de la protection des consommateurs aux États-Unis. Candidat à plusieurs élections présidentielles sous le pavillon du Parti vert, il joue un rôle de conseiller sur une série de problématiques épineuses. L’avocat de profession s’est fait connaître par un livre, un livre qui a modifié de manière significative la manière dont les constructeurs automobiles façonnent leurs créations et surtout, la relation consommateur/entreprise aux États-Unis. Publié en 1965, l’ouvrage Unsafe at any Speed livrait un constat dérangeant sur la puissante cupidité qui gravitait autour de la conception des voitures de l’époque et son impact sur la sécurité. Il a illustré la chose en prenant exemple sur un modèle de General Motors, la Chevrolet Corvair. Principalement offerte en carrosseries à deux ou à quatre portières et pourvue d’un six-cylindres à plat déposé à l’arrière, elle était affligée par un vice de conception au niveau de la suspension arrière. Nader récidive dans le cadre de la crise qui secoue Toyota en lançant des flèches vers les gouvernances étasuniennes qui se sont succédées lors des 30 dernières années.
Selon Nader, la crise qui secoue le géant japonais origine, en partie, du laxisme des présidents Reagan, Bush, Clinton, Bush et Obama en lien avec le National Highway Traffic Safety Admnistration, l’organisme fédéral qui règlemente tout se qui se rapporte à la sécurité des véhicules motorisés. Le problème c’est que ce pan gouvernemental a pour mandat de régulariser les agissements des constructeurs, mais n’a pas la poigne suffisante pour imposer son cadre normatif. Preuves que l’agence fait office de parent pauvre à Washington : Obama a attendu un an avant de lui déléguer un administrateur et son budget annuel est comparable à celui déboursé afin de protéger l’ambassade américaine de Bagdad durant une année complète.
Le NHTSA a ouvert six enquêtes sur Toyota durant les deux dernières années, sans toutefois avoir ne serait-ce que l’ombre d’un impact sur un possible rappel. Pourtant, l’organisme pressait le constructeur japonais de réagir et même de stopper la production de certains modèles. L’activiste accuse donc aussi Toyota d’avoir fermé les yeux sur ces signaux d’urgence (manquement qu’elle paye très cher à l’heure actuelle).
Pour ce qui est de la petite histoire de la Corvair, les révélations de Nader, malgré des modifications apportées à ladite suspension, ont fait plonger les ventes de la Corvair vers les bas-fonds. L’arrivée de la Mustang n’a fait qu’empirer les choses. GM, acculé au pied du mur, s’est résolu à retirer le modèle en mai 1969…
L’homme est certes d’une autre allégeance que les chefs cités, mais les faits soulèvent un questionnement résolument intrigant, voire obligatoire.
SOURCES: CORVAIR.ORG; BUSINESS WEEK; THE DAILY BEAST
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