
ÉRIC LEFRANÇOIS
Le 26 octobre dernier, un lecteur de La Presse nous écrivait ce courriel : « (…) J’ai acheté une Honda Accord avec un deuxième jeu de jantes comprenant les pneus d’hiver. (…) Ma surprise fut d’apprendre qu’à chaque changement de pneus, soit deux fois par année, je suis obligé de me présenter chez le concessionnaire afin de faire reprogrammer les capteurs TPMS (Tire Pressure Monitor System). Cela à un coût de 39,95$, plus taxes. (…) Je me vois pris dans cette arnaque sans aucun moyen d’y échapper puisqu’au Québec, nous sommes obligés d’avoir des pneus d’hiver. (…)
Voici ce que nous lui avons répondu après avoir rappelé que les capteurs de pression des pneus visaient sa sécurité et celle de ses passagers: « certains capteurs sont plus sophistiqués que d’autres et malheureusement, très peu de constructeurs informent les consommateurs du système qu’ils utilisent (reliés à l’ABS ou à l’ordinateur central). Le moyen le plus économique et pratiqué par plusieurs dépositaires de pneus consultés est d’apposer un bout de ruban face au témoin lumineux du tableau de bord. »
Une réponse qui a littéralement fait bondir certains marchands dont celui-ci « Nous trouvons dommage que vous sembliez cautionner le fait que certains dépositaires de pneus apposent un ruban pour masquer la lumière dans le tableau de bord (..) Les consommateurs doivent être conscients que leur système sera inopérant pour toute la période hivernale (environ 4 mois). Nous ne pouvons pas obliger les clients à installer des capteurs sur leurs roues d’hiver, mais il est de notre obligation de les informer et non pas leur donner un semblant de solution en camouflant le témoin lumineux du tableau de bord ! De plus, sur certains modèles de véhicule, si les capteurs ne sont pas installés cela entraîne des problèmes, comme, chez Honda et Acura l’annulation du système anti patinage (…) »
Avant d’aller plus loin, apportons une précision utile : le système antipatinage chez Honda ou Acura ne cesse pas de fonctionner en amputant les jantes de capteurs de pression des pneus. Au contraire, il fonctionne, mais il est impossible pour l’automobiliste de le débrancher. Nuance. Conséquemment si vous vous enlisez, le risque est de rester clouer sur place.
Cela dit, à quoi bon offrir pareil système si le témoin lumineux n’est pas foutu de m’indiquer le pneu qui manque d’air? Est-ce l’avant gauche ou est-ce l’arrière droit? Aussi, pourquoi les capteurs proposés par l’industrie sont si sensibles (ou bon marché?) et se corrodent si facilement au contact de l’air qu’il importe de gonfler les pneus à l’azote, plus stable (et plus $$$), pour s’assurer de leur bon fonctionnement?
Dites, c’est cela le progrès?